Zagreb, cinq raisons d’y aller

Zagreb
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À 2 h de vol de la France et de route de l’Adriatique, Zagreb ne manque ni d’intérêt ni d’animation. Arrimée depuis bientôt 1 000 ans aux deux collines de sa vieille ville (Gornji Grad), déroulant rues pavées et palais baroques, cette cité étudiante et culturelle forme une métropole de taille moyenne (767 000 habitants) pour une capitale européenne. L’essentiel s’y fait à pied : idéal pour un court séjour. Une ville qui gagne à être connue !

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Remonter aux sources de Zagreb à Kaptol dans la ville haute

Cathédrale de l’Assomption - Zagreb
Cathédrale de l’Assomption © Valery Bareta - stock.adobe.com

Plus de neuf siècles après la fondation d’un diocèse à Kaptol par un roi de Hongrie (en 1094), ce quartier, situé sur l’une des collines de la ville haute de Zagreb (Gornji Grad), reste modelé par l’empreinte religieuse. Génération après génération, le rythme des journées y a toujours été dicté par les cloches de la cathédrale de l’Assomption, plantée sur son terre-plein encadré de tours et de remparts – dressés au XVIe siècle pour faire face à l’invasion ottomane (le palais de l’archevêché s’y adosse).

Le sanctuaire est le dernier avatar, gothique et néogothique, d’une succession d’édifices maintes fois remodelés au fil des séismes. Les deux derniers, survenus à six mois d’intervalle en 2020, ont d’ailleurs obligé à déposer les pointes des flèches… Et si les travaux doivent durer encore plusieurs années, le bas de la façade a déjà retrouvé sa superbe.

Marché en plein air de Dolac
Marché en plein air de Dolac © Claude Hervé-Bazin

Tous ceux qui ont compté à Zagreb ont laissé leur empreinte à l’intérieur, entre fresques du XIIIe siècle, stalles Renaissance et chaire baroque en marbre. En attendant de les revoir, on butine entre les parasols des étals du proche marché en plein air de Dolac. Poivrons rouges luisants, aubergines énormes à 1 € le kilo, pastèques XXL, concombres rustiques, pommes et poires de jardin, figues blanches attirant les guêpes, on est loin du sous-vide…

En contrebas, la rue Tkalčićeva (Tkalcha pour les intimes) court là où, jadis, s’écoulait la rivière séparant la colline de Kaptol de celle de Gradec. Une longue enfilade de bordels alors – de bars et de restos aujourd’hui, aux terrasses très animées aux beaux jours.

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Un dimanche par mois, d’avril à mi-octobre, on remonte le temps avec le changement de garde du régiment croate en habits du XVIIe siècle. Tout commence sur la place Ban Jelačić, avant le défilé à cheval vers la cathédrale, le marché et la rue Tkalčićeva.

Balades avec vue sur la colline de Gradec

Funiculaire - tour Lotrščak - Zagreb
Funiculaire - tour Lotrščak © ilijaa - stock.adobe.com

Certains grimpent à Gradec, l'autre colline de la ville haute, de la rue Tkalčićeva par les stube, de longues volées d’escaliers courant entre les vieilles bâtisses et les vignes – inattendu recoin de campagne en pleine capitale. Mais rien ne vaut la voie royale : le vieux funiculaire (1890) de la rue Tomića. Quelque 66 m de distance à parcourir, pas plus, à la vitesse d’un mètre par seconde !

On débarque au pied même de la tour Lotrščak, la plus ancienne de Zagreb (1266), d’où est tiré chaque jour le coup de canon de midi – en souvenir d’une victoire sur les Turcs. Vue panoramique garantie des étages.

Eglise Saint-Marc - Zagreb
Eglise Saint-Marc © Valery Bareta - stock.adobe.com

La sympathique promenade Strossmayer, émaillée de bancs pour amoureux, rajoute sa dose de vues (gratuites, celles-là). Tout au bout, on redescend… pour tomber sur l’entrée du tunnel Grič. Une ligne droite de 350 m, ouverte aux seuls piétons et cyclistes, traversant la colline de Gradec façon taupe. Le boyau servit de refuge aux Zagrébois pendant la guerre de Yougoslavie, au début des années 1990… Aujourd’hui, des spectacles et des défilés de mode y sont organisés !

