La France coquine

17 janvier 2017

La France, coquine ?
Rien de vulgaire, mais juste le plaisir de la sensualité à travers le temps, dans des lieux sélectionnés aux quatre coins de la France.
On vous emmène à la découverte des plus belles fesses du Louvre, de la chaise de la fécondité à Saint-Émilion, des balcons olé-olé d’Aix et de la trop méconnue cacasse à cul nu, à accompagner d’une bonne kékette...
Sans oublier quelques grivoiseries pour que l’été soit chaud, chaud, chaud !



Les plus belles fesses du Louvre - Paris, 1er

Bruno de Baecque est un guide conférencier, amoureux des angles et points de vue originaux. C’est pourquoi, depuis une dizaine d’années, il s’amuse à nous transmettre son savoir de façon sûre et amusante.
Il s’est rendu compte que les visiteurs du Louvre faisaient rarement le tour des statues. Et pourtant, on y découvre mille et un trésors pour le moins coquins.
Direction le Louvre pour y découvrir ses « plus belles fesses » et autres sensualités du corps humain.
Les coups de cœur de Bruno (dans le désordre) : les fesses d’Arès, celles de Dircé, les cuisses du Gaulois blessé, les lèvres de l’esclave mourant, le matelas de l’Hermaphrodite endormi.
Au lieu de rester (sans voir grand-chose) agglutiné devant la Vénus de Milo (qui répond également bien au sujet), faites un tour devant ces œuvres, avec Bruno de Baecque.
Vous découvrirez justement le charme discret de cet hermaphrodite, devant lequel tout le monde passe sans apercevoir ou presque son phallus et ses seins, sur un lit sculpté et ajouté par Le Bernin au 17e siècle.
Site internet http://vusouscetangle.net/
Love Hotel à 25 € l’heure - Paris, 2e

Une adresse conçue sur le modèle des hôtels japonais, qui louent leur chambre à l’heure, pour que les amoureux, un peu trop à l’étroit dans leur habitat traditionnel nippon, se retrouvent en toute sérénité.
Ce premier Love Hotel parisien a élu domicile dans une rue emblématique de la capitale, la rue Saint Denis (2e arr), première rue pavée de Paris, haut lieu de la prostitution depuis le 14e siècle. Les noms de rues alentour ne cachaient rien des activités domestiques des employées locales : rue Gratte-Cul, rue Tire-Boudin, etc.
Aujourd’hui, le Love Hotel s’enorgueillit d’accueillir des couples à partir de 25 € l’heure pour des câlins aux univers divers et très variés, de la chambre très kawaii que les amateurs de manga apprécieront à la suite Bollywood Kamasutra.
Histoire de trouver l’inspiration si vous étiez en manque d’idées !
88, rue Saint-Denis - 75001 Paris
Site Internet du Love Hotel
L’Origine du Monde de Gustave Courbet - Musée d’Orsay, Paris 7e

L’Origine du Monde représente un corps de femme vu depuis son entrejambe. Il a été peint en 1866 par Gustave Courbet et son histoire est tout bonnement rocambolesque.
Commandé par Khalil Bey, un homme politique turc, ambassadeur à Paris, Courbet y aurait représenté, à l’origine, une amie, Joanna Hiffernan.
L’œuvre fut ensuite vendue, aurait parcouru l’Europe, cachée derrière d’autres tableaux, avant de revenir au psychanalyste Jacques Lacan en 1955. L’une des dernières toiles à recouvrir le tableau d’origine peint par Courbet fut une « Terre érotique », commandée au peintre surréaliste André Masson.
Ce n’est qu’en 1995 qu’on retrouve l’œuvre initiale, offerte par dation au musée d’Orsay.
Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris, 01 40 49 48 14.
Site du Musée d’Orsay
La tombe de Victor Noir au Cimetière du Père Lachaise - Paris, 20e

La tombe de Victor Noir (1848-1870), de son vrai nom Yvan Salmon, fait partie des tombes les plus visitées du cimetière du Père Lachaise, plus précisément dans la 92e section.
Victor Noir était journaliste, mais surtout anti-bonapartiste. Alors qu’il s’apprête à convoler, il participe à un duel la veille de son mariage avec un cousin de Napoléon III. Il perd et meurt.
Sa tombe représente son gisant, avec son corps sculpté, un chapeau à la main (souvent plein de fleurs) et des parties intimes généreuses particulièrement bien lustrées et brillantes.
Pourquoi ? Bon nombre de femmes en quête d’enfant viennent toucher l’organe. Il aurait, paraît-il, la vertu de provoquer les grossesses ! De quoi célébrer la vie après la mort en quelque sorte…
Moins de chance pour Oscar Wilde, en revanche : sa statue au Père Lachaise, qui le représente sous forme de sphinx, a été amputée de son membre viril !
Cimetière du Père Lachaise, 16, rue du Repos, 75020 Paris. Tél. : 01 55 25 82 10
Site Internet du Cimetière du Père Lachaise
Pour une visite guidée payante « Le Père-Lachaise érotique, safari nécropolisson » avec Bertrand Beyern
Renseignements : www.bertrandbeyern.fr
Lire notre reportage Cimetières de Paris, ces dernières demeures de stars
Parc aux Cerfs - Versailles, Yvelines

