Voyager écolo

25 novembre 2019

Fini le stress de la vie citadine, vous êtes parti renouer avec la nature. Vous contemplez un paysage immaculé en songeant à la beauté de notre planète. Soudain, une envie de pipi. Vous contournez un rocher, et là... Apparemment, vous n'êtes pas le premier à être passé par là ! Mouchoirs en papier, canettes écrasées... Ah, ces touristes, ils n'ont aucun respect pour la nature !
Mais vous, avez-vous pensé à ce qu'allait devenir la peau de banane que vous venez de jeter ? Elle mettra de huit à dix mois pour se décomposer. D'ici là, on peut parier que d'autres déchets "biodégradables" seront venus compléter le tableau. On oublie souvent qu'un geste anodin prend des proportions spectaculaires quand il est imité par des centaines de voyageurs. Et comme l'industrie du tourisme (terme révélateur !) est devenue phénomène de masse, le constat est cinglant : voyager est devenu un facteur de pollution de notre planète.
En prenant de bonnes habitudes, sans pour autant fournir d'efforts surhumains, vous pouvez limiter l'impact de votre passage. En commençant par le choix de votre moyen de transport... Découvrez une série de réflexes écolos à avoir en voyage, à la mer, en randonnée ou dans un pays lointain, mais aussi au contact des animaux sauvages. Loin de nous l'idée de vous attribuer un bonnet d'âne à chaque fois que vous prenez l'avion ! Mais si chacun fait attention, alors peut-être que les suivants pourront eux aussi profiter des merveilles de notre planète.
Quel transport choisir pour un voyage écolo ?

Le mal des temps modernes
Aujourd'hui, grâce à l'avion, voyager à l'autre bout du monde est à la portée de tous. Finies les semaines de traversée pour se rendre dans le Nouveau Monde ! Désormais, un Paris-New York se fait en huit heures. Mais en un aller-retour ultra-rapide, vous émettez personnellement l'équivalent d'une tonne de CO2. Plus généralement, selon un rapport publié par le Réseau Action Climat, un avion dégage 360 g équivalent CO2 par personne et par kilomètre. C'est deux fois plus qu'une voiture diesel, quatre fois plus qu'un bus et trente-cinq fois plus que le train. Selon le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), en France en 2021, le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre avec près de 30 % des émissions totales, le transport routier représente 95 % de ces émissions tandis que le transport aérien domestique représente 3 %. L’industrie et le secteur tertiaire arrivent en deuxième position, avec 19 % tout comme l’agriculture.
Pourquoi les transports détiennent-ils un record si peu glorieux ? Parce que, il faut l'avouer, nous choisissons souvent la solution de facilité. À quoi bon dépenser une fortune pour aller skier dans les Alpes quand, en plein hiver, les voyagistes proposent des super promos pour la Turquie ou les Antilles ? Sans compter les offres alléchantes des compagnies low cost qui annoncent à grand vacarme des vols Paris-Milan à partir de 30 €. Quant à la voiture, elle est devenue un tel objet du quotidien que l'on ne réfléchit plus avant de la prendre. Selon l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), en ville, un trajet en voiture sur deux concerne une distance de moins de trois kilomètres. Étonnant, quand on pense au temps perdu dans les embouteillages ou à chercher un stationnement. Est-ce vraiment plus intéressant que de marcher ou de prendre son vélo ?
Quant aux hypothétiques économies que ces modes de transport peuvent vous faire réaliser, il faut relativiser. Pensez-vous qu'un Paris-Lyon en voiture, si vous êtes seul au volant, sera aussi économique que le train ? Pour l'avion, voyons les choses autrement. Il existe de magnifiques plages en France, avez-vous vraiment besoin de dépenser plus pour aller bronzer de l'autre côté de l'Atlantique ? Moralité : routard, avant de prendre ta voiture ou l'avion, réfléchis à deux fois.
Quelques commandements du voyageur écolo
- L'avion avec modération, tu prendras ;
- Léger, tu voyageras ;
- Partout, les transports en commun ou le vélo tu privilégieras ;
- Le covoiturage et le couchsurfing, tu développeras ;
- La climatisation à outrance, tu n'utiliseras pas ;
- Les produits locaux et de saison, tu mangeras…
Comment limiter les dégâts sur la planète sans gâcher son plaisir ?