Il ne reste qu’à remonter – idéalement par la porte Kamenita, cachant dans son S un autel à la Vierge alimenté en bougies et lumignons. Direction le cœur de Gradec : la trg (place) Svetog Marka, bornée par le palais présidentiel et plantée de l’église Saint-Marc, aux toits de tuiles vernissées dessinant des blasons (pas de visite). À l’abri de la circulation, Gradec prend le soir venu une atmosphère très romantique avec ses rues pavées bordées de nobles demeures baroques, jaunes et blanches.

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Des principaux musées publics de Gradec, seul le (très intéressant) musée de la ville de Zagreb a rouvert. On peut y voir les sculptures du portail des apôtres de la cathédrale, des échoppes du XIXe siècle reconstituées et une foule d’objets de la Yougoslavie communiste.

Parcourir les grandes avenues et les parcs de la ville basse

Théâtre national croate
Théâtre national croate © Claude Hervé-Bazin

Donji Grad, la « ville basse », dit-on officiellement. Les Zagrébois parlent plutôt de centar pour désigner ce vaste quartier bâti au XIXe siècle au sud des collines fondatrices, du temps de l’Empire austro-hongrois. Beaucoup de larges artères, de grandes places et de parcs, disposés en U en une coulée verte (dite du « fer à cheval »).

Outre la gare qui le borne au sud, le coin abonde en édifices massifs et prestigieux, néoclassiques et parfois Art nouveau – sans oublier le très viennois Théâtre national croate néo-baroque, inauguré par l’empereur François-Joseph en personne en 1895.

Musée d'Archéologie
Musée d'Archéologie © Claude Hervé-Bazin

Plusieurs grands musées sont là, aussi. Si le Mimara, la Galerie Strossmayer (peinture européenne) et les Arts & Métiers restent fermés jusqu’à nouvel ordre – séismes obligent –, le musée d’Ethnographie a rouvert ses portes, présentant une collection un peu datée, mais fort riche, de costumes anciens provenant de tout le pays.

Rouvert à l’été 2024, le musée d’Archéologie n’est pas davantage à la pointe de la muséographie, mais il abrite d’étonnants trésors, comme ce récipient en céramique en forme d’oiseau (de dinosaure !?) de la culture néolithique de Vučedol. Les sections d’antiquités sont étonnamment riches, avec pas mal de marbres et un mystérieux dodécaèdre romain en bronze dont on ignore toujours l’usage.

Le Pavillon des Arts, à la grande verrière en fer forgé, a été ramené de l’exposition du millénaire de Budapest (1895). En fin de rénovation, il devrait retrouver bientôt les grandes expositions internationales dont il est coutumier.

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Vers la mi-octobre, le festival Open House permet de visiter certains édifices autrement inaccessibles au public.

Faire le tour des musées improbables

Zagreb 80’s Museum
Zagreb 80’s Museum © Claude Hervé-Bazin

Zagreb a une spécialité : les musées explorant des thèmes pas banals.

Le plus emblématique de tous se trouve à Gradec : le Museum of Broken Relationships, que l’on pourrait traduire par musée des Cœurs brisés… Une étonnante collection de souvenirs personnels venus des quatre coins du monde, illustrant une histoire de rupture, entre amoureux surtout, mais aussi entre parents et enfants, frères et sœurs.

Autre ambiance au Zagreb 80’s Museum, une délicieuse tranche de nostalgie yougoslave. Zastava 750 jaune (pot de yaourt) chargée comme pour un départ en vacances, salon au vieux canapé défoncé sur lequel on s’installe pour faire défiler les pages des vieux albums photos, livre de Tito sur le guéridon, chambre et cuisine restées dans leur jus, séance de Pacman… Pas de vitre ni de cordons ici, le visiteur devient acteur.

