Cimetières de Paris : ces dernières demeures de stars

par Anne-Marie Minvielle
23 octobre 2008

© ALF photo - stock.adobe.com
Entre Éros et Thanatos, passants, arrêtez-vous !
Certains sites funéraires, parfois délirants, restent dans le souvenir. Catacombes où furent transportés les anciens charniers de Paris, tombes des églises pillées sous la Révolution, cimetières et mémoriaux révèlent les attraits insoupçonnés de l’art funéraire et des tombes cultes…
Les cimetières, espaces verts et paisibles, sont aimés des chats et des oiseaux, fréquentés parfois par des gothiques tout de noirs vêtus, des visiteurs, des amoureux, des dragueurs et… des fidèles.
La Toussaint approche : à l’occasion de la sortie de son passionnant Guide des curiosités funéraires à Paris (éd. Parigramme), Anne-Marie Minvielle nous convie à une balade érudite et espiègle dans les grands cimetières parisiens. Thème du parcours : tombes insolites et caveaux de stars. C’est gratuit, libre d’accès et surprenant.
Certains sites funéraires, parfois délirants, restent dans le souvenir. Catacombes où furent transportés les anciens charniers de Paris, tombes des églises pillées sous la Révolution, cimetières et mémoriaux révèlent les attraits insoupçonnés de l’art funéraire et des tombes cultes…
Les cimetières, espaces verts et paisibles, sont aimés des chats et des oiseaux, fréquentés parfois par des gothiques tout de noirs vêtus, des visiteurs, des amoureux, des dragueurs et… des fidèles.
La Toussaint approche : à l’occasion de la sortie de son passionnant Guide des curiosités funéraires à Paris (éd. Parigramme), Anne-Marie Minvielle nous convie à une balade érudite et espiègle dans les grands cimetières parisiens. Thème du parcours : tombes insolites et caveaux de stars. C’est gratuit, libre d’accès et surprenant.
Rouge à lèvres, priapisme et occultisme
Terminus pour le poinçonneur des Lilas
Feu les artistes de la Butte
Ah, qu’on est bien entre gens du beau monde !
Mages, guérisseurs et saintes reliques
Mais où est passé le bichon de Marie-Antoinette ?
Faits divers et drames de la circulation
Aux grands hommes les anonymes reconnaissants
Pour en savoir plus
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Rouge à lèvres, priapisme et occultisme

Anne-Marie Minvielle
Le plus grand des espaces verts parisiens, le cimetière du Père-Lachaise, a été créé en 1804, du nom du confesseur de Louis XIV. Au Nord, un irrésistible magnétisme attire vers le dolmen toujours fleuri du spirite Allan Kardec (1804-1869, 44° div.). Papus (1865-1916, 93° div.), le pape de l’occultisme, et Bonne-Maman (1821-1908, 94° div.) apaisent aussi les douleurs et les esprits.
Très fréquenté, le gisant en bronze du journaliste Victor Noir (notre photo) (1848-1870, 92° div.) dresse un relief masculin expressif, usé par les attouchements des femmes espérant un enfant… À voir ! Non loin, le sphinx sur la dépouille d’Oscar Wilde (1854-1900, 89° div.) est recouvert du rouge à lèvres de multiples baisers et, of course, son sexe a été volé.
Face au mur des Fédérés, des cerises illustrent la chanson du communard Jean-Baptiste Clément (1836-1903, 76° div.). Parmi les artistes, les objets bleus à pois blancs de Gilbert Bécaud (1907-2001, 45 ° div.) sont un clin d’œil au jupon que sa mère déchira pour lui faire une cravate, lors de sa première audition.
