Au pays de Simbad, le Sultanat d'Oman

Forum Oman

Bonjour,

Je suis heureux de vous accueillir à bord de cet antique carnet de voyage au Sultanat d’Oman.

Ce voyage date de 2006, il y a 19 ans, alors hélas, je n’ai plus les détails exacts des prix. Je vais tenter tout de même de m’en souvenir.

Toutefois, l’itinéraire et les sites visités sont frais dans ma mémoire.

Attention ce qui était vrai il y a 20 ans, ne l’est plus aujourd’hui, donc certaines choses annoncées ici seront à prendre avec des pincettes.

Commençons :

Pourquoi Oman ?

J’avais cumulé assez de miles Flying Blue pour acquérir un billet à 40.000 miles vers le Moyen-Orient, région que j’affectionne particulièrement.

Mon but était d’aller au Liban vers octobre. Hélas, durant l’été 2006, ce projet fut remis en cause par la guerre.

Mon oncle, qui était allé à Oman pour le travail et les vacances, me conseilla d’y aller, je lui ai donc fait confiance.

Pour arriver à Oman, j’ai réservé 2 billets Air France Marseille-Dubaï via Paris à l’aller et Amsterdam au retour (AF-KLM ne desservait pas Oman à l’époque)

Il suffisait ensuite de louer un 4X4 pour rejoindre Oman.

Les dates de voyage étaient du 29 octobre au 8 novembre 2006.

Voici maintenant le parcours jour par jour :

Jour 1 : Arrivée à Dubaï et route vers Mascate, via Sohar

Jour 2 : Visite de Mascate

Jour 3 : Vol pour Salalah et visite de Salalah

Jour 4 : Visite du Dhofar, Taqah, Mirbat, Al Mughsayl et retour vers Mascate en avion

Jour 5 : Route de Mascate à Sour (Wadi Tiwi) et soirée tortues

Jour 6 : Whadi Bani Khalid et nuit dans les dunes de Wahiba

Jour 7 : Route vers Niswa, visite de Nizwa et Djebel Sham

Jour 8 : Route vers le Musandam

Jour 9 : Visite du Musandam et route vers Dubaï

Jour 10 : Vol retour

Le budget :

La location de voiture au départ de Dubaï était 2 fois moins chère qu’à Oman, de mémoire 300€

L’essence coûtait 10 centimes le litre !!

Les repas coûtais 2-4€ par personne voire moins.

Les hôtels n’étaient pas données (80-120€ la nuit) Ils étaient surtout rares.

Mascate : Hôtel Golden Oasis (1 nuit) 60€

Salalah : Hôtel Haffa House (1 nuit) 50€

Mascate : Hôtel Golden Oasis (1 nuit) 60€

Ras Al Jinz (Sour) : Turtle Camp (1 nuit) ??€

Wahiba : nuit en tente dans les dunes à la sauvage (1 nuit) gratuit

Nizwa : Golden Tulip (2 nuits) 120€ x2 = 240€

Musandam : dans le coffre du 4x4 gratuit

Dubaï : Hôtel Victoria 120€

Certains hôtels n’existent plus ou ont été rachetés.

Nous voici au récit jour par jour :

Samedi 29 octobre :

Vol pour Dubaï via Paris

Nous partons de Marseille vers 21h00 et avons une heure pour attraper le vol AF530 qui décolle à 23h30 pour Dubaï. La nuit se passe bien.

Dimanche 30 octobre :

Nous arrivons à l’heure à Dubaï, il est 7h30 et il fait déjà 35°C

A l’aéroport nous récupérons notre Honda CRV et partons pour Oman.

La route prend moins de 2 heures pour passer la frontière.

Nous n’avons en notre possession 50€ en espèce et la carte bancaire pour retirer des sous.

Il nous faut payer le visa (une 20aine d’euros) et nous voilà bloqués. Nous n’avons pas de rial omanais et le seul distributeur est en panne.

Nous réussissons à changer les euros mais avec la commission du bureau de change, nous n’avons pas assez (il nous manque 2-3€) Heureusement l’agent d’immigration sera très gentil et acceptera de nous laisser passer.

Ouf ! Pas besoin de retourner aux Emirats pour retirer des sous.

Nous roulons vers le sud et nous arrêtons à Sohar, ville blanche de Simbad le marin.