Le Parc aux Cerfs à Versailles est situé au 4, de la rue Saint-Médéric. C’est dans ce relais de chasse, aujourd’hui détruit, que Louis XIII faisait enfermer les cerfs.
Plus tard, Louis XV (1710-1774), avec son ancienne maîtresse, la Marquise de Pompadour (1721-1764), retrouve de nombreuses jeunes filles qu’il se plaît à lutiner loin des regards de la cour.
Plein de légendes tournent autour de ce lieu aux allures de garçonnière du Roi, voire de harem. En tout cas, c’est le seul moyen que la Pompadour a trouvé pour conserver de l’influence sur son royal amant.
Les filles viennent alors de la campagne et ne doivent pas connaître plus de deux fois les bras du roi. L’endroit sera détruit et accueille désormais des galeries d’art.
Voir les photos de Versailles
Les balcons coquins d’Aix-en-Provence - Bouches-du-Rhône

Une balade dans la vieille ville provençale d’Aix-en-Provence, une glace de chez Philippe Faur à la main, et vous voilà ravi.
Si vous approchez de la place d’Albertas, vous aurez peut-être l’impression d’avoir la berlue. Quoi ? Des sexes masculins en ferronnerie ? Au-dessus d’officines fort distinguées ? En effet, on peut très vite s’apercevoir, même sans avoir les idées mal tournées, qu’il s’agit de phallus.
Une des explications viendrait du fait qu’il y avait, tout proche, au 18e siècle, des maisons closes dans les environs. On raconte aussi que ce sont tout simplement des blagues potaches de compagnons ferronniers.
Pour preuve, l’expérience se renouvelle plus loin, en façade du bel hôtel Boyer d’Eguilles, à deux pas, rue Espariat, construit au 17e siècle et plus loin au 6, rue de la rue de l’Ancienne Madeleine.
Mais là, les phallus ne sont plus horizontaux, mais verticaux. Selon J.-P. Cassely, guide-conférencier, on trouve les mêmes balcons à Stockholm, surnommés des… « balcons français » !
Visite guidée « Libertins et courtisanes », assurée par J.-P. Cassely, juillet-août tous les vendredis à 10 h.
Départs et renseignements à l’office de tourisme d’Aix en Provence.
La chaise de la Fécondité - Saint-Émilion, Gironde

Le moine Émilion s’est installé à vingt pieds sous terre dans la grotte de l’Ermitage au 8e siècle, quand il arriva de Vannes.
On raconte que c’est ici, dans cette grotte en forme de croix latine, qu’il continua ses différents miracles. Il y établit un autel, un lit et un fauteuil. Tout d’abord, il parvint à faire surgir une source d’eau qui lui servit à baptiser les nouveaux fidèles.
Mais bientôt les femmes stériles s’aperçurent qu’une station prolongée dans le fauteuil du futur saint leur permettait tout simplement de tomber enceinte.
Une surprise plutôt bienvenue, et une croyance toujours bien ancrée dans la légende. On raconte que l’office de tourisme de Saint-Émilion reçoit chaque année de nombreux faire-part de naissance suite à la visite…
Accessible uniquement par visite guidée payante, renseignements à l’office de tourisme. Place des Créneaux. Tél. : 05 57 55 28 28
Site de Saint-Émilion Tourisme
Musée des Beaux-Arts de Limoges, section archéologique - Haute-Vienne