Les musées de la Torture, du Chocolat et des Illusions sont plus classiques. Le musée du Cannabis, lui, collectionne (illégalement pour l’heure) les plants de chanvre, les pipes pour le fumer (certaines en forme de pénis géant !) et les panneaux didactiques pour ceux qui peuvent encore lire… N’oubliez pas : les billets d’entrée se fument.

Ceux qui ont trop forcé feront un tour au Museum of Hangovers, le musée des Gueules-de-bois – encore une collection d’anecdotes, verre de rakija en prime… Le musée des Champignons n’est pas hallucinogène, juste naturaliste, avec 1 600 espèces lyophilisées. Si le musée de la Cravate (une invention croate !) tient plus de la boutique et le musée des Selfies et des Souvenirs de Zagreb du photoshop, le Museum of Lost Tales s’est donné du mal à illustrer les légendes croates à travers des univers fantasmagoriques.

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Nettement plus sérieux, le musée de Typhlologie se consacre, lui, à la cécité en particulier et plus largement aux handicaps.

Respirer à Zagreb : cure de verdure

Cimetière de Mirogoj
Cimetière de Mirogoj © SJ Travel Footage - stock.adobe.com

Si les vignes et les vieilles maisons de la Tkalčićeva ont quelque chose de campagnard, côté verdure, au centre, ça reste un peu limité. Il y a bien le Jardin botanique (Botanički Vrt), près de la gare : pas désagréable, avec son élégant pavillon en bois rouge centenaire accueillant des expositions, mais pas inoubliable non plus.

Au nord du centre, le grand cimetière de Mirogoj joue les poumons verts à sa manière, derrière ses murs hauts de 5 m ponctués de tours baroques aux coupoles vaguement orientales. À l’intérieur : une galerie à arcades en partie reconquise par le lierre, toutes les confessions et pas mal de tombes et tombeaux ornés de sculptures.

Le parc Maksimir, ex-terrain de chasse de l’évêque, ajoute ses 316 ha de forêt de grands chênes, un lac et le zoo. Un authentique pan de nature, prélude au parc de la Medvednica, qui enrobe les hautes collines boisées dressées au nord de la capitale, destination de week-end favorite des Zagrébois.

Château de Medvedgrad
Château de Medvedgrad © Nate Hovee - stock.adobe.com

Le mont Sljeme y culmine à 1 032 m, son sommet coiffé d’une tour TV démesurée (169 m) et ses pentes striées de pistes de ski. Une télécabine, rouverte en 2022, y grimpe directement depuis les faubourgs nord (10 € l’A/R).

C’est à mi-hauteur que s’est implanté le château de Medvedgrad (« forteresse de l’ours »), dans le sillage de l’invasion mongole de 1242. Abandonné au XVIIe siècle, restauré à nouveau récemment (un peu trop, à notre avis !), il est associé à la légende de la Reine noire, Barbara Celjska, qui, croit-on savoir, aurait vendu son âme au diable…

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Au sud-ouest de Zagreb, le lac (artificiel) Jarun, surnommé « la mer de Zagreb », se mue l’été en base nautique et de loisirs. On s’y baigne, on y pêche, on y bronze dans l’herbe, on y fait de l’aviron et du paddle, du beach-volley, du roller et du vélo, puis la fête le soir dans ses bars et discothèques alignés face à la plage (de galets). Le INmusic Festival, l’un des plus importants de Croatie, y a lieu en juin.

Fiche pratique

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Office national de tourisme croate

Office de tourisme de Zagreb

Comment y aller ?

Zagreb est desservie quotidiennement par Air France et Croatia Airlines au départ de Paris-CDG et en correspondance depuis d’autres aéroports français. Trouvez votre billet d’avion.

Par la route, ce n’est pas la porte à côté : il faut compter 920 km de Strasbourg, 930 km de Nice, 1 070 km de Lyon et un bon 1 400 km de Paris. Les seuls Flixbus directs au départ de la France partent de Marseille (env 19 h de trajet), sinon il faut changer à Cologne, Munich, Turin, Milan ou Gênes.

Où dormir ?

