En Cornouaille : le Finistère, côté Sud

09 juillet 2015

Des falaises du cap Sizun aux plages de la Riviera bretonne, la Cornouaille déploie une large palette de paysages. C’est dans cette région que se trouve la mythique Pointe du Raz.
Le Sud du Finistère possède de sérieux atouts naturels : des centaines de kilomètres de côtes, des landes battues par les vents, une campagne verdoyante et de placides rivières, propres à ravir le voyageur.
Mais on ne vient pas seulement en Cornouaille pour voir des paysages. Ayant inspiré nombre de peintres et d’écrivains, cette région est aussi une terre de culture, qui cultive son identité, sa gastronomie et sa mémoire, du pays Bigouden au port de Douarnenez, en passant par les ruelles du Vieux Quimper.
Entre terre et mer, nature et patrimoine, ce bout de Bretagne, à la fois bigarré et authentique, n’a pas fini de surprendre et de séduire ses visiteurs.
Quimper, voyage dans le temps

La capitale de la Cornouaille, située au sud du Finistère, compte parmi les villes les plus séduisantes de Bretagne. Située au confluent (« Kemper » en breton) du Steir et de l’Odet, à 15 km environ de l’Atlantique, Quimper a su profiter, dès le Moyen Âge, de sa situation stratégique.
Dominée par la silhouette de la cathédrale Saint-Corentin – bel exemple de gothique breton – , le centre historique, impeccablement restauré, témoigne de l’importance de Quimper, qui fut à la fois le siège des pouvoirs épiscopal et ducal.
Une promenade dans le Vieux Quimper, largement piétonnier, fait l’effet d’une machine à remonter le temps. Pittoresques demeures à pans de bois, rues pavées, maisons à pignons et encorbellement, remparts… Rien ne manque à ce décor de film de cape et d’épée ! Belle vue sur la cathédrale depuis la rue Kéréon (photo), bordée de bâtisses des 16e et 17e s.
La balade dans le temps se poursuit dans l’ancien palais des Évêques de Cornouaille (16-18 e s), qui abrite le Musée départemental breton, dont la collection porte sur 4 000 ans d’histoire, d’ethnographie et d’archéologie bretonnes.
De l’autre côté de la place Saint-Corentin, le musée des Beaux-Arts présente une intéressante section consacrée à la peinture réaliste bretonne (Adolphe Lelaux, Yan d’Argent…), mais aussi des tableaux de Boudin, Corot, Gauguin, de peintres flamands et italiens.
Sur la rive sud de l’Odet, le quartier de Locmaria, où se trouvait l’ancien port de Quimper, mérite le détour pour son musée de la Faïence, qui vous dira tout sur le « style Quimper ». Quant à l’école de broderie de Pascal Jaouen, elle modernise avec bonheur les motifs traditionnels bretons.
Douarnenez, la mémoire de la mer

Changement d’atmosphère à Douarnenez, qui se trouve à une demi-heure de route de Quimper. Ce port de pêche cultive un autre pan de la mémoire bretonne : ici, ce n’est plus l’univers des ducs et des évêques, mais le fief des pêcheurs et des ouvrières des conserveries de sardines, les Penn’Sardin.
Douarnenez, dont la devise est « Dalc’h Mad » (Tiens bon !), est un haut lieu de l’histoire ouvrière bretonne et du « communisme sardinier ». La ville a conservé son atmosphère portuaire et populaire, notamment lors de son fameux Carnaval des Gras. Le « chemin de la Sardine », parcours touristique à travers les rues et venelles du vieux Douarnenez, permet d’explorer in situ ce passé.
Autre site incontournable lié à la mer, le Port-Musée est un musée de bateaux à flots unique en France, où l’on peut visiter des embarcations à quai dans la ria du Port-Rhu et découvrir l’univers du cabotage, de la pêche et de la plaisance.
Également station balnéaire, Douarnenez propose aussi plusieurs activités aux vacanciers : des plages du côté de Tréboul (Les Sables-Blancs, Saint-Jean…) ou du port du Rosmeur, des excursions sur l’île Tristan (qui se rejoint à pied à marée basse), mais aussi des balades le long du sentier des Plomarc’h vers une ferme pédagogique, un vieux hameau et un site gallo-romain… où l’on fabriquait le garum, sorte d’ancêtre du nuoc-mâm vietnamien !
Si les boîtes de sardines – qui se vendent millésimées à la boutique Penn’Sardin’ – ne suffisent pas à leur bonheur, les gourmands seront ravis d’apprendre que Douarnenez est la patrie du kouign-amann. Pour déguster cette délicieuse pâtisserie, rendez-vous chez l’un des artisans du kouign amann de Douarnenez .
Bon à savoir : Douarnenez se trouve à quelques kilomètres de Locronan, l’un des plus beaux villages de France.
Le cap Sizun et la pointe du Raz, au bout du monde

