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Géographie et climat Nouvelle-Zélande

Géographie

De la pointe nord de l’île du Nord à la pointe sud de l’île du Sud, la Nouvelle-Zélande s’étire sur 1 600 km ! Autant dire qu’elle connaît quasiment tous les types de paysages et de climats, depuis les zones subtropicales du Northland jusqu’aux fjords souvent embruinés du Fiordland. Baigné de toutes parts par l’océan Pacifique, le pays compte plus de 15 000 km de côtes - falaises, dunes, plages immenses et désertes, il y en a pour tous les goûts. Il est divisé en 16 régions et un territoire (l'île Chatham), auxquels s’ajoute une pléthore de dépendances plus ou moins lointaines, du Pacifique Sud jusqu’à l’Antarctique.

L’île du Nord

Les deux grandes îles néo-zélandaises sont donc fort différentes l’une de l’autre. Celle du Nord est la plus petite (115 000 km²) et la plus découpée avec, face à Auckland, la vaste baie d’Hauraki et ses îles.
Au nord de la grande métropole néo-zélandaise, le Northland darde son long et large éperon vers les tropiques, bénéficiant d’un climat fort plaisant, doux jusqu’au cœur de l’hiver. En décembre, le pohutukawa, « l’arbre de Noël » des Néo-Zélandais, s’y couvre de grosses fleurs rouges. La superbe Bay of Islands, où débarquèrent les premiers colons anglais au début du XIXe siècle, en est le principal centre d’attraction. Sur sa façade ouest, 90-Mile Beach est la plus grande plage du pays. Au centre, parmi les fougères arborescentes, poussent encore les superbes kauri, arbres géants et sacrés des Maoris, malheureusement en grande partie déboisés.
Au sud-est d’Auckland, de l’autre côté du Firth of Thames, la très sauvage péninsule de Coromandel complète le panorama tropical de la Nouvelle-Zélande. Au-delà, l’héritage volcanique prend peu à peu le relais pour culminer vers Rotorua : volcans (White Island, Tongariro, Ruapehu, Ngauruhoe, Taranaki), coulées de lave figées, lacs de cratère, geysers, sources chaudes, fumerolles… Les phénomènes s’enchaînent, fascinants.
Grandie sur la ceinture de feu du Pacifique, la Nouvelle-Zélande connaît régulièrement séismes et éruptions. C’est d’ailleurs une gigantesque explosion qui forma le lac Taupo, le plus grand du pays (606 km²). On regrette que le plus haut geyser du monde (plus de 400 m !) se soit tari au début du XXe siècle. À l’est de l’île, dans la région de Hawke’s Bay, bien ensoleillée, les vignobles couvrent de vastes étendues.

L’île du Sud

La plus grande des deux îles (151 000 km²) est aussi, de loin, la plus montagneuse. Les collines cèdent ici le terrain aux crêtes enneigées des Alpes néo-zélandaises, culminant à 3 754 m au mont Cook, aux pentes bardées de glaciers. C’est ici que Sir Edmund Hillary venait s’entraîner avant de s’attaquer et de vaincre en premier l’Everest ! Seule une courte frange nord échappe à l’emprise des Alpes : le comté de Marlborough, réputé pour son vin, et les abords de la baie de Tasman, quasi-tropicaux dans le splendide parc national Abel Tasman.
La très pluvieuse West Coast (jusqu’à plus de 6 m de précipitations dans certaines zones !) plonge dru dans l’océan et se prolonge au sud par le Fiordland, le pays des fjords, qu’effleure à peine une unique route et un sentier de toute beauté. Creusés par les glaciers qui recouvraient le sud de l’île il y a encore 15 000 ans, les sounds sont profonds, très profonds : certains pénètrent de 40 km dans l’intérieur des terres, d’autres se creusent sur 400 m. Sous une nappe d’eau douce, due aux précipitations abondantes, foisonnent d’incroyables buissons de corail noir. La côte orientale, plus douce, mieux protégée, est le refuge d’une faune riche.

Climat

Les saisons sont inversées dans l’hémisphère Sud par rapport aux nôtres. L’été s’étend donc de décembre à mars, l’hiver de juin à septembre. Le climat est largement déterminé par la latitude : semi-tropical à l’extrémité de l’île du Nord, où les températures sont toujours assez douces (13 °C en juillet, 23 °C en février), il est influencé à l’opposé, sur l’île du Sud, par les vents parfois violents venus de l’Antarctique. L’hiver, on skie dans les Alpes et, vers Invercargill, il n’est pas rare qu’il gèle. Les pluies sont fréquentes toute l’année.

Une grande biodiversité

La faune et la flore font partie des grands attraits du pays. Protégées par la situation insulaire de la Nouvelle-Zélande, les espèces animales et végétales y ont évolué en complète autarcie, donnant jour à de drôles de bestioles. Pas d’ornithorynques comme en Australie, mais le moa, malheureusement disparu, qui fut le plus grand oiseau du monde : jusqu’à 3,50 m de haut, un look d’autruche et une viande qui plaisait bien aux Maoris… La végétation est particulièrement marquée par l’endémisme : 75 % des plantes trouvées en Nouvelle-Zélande n’existent nulle part ailleurs. On y trouve aussi un fossile vivant du Jurassique, le tuatara, une sorte d’iguane à crête dorsale de 50 à 60 cm.

