Le Sarawak, l'aventure à Bornéo

04 août 2016

Le Sarawak, une région de 125 000 km2 au nord-ouest de Bornéo, 4e plus grande île du monde. Cette province, avec sa cousine Sabah, enserre le Sultanat de Brunei et forme la partie orientale de la fédération malaisienne, assise sur le vaste Kalimantan, versant indonésien de l’île.
Aussi grand que la Malaisie péninsulaire, dont il est séparé par la mer de Chine, le Sarawak demeure méconnu des francophones. Pourtant, il est synonyme de nature puissamment tropicale, de peuples et de cultures d’une richesse et d’une diversité remarquables.
Point d’arrivée au Sarawak, Kuching est une capitale où il fait bon résider et déclencher des excursions, vers des parcs naturels, culturels et autres sites.
L’exploration du Sarawak se poursuit vers l’est et l’intérieur de Bornéo. D’abord avec Sibu, commandant l’accès aux zones ethniques de Kapit et Belaga par la rivière Rejang. Puis, à partir de Miri, ancienne ville pétrolière proche du Brunei, après un voyage dans le temps à Niah, en décollant vers l’incroyable parc naturel de Mulu (Unesco) et la région éco-ethnique du Bario avant de continuer vers Sabah et le mont Kinabalu.
Le Sarawak ? Un voyage aux confins de l’aventure, de la découverte et de l’émerveillement, dans l’une des contrées les plus sauvages et mystérieuses du monde.



Le Sarawak, contrée sauvage

Dans l’inconscient des voyageurs, Bornéo joue le rôle d’une Amazonie téléportée vers l’Orient. Qu’en est-il aujourd’hui du « grand vert » ?
A la moitié du 19es, l’incroyable biodiversité de l’île stupéfie le naturaliste et explorateur A.R. Wallace. Une partie de la formidable collecte réalisée par ce compagnon de Darwin est toujours exposée au musée du Sarawak, dont il fut le 1er conservateur.
Aidé par la topographie accidentée, le climat (3-4 m de pluie/an) et de nombreux parcs nationaux et réserves, le Sarawak possède l’une des plus vieilles et luxuriantes forêt du monde. Pour l’instant... puisque la déforestation est redoutable.
On y trouve encore plus d’espèces d’oiseaux que dans toute l’Europe dont 8 de calao, volatile emblème des autochtones ; 4000 orangs-outans encore sauvages ; une myriade de phasmes, irréels Stick Insects abonnés des randonnées nocturnes…
La flore n’est pas moins riche, avec 15 % de plantes endémiques ; plus de 4 000 variétés d’orchidées, et probablement autant à découvrir ; au moins 30 types de plantes carnivores Nepenthes et, protégés dans les parcs, de vénérables Belians, arbre insensible aux termites et à la pourriture, dont le « bois de fer » (Borneo Ironwood) est si dense qu’il coule et s’érode comme de la roche.
Au pays des chasseurs de tête

Avec 1 million de membres, les Iban sont l’ethnie dominante du Sarawak, suivis par leurs cousins Bidayuh (200 000) puis les Orang Ulu, regroupant une vingtaine de groupes (Kayan, Kenyah, Kelabit, Penan...).
« Chasseur de tête », le qualificatif reste associé à ces peuples... Rassurez-vous ! Colonisation, conversions religieuses et progrès ont eu raison de ce rituel lié à l’initiation et au prestige du clan plus qu’à un penchant sanguinaire. Ici et là (ex : Anna Rais Longhouse), des cranes sont encore exposés.
Interminables, les longhouse (Rumah Panjang ; longue maison) où cohabite tout un clan sont intimement liées à la culture ethnique. Il en existe encore plusieurs milliers. Bien sûr, elles ont évolué. Les voitures remplacent le bétail sous les pilotis, les quartiers privés s’étendant au détriment du ruai (véranda commune).
L’attachement à ces structures réunissant jusqu’à 30 familles reste très fort, même pour ceux qui la quittent. On s’y ressource et on y célèbre après les récoltes (début juin) le grand et primordial Gawai. Boostés par la joie et le tuak (alcool de riz maison), chants, danses et réunions durent officiellement 2 jours. Mais plutôt 15 en réalité...
L’ethnique est également dans l’air du temps. Art et artisanat font l’objet d’initiatives de protection et diffusion. Débordés, les tatoueurs réalisent les classiques fleurs Bunga Terung et bien d’autres superbes motifs. Fabricants et maitres de sapé, un luth au son riche et feutré, voient d’enthousiastes voyageurs s’enquérir à leur sujet. Et n’oublions pas la cuisine.
Sarawak : melting-pot de peuples et cuisines