C’est aux portes de Douarnenez que débute le bout du monde. Avec son paysage de landes battues par les vents et bordées de falaises s’effilochant peu à peu dans l’Atlantique, le cap Sizun incarne le Finistère. Ce finis terrae qui a pour seuls interlocuteurs l’île de Sein, l’Amérique et les oiseaux du large…
Site des plus mythiques, la pointe du Raz se trouve tout au bout du cap Sizun. Cet éperon de granit de 70 m de haut n’est pas le lieu le plus occidental de France (il s’agit de la pointe de Corsen, à Plouazel). Mais, inscrit dans l’imaginaire collectif, il attire les touristes comme un aimant (900 000 visiteurs/an). Dégradée par la surexploitation touristique, la Pointe du Raz a été réaménagée ces dernières années par le Conservatoire du Littoral. Ce travail de titan lui a valu d’être classée « Grand Site de France ».
Un site hyper touristique, donc, mais au cadre majestueux, impressionnant par gros temps et ravissant au printemps, quand ajoncs et bruyères composent une éclatante palette de couleurs. Pour le découvrir (plus) tranquillement, on vous conseille d’emprunter le GR 34 qui longe la côte (bonnes chaussures indispensables).
Moins fréquentée, la pointe du Van voisine offre un point de vue exceptionnel sur la pointe du Raz et la baie des Trépassés. Semblant lutter contre les éléments, la chapelle Saint-They compose un émouvant tableau. Un lieu à part.
À quelques kilomètres de là, sur la côte nord, ne pas manquer la réserve du cap Sizun (photo) où l’on observe, d’avril à juillet, des centaines d’oiseaux marins, comme le fulmar boréal, les goélands ou le cormoran huppé. Le site, en accès libre, s’étend sur 40 ha de landes, de falaises et d’îlots et environ 3 km de côtes, face à la presqu’île de Crozon.
En pays bigouden

Même s’il en est venu à désigner abusivement toute la région, le terme « bigouden » ne correspond qu’à une petite partie de la Bretagne, délimitée par l’Odet à l’est et Plozévet à l’ouest. Une terre au caractère affirmé, qui doit son nom à une haute coiffe longtemps portée par les femmes du pays.
C’est ici, dans le triangle Quimper-Plozévet-Penmarc’h, que la révolte des Bonnets rouges contre les taxes de Louis XIV s’est révélée la plus dure. Ici aussi que le labeur de la terre et la lutte des travailleurs de la mer contre l’océan ont façonné la mémoire collective.
Pour découvrir la culture locale, la visite du musée Bigouden de Pont-L’Abbé s’impose. Mobilier, coiffes, costumes, objets, instruments de musique permettent de mieux comprendre l’identité bigoudène. Et pour rencontrer de vraies Bigoudènes, c’est à la fête des brodeuses qu’il faut se rendre !
Mais, pour ressentir vraiment ce pays, il faut s’élancer sur ses routes, sans avoir peur de se perdre. Explorer cette région au paysage plat et pourtant contrastée, entre terre et mer, marais et bocage, ports de pêche et villages tranquilles.
Côté terre, le pays Bigouden présente un habitat dispersé, avec des villages reliés par de bucoliques routes de campagne, ou des sites au romantisme intact comme le calvaire de Notre-Dame-de-Tronoën.
Côté mer, la pêche est demeurée une activité majeure de la région, du côté de Saint-Guénolé et, surtout, du Guilvinec. L’atmosphère se fait nettement plus balnéaire du côté d’Île-Tudy, avec ses maisons blanches s’étirant sur une presqu’île, et de Sainte-Marine, petit bijou entre Odet et océan, porte d’entrée de la Riviera bretonne.
Le Guilvinec, haut-lieu de la pêche

Même s’il ne compte que 3 000 habitants, Le Guilvinec est aujourd’hui le 3e port de pêche français, derrière Lorient et Boulogne-sur-Mer, avec plus de 18 500 tonnes débarquées par an.
Mieux encore, cette petite ville, qui n’est pas dénuée de charme, se hisse à la première place hexagonale pour la pêche artisanale et la pêche fraîche (poisson frais et frais glacé). Quelque 360 marins et près d’une centaine de navires de pêche assurent l’activité du port. Baudroies, raies fleuries, seiches, églefins et langoustines sont les principales espèces pêchées au Guilvinec.
Chaque jour à 16 h 45, en semaine, le retour des chalutiers, escortés par les goélands, assure le spectacle pour les centaines de curieux qui assistent à ce formidable ballet nautique depuis la terrasse maritime du port.
Ensuite, il ne faut manquer sous aucun prétexte la visite de la criée et d’Haliotika- La Cité de la pêche (billet combiné) qui nous fait découvrir tout l’univers de la mer et des pêcheurs : les métiers, les techniques, les bateaux, les hommes et les femmes qui en vivent et, bien entendu, les différentes espèces. Le parcours, ludique, dynamique et interactif, rend la visite passionnante et accessible à tous les publics de 7 à 77 ans.
Haliotika propose également de nombreuses activités comme des ateliers pour enfants, des cours de cuisine, des dégustations de langoustines, des journées tout-inclus, des sorties en mer à la journée pour partager le quotidien des pêcheurs. Après, vous ne verrez plus votre poissonnerie du même œil !
Concarneau, l'abri côtier