Vers le quartier des Généraux, le télégraphe de Claude Chappe (1763-1805, 29° div.) évoque l’invention de ce génie méconnu qui se suicida dans son atelier. Près du rockeur Jim Morrison (1943-1971, 6° div.), qui attire toujours les foules de fans, la curieuse sculpture du poète belge Georges Rodenbach (1855-1898, 15°div.) qui soulève en vain sa tombe, étonne encore avec les innombrables sépultures insolites du cimetière. Et que diriez-vous d’une année à passer dans le fastueux mausolée de la comtesse Demidoff (1779-1818, 19° div.) en échange d’une partie de sa fortune, ainsi que le stipulait son testament ? On n’accepte plus les demandes…
Très fréquenté, le gisant en bronze du journaliste Victor Noir (notre photo) (1848-1870, 92° div.) dresse un relief masculin expressif, usé par les attouchements des femmes espérant un enfant… À voir ! Non loin, le sphinx sur la dépouille d’Oscar Wilde (1854-1900, 89° div.) est recouvert du rouge à lèvres de multiples baisers et, of course, son sexe a été volé.
Face au mur des Fédérés, des cerises illustrent la chanson du communard Jean-Baptiste Clément (1836-1903, 76° div.). Parmi les artistes, les objets bleus à pois blancs de Gilbert Bécaud (1907-2001, 45 ° div.) sont un clin d’œil au jupon que sa mère déchira pour lui faire une cravate, lors de sa première audition.
Vers le quartier des Généraux, le télégraphe de Claude Chappe (1763-1805, 29° div.) évoque l’invention de ce génie méconnu qui se suicida dans son atelier. Près du rockeur Jim Morrison (1943-1971, 6° div.), qui attire toujours les foules de fans, la curieuse sculpture du poète belge Georges Rodenbach (1855-1898, 15°div.) qui soulève en vain sa tombe, étonne encore avec les innombrables sépultures insolites du cimetière. Et que diriez-vous d’une année à passer dans le fastueux mausolée de la comtesse Demidoff (1779-1818, 19° div.) en échange d’une partie de sa fortune, ainsi que le stipulait son testament ? On n’accepte plus les demandes…
Terminus pour le poinçonneur des Lilas

Anne-Marie Minvielle
Parmi les sculptures intéressantes des intellectuels qui se doivent d’être enterrés à Montparnasse, on admire les animaux de Niki de Saint-Phalle pour ses amis (6° et 18° div.) et le centaure de César (1921-1998, 3° div.). Mais saviez-vous que Charles Baudelaire (1821-1867, 6° div.) est dans la même sépulture que son beau-père, le général Aupick qu’il haïssait ? Manque de bol aussi pour l’explorateur Jules Dumont d’Urville (1790-1842, 15° div.) qui, après avoir bravé les océans, décéda dans un accident de chemin de fer près de chez lui.
Serge Gainsbourg (notre photo) (1928-1991, 1° div.) est honoré de tickets de métro et de choux, en hommage à ses chansons. Silence, on tourne… devant les photos des archives du cinéma qui ornent la tombe d’Henri Langlois (1914-1977, 6° div.). Simone de Beauvoir a rejoint Jean-Paul Sartre (1905-1980, 20° div.) sous une simple dalle, à la fin de leur existence. Ils habitaient à deux pas… Plus mystérieuse, la tombe de l’écrivain J.-K. Huysmans (1848-1907, 2° div.), fervent catholique qui écrivit un roman sulfureux sur le satanisme (Là-Bas), arbore toujours des messages occultes.
Mais la plus incroyable des curiosités funéraires, vous attend dans le Petit Cimetière, non loin du baiser de Brancusi sur la tombe Rachevskaïa (1887-1910, 22° div.). Il s’agit de celle des époux Pigeon (1838-1915, 22° div.), dans un lit monumental. Charles Pigeon, l’inventeur de la lampe, est dressé en habit près de sa femme, couchée sous les draps… d’un réalisme frappant, surtout à la tombée du jour. Attention, peut-être que le fantôme du sergent François Bertrand qui déterrait en 1848 les cadavres pour les dévorer, erre encore parmi les tombes ! Bonne nuit, les Pigeon !
