Randonner écolo : 5 conseils pour respecter l’environnement

Sylvain Bazin
par Sylvain Bazin

24 mars 2025

Randonner dans le Landmannalaugar
Randonner dans le Landmannalaugar © vitaliymateha - stock.adobe.com

La randonnée est une pratique où le contact avec la nature est privilégié. La marche n’est-elle pas en elle-même une activité des plus naturelles ? Qui plus est lorsqu’elle est utilisée à la seule fin de découvrir les beautés d’un paysage.

Randonner n’est pas des plus polluant – on s’en doute –, toutefois, comme toute action humaine, elle a un impact sur le milieu dans lequel elle est pratiquée. Piétinement, pique-nique, tentation de cueillette… autant d’éléments qui peuvent avoir des conséquences sur l’environnement, des plus minimes au plus agressives.

Heureusement, les marcheurs constituent un public soucieux de la nature dans lequel ils évoluent. Certains environnements, comme la montagne, sont plus fragiles que d’autres, mais les conseils que nous livrons ici sont valables partout.

Voici donc cinq conseils – nous évitons de parler de règles – pour limiter l’empreinte écologique de vos randonnées.

Lire aussi Randonnée : guide et conseils pratiques

Limiter l’impact carbone de votre déplacement

Vélo à Granada
Vélo à Granada © Uwe - stock.adobe.com

C’est très souvent, dans nos activités, notamment sportives ou voyageuses, le point noir écologique. Se rendre sur les lieux implique généralement un transport à fort impact en émission de gaz carbonique.

Notre propos n’est pas ici de vous conseiller de ne randonner que tout près de chez vous, si possible même en démarrant à pied de votre lieu d’habitation (ou à vélo). Même si la découverte de votre environnement proche peut être une source d’étonnement et d’émerveillement, on peut difficilement toujours s’en contenter et nous croyons trop aux vertus du voyage pour le proscrire.

Néanmoins, limiter le nombre et surtout la longueur des déplacements doit être un souci du voyageur et du randonneur moderne. La compensation des émissions, même si elle est débattue, peut aussi être une démarche respectable et intéressante. Certaines agences, pour les voyages lointains, en sont conscientes et mettent en place des actions concrètes.

Le Train jaune
Le Train Jaune © Leonid Andronov - stock.adobe.com

Au-delà, c’est bien le choix du mode de transport pour vous rendre au départ de vos randonnées qui pourra être déterminant. Bien entendu, la distance est souvent prescriptive du moyen choisi. Néanmoins, privilégier autant que possible les transports en commun reste une bonne idée.

En France notamment, on peut se rendre presque partout en train ou, à défaut, en bus. Il suffit souvent d'être patient. Pour la randonnée itinérante, c’est un mode de transport tout à fait adapté dans bien des cas : on n’a ainsi pas à se soucier de laisser un véhicule ni de le récupérer. Il faut juste bien préparer son déplacement en amont et se renseigner sur les horaires et les lignes.

N'ayant pas le permis de conduire, l’auteur de ces lignes peut en attester : c’est quasiment toujours possible de se rendre au départ d'une randonnée ainsi, au moins en France et en Europe.

Lorsque vous préférez la voiture, essayez de ne pas voyager seul : covoiturez ou voyagez en groupe ou en famille. Cela réduit tout de même significativement l’impact de chacun.

Respecter la faune et la flore

Randonnée à Majorque
© Ina Ludwig - stock.adobe.com

C’est une évidence, mais lorsque l’on marche en pleine nature, on est en visite chez les animaux et les plantes qui y résident. Pas question donc de les déranger davantage que ne l’implique notre seul passage.

Bien sûr, lorsque vous êtes dans une zone où c’est autorisé, cueillir une pâquerette n’est pas un crime. Mais faites-le avec discernement et en connaissance de cause : dans certaines zones classées, notamment aux cœurs des parcs nationaux, la cueillette est totalement proscrite. De même, certaines espèces protégées ne doivent pas être prélevées, nulle part.

Randonneurs et chien - baie Howe
Randonneurs avec leur chien - Canada © edb3_16 - stock.adobe.com

Concernant les animaux, veillez à respecter leur présence sans les perturber davantage que ne le nécessite votre passage : ne criez pas, ne vous approchez pas plus qu’il ne le faut pour les observer, ne les effrayez pas volontairement.