- Choisissez des itinéraires secondaires et des destinations alternatives pour réduire le surtourisme de certains lieux. Dans la même idée, certaines destinations choisissent de fermer les sites touristiques les plus fréquentés pendant une période définie afin que la nature reprenne ses droits et/ou de limiter l’accès : Maya Bay en Thaïlande, Machu Picchu au Pérou, canyon de Fjadrargljufur en Islande…
- Préférez le train à l'avion ou à la voiture dès que vous le pouvez.
- Repensez votre façon de voyager. Pourquoi vouloir à tout prix des horizons lointains, quand on ne connaît pas son propre pays ? Apprenez à apprécier ce qui est à votre portée. De même, méditez ces mots de Hugo Verlomme, auteur du Guide des voyages en cargo et small ships (éditions des Équateurs, 2009) : « Le voyage, par définition, ce n'est pas arriver, c'est être en chemin ». Lui a choisi de privilégier le bateau, ce qui nécessite du temps, certes, mais qui redonne toute sa valeur au terme « voyager ».
- De façon générale, l'avion n'est intéressant que pour un voyage de plus de 800 km. Entre 150 et 800 km, prenez le train. Pour un trajet plus court, vous pouvez utiliser votre voiture. Dans ce cas, empruntez les petites routes plutôt que l'autoroute. Vous éviterez les péages, roulerez moins vite et consommerez donc moins de carburant. Essayez également de voyager à plusieurs, avec des connaissances souhaitant faire le même trajet ou inscrivez-vous sur un site de covoiturage comme BlaBlaCar.
- Pensez aux transports multimodaux : emportez votre vélo dans le train ou, si vous comptez faire de longues distances sur place, louez une voiture à l'arrivée.
- À l'étranger, le bus ou le train sont d'excellents moyens de rencontrer des locaux !
- En 2021, la clim augmente la consommation de 0,4 litre supplémentaire pour 100 km sur route, et autoroute et de 2 litres pour 100km en ville pour les véhicules les plus récents. Ce qui revient à une surconsommation de 1 litre pour 100 km. Autant que possible, employez les bonnes vieilles méthodes de vos parents pour garder votre voiture fraîche Pare-soleil sur le pare-brise à l'arrêt, films teintés sur les vitres, fenêtres baissées quand vous roulez, serviettes humides accrochées devant celles-ci... et garez-vous à l'ombre !
- Si avion oblige, favorisez les vols directs. En effet, c’est au moment du décollage et de l’atterrissage qu’un avion consomme un maximum de kérosène. Une escale sera la cause de 200 kg de kérosène supplémentaire, ce qui n’est pas négligeable.
- Certaines compagnies aériennes sont davantage éco-responsables que d’autres. Le dernier rapport Atmosfair Airline Index (en anglais), qui classe et compare l’efficacité carbone de plus de 200 compagnies du monde, permet de déterminer les compagnies aériennes à privilégier. Pour des vols entre 800 km et 3 800 km, LATAM Brasil, TUI Airways, China Eastern Airlines et Air France sont en tête du classement. Au-delà de 3 800 km, TUI Airways, Air Canada et KLM sont davantage éco-responsables.
Compenser les émissions de CO2
Cette idée de compensation Carbone volontaire est née dans les années 80. Le principe est simple et s’applique couramment lors d’un voyage pour compenser l’émission de CO2 de nos vols.
Certains sites calculent les émissions de gaz à effet de serre produites par les voyages en avion et affichent leur équivalent monétaire. Ils proposent de payer une écotaxe volontaire sous forme de dons pour financer des programmes environnementaux : Myclimate, ClimateImpact, GoodPlanet, Reforest'Action, Atmosfair...
Selon l'Ademe, il existe différents types de projets possibles dans les pays développés et en voie de développement :
- Le « forestier » (plantation d’arbres pour le reboisement, protection des forêts…) ;
- Les énergies renouvelables (construction de bâtiments solaires, usine hydroélectrique…) ;
- L’utilisation rationnelle de l’énergie.