Serge Gainsbourg (notre photo) (1928-1991, 1° div.) est honoré de tickets de métro et de choux, en hommage à ses chansons. Silence, on tourne… devant les photos des archives du cinéma qui ornent la tombe d’Henri Langlois (1914-1977, 6° div.). Simone de Beauvoir a rejoint Jean-Paul Sartre (1905-1980, 20° div.) sous une simple dalle, à la fin de leur existence. Ils habitaient à deux pas… Plus mystérieuse, la tombe de l’écrivain J.-K. Huysmans (1848-1907, 2° div.), fervent catholique qui écrivit un roman sulfureux sur le satanisme (Là-Bas), arbore toujours des messages occultes.
Mais la plus incroyable des curiosités funéraires, vous attend dans le Petit Cimetière, non loin du baiser de Brancusi sur la tombe Rachevskaïa (1887-1910, 22° div.). Il s’agit de celle des époux Pigeon (1838-1915, 22° div.), dans un lit monumental. Charles Pigeon, l’inventeur de la lampe, est dressé en habit près de sa femme, couchée sous les draps… d’un réalisme frappant, surtout à la tombée du jour. Attention, peut-être que le fantôme du sergent François Bertrand qui déterrait en 1848 les cadavres pour les dévorer, erre encore parmi les tombes ! Bonne nuit, les Pigeon !
Feu les artistes de la Butte

Anne-Marie Minvielle
Les fans de Dalida viennent en pèlerinage au cimetière de Montmartre qui abrite la statue en pied de la célèbre chanteuse (1933-1987, 18° div.), au-delà de la passerelle de Caulaincourt. Mais dès le premier rond-point, le regard est attiré par le monument art déco en granit rose de la famille Zola. Si Émile est au Panthéon, sa brave épouse Alexandrine (1839-1925, 19° div.) est enterrée avec les enfants de sa maîtresse.
Tout proche, la tombe des Laurecisque (1797-1860, 1° div.) interpelle par les doigts de pied qui sortent de la pierre. Partez d’un bon pas pour retrouver les animaux fantastiques du littéraire Théophile Gautier (1811-1872, 3° div.) et rejoindre les hauteurs. Les détails d’un monument en métal bleui, peu connu, méritent d’être observés : chouettes de la nuit, pavots du sommeil et larmes du deuil évoquent le décès de l’ingénieur François Cavé (1794-1875, 25° div.), créateur des machines à vapeur maritimes.
Sur le côté, un petit spectre ailé pousse une corvette naviguant sur une mer déchaînée. Entre les médaillons des Goncourt et le gisant de Dumas Fils, on redescend vers le bronze du clown Petrouchka et la dalle de l’étoile des ballets russes, Vatslav Nijinski (notre photo) (1889-1950, 22° div.) qui sombra dans la folie. Berlioz (20° div.), Offenbach (9° div.), Degas (4° div.), Guitry (1° div.) et bien d’autres… attirent dans ce cimetière au charme indéniable, plus particulièrement dédié aux artistes et musiciens.
Tout proche, la tombe des Laurecisque (1797-1860, 1° div.) interpelle par les doigts de pied qui sortent de la pierre. Partez d’un bon pas pour retrouver les animaux fantastiques du littéraire Théophile Gautier (1811-1872, 3° div.) et rejoindre les hauteurs. Les détails d’un monument en métal bleui, peu connu, méritent d’être observés : chouettes de la nuit, pavots du sommeil et larmes du deuil évoquent le décès de l’ingénieur François Cavé (1794-1875, 25° div.), créateur des machines à vapeur maritimes.
Sur le côté, un petit spectre ailé pousse une corvette naviguant sur une mer déchaînée. Entre les médaillons des Goncourt et le gisant de Dumas Fils, on redescend vers le bronze du clown Petrouchka et la dalle de l’étoile des ballets russes, Vatslav Nijinski (notre photo) (1889-1950, 22° div.) qui sombra dans la folie. Berlioz (20° div.), Offenbach (9° div.), Degas (4° div.), Guitry (1° div.) et bien d’autres… attirent dans ce cimetière au charme indéniable, plus particulièrement dédié aux artistes et musiciens.
Ah, qu’on est bien entre gens du beau monde !