On y trouve un resto pour manger et surtout une banque pour retirer des sous. Ma femme mange avec les hommes, tandis que les femmes sont dans une pièce à part. Premier dépaysement et premier Chicken Biryani du séjour.


Le front de mer de Sohar est propice à la promenade et très agréable, mais la mer n’est pas super belle.

Après une courte balade, nous reprenons la route pour Mascate.

Il nous faudra plus de 5 heures pour trouver l’hôtel. En effet, à l’époque, pas de gps et pas de portable. C’est donc avec une carte du pays, que nous cherchons notre chemin.

C’était pourtant simple : après l’aéroport, 3ème rond point à droite. Sauf que ce que nous ne savions pas, c’est que le 3ème rondpoint était sous une passerelle routière.

Vers 22h00, nous arrivons enfin épuisés à l’hôtel Golden Oasis.

On nous donne notre chambre, puis le réceptionniste s’en va.

Nous trouvons dans la chambre un cafard et des cloportes. Du coup, nous secouons bien les draps et inspectons tous les recoins… rien d’autre en vue… La réception étant fermée à cette heure tardive, il est donc impossible de changer de chambre.

Comme il fait faim, nous nous rendons au restaurant de l’hôtel, toujours ouvert. Nous y attendrons plus de 2 heures pour que nos plats super épicés et immangeables arrivent.

Il est vraiment temps d’aller au lit…demain, nous nous levons tôt pour prendre l’avion pour Salalah.

Lundi 31 octobre :

A 6 heures, nous quittons l’hôtel sans passer par la case petit-déjeuner (Le service commence à 7h). Nous déposons les clés à la réception, pas encore ouverte, puis allons à l’aéroport.

La voiture est garée dans un parking. Je me souviens qu’il coûtait 20€.

Nous nous enregistrons aux comptoirs d’Oman Air pour ce vol à destination du sud. Le décollage se fait vers 9h00.

A bord nous avons droit à un très bon Chicken Biryani. J’ai été bluffé de découvrir qu’un repas complet était servi sur un vol intérieur d’1h30.

En prime, le survol du désert est grandiose.

Petite aparté : A l’époque Oman Air ne disposait pas d’un site internet marchant. C’est mon oncle qui, se rendant souvent à Oman, a réservé et payé, sur place, nos 2 billets (une autre époque) Ce n’était même pas des billets électroniques.

Nous arrivons sans encombre à Salalah et nous nous rendons à l’hôtel Haffa House en taxi.

L’accueil est très bien et l’hôtel franchement pas mal du tout (pas de cloporte !!)

Pour l’après midi, nous louons pour 40€ les services d’un chauffeur qui nous balade dans la ville vers les sites les plus intéressants :

Le front de mer

L’hôtel Crowne Plaza, l’hôtel de luxe

L’oasis où l’on déguste bananes et noix de coco.

La plage des cocotiers : Nous assistons ici à une belle scène : le marché aux poissons sur le sable blanc : C’est une scène tout-droit sortie de l’émission Thalassa. Un super moment de partage avec les Omanais.

L’empreinte du chameau du prophète Saleh

Il commence à faire chaud, alors, on se repose un peu dans la piscine de l’hôtel avant de repartir.

Au crépuscule, on va visiter le site d’Al Baleed, un site archéologique.

Enfin, à la nuit tombée, Salalah s’anime, le souk prend vie, il fait plus frais et les gens commencent à sortir.

Après un bon repas pris à l’hôtel, il est temps d’avoir une vraie nuit de sommeil.

Mardi 1er novembre :

Le loueur Avis, que j’ai contacté par email depuis la France, m’emmène à l’hôtel, notre voiture pour la journée. La route est asphaltée, donc une voiture normale suffit.

Nous quittons l’hôtel Haffa House et nous dirigeons vers le nord. Il y a beaucoup de belles choses à voir dans le Dhofar, surtout le long de cette côte qui mène à Mirbat.

On commence par un arrêt à Taqah, un fort qui surplombe une plage magnifique.

Nous arrivons ensuite au site archéologique de Khor Rori, un ancien port. Nous sommes en plein dans la région de l’encens. Il n’y a aucune explication sur le site. Heureusement que nous avons notre guide papier.