Des tour-opérateurs comme Voyageurs du Monde ou Salaün ont déjà mis en place ce système de compensation pour leurs voyages. Il en est de même pour certaines compagnies aériennes. En 2020, Air France s’est engagé à compenser la totalité des émissions de CO2 de 450 vols intérieurs en France par des projets de plantations d’arbres, de transition énergétique et/ou de sauvegarde de la biodiversité. De même, la low cost EasyJet met en place des vols zéro carbone grâce aux programmes de compensation accrédités Gold Standard et VCS. La compagnie soutient des projets de reforestation en Amérique du Sud et en Afrique, d’énergie solaire en Inde et des programmes communautaires en Ouganda et en Érythrée.
Ce système a le mérite de conscientiser la population sur l'effet de serre et de la préparer au principe de l'écotaxe. Une mesure que le gouvernement français soucieux de l'environnement n’hésite pas à prendre depuis 2020. En effet, une écotaxe de 1,50 € à 18 € est désormais appliquée sur les billets d’avion de toutes les compagnies aériennes au départ de la France, pour les vols intérieurs et intra-européens, et 3 € sur les vols hors Union européenne. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la Norvège ou encore la Suède ont également pris des mesures similaires.
Ecolo à la mer

Sous les mégots, la plage
Littoraux bétonnés, plages jonchées de mégots... Les ravages du tourisme balnéaire de masse sont visibles, donc connus de tous. Étrangement, certains en profitent pour se donner moins mauvaise conscience. À quoi bon me lever pour jeter mon mégot, alors que la plage en est déjà truffée ? Du coup, beaucoup de municipalités tamisent le sable à l'aide de tracteurs pour redonner un coup de propre à leurs plages : super efficace pour détruire tout l'écosystème au passage !
L'écosystème marin subit d'autres agressions que vous ne soupçonnez probablement pas. La faute aux plaisanciers, par exemple. Selon l'organisation mondiale de protection de l'environnement WWF, certaines plages sont interdites à la baignade à cause de la mauvaise qualité de l'eau... souillée à force de leur servir de toilettes géantes. Et un sac plastique jeté à la mer peut être fatal à une tortue, qui s'étouffera en croyant gober une méduse...
Les plongeurs non plus ne sont pas tout verts. Donner à manger aux poissons interfère dans l'équilibre entre les espèces, et les incite à modifier leur comportement naturel. Les titiller jusqu'à la porte de leur maison peut les stresser à tel point qu'ils laisseront leurs rejetons à la merci des prédateurs. Prélever ou abîmer un morceau de corail réduit à néant un travail de la nature qui a duré des années. Une branche de 10 cm met un an à se former ! On peut ainsi retarder de plusieurs années la formation d'un récif. Les coraux ont pourtant déjà fort à faire pour résister au réchauffement climatique et autres pollutions humaines. Certains scientifiques ont émis l'hypothèse qu'à un tel rythme, la Grande Barrière de corail, déjà mal en point, pourrait être entièrement détruite d'ici vingt ans... D’autres sites dramatiquement endommagés, comme Maya Bay en Thaïlande ou Boracay aux Philippines, ont même dû tout simplement fermer, après de longs mois voire année de fermeture (voire instaurer des quotas de visiteurs) le temps que les fonds marins se reconstituent.
Les commandements du petit baigneur écolo
À la plage
- Les plages au label Pavillon Bleu tu privilégieras ;
- Rien dans le sable, tu ne jetteras ;
- À la pêche aux moules, la taille minimale et les quantités autorisées, tu respecteras ;
- À l'érosion des dunes, tu ne contribueras pas, les sentiers balisés, tu emprunteras ;
- Le sable, tu ne prélèveras pas.
En bateau
- Tes besoins dans l'eau, tu ne feras pas ;
- Aucun déchet par-dessus bord, même biodégradable, tu ne jetteras ;
- L'ancre près d'un récif corallien, tu ne jetteras pas ;
- Les tailles de capture minimales et le matériel autorisé, tu respecteras.
En plongée
- À manger aux poissons, tu ne donneras pas ;
- La faune sous-marine, tu ne dérangeras pas ;
- Les coraux, tu ne toucheras pas ;
- Rien, tu ne prélèveras.