Anne-Marie Minvielle
Face au Trocadéro, le petit cimetière de Passy est bien fréquenté. La magnifique grille d’entrée et le pavillon d’accueil art déco de l’architecte Berger (1934), sont dans le ton. La rampe d’accès longe les virilités musclées de la tombe Dupont où « tout est bon » (1888-1970, 13° div.) et les détails des meubles d’Émile-Jacques Ruhlmann (1879-1933, 13° div.) gravés dans le bas-relief de son monument. Un mausolée, que dire, un panthéon s’élève en l’honneur de l’artiste ukrainienne Marie Bashkirtseff (1858-1884, 11° div.), qui avait peur d’être oubliée ! N’oubliez donc pas de regarder, par la porte, son atelier reconstitué.
Proche de Fernandel (1903-1971, 1° divi.), ou plutôt le « Fernand d’Elle » comme l’appelait sa belle-mère, se trouvent les tombes des aviateurs. Henri Farman (1874-1958, 10° div.) sur son manche à balai, Dieudonné Costes (notre photo) (1892-1973, 2° div.) avec un avion Bréguet au-dessus de la traversée de l’Atlantique nord, son associé Maurice Bellonte (1896-1984) et Marcel Dassault (1892-1986), racontent l’histoire de l’aviation.
Se dirigeant vers l’extrémité assez sombre du cimetière, il faut s’engager à travers les hauts mausolées noircis par le temps — brrr… — pour repérer en hauteur un angelot appuyé sur un crâne, près du tombeau pharaonique de la famille Madrenas y Sartorres (15 ° div.). Cette œuvre remarquable a fait couler beaucoup d’encre et l’ambiance « Halloween » est garantie. Les chats du quartier apprécient.
Proche de Fernandel (1903-1971, 1° divi.), ou plutôt le « Fernand d’Elle » comme l’appelait sa belle-mère, se trouvent les tombes des aviateurs. Henri Farman (1874-1958, 10° div.) sur son manche à balai, Dieudonné Costes (notre photo) (1892-1973, 2° div.) avec un avion Bréguet au-dessus de la traversée de l’Atlantique nord, son associé Maurice Bellonte (1896-1984) et Marcel Dassault (1892-1986), racontent l’histoire de l’aviation.
Se dirigeant vers l’extrémité assez sombre du cimetière, il faut s’engager à travers les hauts mausolées noircis par le temps — brrr… — pour repérer en hauteur un angelot appuyé sur un crâne, près du tombeau pharaonique de la famille Madrenas y Sartorres (15 ° div.). Cette œuvre remarquable a fait couler beaucoup d’encre et l’ambiance « Halloween » est garantie. Les chats du quartier apprécient.
Mages, guérisseurs et saintes reliques

Anne-Marie Minvielle
Châsses et reliquaires précieux, mages guérisseurs, sont l’objet de tous les espoirs. Il suffit d’y croire. Ainsi, n’hésitez pas à pousser la porte de la discrète chapelle des Lazaristes, près du Bon Marché. Dès l’entrée, une silhouette scintillante semble planer dans les hauteurs du chœur. 130 kilos d’argent furent nécessaires pour réaliser cette magnifique châsse que l’on atteint par un petit escalier. La statue en cire recouvre la dépouille de saint Vincent de Paul (1581-1660), protecteur des pauvres. L’histoire raconte que l’orfèvre Charles-Nicolas Oudot mit à l’abri son chef-d’œuvre lors de la révolution de 1830. Le calme rétabli, il réclama des intérêts et ne rendit son trésor qu’au bout de quatre ans…
Autre châsse précieuse, celle de sainte Geneviève (422-502), patronne de Paris, dans l’église Saint-Étienne-du-Mont, voisine du Panthéon. Le pape Jean XXIII vint même s’agenouiller devant ces reliques qui attiraient la population de la capitale, lors des processions médiévales.
