Taiwan, belle île en mer de Chine

Julien Nessi
par Julien Nessi

18 juillet 2008

Julien Nessi
Derrière les buildings futuristes de Taipei, la « capitale scintillante », se cache une île aux trésors naturels insoupçonnés. Il suffit de sortir de la mégalopole taiwanaise, dominée par l’imposante tour Taipei 101, la plus haute du monde, pour découvrir pourquoi les Portugais avaient baptisé l’île Formose, « la belle île ». Il faut s’aventurer sur la côte nord et est pour découvrir une autre Taiwan.
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Taipei, entre modernité et tradition

Julien Nessi
Dans les rues de la capitale taiwanaise, des hordes de scooters démarrent en trombe à chaque feu passant au vert. Casques colorés et arborant un logo sur la tête, les conducteurs de scooters semblent être les rois de la circulation. Pas étonnant que l’île possède ses propres constructeurs de deux-roues, exportés dans le monde entier à l’image de la marque « Sym », qui fait des ravages dans les rues de Paris.

Avec ses larges avenues à l’architecture chaotique et ses maisons inachevées ça et là, Taipei, la capitale taiwanaise revêt l’aspect d’un chantier permanent. Taipei n’échappe donc pas au désordre ambiant des grandes mégalopoles d’Asie. Poussiéreuse, trépidante, suffocante. Un seul point de repère dans cette ville frénétique, la tour Taipei ou Taipei 101, fierté des Taiwanais. À ce jour, elle demeure la plus haute tour habitée au monde. Avec sa façade de verre, d’aluminium et d’acier en forme de bambou, elle en impose ! Quand on se retrouve au pied de cette tour haute de 508 mètres et dotée de 101 étages, on se sent vraiment tout petit… À l’intérieur, et à la base de l’édifice se trouve le 101 Mall, un immense centre commercial, avec des boutiques de luxe, des restaurants et des escalators à n’en plus finir. Il ne vous faudra pas plus de trente secondes pour rejoindre le sommet de l’édifice grâce aux ascenseurs les plus rapides du monde. Depuis le « point d’observation » ou la terrasse extérieure (un peu plus haute), la vue est spectaculaire. On peut voir les montagnes recouvertes de forêts autour de la ville, son fleuve et ses différents quartiers. Un incontournable de Taipei !

Alors que le soleil se couche sur la capitale taiwanaise, c’est l’heure de la prière au temple de Longshan. Situé dans le vieux quartier Wanhua, le plus vieux quartier de Taipei, le temple attire en fin d’après-midi les bouddhistes et les taoïstes. Avec son toit recouvert de dragons dorés et son atmosphère enfiévrée aux effluves d’encens brûlé, Longshan est devenu un site touristique. Noin de là, on trouve également le marché de nuit Hwahsi, et son allée de serpents, où de fiers Taiwanais retirent la peau d’un serpent vivant devant vous… tout en vous proposant de boire son sang ! Vivant, débordant d’énergie et très animé, le marché de nuit est le meilleur endroit, une fois la nuit tombée, pour apprécier la vie nocturne.

À Yeliou, sur la côte nord

Julien Nessi
Changement de décor. Nous sommes à environ 50 kilomètres de la capitale, sur la côte nord de Taiwan. Petite ville côtière réputée pour ses restaurants de poissons et de fruits de mer, Yeliou est le témoin d’un phénomène géologique des plus surprenants. Sur ce bout de terre, d’étranges sculptures de pierre en forme de têtes humaines, forgées par l’érosion du vent et de la mer, s’alignent au bord de l’océan Pacifique.

Des touristes chinois avec des ombrelles déambulent au milieu de ce paysage lunaire, qui pourrait être tiré du roman de Jules Verne, Voyage au centre de la terre. Ces cailloux champignons en forme de têtes humaines ont été forgés naturellement par la réaction chimique entre la roche minérale, riche en carbonate de calcium, et le sel marin de l’océan Pacifique. Le résultat est un spectacle géologique étrange dont les acteurs sont des rochers orangés en forme de têtes humaines. Une tête de reine, dont le profil ressemble à un buste de Néfertiti, est même devenue l’emblème de Yeliou.

Site géologique d’envergure, transformé en « géoparc » pour recevoir des groupes de touristes, Yeliou est l’un des joyaux naturels de la côte nord de Taiwan. Un chemin bétonné et balisé permet de se rendre jusqu’au bout de la péninsule, en vingt minutes. Un point d’observation, aménagé au-dessus des falaises, offre une vue plongeante sur l’océan Pacifique.

Dans les gorges de Taroko

Julien Nessi
Le jour se lève à peine, un rayon de soleil pénètre à l’intérieur du canyon. Comme une caresse, il vient illuminer un buste de dragon à la tête de lion dressé à l’entrée d’un pont rouge suspendu. C’est le Cihmu Bridge, l’un des nombreux ponts construits dans les gorges de Taroko, réputées pour leurs falaises de marbre hautes de 1 200 mètres. Les gorges de Taroko font partie des rares gorges de marbre qui existent dans le monde. Elles serpentent sur une vingtaine de kilomètres à partir de la côte est jusqu’à l’intérieur des montagnes.