Dès le 5e s, des navires font escale sur la côte nord de Bornéo, située sous la route des ouragans. À partir du 15 e s, des commerçants chinois échangent nids d’hirondelles, ivoire jaune des calaos et produits de la jungle contre textiles, poteries et perles.
Venu en 1839 pour mater une rébellion contre le Sultan de Brunei, James Brooke en profite pour fonder l’exotique dynastie des Rajahs Blancs, qui gouvernera le Sarawak pendant un siècle. La province rejoint la Fédération de Malaisie en juillet 1963.
Par nécessité pionnière, l’immigration de communautés soudées, surtout chinoises et un peu indiennes, est encouragée. Au rang populaire, des Chinois se mélangent aux Dayaks et plus d’un Malais (originaire de Malaisie) a du sang ethnique.
Aujourd’hui, la population s’équilibre en 3 parts égales d’autochtones, Malais et Chinois issus de diverses diasporas (Fujian, Canton, île de Hainan etc.). Agréable en ces temps de crispations, l’ambiance est plutôt au « vivre ensemble », encouragé par l’amour du territoire commun et une certaine défiance envers la Malaisie péninsulaire.

Le Sarawak à table
Rayon gourmand, le creuset sarawakien répond présent ! Le Laksa Sarawak est pour beaucoup d’afficionados le meilleur de ces curry-soupe de poisson et poulet, emblématiques du métissage sino-malais peranakan. Il faut déguster un « Special » avec coques et crevettes au Lau Ya Keng de Kuching, servi avec lime et sambal belacan (piment-pâte de crevette) sur le côté.
Côté « chinois-chinois », osez le kueh chap, bouillon sombre de tripes, tofu et nouilles maison, et les kolo mee, nouilles « sèches » aussi simples que raffinées. Typiquement malais, les nasi lemak bungkus - riz au lait de coco emballé dans une feuille de bananier-, curry rendang, poulet frit pencet et viandes et poissons lalapan (nom d’une sauce typique) sont autant de délices.
Les surprenants rojak buah et cake multicolore kek lapis sont emblématiques du Sarawak. Le 1er unit fruits, tofu, beignets et sauce brune collante, à base de pâte de crevette, sucre de palme, lime et chili ! Le 2e rivalise de style « zigzag », « batik», etc. et d’innovation pour assembler de riches (jusqu’à 30 œufs/kilo) couches multicolores.
Passons à l’ethnique. Cuit vapeur dans un bambou avec épices et herbes sauvages, le poulet ayam pansuh est juteux et tendre. À base de poisson cru, l’umai est le ceviche de Bornéo.
Les fougères midin, paku et feuilles de tapioca (manioc) sont aussi bonnes sautées que blanchies en salade. Mini anchois en guise de sel et fleur de gingembre sauvage Torch Ginger relèvent plats et salades. Les vers de Sago, des chenilles charnues, se dégustent crus ou sautés.
Amateurs de codes pour leurs boissons, les locaux aiment mélanger les 3 couches du thé au lait TCP, très calorique. Délice d’initié très désaltérant, le jus de lime-prune aigre Calamansi Sour Plum Juice ou Limau asam boi ou Júzi suān méi (桔子酸梅) résume le Sarawak !
Kuching, la capitale féline et relax