Dans un autre genre, les tombeaux peuvent, eux aussi, guérir les croyants. Celui du mage Joséphin Péladan (notre photo) (1858-1918, 6° div.), au cimetière des Batignolles (17e arrondissement), conserve encore sa mosaïque multicolore, à quelques mètres du tombeau de Paul Verlaine (1844-189611° div.). Ce Sâr rosicrucien extravagant connut un succès retentissant auprès des Symbolistes. Autre guérisseur, le zouave Henri Jacob (1829-1913), bon enfant, vous attend au cimetière de Gentilly, à l’ombre du stade Charléty (13e arrondissement). Touchez au buste de cet hypnotiseur, et vous serez comblé… paraît-il.
Autre châsse précieuse, celle de sainte Geneviève (422-502), patronne de Paris, dans l’église Saint-Étienne-du-Mont, voisine du Panthéon. Le pape Jean XXIII vint même s’agenouiller devant ces reliques qui attiraient la population de la capitale, lors des processions médiévales.
Dans un autre genre, les tombeaux peuvent, eux aussi, guérir les croyants. Celui du mage Joséphin Péladan (notre photo) (1858-1918, 6° div.), au cimetière des Batignolles (17e arrondissement), conserve encore sa mosaïque multicolore, à quelques mètres du tombeau de Paul Verlaine (1844-189611° div.). Ce Sâr rosicrucien extravagant connut un succès retentissant auprès des Symbolistes. Autre guérisseur, le zouave Henri Jacob (1829-1913), bon enfant, vous attend au cimetière de Gentilly, à l’ombre du stade Charléty (13e arrondissement). Touchez au buste de cet hypnotiseur, et vous serez comblé… paraît-il.
Mais où est passé le bichon de Marie-Antoinette ?

Anne-Marie Minvielle
Dans cette enquête perpétuelle, on traverse tout Paris. Où est enterré le dernier chien de Marie-Antoinette ? Sur la pelouse de l’hôtel de Seignelay, dans le 7e. On aperçoit la petite plaque claire depuis les grilles du quai Anatole-France. Coco (1792-1814), un bichon, fut la dernière consolation de la famille royale enfermée au Temple. De même pour Louis XVII (1785-1795), espoir des Royalistes : lorsqu’en 1894, on exhuma la dépouille de l’enfant du Temple de la modeste tombe sise dans la cour de l’église Sainte-Marguerite (9e arrondissement), on s’aperçut de l’erreur.
Autre méli-mélo que celui des corps entassés sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Dans la précipitation du convoi funèbre de 1840, en mémoire des Trois Glorieuses, on mélangea les dépouilles des combattants de 1830 et quelques ossements de momies égyptiennes, en réserve de la campagne de Bonaparte.
Autre casse-tête, celui des restes de Léon Gambetta (1838-1882) : ce héros national fut disséqué après sa mort et chacun des amis docteurs emportèrent « un souvenir »… Seul le cœur du grand homme est exposé dans une urne située dans la crypte du Panthéon.
Mieux, le père Magloire, alias François-Éloy Bègue (1750-1837) n’a pas craint, lors de ses beuveries, de se faire passer pour le secrétaire de Robespierre, comme il est gravé au cimetière de Charonne (20e arrondissement). Des vols et disparitions de bustes et de statues, il n’en manque pas !
Autre méli-mélo que celui des corps entassés sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Dans la précipitation du convoi funèbre de 1840, en mémoire des Trois Glorieuses, on mélangea les dépouilles des combattants de 1830 et quelques ossements de momies égyptiennes, en réserve de la campagne de Bonaparte.
Autre casse-tête, celui des restes de Léon Gambetta (1838-1882) : ce héros national fut disséqué après sa mort et chacun des amis docteurs emportèrent « un souvenir »… Seul le cœur du grand homme est exposé dans une urne située dans la crypte du Panthéon.
Mieux, le père Magloire, alias François-Éloy Bègue (1750-1837) n’a pas craint, lors de ses beuveries, de se faire passer pour le secrétaire de Robespierre, comme il est gravé au cimetière de Charonne (20e arrondissement). Des vols et disparitions de bustes et de statues, il n’en manque pas !