Un milieu fragilisé

Beaucoup d’animaux ou de plantes, sans prédateurs importants, ont baissé leur garde. Certains oiseaux ont ainsi perdu l’habitude, puis la capacité de voler, comme le moa ou le kiwi. Des plantes ont perdu leurs épines. Cette extraordinaire faculté d’adaptation a condamné par ricochets nombre d’espèces endémiques : moins combatives, elles ne sont plus en mesure de se défendre lorsqu’elles sont confrontées à des espèces envahissantes.

C’est avec l’arrivée des Polynésiens que l’équilibre naturel a commencé à se modifier : bétail et animaux de compagnie, plantes vivrières ou d’ornement se sont dispersées, concurrençant ou détruisant la végétation et les espèces locales. La situation s’aggrava avec l’arrivée des Occidentaux, qui amenèrent chèvres voraces, rats, mouches, opossums australiens, cochons redevenus sauvages, qui déracinent les végétaux fragiles…
Les plantes introduites, qui font la beauté des jardins, se sont répandues sans mal grâce au sol fertile, à l’eau abondante et à la chaleur. Au nombre des plus dangereuses, on répertorie trois grandes sortes de lianes : passiflores, chèvrefeuilles et mûriers. Des forêts entières succombent, asphyxiées. Malgré le contrôle sanitaire renforcé effectué dans les aéroports, les passagers clandestins n’ont de cesse de se multiplier. Et n’oublions pas les conséquences des activités humaines : déboisement, assèchement des zones humides, extension des habitations et des pâturages, etc.

Un peu partout, on tente de se débarrasser de ces intrus pour desserrer l’étau. Mais comment faire ? Bien souvent, il faut arracher à la main, pied après pied, creuser dans le sol pour ne pas laisser le moindre morceau de racine susceptible de repousser. Les poisons sont dangereux, le contrôle biologique incertain. Face au problème, les Néo-Zélandais ont peut-être trouvé la solution. La protection de la faune et de la flore se développe sur des îles sanctuaires (Kapiti, Stewart, etc.), où les nuisibles sont éradiqués. Les populations souches des havres ainsi créés permettent ensuite, petit à petit, de repeupler d’autres îles sanctuaires, en attendant peut-être, un jour, d’accéder à de plus vastes territoires.

Kiwi

Voici un drôle d’oiseau. Incapable de voler, comme nombre de ses congénères néo-zélandais, le kiwi passe sa vie au ras du sol, dans les fourrés. C’est là que la femelle pond son œuf, qui pèse le quart de son poids ; c'est là aussi que le mâle couve et élève les jeunes, pendant trois semaines seulement.
Le kiwi est indissociable de la Nouvelle-Zélande. Mais le pays pourrait bien perdre son emblème : on en comptait 5 millions vers 1925, ils ne seraient plus que 50 000 aujourd’hui, victimes des prédateurs introduits par les hommes. Trois des six sous-espèces sont menacées de disparition. En fait, plus de la moitié de la population se regroupe sur la seule île Stewart, au sud du pays.
Là, avec beaucoup de chance, on peut rencontrer le kiwi de jour, par temps couvert, ou plus sûrement la nuit, sur Ocean Beach, en train de fouiller de son long bec muni de narines le tapis de kelp où il picore vers, larves et puces des sables. Cette rencontre, même brève, est un privilège : la plupart des Néo-Zélandais n’ont jamais vu leur oiseau national. Tout juste se souviennent-ils avec nostalgie des « kiwi kiwi » qui résonnaient dans les jardins de leur enfance.

Autres espèces

La faune néo-zélandaise est de deux types : oiseaux et mammifères marins - on n’y trouve aucun mammifère terrestre qui n’ait été introduit. C’est sur l’île du Sud, et surtout sur la côte est, protégée des vents et de l’humidité venus de l’Ouest, que l’on a le plus de chance de rencontrer otaries, phoques et lions de mer, installés en colonies pouvant regrouper des dizaines d’individus.
La plus grande richesse est toutefois sous-marine : la péninsule de Kaikoura s’avance au-dessus d’un grand canyon riche en plancton, qui attire de nombreuses espèces de dauphins et de cétacés. Dans les abysses, les grands cachalots chassent la plus insaisissable des proies : le calmar géant. Le plus gros spécimen jamais découvert, échoué sur une plage de Nouvelle-Zélande, atteignait 18 m de long !

Passé Christchurch, capitale de l’île du Sud, l’influence australe se fait davantage sentir. Au cœur même du port d’Oamaru, on assiste au retour très médiatisé des pingouins bleus, les plus petits du monde (40 cm). Tout se déroule à la nuit tombée, sous l’œil des projecteurs… Quelques sites plus isolés sont fréquentés par le rarissime pingouin à œil jaune, dont ne subsisterait qu’environ 400 couples reproducteurs. Les voir surgir des flots, après une interminable journée passée à pêcher à 30 km au large, est un moment plein d’émotion.
Sur la péninsule d’Otago et au-delà, on croise aussi albatros et éléphants de mer. L’isolement du Fiordland a valu, quant à lui, une sacrée surprise aux scientifiques : en 1948, sur les sommets embrumés des monts Murchison, à plus de 1 000 m d’altitude, ils ont redécouvert un oiseau que l’on croyait disparu depuis longtemps, le takahe, qui se nourrit du tussock (herbe épaisse) poussant sur les pentes.



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