Cat City. Une simple homonymie malaise vaut à Kuching le surnom de « ville-chat ». Peu importe, les effigies de matous investissent la ville et le sujet a inspiré un musée ultra-kitsch.
La capitale du Sarawak (650 000 hab.) a bien un côté félin. Pour la douceur enveloppant son âme fière, un rien sauvage. Au couchant, elle ronronne, caressée par les promenades avant de s’assoupir dans une béatitude tropicale.
L’hyper-centre historique déroule ses variations de style. Temples et shophouses chinoises répondent aux élégants monuments datant des Rajah Blancs (Courthouse, Textile Museum, etc.). Malgré leurs tailles, de récents mall et immeubles ne ruinent pas les perspectives. Encore rythmée de petits commerces, la vie locale s’accommode sans heurt des touristes. Le soir venu, Asian-hipsters et ethno-alternatifs posent et festoient rues Carpenter et Wayang.
Paniers tressés, effigies protectrices, impressionnants masques et totems sont exposés dans l’altier musée du Sarawak ouvert en 1891. Dans son élégant pavillon de 1921, l’instructif musée Chinois relate le passé et le présent de ces diasporas.
Pua Kumbu (Ikat des Iban), brocards malais aux fils d’or kain songket et vanneries sont les vedettes du musée des Textiles, installé dans une demeure colonialo-renaissance. À visiter aussi, la feutrée fondation Tunjugah : métiers à tisser, ikat sacrés (certains emballèrent des têtes coupées, brrr...) et salle des parures de perles.

Excursions autour de Kuching
Kuching est aussi une remarquable base d’excursion. Tout près, dans un superbe écrin côtier, le parc de Bako est mondialement célèbre pour son incroyable biodiversité et ses nasiques. Les Malais les appellent malicieusement Orang Belhanda (singe hollandais), en référence à leur nez protubérant et leur ventre gonflé par les feuilles qu’ils consomment inlassablement.
À l’opposé de Bako, la silhouette magnétique du mont Santubong s’élève en arrière-plan de la baie. Flanc ouest, la visite de l’ethno-écomusée Cultural Village s’impose pour ses longhouse, artisans, expos et danses folkloriques. Le parc Ramsar protège les mangroves et estuaires où survivent des dauphins de l’Irrawaddy. Lueurs du couchant et éventuels crocos et nasiques illuminent les croisières de l’après-midi.
A 20 km au sud de Kuching, le Centre de Semenggoh aide des Orang Utang malades ou maltraités à redevenir autonomes. Seul grand singe d’Asie, « l’homme des forêts » partage 97 % de nos gènes et pas mal d’empathie… Rencontres non garanties, surtout en période fruitière.
Les grottes Wind et Fairy surplombent la rivière Sarawak à l’ouest de Kuching. Baignade, kayak et escalade possible. 20 km plus loin, le marché du week-end de Serikin regorge de marchandises diverses venues d’Indonésie voisine.
60 km plus au sud, la longhouse bidayuh Anna Rais se visite sans guide. Drika Punud y joue et fabrique pour le British Museum des pratuokng, étrange instrument fait d’une seule pièce de bambou, cordes-lamelles comprises.
De Sibu au district de Belaga

À 400 km à l’est de Kuching par la route Trans-Bornéo ou à 250 km en speed boat, au fil d’estuaires et d’un bras de mer, voici Sibu : une ville créée au début du 20e par des colons chinois chrétiens du Fuzhou, verrouillant l’accès par la Rejang, plus grande rivière de Malaisie, aux comptoirs de Kapit et Belaga.
Une pagode ponctue la rive aimantée par l’étui de son port, où se rangent d’étranges cigares. Fabriqués à Sibu, ces speed boat atteignent 30 nœuds (55 km/h) et sont vendus dans toute l’Asie.
À quelques encablures, Sibu Heritage Centre évoque l’histoire régionale, le food-court au 1er étage de l’animé Central Market a vue sur le quartier et le kaléidoscope gourmand du Night Market fait saliver toute la province. Y voisinent sauvages cochonnailles, addictifs Kompia venus du Fuzhou - sortes de bagel tandoori, au porc ou à la pâte d’haricot rouge -, bouchées vapeurs apam balik, version sucrée des crêpes martabak.
En naviguant vers l’amont sur la Rejang, on atteint Kapit (pas de réelle liaison routière). Le marché Teresang abonde en produits de la jungle. Typique ouvrage de bois datant de 1880, Fort Sylvia fut construit pour modérer les expéditions des Iban vers l’amont. Il héberge un petit musée ethno-colonial.