Faits divers et drames de la circulation

Anne-Marie Minvielle
T’chao Coluche (1944-1986) ! Tu allais trop vite sur la route et te voilà au cimetière de Montrouge, la ville qui t’a vu naître. Un panneau dès l’entrée indique le chemin de cette tombe-star entre toutes. Même drame pour Lady Diana (1961-1997), sous le tunnel de l’Alma. Encore faut-il savoir que la reproduction de la Flamme de la Liberté qui lui sert d’hommage funéraire, était là bien avant son accident. Les innombrables graffitis sur les murs voisins sont à traduire dans toutes les langues.
Le prince allait trop vite là aussi, mais en calèche pour voir sa mère… Il s’agit de Ferdinand d’Orléans (1810-1842) dont la calèche menée par des chevaux emballés causa sa perte. La chapelle royaliste de la Compassion (17e), propriété du comte de Paris, abrite son cénotaphe très expressif.
Voici une catastrophe qui fit la une des journaux de 1897 : celle de l’incendie du Bazar de la Charité. Plus d’une centaine de victimes, toutes du Gotha parisien, périrent sous la bâche d’une toile qui prit feu avec une étincelle du projecteur du premier cinématographe… La somptuosité des marbres de la chapelle témoigne encore de ce terrible événement.
Enfin, la plus grande des hécatombes fut peut-être celle de l’invention de monsieur Guillotin. Louis XVI et Marie-Antoinette, décapités place de la Concorde, furent « récupérés » en 1794, en l’état. Une chapelle Expiatoire (8e, notre photo) les abrita avant leur transfert à Saint-Denis. On visite encore la crypte, leurs statues et les cénotaphes des autres victimes de la guillotine. La chapelle est très prisée de nos jours par les Japonais pour leur mariage.
Le prince allait trop vite là aussi, mais en calèche pour voir sa mère… Il s’agit de Ferdinand d’Orléans (1810-1842) dont la calèche menée par des chevaux emballés causa sa perte. La chapelle royaliste de la Compassion (17e), propriété du comte de Paris, abrite son cénotaphe très expressif.
Voici une catastrophe qui fit la une des journaux de 1897 : celle de l’incendie du Bazar de la Charité. Plus d’une centaine de victimes, toutes du Gotha parisien, périrent sous la bâche d’une toile qui prit feu avec une étincelle du projecteur du premier cinématographe… La somptuosité des marbres de la chapelle témoigne encore de ce terrible événement.
Enfin, la plus grande des hécatombes fut peut-être celle de l’invention de monsieur Guillotin. Louis XVI et Marie-Antoinette, décapités place de la Concorde, furent « récupérés » en 1794, en l’état. Une chapelle Expiatoire (8e, notre photo) les abrita avant leur transfert à Saint-Denis. On visite encore la crypte, leurs statues et les cénotaphes des autres victimes de la guillotine. La chapelle est très prisée de nos jours par les Japonais pour leur mariage.
Aux grands hommes les anonymes reconnaissants

Anne-Marie Minvielle
La Fayette (1757-1834), nous voilà ! Au cimetière privé de Picpus, le drapeau américain flotte allègrement sur la tombe du libérateur du Nouveau Monde. Le général doit d’y être enterré par sa femme dont la famille fut guillotinée sous la Terreur, comme tous les autres nobles ici présents. Un privilège dont le bourreau Sanson fut responsable.
Hommage encore à Napoléon omniprésent enterré aux Invalides. Même le fils de l’Empereur, surnommé l’Aiglon (1811-1832), mort en Autriche, porte le faciès de son père. Hitler trouva le moyen de ramener son corps en 1940, pour « promouvoir la collaboration ». Las, les Parisiens murmurèrent : « On manque de charbon et il nous envoie des cendres… ».
Quant à Louis Pasteur (notre photo) (1822-1895), son mausolée recouvert de mosaïques d’or illustre ses découvertes scientifiques. Une crypte romano-byzantine est à visiter à l’Institut Pasteur (15e). Le Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe de l’Étoile est vraiment inconnu. Il fut choisi en 1920 à Verdun, parmi huit cercueils, déjà sélectionnés. Une lourde responsabilité pour le soldat Augustin Thin du 132e régiment d’infanterie ! Celui–ci additionna simplement les chiffres de son régiment et choisit… le sixième cercueil.
