Barcelone, toujours moderne

23 décembre 2011

C’est à la fin du XIXe, avec les Modernistes, qui ont pour chef de file Antoni Gaudí, que Barcelone développe sa singularité, avec une architecture originale qui attire aujourd’hui les touristes. Mais Barcelone n’a pas perdu pour autant sa fibre avant-gardiste….
Un siècle et des poussières plus tard, loin de s’endormir sur son passé, la ville poursuit sa mutation. L’organisation des J.O. de 92 a agi comme un détonateur. La construction du village olympique permet le développement d’un nouveau quartier, tourné vers la Méditerranée.
Plus récemment, le Forum 2004, et le plan Districto 22 @, conçus pour revitaliser le quartier industriel de Poblenou (photo), ont vu surgir de nouveaux bâtiments, signés par de grands architectes catalans ou internationaux.
Petit itinéraire dans la Barcelone avant-gardiste, du parc Güell d’antan au parc dessiné par Jean Nouvel tout récemment.
Barcelone moderniste

Ce style inspiré par la nature et les formes organiques, qui s’exprime à travers le design et l’architecture, connaît son heure de gloire à l’époque de l’Exposition universelle de 1888. Dans les maisons bourgeoises d’alors, l’imagination est au pouvoir : motifs floraux, inspiration mauresque, courbes et mosaïques font du quotidien une œuvre d’art.
Témoin, l’actuel musée des Sciences naturelles et de zoologie (aussi appelé « château des 3 dragons ») de Lluís Domènech i Montaner, conçu à l’époque pour accueillir le restaurant de l’expo. C’est le même qui imagina le formidable Palais de la musique Catalane (Palau de la Música Catalan), construit entre 1905 et 1908.
Certains riches particuliers ont participé à l’expansion de ce mouvement. Les bourgeois se font construire des maisons atypiques dans l’Eixample, décorées d’ornements floraux, de sculptures, de fer forgé, de verrières polychromes, de sgraffites, de céramiques... Pour observer ce travail, rendez-vous au Passeig de Gràcia, où trois bâtiments forment un pâté de maisons appelé « la pomme de la discorde ». À l’époque, ces habitations ont fait couler beaucoup d’encre.
Il faut dire que les architectes Lluís Domènech i Montaner, Josep Puig i Cadafalch et Antoni Gaudí ont rivalisé d’imagination pour satisfaire les familles Lleó Morera, Amatller et Batlló. Deux de ces immeubles sont ouverts au public pour des visites, mais certains appartements sont encore habités par des particuliers. Cela laisse rêveur…
Sur les traces de Gaudí

Aussi fantastique soit-elle, cette réalisation semble bien modeste auprès de la célébrissime Sagrada Família, l’œuvre de sa vie, commandée en 1883 et restée inachevée à ce jour. Pour réaliser ses rêves les plus fous, Gaudí a pu compter sur son ami et mécène Eusebi Güell. Cet industriel lui a notamment commandé un parc, véritable poumon vert de la ville.
Le Parc Güell (photo), avec ses bancs de mosaïque qui surplombent Barcelone, a été immortalisé par Cédric Klapisch dans le film L’Auberge espagnole. Outre ces grandes réalisations, Gaudí a imprimé sa marque sur les trottoirs de la ville, sur les réverbères (plaça Reial), il a construit des maisons pour des particuliers comme la Casa Vincens (rue les Carolines), le Palais Güell (rue Nou de la Rambla), la Casa Calvet (rue Casp).
La métamorphose pour les J.O.

La Vila Olimpica, un nouveau quartier résidentiel, a émergé entre le zoo et la plage. Symbole de ce renouveau, les deux tours du Port Olimpic et le poisson cuivré (poisson), haut de 35 mètres, signé Frank O. Ghery. « Plus que les bâtiments, c’est la longue promenade où les gens viennent se balader et faire du vélo qui fait le charme de l’endroit » poursuit Ariel Cavilli.
Situé entre la plage de la Barceloneta et celle de Nova Acaria, le Port Olympique occupe une surface de 25 hectares gagnés sur la mer, aménagés pour le nautisme et pour les nuits sans fin, car des dizaines de restos ont ouverts, rivalisant ainsi avec le Barri Gòtic.
La nouvelle Barcelone

Plus récemment, c’est autour de Diagonal, entre Glories et la mer, que les choses bougent. Tout un quartier technologique, avec des industries en rapport avec la communication, l’audiovisuel ou la biomédecine, est en train de sortir de terre. Baptisé Districto 22 @, ce plan d’urbanisation a permis la réhabilitation du quartier de Poblenou.
Plusieurs usines textiles désaffectées ont été transformées, comme Can Framis, devenue un musée d’art contemporain avec une jolie surface d’exposition de 3 800 m2, ou Ca L’Anayo restaurée et agrandie pour accueillir une université.
Ce tout nouveau quartier est aussi devenu le terrain de jeu des « archi-stars ». Jean Nouvel a édifié la grande Torre Agbar, qui culmine à 144 mètres et réalisé un grand parc le long de l’avenue, le parc central del Poblenou. Le soir, il vaut mieux se rendre du côté de la rambla Poblenou, très animée avec ses petits bars et restaurants, sans être bondée.
Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez nos fiches Barcelone et Catalogne.
Office du tourisme de Catalogne
Office du tourisme de Barcelone
Comment y aller ?
Plusieurs vols directs depuis la France avec Vueling, Iberia, Air France et easyJet.
Train de nuit quotidien depuis Paris-Austerlitz.
Où dormir ?
Trouver un hôtel à Barcelone
Où manger ?
Au marché de Santa Caterina. Ce superbe marché vient d’être habillé d’un magnifique toit ondulant. Plusieurs restaurants y proposent d’excellentes tapas.
À faire
Tours thématiques autour de l’architecture Des tours guidés par des architectes pour comprendre l’identité et la mutation de la ville. 50 euros/personne pour une demi-journée. Comprend une documentation et une boisson dans un hôtel moderne. www.architour.es
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