Belaga et les hommes de l’amont
Il faut changer de speed-boat pour franchir les rapides Pelagus, toujours spectaculaires malgré leur dynamitage partiel en 1960 et entrer dans le district de Belaga.
La vie de ce sanctuaire des ethnies Orang Ulu ou « Hommes de l’Amont » (30 000 personnes répartis en 12 groupes distincts) est chamboulée par les barrages de Bakun et Murun, monuments de corruption aux rentabilités illusoires. Résilients, d’anciens habitants se sont réinstallés en maison flottante Jelatong, à l’aplomb de leur longhouse noyée par un lac plus grand que le Léman.
Une route en montagne russe rejoint désormais Belaga, mais les longhouses se visitent plutôt en bateau et guidé. Si la plupart appartiennent aux Kayan et Kenyah, quelques ethnies comme les Kejaman n’en ont qu’une poignée… voire une seule comme l’ethnie Sihan, en voie de disparition.
Figure locale, Daniel Levoh arrange avec expérience acheminement et excursions à partir de Belaga, combinant belles navigations, rando, visite et nuit en longhouse, voire l’accompagnement de son fils, prof dans un village Penan.
Miri la pétrolière, Niah la préhistorique, Mulu l’éden

Miri est un hameau de pêcheurs quand son destin bascule en 1910, avec le forage du 1er puits de pétrole. À sec, Old Lady domine toujours la ville. L’offshore prend le relais dès les années 50, puis l’or vert remplace le noir et les plantations s’étendent.
A 30 km de Brunei, la ville est une étape pratique et agréable avant d’explorer l’intérieur. Plastique Playmobil des blocs de shophouse 50-70’s et esplanades à terrasses divertissent sur le chemin du quartier chinois, animé d’un temple et d’un marché. Chez Dilennia Guest House, Mme Lee, qui accueille ses hôtes comme à la maison, propose des services et tuyaux affutés par l’expérience.
A 100 km à l’ouest de Miri, l’humanité nous contemple à la grotte de Niah. Son embouchure cosmique et les 40 000 ans d’occupations humaines (fouilles toujours en cours) stupéfient jusqu’aux plus blasés. Un long cheminement dans cette matrice mène à la sortie opposée, d’où un sentier rejoint une falaise aux peintures néolithiques malheureusement à demi effacées.

Fantastique parc de Mulu
Éden de jungle profonde veinée de rivières, dominé par des massifs calcaires rongés de cavités abyssales, le parc de Mulu (Unesco), que l’on rejoint en avion, est tout simplement hallucinant. Sur 544 km2, pas moins de 20 000 espèces animales, 3 500 plantes dont 200 espèces d’arbres/ha sont recensées.
Le parc de Mulu cumule 3 records mondiaux : la plus grande cavité, Sarawak Chamber, véritable aérogare ; le plus long passage souterrain, Clearwater (170 km, exploré depuis 1978) et le plus grand, Deer Cave (120 m de haut, 100 de long). De ce dernier, 4 millions de chauve-souris sortent en 30 mn entre 17 et 18h30, formant de longs rubans contorsionnés dans l’espoir d’échapper aux faucons. Chacune bâfre 5 grammes d’insectes. Calculette ? 20 t au total, d’où peut-être le peu de mosquitos à Mulu !
De bons sentiers et escaliers de planches mènent à la marche de la canopée (500 m à 10-30 m de haut) aux sorties de nuit et aux Show Cave abritant de superbes formations géologiques et d’étranges locataires : vers infanticides tissant des fils pour capturer leurs moucherons, gros criquets se gavant d’œufs d’hirondelles, crabes translucides etc. D’autres sentiers, comme le botanique, sont faisables en solo. Navigations amazoniennes et visite d’un village Penan complètent les sorties.
Surnaturel, le panorama sur les Pinnacle, forêt d’aiguilles acérées atteignant jusqu’à 50 m de haut, nécessite la conquête de 15 échelles quasi verticales, 3 jours de rando et une super forme. L’ascension du mont Mulu (4 jours) est encore plus exigeante. Quant au facile Headhunter Trail (2 jours), il intègre Mulu sans devoir rebrousser chemin, en rejoignant l’enclave côtière de Limbang.
Du Shangri-La du Sarawak aux trésors de Sabah