Le wadi Darbat à l’embouchure de la rivière débouche sur une plage de rêve ! En tout cas, pas pour ce chameau, qui a mal vécu son passage ici…

Après un bain rapide et revigorant, nous remontons vers le nord, vers le Wadi Darbat. On trouve ici un peu de fraîcheur (il fait 30°C)

Il reste un peu de verdure, car nous sommes après la saison des pluies. C’est la seule région d’Oman à devenir bien verte. C’est assez impressionnant.

On peut y voir ces emblématiques arbres à encens.

Après la visite du gouffre de Teiq, nous allons vers Mibat, ancienne capitale du Dhofar. On commence à avoir faim.

A Mirbat, nous trouvons heureusement un resto (le seul). Il sert un délicieux Chicken Biryani, pour changer. Pour un repas à 3€ par personne, on a même la vue sur le port. C’est peut-être le repas le plus agréable de notre voyage.

L’après-midi, nous retournons à Salalah, et même un peu plus loin, vers la frontière du Yémen.

Nous passons le reste de la journée à Al-Mugsayl, une plage magnifique avec son geyser. Quand l’océan s’engouffre dans les grottes en contrebas, le souffle de l’eau jaillit.

Le soleil décline, il est temps de retourner à l’aéroport.

Le vol d’Oman Air de 21h nous ramène sans encombre à Mascate.

Nous retrouvons notre voiture dans le parking et retournons (oh my god) à l’hôtel Golden Oasis.

A la réception, je fais part de notre mésaventure de la première nuit. Du coup, on me donne une chambre un peu mieux. Il n’y aura pas de cafard ni de cloportes cette fois et tout se passera bien.

Ayant mangé dans l’avion, nous nous couchons directement.

Mercredi 2 novembre :

Après un petit déjeuner correct, nous allons visiter Mascate.

Nous commençons par la superbe mosquée du Sultan Qaboos. Elle est fermée aujourd’hui, pas de chance, mais on y entre quand même. Elle est déserte de toute façon. Pas un chat.

Elle est magnifique, on s’attarde et on profite de chaque moment. Incroyable qu’il n’y ait personne pour surveiller ! Tant mieux pour nous.

Ensuite, nous allons vers le centre-ville, la corniche, le souk et le fort. C’est une ville très sereine, qui n’a rien à voir avec les grandes villes moyen-orientales telles que Damas, Amman ou Le Caire. Ici, tout est reposant.

Après le repas (dont je n’ai aucun souvenir), nous allons voir le port, gardé par ses 2 forts arabes, l’encensoir géant et le quartier de Mascate, qui a donné son nom à la ville. C’est comme un village dans la ville.

Ce quartier abrite le palais du sultan Qabous.

Nous avons ici une petite mésaventure. En reculant avec le 4x4, la roue de secours a cogné une voiture qui passait.

Il y a avait une trace de coup sur la portière, mais clairement, elle était antérieure au choc. Puis, c’est le pneu qui a touché à une vitesse tellement lente qu’aucune trace de choc n’était possible.

Le chauffeur (jeune) a voulu qu’on s’arrange à l’amiable et m’a demandé 200€. J’ai refusé poliment et demandé qu’on appelle la police.

Un homme plus âgé est intervenu en ma faveur, a chassé les jeunes et s’est excusé pour le désagrément. L’incident a duré moins de 10 minutes. Ouf

Nous nous rendons maintenant à l’hôtel Al Bustan, le grand palace, plus au sud, sur la côte.

L’hôtel envoie du lourd tout en restant à taille humaine, comme tout à Oman.

Puis nous longeons un peu la côte et ses nouveaux hôtels.

De retour à Mascate, sur la corniche, le souk est nettement plus animé. On y passe la soirée.

Jeudi 3 novembre :

Cette fois, nous quittons les routes asphaltées pour la piste (à l’époque il y avait très peu de routes goudronnées à Oman).

Nous partons pour Sour et toute la journée, nous longeons la côte ponctuée de plages plus belles les unes que les autres et surtout, complètement désertes. On ne résiste pas la baignade.

Nous sommes seuls avec l’océan indien et l’eau turquoise. Il n’y a que le silence et le bruit des vagues. Ça fait presque peur…

Après un pique-nique, on se rend à Wadi Tiwi, sur la route. Le canyon est grandiose, luxuriant et…whaou !! On y croise quelques touristes et on y fait une belle rando.

Wadi Shab, un peu plus loin vaut également le détour.

En fin d’après-midi, on s’installe à notre campement près de Sour, la ville des boutres, ces navires de pêcheurs traditionnels.