Les acharnés du camping s’installeront au CampZagreb, de qualité quoique éloigné de la ville, un peu cher et très « carré » (rond, en fait !). On y trouve aussi des tentes glamping (70 €), de jolis bungalows (100-150 €) et une navette gratuite pour rejoindre la gare – puis, de là, le centre par les transports en commun. Autre option, encore un peu plus éloignée : le camping Vugec Plac, aux portes de la gentille petite ville baroque de Samobor, à 15 km à l’ouest de Zagreb.

Aucun problème pour trouver un lit abordable en ville : les hostels sont nombreux et plutôt de qualité.

Le plus central ? Le Main Square Hostel, aux lits en alcôves, confortable et bien tenu, avec dortoirs mixtes ou pour filles (30-45 €) et chambres privées (65-100 €).

Autre incontournable : le Chillout Hostel, immédiatement au sud de la vieille ville, pas impeccable mais réputé pour ses deux bars très festifs (dont l’un en rooftop avec DJ résident).

Le Whole Wide World Hostel & Bar est du même acabit, toujours avec une grosse ambiance, mais nettement plus excentré (tram à côté cependant).

Pour une nuit (un peu) plus calme, on vous suggère l’excellent Swanky Mint, sur l’avenue Ilica, à seulement 500 m du funiculaire. Là, il faut compter 20-28 € le lit et 65-100 € la chambre privée, avec salle de bains partagée ou privée. Autre bonne option : l’Hostel Bureau. Ses dortoirs sont tous mixtes, mais ils sont accueillants et il y a même un parking gratuit (sur résa) – et des chambres privées aussi.

Pour plus de tranquillité et de confort, on vous conseillerait plutôt de consulter la longue liste d’appartements en location. En été, les tarifs commencent dès 40-50 € la nuit (pour 2 personnes au moins) et le choix est énorme jusqu’à 60-80 € !

Les hôtels de gamme moyenne oscillent entre 50 et 100 € la double selon leur localisation et qualité, les meilleurs établissements de chaîne entre 90 et 150 € en général. Pour vous faire plaisir, l’Esplanade Zagreb Hotel, inauguré à côté de la gare en 1925 pour accueillir les voyageurs de l’Orient-Express ! Les amateurs d’Art déco et de salles de bains en marbre seront aux anges (130-320 € la double).

Trouvez votre hôtel à Zagreb

Où manger ?

Facile de se nourrir à bon compte à Zagreb ! Surtout présentes dans la ville basse, les burekdžinici ne vendent que des bureks, des feuilletés d’origine turque, farcis à la viande ou au fromage. Pas cher du tout et gras à souhait ! Les štrukli, plus spécifiquement locaux, sont des feuilletés cuits au four et noyés sous le fromage. Autres options bon marché : ražnjići (brochettes) et ćevapčići (boulettes de viande en rouleau).

Pour s’attabler, dans le genre hyper classique, la Pivnica Medvedgrad (Ilica 49) sert une cuisine locale copieuse arrosée de bières artisanales pression, avec grande terrasse extérieure, à quelques pas de l’hostel Swanky. Indémodable malgré le service…

Kaptoloska Klet (Kaptol 5) a l’avantage de dérouler sa terrasse sur rue pile face à la cathédrale, même si l’intérieur aux tables nappées de blanc est élégant. Dans l’assiette : du croate, sérieux, copieux.

Cela dit, on aurait plutôt un faible pour la Konoba Didov san (Mletačka 11), avec sa délicieuse terrasse fleurie étalée au bout d’une ruelle, derrière le palais présidentiel et l’église Saint-Marc. Parfait pour un dîner romantique (dans les 20-30 €/pers). La carte : 100 % tradi, entre pljeskavica (le « burger » local bœuf-agneau), soparnik (tourte aux bettes), grenouilles et poêlées à l’ancienne. Les salles intérieures, sombres, nous ont moins plu.

Visiter

Compte tenu du fait que plusieurs grands musées sont encore fermés à la suite des séismes de 2020, la Zagreb Card ne nous paraît pas incontournable. Cela dit, elle n’est vendue que 26 € pour 72 h. Elle inclut tous les transports en commun et 6 musées, parmi lesquels le musée des Cœurs brisés et le musée de la Ville. Infos sur la réouverture des musées.

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