L’histoire de Concarneau, située à une vingtaine de kilomètres à l’est du pays Bigouden, est étroitement liée, elle aussi, à la pêche. Si le port reste le 3e de France pour la pêche au chalut, l’âge d’or piscicole est aujourd’hui révolu et la plupart des conserveries ont fermé. Les curieux pourront visiter toutefois la conserverie Courtin (3, quai du Moros) et le musée de la Pêche, pour tout connaître de cette activité dans la région et dans le monde.
Construite sur un îlot dans le port, la ville close témoigne de l’époque où Concarneau (« Konk Kern », l’abri de Cornouaille) était un site particulièrement convoité. Aujourd’hui devenue l’emblème de la ville, cette cité fortifiée des 15e et 16e s. suscite plutôt la convoitise des touristes, qui sont nombreux à l’arpenter en été.
On les comprend. Lovée dans ses remparts du 16e s. et dominée par son beffroi, la ville close de Concarneau a conservé beaucoup de charme, contre vents et marées. À condition de faire abstraction des restos et autres boutiques de souvenirs, on s’émerveille devant les magnifiques maisons d’époque, la fontaine de la place Saint-Guénolé, les perspectives marines depuis la promenade des remparts ou les portes de la ville.
Concarneau ne se limite pas à sa ville close, la cité s’étant développée vers l’intérieur des terres avec l’essor des conserveries à la fin du 19e s. Après avoir pris un verre à la pittoresque Taverne des Korrigans, on peut se balader en ville et longer la corniche, du Marinarium à la plage des Sables-Blancs. Une jolie balade, à faire en fin d’après-midi après la baignade.
Pont-Aven, sur les traces de Gauguin

À une vingtaine de minutes de Concarneau, Pont-Aven doit sa renommée à ses fameuses galettes, créés en 1890 par Isidore Penven, et à la non moins célèbre « école de Pont-Aven ».
Réuni autour de Paul Gauguin, qui a fréquenté le village à plusieurs reprises entre 1886 et 1894, ce groupe de peintres (Paul Sérusier, Émile Bernard, Maurice Denis…) a laissé son empreinte dans l’histoire de l’art moderne.
Pourquoi Pont-Aven ? Parce que, comme l’écrivit Jobbe-Duval à Gauguin, « c’(était) un petit trou pas cher », offrant des conditions matérielles moins difficiles que la grande ville. Pont-Aven, qui n’était pas une paroisse à l’époque, était également réputée pour la légèreté de ses mœurs, surtout du côté du bien nommé bois d’Amour. Et, bien évidemment, la beauté des lieux et de la lumière avait de quoi inspirer les peintres…
Si l’on vient essentiellement à Pont-Aven pour les peintres et son musée des Beaux-Arts (réouverture prévue en mars 2016), la bourgade, nichée dans un vallon verdoyant au bord de l’Aven, réserve de superbes balades au visiteur.
Il ne faut pas hésiter à partir à la découverte de Pont-Aven, en suivant par exemple le parcours « sur les traces de Gauguin » jalonné de plaques émaillées explicatives. On découvre alors une ravissante petite ville, à l’atmosphère bucolique, avec d’anciens moulins à eau, un petit port fluvial, une rivière plongée dans la verdure et enjambée par des petites passerelles. Mais aussi, des jardins invitant à la promenade et la chapelle de Trémalo dont le Christ en bois servit de modèle au Christ jaune de Gauguin.
À voir également : la Maison-Musée du Pouldu (à une demi-heure de route) où a été reconstituée la Buvette de la Plage fréquentée jadis par Gauguin et les peintres de l’école de Pont-Aven.
Sur la Riviera finistérienne