Le Bario
Longtemps, seuls d’intrépides colporteurs franchissaient les montagnes et les jungles protégeant le plateau du Bario (alt : env 1100 m). Christianisé, le Bario a changé. Les femmes de l’ethnie locale Kelabit ne se tatouent plus le visage, le réseau GSM et l’Internet se sont invités.
Oui mais... hormis une interminable route forestière ou un long trek, seul un superbe vol depuis Miri relie Bario au reste du monde. Pesés avec bagages ( !) et serrés dans le petit bimoteur à hélice, les passagers voient défiler l’océan complice des mangroves, les volutes de rivières, le damier « gulliverien » des plantations et enfin le grand vert, à peine griffé par l’ocre de pistes accrochées aux crêtes, veillées par le Bukit Batu Lawi (alt : 2000 m).
Plus verte que bâtie, la capitale éponyme réunit quelques commerces et un marché au micro-centre. La longhouse Bario Asal abrite 35 familles et une petite expo. La réussite sociale des Kelabit est célèbre, au prix de l’exode des jeunes. Norme régionale, le home-stay inclut les 3 couverts. Le Jungle Blue Dream de Stephen, artiste-peintre Kelabit, et Tine sa femme danoise, est exceptionnel pour l’accueil, la cuisine et les plans dessinés des environs.
Miam ! Naturellement bio et locavore, la cuisine du Bario fait le buzz autour de ses 3 piliers : riz local au grain fin et allongé ; sels de sources saumâtres roulé dans une feuille, compagnon subtil des cuissons et ananas si sucré et fondant que les locaux ajoutent parfois sauce soja et piment.
Pierres levées et sculptées... des archéologues au look d’Indiana Jones débonnaires s’attaquent aux mystères du Bario. Une culture cousine de l’indochinoise Dongson aurait fleuri ici dès 1000 ans av J.C. !

Vers Ba’Kelalan et Sabah
Obligatoirement guidé, un trek réputé, long (4 jours dont 1 nuit en abri et saute-mouton autorisé en Indonésie) mais pas trop dur, relie Bario à Ba’Kelalan, la capitale des Lun Bawang, cousins des Kelabit. À Pa’Lungan, beau village encerclant une prairie avec église et dolmen, aller dormir à l’adorable Philip & Pauline Homestay.
D’anciens abris Penan rappellent que 3% de leurs membres seraient encore chasseurs-cueilleurs. Connaissance des plantes, habilité à la sarbacane, ni « merci » ni « au revoir », des mots inutiles dans leur vie nomadique égalitaire où forêt se dit simplement « univers »... c’est pour protéger cette précieuse culture que le bâlois Bruno Manser s’opposa brillamment aux compagnies forestières avant de disparaitre mystérieusement en 2000.
Congrégation de hameaux, Ba’Kelalan est célèbre pour ses pommiers. Un vol ou 6 h de 4x4 jusqu’à l’enclave côtière de Lawas, entre Brunei et Sabah, permet de pénétrer Bornéo en direction de l’est.
Sabah possède les plus belles plages et le « toit » malaisien, le Kinabalu (Unesco ; alt : 4 095 m). Le trek a rouvert après le fort tremblement de terre de 2015. Idéal pour se remettre tout en profitant de la biodiversité (et des éléphants nains...) : la rivière Kinabatangan et son couloir de jungle (prévoir 3 jours) et, à 3 h au sud, les sublimes fonds marins de Sipandan, rejoints depuis l’île Mabul. Bornéo c’est fou !
Fiche pratique