Déjà la journée nous a réservé son lot de surprises magnifiques, mais la soirée va être intense niveau émotions positives.

Nous avons rendez-vous à Ras Al Jinz et Ras al Hadd pour aller voir les tortues marines pondre.

La nuit tombe et le guide nous emmène en groupe d’une 10aine de personnes à la plage.

Nous voyons quelques tortues et assistons à la ponte. Puis le guide plonge la main dans le sable et fait sortir plein de bébés qu’il ramasse et va les mettre dans le centre de préservation des tortues. En effet, ils attendent qu’elles aient un peu grandi avant de les remettre dans l’océan où les attendent, crabes, poissons, oiseaux et autres prédateurs.

La soirée est magique. Néanmoins j’ai trouvé l’attitude de certains touristes un peu exagérée. Alors qu’on nous demandait le silence le plus total, certains gloussaient et parlaient fort. C’est un peu dommage.

De retour au campement, nous n’avons qu’une idée en tête, y retourner le lendemain à la première heure. La plage n’est interdite d’accès qu’en soirée, mais ouvre dès le matin.

Vendredi 4 novembre :

Debout aux aurores, nous retournons à la plage. L’accès vient juste d’être ouvert et nous voilà avec une poignée de touristes, dont des français, à guetter les tortues. Puis en voilà une qui pointe le bout de son nez et qui commence à creuser. C’est un moment très émouvant. Nous restons à bonne distance pour ne pas la déranger.

Hélas, les nombreux chiens sauvages présents sur la plage la dérangent et elle retourne à l’eau sans avoir accompli son rôle.

Voyant un chien fouiller le sable je décide de m’approcher et comme l’a fait le guide la veille, je plonge mes mains dans le sable. Et oh ! Surprise ! Une petite tortue jaillit. Il n’y en a qu’une seule et elle se dirige droit vers la mer.

Les autres ont certainement dû être croquées par les chiens.

Le centre de préservation étant fermé, je la laisse aller vers son destin en prenant soin d’écarter la rangée de crabes près à lui mettre la pince dessus. Elle disparaît dans l’océan. A-t-elle survécu ? On ne le saura jamais.

Ce fut le point d’orgue de ce voyage. Un des plus beaux moments de ma vie.

Vers 9h, nous reprenons la route.

Nous passons par Jalan Bani Buali où se trouve un château puis arrivons au Wadi Bani Khalid.

C’est le plus joli Wadi du coin. Il est très aéré et propose de belles piscines naturelles à l’eau turquoise où l’on peut se baigner.

Deux jeunes Omanais nous font la visite guidée, non sans avoir réclamé quelques rials.

De retour au parking, on rencontre le couple de français que nous avions vu le matin-même sur la plage aux tortues. On entame donc la causette et on fait plus ample connaissance.

Vu que nos plans pour la journée sont les mêmes, on décide de former un petit groupe et de rester ensemble.

Le temps qu’ils visitent le wadi, nous, on se cale et on pique-nique.

Puis nous formons une caravane de deux voitures pour aller visiter les dunes de Wahiba. Le but étant d’y dormir. On n’avait pas prévu cela à la base. On avait prévu de dormir dans la voiture, mais pas forcément dans les dunes. Du coup on suit.

Après le ravitaillement (on a acheté un poulet congelé et des légumes, le tout négocié pour 1€), nous entamons la route sableuse des dunes. Les français ont ciblé l’Arabian Oryx Camp car il y a des dunes à côté où il était possible de dormir en toute sécurité.

Sur le chemin, ma voiture s’est ensablée malgré que nous ayons dégonflé les pneus à la station-service juste avant (dur dur de conduire derrière un gros 4x4 qui vous envoie toute sa poussière). Mais pas de panique, les autres français sont bien équipés (en fait ils vivent au Koweït e ont l’habitude) et nous dégagent de là en quelques minutes.

Arrivés au camp, un employé Omanais nous conduit vers un endroit paisible au pied d’une grande dune où nous serons tranquilles. On lui donne un Bakchich pour le remercier. Juste à l’arrivée, ma voiture s’ensable (je ne suis vraiment pas doué). On verra demain.

Après avoir grimpé sur la dune pour voir le coucher du soleil, nous passons une super soirée au coin du feu et une excellente nuit. Je me souviens du ciel étoilé extraordinaire !