Bordée par la mer, la Cornouaille n’est pas avare en criques secrètes et en plages de sable qui, dès l’été, invitent aux plaisirs balnéaires.
À l’ouest, on peut enfiler son maillot de bain du côté de la baie de Douarnenez, d’Audierne, de Plouhinec et de Pouldreuzic, dont les plages sont labellisées Pavillon bleu, signe d’excellence environnementale. Les amateurs de surf ne manqueront pas le spot réputé de la pointe de la Torche, dans la baie d’Audierne.
Au sud du pays Bigouden, l'estuaire de l’Odet sert d’abri au port de plaisance de Sainte-Marine, où l’on trouve également une jolie étendue de sable fin. Belles plages également du côté de Loctudy et d’Île-Tudy.
Mais c’est surtout en allant vers l’est de l’Odet que la côte prend des airs de Riviera bretonne, avec de belles plages de sable évidemment, des anses et des baies. Et une particularité des plus charmantes : les estuaires profonds de l’Aven, du Bélon et de la Laïta qui abritent d’adorables ports de pêche. Des mini-fjords bretons en quelque sorte, faisant écho aux abers du Finistère nord.
Très fréquentée dès les beaux jours, Bénodet est une sorte d’archétype de la station balnéaire, avec son port de plaisance, ses plages, son casino et son centre de thalassothérapie. Un site réputé depuis des lustres, qui a vu passer Proust, Zola, Apollinaire et Churchill.
Plus à l’est, on trouve de belles plages s’étendant sur des kilomètres du côté de Trégunc (entre les pointes de Trévignon et de la Jument), ainsi qu’au Pouldu (photo). Et, si des envies d'îles vous prennent, l'archipel des Glénan déploie le bleu polynésien de ses eaux au large de Concarneau.
Fiche pratique

Pour préparer votre voyage, consultez notre guide en ligne Bretagne
Consulter également le site officiel Finistère Tourisme
Comment y aller ?
- En train : liaisons quotidiennes Paris-Quimper en TGV. 4 h 30 de trajet
- En avion : Quimper est relié à Paris par Hop. Brest, à moins d'une heure de route, est relié à Paris par Hop et aux principales métropoles régionales françaises par Air France et des compagnies low cost. Trouvez votre billet d’avion.
- Par la route : Quimper est à environ 2 h 30 de route de Nantes et Rennes par voie express gratuite, 6 h de Paris.
Quimper est reliée à de nombreuses destinations en Cornouaille par autocar. Location de voiture conseillée pour parcourir la région à sa guise.
Où dormir ?
- Hôtel-restaurant Ty Mad : plage Saint-Jean, à Douarnenez-Tréboul. Coup de cœur pour cet hôtel à la déco sobre et design, installé dans l’ancien presbytère de la chapelle Saint-Jean, à deux pas de la plage. Belle vue sur la mer depuis certaines chambres et la salle de restaurant qui sert une cuisine raffinée à base de produits frais et bio. Piscine intérieure et spa. Accueil très sympa. Doubles 78-220 €.
-Villa Tri Men : 16, rue du Phare, à Sainte-Marine. Une grande villa construite en 1913 dans un jardin de 4 500 m2. Chambres à la déco sobre et raffinée donnant sur le port de Sainte-Marine et Bénodet. La table est à la hauteur de ce lieu d’exception, idéal pour un séjour en amoureux. Doubles 130-270 €.
- Le Cornouaille Hôtel : 62, av. de la Plage, à Bénodet. Sympathique hôtel avec une trentaine de chambres rénovées. Situé tout près de l’estuaire, pour aller se promener en bord de mer. Doubles 54-72 €.
Trouvez votre hôtel en Bretagne
Où manger ? Où boire un verre ?
- Les Halles de Quimper : 16, quai du Steir, dans les halles Saint-François. On vous recommande le Comptoir des Halles pour ses spécialités espagnoles (tapas et vins), à moins que vous ne craquiez pour l’une des crêperies ou les délices de la réputée pâtisserie Le Meur.
- Le Ceili : 4, rue Aristide Briand, à Quimper. Ambiance bretonne et celtique garantie, concerts de musique traditionnelle. Une institution locale.
-Crêperie Le Galion : 2, route du Loc’h à Plogoff. Tél. : 02-98-70-36-26. Une halte plus que recommandable pour se régaler de bonnes crêpes et galettes à base de produits locaux (saucisse de Molène, andouille, délicieuses confitures…), après avoir visité la Pointe du Raz (ou avant).
- La Coquille : 1, quai du Moros à Concarneau. Une excellente table au bord de l’eau, à base de produits locaux cuisinés avec inventivité. Le chef est un ancien de La Tour d’Argent, et ça se sent dans l’assiette. Bon rapport qualité-prix, surtout pour la formule déj à 20 €. Menus 30-46 €.
Liens utiles
Comité régional de tourisme de Bretagne
À ne pas manquer du 21 au 26 juillet : le Festival de Cornouaille à Quimper
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