Devant tant de gloires défuntes, ayons une pensée pour… les « petits oubliés », ceux du cimetière de Saint-Mandé Sud par exemple, dont l’allée du fond cache des enfants en biscuit blanc, statues romantiques plus ou moins brisées où quelques roses entretiennent le souvenir. De simples fleurs qui semblent nous dire qu’on est toujours la star de quelqu’un, sur la terre comme au ciel…
Hommage encore à Napoléon omniprésent enterré aux Invalides. Même le fils de l’Empereur, surnommé l’Aiglon (1811-1832), mort en Autriche, porte le faciès de son père. Hitler trouva le moyen de ramener son corps en 1940, pour « promouvoir la collaboration ». Las, les Parisiens murmurèrent : « On manque de charbon et il nous envoie des cendres… ».
Quant à Louis Pasteur (notre photo) (1822-1895), son mausolée recouvert de mosaïques d’or illustre ses découvertes scientifiques. Une crypte romano-byzantine est à visiter à l’Institut Pasteur (15e). Le Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe de l’Étoile est vraiment inconnu. Il fut choisi en 1920 à Verdun, parmi huit cercueils, déjà sélectionnés. Une lourde responsabilité pour le soldat Augustin Thin du 132e régiment d’infanterie ! Celui–ci additionna simplement les chiffres de son régiment et choisit… le sixième cercueil.
Devant tant de gloires défuntes, ayons une pensée pour… les « petits oubliés », ceux du cimetière de Saint-Mandé Sud par exemple, dont l’allée du fond cache des enfants en biscuit blanc, statues romantiques plus ou moins brisées où quelques roses entretiennent le souvenir. De simples fleurs qui semblent nous dire qu’on est toujours la star de quelqu’un, sur la terre comme au ciel…
Pour en savoir plus

Anne-Marie Minvielle
À lire
Envie d'en savoir plus ? Ruez vous sur l'excellent Guide des curiosités funéraires à Paris, d'Anne-Marie Minvielle (éd. Parigramme, 2008, 19 €).
Tout sur les cimetières
Les cimetières parisiens sont ouverts du 16 mars au 5 novembre (8 h-18 h) et du 6 novembre au 15 mars (8 h-17 h 30). 8 h 30 le samedi et 9 h le dimanche et jours fériés. Toilettes gratuites. Animaux et pique-niques interdits. Plan des divisions à l’entrée, et à la conservation pour les grands cimetières. Renseignements auprès des gardiens.
- Cimetière du Père-Lachaise (43,2 ha)
16, rue du Repos (Sud), rue des Rondeaux (Nord), 75019. Tél. : 01-55-25-82-10. M. : Père-Lachaise, Philippe-Auguste, Gambetta.
- Cimetière du Montparnasse (19 ha)
3, bd Edgar-Quinet, 75014. M. : Edgar-Quinet.
- Cimetière de Montmartre (11 ha)
Avenue Rachel, 75018. M. : Place de Clichy.
- Cimetière de Passy (1,7 ha)
2, rue du Commandant-Schloesing, 75016. M. : Trocadéro.
- Cimetière des Batignolles (11 ha)
8, rue Saint-Just, 75017. M. : Porte de Clichy.
- Cimetière de Gentilly (6 ha)
5, rue Sainte-Hélène, 75013. M. : Porte d’Italie.
- Cimetière de Charonne (0,41 ha)
111, rue de Bagnolet, 75020. M. : Gambetta.
- Cimetière d’Auteuil (0,70 ha)
57, rue Claude-Lorrain, 75016. M. : Exelmans.
- Cimetière de Montrouge (7,5 ha)
18, av de la Porte-de-Montrouge, 75014. M. : Porte d’Orléans.
- Cimetière privé de Picpus (0,33 ha)
35, rue de Picpus, 75012. Ouvert l’après-midi, sauf dim. et lundi. M. : Picpus.