Trois bonnes raisons (pratiques) de visiter le Sarawak
- La bonne saison régionale (avril-septembre) englobe les grandes vacances quand la plupart des destinations régionales sont sous les pluies.
- La région est bien desservie par des lignes aériennes régulières et low cost depuis Kuala Lumpur, Singapour et via escales, Hong Kong
- Ce territoire se parcourt très bien en indépendant, grâce au grand nombre d’hébergements et interlocuteurs adaptés. Il n’est pas réservé aux aventuriers et même très apprécié des familles
Consulter notre guide en ligne Malaisie
Quand y aller ?
Climat tropical chaud et humide. Toujours avoir un imper au cas où ! Meilleure période : mai-sept, pic de pluie nov-mars. Haze (brume sèche venant des brulis) fréquent en sept.
Comment y aller ?
- Visa : visa 60 j. obtenu à la frontière.
- Voie aérienne : nombreuses liaisons régulières et low cost entre Kuching, Kota Kinabalu (Sabah), Kuala Lumpur (env 50 € AS) et Singapour.
- Voie terrestre: frontière avec Sabah, Brunei et le Kalimantan (Indonésie).
Pratique
- Change : été 2016, 1€ = 4,5 Ringgit (RM/MYR). Meilleurs taux et horaires chez les changeurs. À Kuching : Everrise Money Changer : 199 jl Padungan, 9:30-18h (dim et j. férié 13h).
- Téléphone/Internet : ind. Malaisie : 60. Compter RM 60 pour une sim card avec env 2 Go de datas (à recharger par coupon).
Se déplacer
- Taxis : nombreux mais n’utilisent pas le compteur. Négocier avant la course. Surcharge la nuit.
- Location auto-moto : A.H. Moto. 29, jl Tabuan (avt Ting Ting Market).Tél : 082240508. Lun-sam 8h-18h. RM 30-40/j. selon type moto. Voiture : plein d’agences, a.p. RM 100/j.
- Vols intérieurs : Mas wings et Air Asia. Ex : Bario-Miri 25 €, Kuching-Miri (env 5 vols/j.) 30- 40 €.
- Bus : compter env 50 km/h et RM 0,1-0,2/km selon distances. Grandes lignes : 1 départ/h env et quasi 24h/24. City bus (environ de Kuching) : prix symboliques (RM 2-6) mais les horaires ne sont pas respectés.
- Speed boat : selon météo et niveau rivière : Kuching-Sibu,1/j.,RM 50 ; Sibu-Kapit 4 /j. à partir de RM 25 ; Kapit-Belaga 1/j., RM 55.
Deux coups de coeur
- Bornéo à la Carte : créée par une française Amélie et Chris, son mari Iban, cette agence propose une large gamme d’excursions et activités combinables : classiques autour de Kuching, kayak, VTT, spéléo, rencontre avec un artiste Orang Ulu et séjours en immersion, dans un village Bidayuh ou des longhouse Iban. Le programme Siba (3-4 j.) est remarquable. Des sentiers en balcon à travers plantations, grimpettes et descentes dans la forêt et franchissement de gués amènent à cette longhouse coiffant majestueusement une colline par-delà le sacré Mt Bukit Sadok. Avec l’un des rares clans Iban encore animiste, on y partage histoire du passé et questionnement actuel. Un must : l’option nuit en bivouac, installé dans la jungle par les autochtones qui en profitent pour pêcher, chasser et cueillir.
- Nanga Shanti : semé sans se bousculer sur 2,5 ha de forêt, ce resort, situé à 30 km de Kuching, à l’impact écologique réduit grâce au solaire et à la filtration d’eau est unique au Sarawak. Glamping en bord de mer, balade sur la grève rocheuse ou kayak jusqu’à une anse baignable quelle que soit la marée (rare dans le coin), plats métisses et succulents de Sophie, farniente et lecture. Sophie et Mathias, un couple de géniaux bâtisseurs-déco-récupérateurs, travailleurs inlassables ont créé ce petit paradis, aidés par des woofers.
Sites Internet, activités
Tourist Information Kuching : jl Padungan (immeuble UTC/Top Spot). Tél : 82 410 944. Tlj 8h-21h. Plan de la ville, info horaires et excursion. Blog et pas mal d’info sur le site.