Samedi 5 novembre

On se réveille au milieu du désert du « grand quart vide » (Rub al Khali), dans un silence assourdissant.

On prend le petit déjeuner et à ce moment notre ami Omanais débarque de son camp, pour voir si tout va bien.

Tout va bien… heu, non en fait ! On s’est ensablés ! Et pas qu’un peu. En fait, la voiture est tombée dans un petit trou de sable et il y a du sable par-dessus le pare-chocs.

En quelques instants il nous sort de ce guêpier. Je me dis alors que nous avons vraiment bien fait de ne pas partir seuls ici (chose que de toute façon, nous ne comptions pas faire, puisqu’à la base, on comptait voir les dunes de loin)

Nous reprenons la route. Nos chemins, avec les français se séparent. Ils partent vers Salalah à travers le désert et nous, nous remontons vers Nizwa.

Sur le retour, je stresse de m’ensabler à nouveau, mais n’ayant pas de voiture devant qui m’aveugle avec ses projections, ce sera plus zen. Nous arrivons enfin à la route asphaltée. On nous regonfle les pneus à la station-service et c’est parti pour Nizwa.

Nous nous installons à l’hôtel Golden Tulip, le seul hôtel de la ville, qui est un vrai palace. Mais un palace sale, car les toilettes de notre chambre n’ont pas été nettoyées et elles sont dégoûtantes. C’est chose faite, après notre passage à la réception.

Après le repas à l’hôtel, on va faire un tour rapide de Nizwa, mais tout est fermé en journée. Alors, on met le cap sur le Djebel Sham, le grand canyon d’Oman.

Sur le chemin, on marque un arrêt au village abandonné de Gulh. Ici, tout me fait penser au Maroc. Je n’y étais pas encore allé à l’époque, mais je me l’imaginais comme ça.

Le village en pierre avec ses systèmes d’irrigation ancestraux est vraiment figé dans le temps avec ses maisons carrées qui n’ont plus de toit. La visite se fait par nous-mêmes, il n’y a pas de « ticket office », pas de guide, pas de touriste, nous sommes seuls dans un village abandonné. Il n’y a aucun aménagement touristique, c’est d’ailleurs même un peu dangereux.

Puis, nous reprenons la route vers la montagne. Un fois en haut le spectacle est grandiose. Le site est spectaculaire, surtout avec le soleil qui décline.

On passe quelques instants à discuter avec des bédouins. Ils voient de plus en plus de touristes venir dans ce coin perdu, mais on se sent privilégiés de voir ce site encore méconnu (à l’époque).

A la nuit tombée, on retourne à l’hôtel.

C’était encore une belle journée dans ce beau pays.

Dimanche 6 novembre

La matinée sera consacrée à Nizwa que nous découvrons avec grand plaisir. Cette ville est très belle et assez authentique. Les boutiques sont ouvertes et vendent des souvenirs faits à Oman (ça change du made in China), par contre, ils ne sont pas donnés. On fait quelques emplettes pour compléter ce qu’on a acheté dans le souk de Mascate.

On visite également le fort.

Puis, il est temps de prendre la route. Sur la route des Emirats, on aperçoit le fort de Bahla, puis on marque un arrêt pour aller voir les tombes des Bat, un site archéologique. Hélas, c’est très mal fléché (pas du tout en fait) et à force de tourner et virer pendant plus d’une heure, on décide d’abandonner et on reprend la route.

Ce soir, nous dormons dans le Musandam, cette exclave d’Oman, qui jouxte le détroit d’Ormuz. Il nous faut pour l’atteindre, traverser les Emirats.

C’est de l’autoroute tout le long et ça roule plutôt bien.

Néanmoins, il nous arrive une petite mésaventure amusante.

Il fait presque nuit et afin de vérifier quelle sortie d’autoroute je dois prendre sur la carte routière, je m’arrête sur le terre-plein central de l’autoroute (il n’y aucune bande d’arrêt d’urgente de l’autre côté) et au moment de partir je m’aperçois que ce terre-plein central était en sable.

La voiture s’ensable donc, mais heureusement, grâce à nos aventures dans le désert, je réussis à manœuvrer pour nous extraire de cette situation. Il ne manquait plus qu’on soit bloqués de nuit, au milieu d’une 2 fois 4 voies !!

Nous prenons la route du Musandam via Ras Al Khaima.