Comment limiter les dégâts sans gâcher son plaisir ?
À la plage
- Pour fabriquer un magnifique cendrier portatif, utilisez une boîte de pellicule photo. Gardez-la toujours avec vous !
- Un autre petit truc : utilisez du lait solaire. Au contraire de l'huile, il ne se dissout pas dans l'eau. Près des côtes, l'huile solaire forme un écran à la surface et ralentit la photosynthèse des végétaux sous-marins.
- Si vous ramassez des coquillages, replacez les pierres que vous retournez.
- Plutôt que de faire du jet-ski, du ski nautique… privilégiez les sports nautiques écologiques comme les sports à voile ou le surf.
- Utilisez les poubelles et les toilettes du port ;
- Installez sur le bateau un système de canalisations fermées avec un réservoir (cuve à eaux noires) pour recueillir toutes les eaux usées (toilettes, évier...). Videz-le au port, dans les installations prévues à cet effet.
- Lavez le pont et votre bateau avec des détergents sans phosphates. De l'eau claire et du savon de Marseille feront parfaitement l'affaire.
- Utilisez des enduits, peintures et vernis non-toxiques.
- Prévenez les fuites d'huile ou de carburant. Un litre d'huile contamine jusqu'à deux millions de litres d'eau !
En plongée
- Contentez-vous de toucher des yeux, la faune et la flore sous-marines : prenez des photos !
- Ne partez pas en plongée sans une flottabilité parfaite ! Maîtriser votre stabilité permettra de ne rien endommager.
- Pour éviter d'abîmer les coraux, utilisez des palmes courtes et nagez doucement. Fixez bien votre matériel près du corps, notamment votre second détendeur, pour qu'il ne racle pas les récifs.
Pour aller plus loin
- Plongeurs, jetez un œil sur la Charte internationale du plongeur responsable, établie par l'association Longitude 181 Nature. Elle réunit notamment quelques anciens copains du commandant Cousteau : Longitude 181.
Ecolo en trek

La montagne, un écosystème fragile
Même dans les endroits les plus reculés, il n'existe plus beaucoup de montagnes qui ne portent pas les stigmates du passage de randonneurs. La montagne est fragile ! Cueillir des plantes, sortir des sentiers balisés ou simplement couper au plus court entre deux lacets accélèrent son érosion. Les plantes aux racines arrachées ne retiennent plus le sol, tandis que les pistes formées par des passages répétés en dehors des sentiers balisés se transforment en ravines sous l'effet de la pluie.
La gestion des déchets pose aussi problème. La montagne devient parfois un vrai dépotoir. La fonte des neiges, qui cachent pendant quelques mois la misère, réserve souvent de mauvaises surprises. Il faut savoir qu'à haute altitude, ou sur les glaciers, rien ne se dégrade. De manière générale, les déchets que l'on abandonne sur le bord d'un chemin ne disparaissent pas comme ça. Un simple mouchoir en papier mettra trois mois à se décomposer, un mégot un à deux ans, un chewing-gum cinq ans, une canette en aluminium quatre-vingt à cent ans... Mais le pompon revient aux bouteilles en plastique, qui ne nécessitent pas moins de mille ans pour se désagréger !
Abordons également un sujet délicat, mais qui a son importance : les déjections humaines. Elles provoquent tout d'abord un effet visuel du meilleur goût. Ceux qui se sont déjà éloignés de quelques mètres du sentier du chemin des Incas au Pérou savent de quoi nous parlons... Plus grave, les défécations humaines peuvent contaminer les cours d'eau, qui propagent alors des parasites ou des maladies comme l'hépatite ou la typhoïde.
Bref, en grande comme en petite randonnée, à vous de laisser le moins de traces possibles de votre passage !
Les commandements du trekker écolo
- Plantes ou minéraux, tu ne prélèveras pas ;
- Les animaux, tu ne nourriras et nourriras pas ;
- À travers champ, tu ne couperas pas : les sentiers déjà tracés, tu emprunteras ;
- Tous tes déchets avec toi, tu conserveras, à la poubelle, tu les jetteras ;
- Pour faire ta toilette ou la vaisselle, les cours d'eau, tu ne pollueras pas.