Chien Lee : photographe naturaliste spécialiste du Sarawak.
Spéléologie : Organisation sérieuse pout tout niveau.
Base Adventure Management : Tél : 0128886460. Guide d’escalade.
Bumbu cooking class : Cours de cuisine locale.
Bario Experience : Site d’info sur la région de Bario.
Guides/Organisateurs indépendants
Efficacité, compétence et bons tarifs auprès de:
Daniel Levoh: Tél : 0138486351. daniellevoh@hotmail.com. Région Kapit-Belaga.
Kenneth Jarith : Tél : 013-5662925. kennethjarit@hotmail.com. Région Bario et Kapit-Belaga.
Mack Lampang : Tél : 0128728306. macklampang@yahoo.com. Parc de Mulu et environs.
Où dormir ?
Petit pdj. inclus sf si spécifié. Attention : prix élevé et résa impérative lors du Rainforest festival.
Kuching :
- Le Nomade Hostel : 3 jl Green Hill. Tél :082237831. Dortoir/dble sans/avec sdb a.p de RM 25/60/70. Rénové récemment. Super ambiance, tuyaux/service tip top.
- Waterfront Lodge : 15 Main Bazaar. Dble RM 115/140. Belle demeure traditionnelle. B
- Batik Boutique : 38 jl Padungan. Tél: 0824228454. Dble RM 280-450. Belle déco design-ethnique. Le meilleur hôtel de sa catégorie. Très bon accueil.
Environs de Kuching :
- Nanga Shanti : Voir reportage ci-dessus. Accès en bateau depuis Buntal à arranger à l’avance, séj min 2 nuit. T :01125177108. Ouv avr-sept. Dble en longhouse/tente, RM 120/170. Plats RM 10-45.
- Nanga Damai : Tél : 0198871017. À Damai, en bordure de jungle, avec vue sur la mer. Grande maison à étage + un vénérable cottage en bois. Piscine. 6 dble, RM 120/180.
Sibu :
- Lihua Hotel : angle jl Long Bridge/Maju (250m en amont des speed-boat). Tél : 084324000 ; lhht@lihuahotel.com.my. Dble à partir de RM 70 sans pdj.
Belaga :
- Daniel Levoh Guesthouse (danielvoh@hotmail.com). Tél : 0138486351.Dortoir/dble avec sdb RM 40/100. Pas de pdj.
- Nuit en longhouse : compter env RM 90/pers avec diner et pdj.
Kapit :
- New Rejang Inn : 104, Jl Teo Chow Beng. Tél : 084796700. Dble avec sdb à partir de RM 80
Miri :
- Dilennia : 846 jl Sida (parallèle sur l’arrière de jl Merpati). Tél : 085434204. Dortoir/dble RM 30/80 RM, sdb à partager.
- My Homestay : Jl Merpati. Tél : 085429091. Dortoir/dble à partir de RM35/60, sdb à partager. Terrasse commune, plaisant.
- Pullman Waterfront : Tél : 085323888. hôtel 4/5 étoiles classique, à la fois central et en front de mer. Dble à partir de 70 $.
Bario :
- Jungle Blues Dream (junglebluesdream@gmail.com): Tél .0198849892. Gite+couvert RM 90/pers.
- Philip & Pauline Homestay : village de Pa’Lungan. Tél : 0138054657. Gite+couvert RM90/pers
Ba Kelalan :
- Apple Lodge: Tél : 0132865656. Gite+couvert RM 80/pers.
Mabul Island (Sabah) :
- Billabong Scuba. Tél : 089781866. 1 nuit + 3 sorties snorkel/plongée RM 250, 600 avec permis Sipadan inclus.
© Dominique Roland
Manger, boire un verre
Food court : plats très bons et... très bon marché (RM 3-10). Resto local/ étranger-fusion, env RM 10-20/ 20-70. Alcool relativement cher.
Kuching :
- Sur jl Carpenter:
Food Court Lau Ya Keng, n°37. Côté ouest, en face du temple chinois.
Baba Nyonya : angle jl China. Spécialités peranakan sucrées et salées.
Drunk Monkey : n°58. Le pub bobo de Kuching. Belle terrasse, gros choix bières/vins/ spiritueux. Uncle Bean Cafe : n°63. Cuisine malaise servie par des jeunes sympas.
Black Bean Cafe : n°87, bons café du Sarawak.
Shack Bistro : n° 33. Bar-resto (dont plats Iban), concerts.
Speak Eazy, Ethnic Tribal Cafe, respectivement n°61 et angle Jl Bishop. Cafés concerts.
Nyan Shin : angle jl china. Spécialités Hakka.
- Sur Jl Padungan :
Pinoy : n° 143, resto philippin. Monstrueux mix-gril.