Le Musandam et Khasab ne sont pas fléchés et c’est une énorme galère pour trouver notre chemin. Alors que la route est sensée conduire directement au Musandam, elle débouche sur une impasse au bord de l’eau. On tourne en rond pendant une heure. Personne ici ne semble connaître, ni Khasab, ni le Musandam. La plupart des gens rencontrés sont Pakistanais ou Indiens. Notre carte des EAU est celle du guide lonely Planet et elle n’est pas assez précise.

Au final, je finis par comprendre que nous avons tourné trop tôt et que Ras Al Khaima est une péninsule dans laquelle, nous nous sommes engagés par erreur. Nous nous remettons alors sur les rails et atteignons enfin la frontière d’Oman.

Il est déjà tard, on s’arrête au bord de la route pour manger un bout, puis on avance le plus possible dans le Musandam. Il est difficile de trouver un endroit sympa pour dormir car il fait nuit noire, alors sur une route de montagne tortueuse, on décide de s’arrêter dans un renfoncement.

On rabat les sièges et on se couche dans le grand coffre de notre Honda CRV, l’ancêtre du van aménagé.

On passe une bonne nuit de sommeil… mais…

Lundi 7 novembre :

A 6 heures du matin, nous sommes réveillés par d’énormes engins de chantier.

Notre lieu de repos était en fait un chantier !! Les travailleurs sont à pied d’œuvre et nous, nous sommes au milieu de tout ça. Bien sûr, de nuit, on ne voyait rien, mais un fou rire nous prend et nous décampons vite fait, bien fait. On se dit qu’on est bons pour inspirer un nouveau film « les bronzés en voyage dans le désert »

On se trouve enfin un endroit sympa pour le petit-déjeuner panoramique.

On marque ensuite un arrêt à la forêt d’acacias, puis c’est parti pour la piste panoramique qui surplombe les fjords du Musandam.

Il n’y a pas un chat, nous sommes seuls, dans ce paysage du bout du monde. C’est un sentiment extraordinaire.

Les plages désertes se succèdent avec une eau turquoise qui donne envie de plonger.

Le Musandam est tout petit, les distances ne sont pas énormes et nous avons vite fait le tour des points de vue visibles depuis la seule piste.

Vers 12h00, nous sommes à Khasab, mais on ne s’y attarde pas. Nous avons un peu de route jusqu’à Dubaï d’où nous décollons demain matin.

On avale un Mac do dans un centre commercial de Ras al Khaima, puis on fonce vers Dubaï où l’on arrive vers 15h00.

Avant de rentrer, on voulait voir cette ville de la démesure.

On va tout d’abord se balader vers le Burj Al Arab, puis on fait un tour dans le mall où se trouve la station de ski, qui venait d’ouvrir à l’époque.

Le Burg Khalifa est en construction dans cette skyline faite de travaux.

Clairement, Dubaï ne nous a pas donné envie de revenir, rien à voir avec Oman, ce n’est pas le genre de destination qui nous attire.

Pour trouver notre hôtel, en plein centre, là encore, on galère dans le dédale des rues à sens unique de la vieille ville. On fait le tour plusieurs fois, mais on finit par trouver. L’hôtel sera le pire de tout le séjour : sale, accueil minable etc.

Ayant peur d’encore me perdre pour trouver l’aéroport le lendemain, je décide d’aller ramener la voiture de location immédiatement. Un taxi bon marché me ramène à l’hôtel Victoria.

Le centre-ville grouille de vie. On y trouve un restaurant pour un dernier repas très moyen, puis on explore les différents souks.

Mardi 8 novembre :

Les vacances sont terminées. Un taxi nous emmène à l’aéroport d’où le vol KLM 430 va décoller pour Amsterdam à 7h30.

Les vols retour vers Marseille se passent très bien au-dessus des montagnes de l’Iran, un pays que je rêve toujours de visiter un jour.

Conclusion :

Je remercie mon oncle, voyageur d’affaires de m’avoir conseillé Oman pour ce voyage.

J’ai adoré ce pays et il reste l’un des plus fascinants que j’ai pu découvrir dans ma vie.

Ce mélange d’aventures, ce sentiment de découvrir un pays vierge de tout tourisme, ces paysages sauvages, ces plages désertes ont rendu l’expérience inoubliable.

Cela fait 20 ans et je m’en souviens comme si c’était hier. Ecrire ce carnet et le partager avec vous me replonge dedans avec grand plaisir.