- Cimetière de Saint-Mandé Sud (3 ha)
12, rue du Général-Archinard, 75012. M. : Porte Dorée.
- Chapelle des Lazaristes
95, rue de Sèvres, 75006. M. : Vaneau.
- Église Saint-Étienne-du-Mont
place du Panthéon, 75005. M. : Cardinal-Lemoine, RER Luxembourg.
- Hôtel de Seignelay
80, rue de Lille, 75007. M. : Assemblée Nationale.
- Église Sainte-Marguerite
36, rue Saint-Bernard, 75011. M. : Ledru-Rollin.
- Chapelle de la Compassion
place du Général-Koenig, 75017. M. : Porte Maillot.
- Chapelle de la Consolation
23, rue Jean-Goujon, 75008. M. : Alma-Marceau.
- Chapelle Expiatoire
29, rue Pasquier, 75008. M. : Saint-Augustin.
- Musée Pasteur
25, rue du Docteur-Roux, 75015. M. : Pasteur.
Retrouvez les infos complémentaires sur le site www.cimetieres.paris.fr.
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Tout sur les cimetières
Les cimetières parisiens sont ouverts du 16 mars au 5 novembre (8 h-18 h) et du 6 novembre au 15 mars (8 h-17 h 30). 8 h 30 le samedi et 9 h le dimanche et jours fériés. Toilettes gratuites. Animaux et pique-niques interdits. Plan des divisions à l’entrée, et à la conservation pour les grands cimetières. Renseignements auprès des gardiens.
- Cimetière du Père-Lachaise (43,2 ha)
16, rue du Repos (Sud), rue des Rondeaux (Nord), 75019. Tél. : 01-55-25-82-10. M. : Père-Lachaise, Philippe-Auguste, Gambetta.
- Cimetière du Montparnasse (19 ha)
3, bd Edgar-Quinet, 75014. M. : Edgar-Quinet.
- Cimetière de Montmartre (11 ha)
Avenue Rachel, 75018. M. : Place de Clichy.
- Cimetière de Passy (1,7 ha)
2, rue du Commandant-Schloesing, 75016. M. : Trocadéro.
- Cimetière des Batignolles (11 ha)
8, rue Saint-Just, 75017. M. : Porte de Clichy.
- Cimetière de Gentilly (6 ha)
5, rue Sainte-Hélène, 75013. M. : Porte d’Italie.
- Cimetière de Charonne (0,41 ha)
111, rue de Bagnolet, 75020. M. : Gambetta.
- Cimetière d’Auteuil (0,70 ha)
57, rue Claude-Lorrain, 75016. M. : Exelmans.
- Cimetière de Montrouge (7,5 ha)
18, av de la Porte-de-Montrouge, 75014. M. : Porte d’Orléans.
- Cimetière privé de Picpus (0,33 ha)
35, rue de Picpus, 75012. Ouvert l’après-midi, sauf dim. et lundi. M. : Picpus.
- Cimetière de Saint-Mandé Sud (3 ha)
12, rue du Général-Archinard, 75012. M. : Porte Dorée.
- Chapelle des Lazaristes
95, rue de Sèvres, 75006. M. : Vaneau.
- Église Saint-Étienne-du-Mont
place du Panthéon, 75005. M. : Cardinal-Lemoine, RER Luxembourg.
- Hôtel de Seignelay
80, rue de Lille, 75007. M. : Assemblée Nationale.
- Église Sainte-Marguerite
36, rue Saint-Bernard, 75011. M. : Ledru-Rollin.
- Chapelle de la Compassion
place du Général-Koenig, 75017. M. : Porte Maillot.
- Chapelle de la Consolation
23, rue Jean-Goujon, 75008. M. : Alma-Marceau.
- Chapelle Expiatoire
29, rue Pasquier, 75008. M. : Saint-Augustin.
- Musée Pasteur
25, rue du Docteur-Roux, 75015. M. : Pasteur.
Retrouvez les infos complémentaires sur le site www.cimetieres.paris.fr.
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