Food Court Tai Pan Corner : n°93. Authentique et bien placé.
Kim Food Court : n°198. Fameux Hakka Thunder Tea jusqu’à 14h et délicieuses Danta (tartes aux oeufs).
Hong Kong Noodle House : n° 98, resto chinois de bon aloi.
Noodle Descendents : n°18. Spécialiste depuis 1957 d’une généreuse «mix pork soup».
- Ailleurs en ville :
Le Café Rouge : jl Green Hill rdc Nomade Hostel. Café-resto, cuisine locale et franco-italienne dont crêpes. Concerts, évènements.
Brookes Cafe : pavillon en fer sur la berge, non loin du Musée Chinois. Plats locaux et occidentaux soignés, gâteaux.
Foodcourt Green Hill Corner : angle jl Green Hill. L’un des meilleurs du genre, bien le soir aussi.
Top Spot Food Court : jl Bukit Mata, sur le toit de l’immeuble-parking UTC. Poissons et fruit de mer (RM 30-100/kg). Aller au stand 25 (tt droit puis à gauche au coude).
Junk : 80 jl Wayang. Tél : 0198571870. Le plus couru de cette enfilade de bar-restos-clubs bobo.
Zhun San Yen : 165, jl Chan Ann. Tlj sf dim 8h-16h Superbe buffet végétarien, prix modique au poids. Kok Boon Cafe (Teochew Association): 30, jl.Tabuan. Laksa et autres plats Teochew.
Choon Hui Cafe : 34, Jalan Ban Hock. Renommé pour les Laksa, Kolo Mee, Lumpia et toast Roti Canai/Kawai.
Warung Nusantara : 23, Jl Bukit Mata. Bien pour un petit dej malaisien (roti + Kopi !). Ouvert 24h/24.
Lim Hock Ann Seafood : village de Buntal, poisson et fruit de mer RM 50-100/kg.
Miri
Summit Cafe : 1238, jl Melayu. Depuis Imperial Mall, à droite après Park Hotel. Déj slt. Très bon buffet popu avec plats ethniques.
Muara restoran : jl North Yu Seng. Spécialité lalapan.
Ming Cafe : angle North Yu Seng/Merbau. Grand bar resto sur rue. Happy hour, plats en tout genre. Animé.
Khan Restoran islamic : jl Maju. Depuis Imperial Mall, une inter à droite après Mega Hotel. Roti, martabak et autres spécialités indo-malaises.
© Dominique Roland
Galeries, artisanat, tatouage (à Kuching)
- Tatouages ethniques : Skrang 26 jl China ; Borneoheadhunter , 47 jl Wayang.
- Sarawakhandicraft. Promotion et vente d’artisanat ethnique.
- Asiana Gallery : 146 jl Padungan. Tél : 082250226. Bois précieux recyclé, beaux objets.
- Tanoti House : 56 Tabuan Rd. Tissage etvente de brocards malais « Songket » de très grande qualité.
Parcs nationaux et musées
- Musées du Sarawak : entrées gratuites, bravo ! Ouv tlj.env 10h-16h.
- Parc de Mulu : ouv tte l’année. Entrée RM 30 valable 5j. Prévoir 3 nuits (4 sans résa). Résa (lit, show cave etc.) impérative juin-aout et tte l’année pour les grands treks. Excursions guidées : RM 15-60 selon types. Package agence depuis Kuching avec avion: 4 showcave à partir de RM 850/pers. Loger dans le parc : Hostel-Longhouse, à partir de RM 35-70/pers; chalets/bungalow à partir de RM212 la dble. Hors de l’enceinte : Mulu Marriot, dble env 100 € ; Homestays, env RM 15-40 RM selon confort (dortoir à dble).
Bako, Kubah et autre parcs nationaux : entrée RM 20. Dortoir/double à partir de RM 16/60-300 selon taille et confort.
Info treks et sites
- Trek Bario-Ba’ kelalan : durée 3 j. Prévoir env 250 $/2 pers. Depuis Ba’Kelalan, tarifs env 40 % moins cher.
- Kinabatang’an : 2 N, incluant 2-4h de bateau, petite rando, logement et repas, prévoir : RM 400/pers.
- Sipandan-Mabul Island : 1N et 3 sorties snorkelling/plongée à partir de RM 250 et 600 (si Sipadan).
Festivals
- Rainforest festival : ven-dim, mi juil-début aout. Musique ethnique et world.
- Régate de Sarawak : fin aout-sept. Course de pirogues traditionnelles.
- Gawai : entre 1e et 2e sem de juin.
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