Il est tout à fait possible d’y aller par soi-même d’autant plus que de nos jours, internet facilite tout (les réservations d’hôtels, de voiture, les vols…) C’est un pays sure, serein et paisible.

Les seules difficultés rencontrées étaient par rapport aux panneaux routiers inexistants à l’époque, aspect gommé par les applications GPS qui existent aujourd’hui.

L’offre d’hôtel doit être plus étoffée et Internet permet de mieux les comparer et d’éviter de mal tomber.

En bref, c’est le pays le plus serein que j’ai rencontré dans ma vie, il nous a offert le sentiment d’être seuls au monde et une sérénité infinie.

Je ne ferai pas les traditionnels points positifs et négatifs de la destination car cela a dû changer avec le temps et ça n’aurait pas d’intérêt. Voici par contre nos coups de cœur :

Nos coups de cœur :

  • Être seuls sur les routes désertiques, avoir le pays pour soi
  • Découvrir les pêcheurs rentrer de la pêche à Salalah
  • Manger des mini bananes hyper bonnes à Salalah
  • Le survol du désert en avion entre Mascate et Salalah
  • Flâner dans le souk de Muttrah, propre et agréable
  • Déambuler dans le quartier de Mascate
  • La route de Sour, ses plages et ses wadi
  • Rencontrer les tortues marines et leurs bébés à Ras al Jinz : le meilleur souvenir
  • Se réveiller dans les dunes de Wahiba
  • Le coucher de soleil à Djebel Sham
  • Nizwa et son souk
  • Les fjords du Musandam

Merci d’avoir lu ce carnet, ça m’a fait plaisir de le partager avec vous et de vous faire un peu connaître ce pays hors des sentiers battus.

1 « J'aime »

@fecampois

Voici Oman, comme promis :wink:

merci j’ai tout lu, ça a l’air d’être un chouette pays effectivement, une maman d’un élève que j’ai eu m’en a dit le plus grand bien aussi. J’avais aussi vu une émission Echappées Belles dessus qui m’avait plu il y a quelques mois, je vous laisse le lien si ça vous intéresse : https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=esPts-RwJqs&ab_channel=Echappéesbelles

Hé hé , oui je n’ai pas manqué ce numéro d’échappées belles. Je crois en avoir même vu un autre, plus ancien, où l’on voit le papi du Djebel Sham.

Merci pour ton commentaire et ta lecture. Les photos sont plus nettes maintenant que j’ai un pixel. Mon vieil appareil numérique n’était pas terrible, je m’en rends compte en revoyant ces vieilles photos.

1 « J'aime »

Fantastique ton reportage texte et photos… idéal pour faire le plein d´infos pour cette superbe destination d Oman ou je suis allé en mars dernier… avec une belle envie d’y retourner…
Ton escapade depuis Dubai est très intéressante. Alors quelques questions
1/ tu as loué une voiture à Dubai pour la rendre à Oman… quelle compagnie ? Pas de problème???
2/ la route depuis Dubai jusqu’à Mascate…
3/ le passage à la frontière? Facile ?
Je vais reprendre tes écrits pour voir si tu ne réponds pas à ces questions!!!
Dans tous les cas un grand merci pour ces infos précises et photos !

1/ tu as loué une voiture à Dubai pour la rendre à Oman… quelle compagnie ? Pas de problème???
2/ la route depuis Dubai jusqu’à Mascate…
3/ le passage à la frontière? Facile ?

Bonjour merci pour tes compliments.

  1. Pour répondre à tes questions, a Dubaï de mémoire c’était hertz. Zéro problème avec cette voiture. Le loueur a été très conciliant parce que nous l’avons vraiment rendu dans un état catastrophique. Je n’ai jamais rendu une voiture aussi sale. Pas à l’intérieur mais à l’extérieur avec tout le sable.

  2. la route entre les deux villes est très facile. C’est de l’autoroute tout le long.

  3. à la frontière, nous n’avons pas du tout galéré si ce n’est pour retirer des sous car le distributeur était en panne. Il faut absolument prévoir des devises, soit de la monnaie des Émirats, soit des € ou des dollars.

Après ça a peut-être changé.
Comme je l’ai marqué, c’est un carnet de voyage très ancien.

Bon préparatifs et bon voyage.

Merci beaucoup … je vais relire doucement ton reportage passionnant…

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