Comment limiter les dégâts sans gâcher son plaisir ?
- On l'a dit, suivez toujours le tracé des sentiers balisés pour limiter votre contribution à l'érosion. De même, en bivouac, utilisez aussi souvent que possible les terrains aménagés et évitez le camping sauvage. Sinon installez-vous sur une surface durable.
- Pour la popote, emportez de préférence un réchaud à gaz. Si vous tenez à vous chauffer avec un feu, utilisez du bois mort trouvé à terre comme combustible. Néanmoins, veillez à ramasser votre bois mort à plusieurs endroits, car il a son utilité dans la nature. Attention à ne pas provoquer d'incendie ! Vérifiez à deux fois que votre feu et bien éteint avant de lever le camp.
- Emportez avec vous des sacs pour y mettre tous vos déchets, et jetez-les au retour dans une poubelle. Pour les fumeurs, gardez vos mégots dans vos poches grâce à un cendrier portable. Même les déchets biodégradables devraient être traités ainsi ; au pire, enterrez-les, mais à 50 m minimum de toute source d'eau.
- Pour vous laver dans la nature, utilisez savons et shampoings biodégradables (sans phosphates).
- Idem pour la vaisselle : utilisez un détergent biodégradable. Ou encore mieux : lavez votre popote avec de la neige ou du sable.
Pour trouver ces produits d’hygiène et du quotidien respectueux de la nature, rendez-vous sur des sites spécialisés comme Goodplanet.com.
- Pour les petits comme les gros besoins : emportez avec vous une pelle pliable. Vous creuserez un trou (jamais à moins de 50 m d'un cours d'eau), dans lequel vous déposerez excréments et papier, puis vous les recouvrirez de terre et de pierres.
Ecolo dans les pays lointains

Ne faites pas comme chez vous
De grâce, en voyage dans des pays arides ou en voie de développement, modifiez les habitudes de consommation que vous avez prises à la maison ! Cela vaut particulièrement pour ceux qui partent en hôtel-club, car ils se retrouvent dans un cadre privilégié qui leur fait oublier les conditions de vie locales. Pensez que là-bas, l'eau est rare et précieuse et que l'électricité est un luxe (si jamais il y en a !). Alors, usez-en avec modération. Et, pour les plus snobs d'entre vous, laissez tomber le golf : selon l'association Echoway, en Thaïlande par exemple, il faut l'équivalent de la consommation d'eau de 60 000 locaux pour arroser un terrain pendant un an !
Les eaux usagées ne sont pas toujours traitées. Les résidus chimiques des produits de toilette ou de lessive que vous utilisez se retrouvent donc directement dans les rivières ou dans la mer. Vous risquez ainsi à la fois de polluer des sources d'eau potable, mais aussi votre propre lieu de baignade...
Quant aux déchets, il n'existe souvent pas de décharge, encore moins d'incinérateur ou de système de recyclage, pour les traiter. Ils finissent en plein air, à la sortie du village, souvent même devant les maisons. Il faut dire que la majorité de ces déchets sont organiques, puisque les locaux n'ont pas forcément les moyens de s'offrir autre chose que leur nourriture. La plupart du temps, ce sont donc les déchets non biodégradables des touristes qui s'amoncellent sur ces décharges sauvages et qui posent le plus de problèmes.
Les commandements du routard écolo
- L'eau et l'électricité avec modération, tu consommeras.
- Au golf dans les régions arides, tu ne joueras pas.
- Des shampooings, savons et lessives biodégradables (sans phosphates), tu utiliseras.
- Dans tes bagages, un minimum d'emballages jetables, tu emporteras.
- Tes déchets non biodégradables avec toi, tu remporteras (sacs plastiques, piles).
Comment limiter les dégâts sans gâcher son plaisir ?
- Éteignez toutes les lumières quand vous sortez de votre chambre d'hôtel. Ne laissez pas les appareils électriques (TV) en veille, car ils continuent de consommer de l'électricité.
- Limitez le nombre de douches (une par jour semble raisonnable), et coupez l'eau quand vous vous savonnez. Quant aux bains, mieux vaut les boycotter : un bain nécessite 250 litres d'eau, soit l'équivalent de cinq douches !