Au musée des Beaux-Arts de Limoges (le BAL pour les intimes), situé dans le Palais épiscopal du 18e siècle, on s’arrête sur la riche collection d’émaux, ou les tableaux.
Les plus curieux apprécient la section d’archéologie, qui retrace la vie de l’ancienne Augustoritum (nom romain de Limoges).
Dans ses salles développées par l’archéologue Jean-Pierre Loustaud, on s’amuse à découvrir les lampes à huile ornées de scènes érotiques, certes classiques. Chose étonnante, qui étaient utilisées par toute la famille, des plus jeunes aux plus anciens.
Sur les murs des maisons, certains s’amusent même à l’époque gallo-romaine, à raconter leurs aventures et autres exploits amoureux.
L’occasion de se rendre compte qu’il n’y a là rien de vulgaire, et de comprendre que la sexualité fait partie du quotidien décomplexé, où le corps est exalté, des stades aux thermes. De nombreuses statuettes présentent les attributs masculins avec générosité.
1, place de l’évêché. Tél. : 05 55 45 98 10
Site Internet du musée des Beaux-Arts de Limoges
Frise érotique de la cathédrale de Cahors - Lot

La cathédrale Saint-Étienne de Cahors, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, fut construite à partir du 12e siècle. Tout d’abord d’inspiration romane, elle adopte le style méridional, avec de vastes coupoles. La nef est vaste, le chœur plus restreint.
La partie la plus intrigante reste le portail nord, avec des personnages aux influences orientales. Une scène de bâton entre un homme et une femme, juste au-dessus du portail, réchauffe l’atmosphère. La symbolique du bâton est limpide, bâton de jouissance tout biblique et charnel.
D’autres scènes, plus cruelles encore, notamment entre hommes, terminent de nous interroger sur cette frise aux décors pour le moins surprenants.
D’autres explications et interprétations ont été données d’ailleurs au sujet de cette frise. Est-ce là une sorte de kamasutra taillé dans la pierre ? Le mystère sacré reste entier.
Voir les photos de Cahors
Lire notre reportage Lot, le bonheur est dans la vallée
Château du marquis de Sade - Lacoste, Vaucluse

Donatien Alphonse François de Sade (1740-1814), un Provençal, s’engage comme militaire à 14 ans. Il est athée, libre et ne supporte aucune autorité.
À son retour de Prusse, il se vautre dans le stupre, mais son père lui demande de prendre épouse. Ce qu’il fait, avant de partir bientôt avec… sa belle-sœur chanoinesse. Il connaîtra de nombreuses prisons, pendant ses trente années passées à l’ombre.
Au château de Lacoste, Sade multiplie les soirées orgiaques sept années durant, de 1771 à 1778, même si les faits ne sont pas toujours avérés.
Il sera emprisonné à la Bastille, à Vincennes, et écrira ses principaux textes comme les Cent vingt journées de Sodome, dont les décors s’inspirent du château de Lacoste.
Aujourd’hui, le site est propriété de Pierre Cardin, où du mobilier et des œuvres d’art contemporain sont exposés. L’été le festival de Lacoste, dans les carrières du château, permettent d’apprécier opéra, variété, théâtre, et danse.
Ville de Lacoste. Infos : 04 90 75 93 12
Site du Festival de Lacoste
Gourmandises coquines

La France n’est pas en reste du côté des appellations et autres gourmandises coquines. Entrée, plat et dessert, il y en aura pour tous les goûts…
Rappelons le plat « national » des Ardennes, la cacasse à cul nu, un ragoût de pommes de terre avec des petits oignons fondants, servi parfois avec saucisse et tranche de lard.
Ne pas oublier d’arroser l’ensemble (avec modération, toujours) d’une bonne « kékette », bière normande, créée à Lisieux par Pierre et Ross, deux amis d’enfance, et brassée à Douai chez les Brasseurs de Gayant. Cette bière blonde a reçu de nombreux prix et se boit de la Réunion à la Guyane en passant par le Pays basque, la Bretagne, la Savoie et Paris.
Pour terminer le repas, ajoutons « le bouton de culotte », un fromage de chèvre bourguignon tout rond.
Et, enfin, une petite douceur : à Pau, impossible de ne pas repartir sans un paquet de « coucougnettes », du maître artisan confiturier et confiseur, Francis Miot. La coucougnette est composée d’une amande grillée, enrobée de chocolat noir 70 %, roulée dans une pâte d’amande aux arômes d’Armagnac, de gingembre et de framboise.
Ce bonbon a été créé en l’hommage du roi Henri IV surnommé le vert galant, originaire de Pau et amateurs de jolies femmes. On lui connaît 54 maîtresses et près d’une trentaine d’enfants…
Pour info, coucougner signifie… chouchouter !
Adresses
Boutique Francis Miot et salon de thé : 46-48 rue Joffre 64 000 Pau. Tél. : 05 59 27 69 51 ; à St Jean de Luz 7, rue Gambetta, tél. : 05 59 41 15 43 et à Uzos, Rond Point d’Uzos D37, tél. : 05 59 35 05 56. Internet www.francis-miot.com
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