Là encore, renseignez-vous sur les règlements des zones que vous allez traverser (parcs naturels régionaux, parcs nationaux, zones Natura 2000) pour marcher en bonne conscience. Attention, pour la tranquillité des animaux sauvages et des troupeaux, de nombreuses zones de randonnée sont interdites aux chiens. Il faut encore plus se renseigner avant de partir marcher en nature avec son toutou !

Ne pas laisser de trace

Randonneurs en pique-nique
Randonneurs en pique-nique - Canaries © Maridav - stock.adobe.com

Ce slogan d’origine anglo-saxonne, « Leave No Trace », est facile à comprendre et toujours bon à appliquer, surtout en pleine nature. Là encore, il faut bien comprendre que nous ne sommes que de passage et qu’il convient de laisser les lieux que l’on traverse intacts.

Ne rien jeter, bien sûr, ne pas créer plus de perturbations que la simple trace de nos semelles et le cas échéant des bâtons (qui, dans certaines zones, sont déconseillés ou munis d’embouts pour limiter l’impact de leurs pointes sur les sols fragiles).

Lorsque l’on pique-nique (et que l'on campe a fortiori – voir plus bas), on ramène tous les déchets jusqu'à une poubelle adaptée pour les recevoir.

Rester sur les sentiers autant que possible

Sentier Bryce nation park
Sentier Bryce nation park © Maridav - stock.adobe.com

Rester sur les sentiers n’est pas obligatoire en randonnée. Sauf sur des secteurs bien précis à la réglementation explicite, on peut tout à fait s’en écarter et marcher où bon nous semble. Toutefois, leur présence n’est pas faite pour rien. Ils permettent, notamment dans les zones exposées, de marcher quasiment en sûreté, puisque leur tracé est en principe sécurisé.

Au-delà de cet aspect sécuritaire, les sentiers permettent aussi de canaliser les marcheurs sur une zone précise. Les pas, leur impact et les traces laissées au sol par les grands animaux que nous sommes n’altèrent ainsi qu’une petite zone de sols naturels.

Si l’on passe à côté ou n’importe où, l’impact sera réparti sur une plus grande surface et pourra avoir une incidence plus grande sur la faune et la flore, notamment les petits animaux et organismes auxquels on ne prend pas garde en marchant.

Le bivouac, oui, mais pas n’importe comment !

L'île de Skye - bivouac
L'île de Skye - bivouac en tente légère © _Danoz - stock.adobe.com

Le bivouac offre une expérience forte. On se sent souvent pleinement connecté avec la nature lorsque l’on dort dans un décor sauvage, juste abrité sous une fine toile de tente, pas loin d’un ruisseau qui murmure. Cette image romantique et idyllique ne doit cependant pas occulter la responsabilité des campeurs quant à l’effet possible de leur occupation des lieux. Là encore, et même surtout, il faut être attentif pour ne laisser que le minimum de traces. Une tente légère ne laissera guère de marque au sol.

Bien sûr, on prendra avec soi tous les déchets pour les jeter dans un endroit approprié, au retour.

Bien entendu, on veillera à faire ses besoins à l'écart du lieu de campement, de les enterrer et de ne laisser ni papier ni lingettes aux quatre vents.

Bivouac - planter sa tente
Bivouac - planter sa tente © BalanceFormCreative - stock.adobe.com

Le bivouac est une pratique réglementée : il faut se renseigner sur la législation locale. Dans les parcs nationaux, dans les parcs naturels régionaux et, plus généralement, partout, il peut être autorisé ou interdit selon des zones précises. Partout, il se distingue du camping sauvage : en bivouac, on plante la tente le soir, généralement après 17 h pour la replier le matin suivant, avant 9 h.

Rester discret, respecter la nature et ses habitants demeure indéniablement la règle d’or du bivouac. Enfin, on rappelle que le feu est presque partout interdit, pour d'évidentes raisons de risques d'incendie. La soirée au coin du feu de camp est une image d’Épinal qui a la vie dure, mais qui ne correspond plus aux pratiques autorisées en bivouac dans l’Hexagone !

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