- Si vous restez plusieurs jours dans un hôtel, demandez à ce qu'on ne remplace pas vos serviettes de bain pour économiser les machines.
- Si vous devez laver votre linge dans un cours d'eau, faites-le toujours en aval des habitations et loin des points d'eau potable.
- Investissez dans des lampes et chargeurs solaires. Vous les rentabiliserez en économisant l'achat de piles et éviterez d'avoir à jeter ces dernières.
- Prévoyez une gourde pour stocker l'eau potable, ou bien réutilisez la même bouteille en plastique. Cela vous évitera, dans un pays chaud, d'en jeter une à trois par jour !
Ecolo en Faune et Flore

SOS bibiphoque
Difficile de ne pas craquer devant des bébêtes poilues qui nous ont fait rêver toute notre enfance à la télé ! On a envie de les caresser, de les attirer, de leur donner à manger... Et l'on n'imagine pas les conséquences parfois dramatiques de ces gestes innocents.
Toucher des bébés animaux (ceux qui ressemblent le plus à nos peluches, justement) peut leur être fatal. Cela modifie l'odeur qui permet à leur mère de les reconnaître, et conduit celle-ci à les abandonner. C'est ainsi malheureusement que sur certaines plages d'un sanctuaire comme les Galápagos, on tombe régulièrement sur les cadavres de bébés lions de mer, victimes des caresses de touristes qui n'ont pas su leur résister.
Donner à manger cause aussi des problèmes. Quelques bouchées de pain offertes à une marmotte, par exemple, provoqueront des troubles digestifs et l'empêcheront de faire ses réserves pour l'hiver. Plus pervers, cela peut favoriser les espèces envahissantes comme les rats ou les goélands, et surtout les rendre agressives. Vous comprendrez mieux le jour où, comme nous, vous vous ferez arracher votre sandwich des mains par une mouette vorace !
Autre point sensible : les touristes contribuent à l'extinction d'espèces animales et végétales en achetant des souvenirs vivants, ou fabriqués à partir de spécimens protégés.
Les commandements du voyageur écolo
- Les animaux, tu ne toucheras pas.
- À distance raisonnable, tu les observeras, discret, tu te feras.
- À manger, tu ne leur donneras pas.
- Tu ne mangeras pas de ces animaux, du moins pour les espèces en danger (singe, crocodile).
- Aucune fleur, aucun fruit ou même un minéral, tu ne prélèveras.
- Des objets fabriqués à partir d'espèces protégées, tu n'achèteras pas (ivoire, corail, écailles de tortue marine, etc.)
- Des animaux ou plantes vivants protégés, tu ne rapporteras pas.
Comment limiter les dégâts sans bouder son plaisir ?
- Vous pouvez observer les animaux sans pour autant qu'ils ne se sentent menacés. Munissez-vous d'une paire de jumelles, de votre appareil photo, et gardez une distance suffisante avec eux pour qu'ils ne se sentent pas acculés. Restez silencieux, ne les traquez pas s'ils se cachent, bref, ne les stressez pas.
- Le plus beau souvenir que vous pouvez rapporter d'un animal ou d'une plante est leur photo.
- Si vous tenez vraiment à acheter un animal ou une plante vivante, ou bien un produit dérivé, exigez un permis CITES. Il s'agit d'un accord international signé par 184 États et organisations, la « Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction ». Il protège actuellement, à des degrés divers, plus de 6 100 espèces animales et 32 000 espèces végétales. Obtenir un tel permis vous donnera meilleure conscience puisque, au moins officiellement, l'achat de votre nouvelle mascotte ne menacera pas la survie de son espèce entière.
Pour aller plus loin
- Retrouvez sur le site de la Convention les coordonnées des organismes à contacter, pays par pays, pour obtenir un permis CITES.
- Pour connaître la liste des espèces animales et végétales protégées en France, rendez-vous sur le site du ministère de l'Écologie et du Développement durable.
- En ce qui concerne les réglementations propres à l'Union européenne, jetez un œil sur le site du commerce des espèces sauvages dans l'UE.
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