Ces gorges, sculptées par la rivière Liwu dans des montagnes de marbre, forment des canyons impressionnants. Des glissements de terrain et des éboulements barrent parfois la route 8, seule et unique voie de passage au milieu des gorges. C’est le cas ce matin sur « le tunnel des neuf virages », où l’ancienne route est victime d’éboulements. Le seul moyen de passer, est d’emprunter un long tunnel creusé dans la montagne. Plus bas, en redescendant vers l’océan Pacifique, un mémorial accroché à une falaise, où coule une petite cascade, rappelle le sacrifice des hommes à la construction de cette petite route, miraculée du canyon.

Situées sur la côte est de Taiwan, à 26 kilomètres de Hualien, les gorges de Taroko, à l’intérieur du parc national du même nom, figurent parmi les visites touristiques incontournables de l’île. Fréquentées par les Taiwanais de souche, elles sont le point de départ de multiples randonnées sur des sentiers longeant et surplombant ce canyon de marbre. De nombreuses passerelles ont été aménagées pour franchir sans difficulté la rivière Liwu et explorer les montagnes.

Un typhon sur Taiwan

Julien Nessi
En raison de sa position géographique et de son climat, Taiwan est régulièrement frappée par des typhons plus ou moins forts et plus ou moins dévastateurs. Au cours de notre voyage, un typhon de catégorie 4 (sur 5), baptisé Krosa, s’est abattu sur Taiwan. Les typhons qui frappent l’île, généralement de juillet à octobre, peuvent être particulièrement destructeurs. La nature déchaînée offre alors un spectacle des plus saisissants, voire effrayants.

Sur la route côtière, les vents en rafales soulèvent des vagues de plusieurs mètres de hauteur. Au large, des rouleaux blancs se forment avant de se transformer en vague géante et de s’abattre sur les côtes. Des pluies torrentielles se déversent sur l’île dans une chaleur de plomb accompagnée d’une lumière pâle. Au bord de la route, les conséquences d’une nature tourmentée : glissements de terrain, scooters renversés, arbres se courbant sous la force du vent.

Avec des vents de plus de 180 km/h et des pointes atteignant 227 km/h, le typhon Krosa, qui a balayé toute l’île, a entraîné l’évacuation de centaines de personnes, des inondations, des coupures de courant et des toitures arrachées. Bilan : deux morts et plusieurs dizaines de blessés. À l’instar du capitaine Mac Whir dans le roman Typhon de Joseph Conrad, confronté sur son navire à une tempête infernale en mer de Chine, le mieux est, si possible, de garder la tête froide lorsque la nature se déchaîne…

Infos pratiques

Julien Nessi
Comment y aller ?

Avec China Airlines (compagnie taiwanaise), via Francfort ou Amsterdam, à partir de 700 €. Réservation : www.china-airlines.com
Vols également avec Eva Air, via Amsterdam, Londres ou Vienne.

Où dormir ?

À Taipei, optez pour Le Grand Hôtel pour son ambiance et sa vue panoramique. Situé à l’extérieur de la ville, c’est un lieu chargé d’histoire ‒ la femme de Tchang Kaï-chek a dirigé l’hôtel ‒ et à l’architecture chinoise traditionnelle ‒ il ressemble à une grande pagode avec de multiples dragons. Le « lobby » est très chaleureux, avec des couleurs vives, des poutres en bois et du mobilier élégant. Très bon restaurant chinois. Demandez absolument une chambre avec vue ‒ certaines sont sans fenêtre ! Gros point faible : la décoration des chambres.
Tarif : à partir de 4 500 NT$/nuit. Réservation : www.grand-hotel.org

Dans les gorges de Taroko, le choix est limité. Vous n’échapperez pas au Grand Formosa Taroko, un complexe hôtelier cinq-étoiles, avec spa et piscine, donnant sur la rivière Liwu, à l’intérieur du parc national de Taroko. À partir de 6 000 NT$/nuit. Plus d’infos : www.grandformosa-taroko.com.tw

Où manger ?

À Taipei - Kao-Chi : Yongkang street. Cuisine chinoise de Shanghai, plus sucrée et plus douce. Poissons, viandes, légumes et raviolis vapeur. Une adresse fréquentée par les Taiwanais.www.kao-chi.com
- Tien Hsiang Lo : Landis Taipei. Sans doute le meilleur restaurant chinois de la ville. Une cuisine raffinée et délicate pour les gourmets. Un restaurant situé dans un hôtel de luxe, dans le centre de Taipei. taipei.landishotelsresorts.com
- Sur le marché de nuit Hwahsi, on peut manger des nouilles sautées, du poulet avec du riz ou du poisson. Petits prix assurés (à partir de 2 €).

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