Les bobos de la plage

Ellonore Bush
par Ellonore Bush

27 novembre 2012

Enfant plage
© galitskaya - stock.adobe.com

Vive la plage ! Mais tandis que les fesses lovées dans un nid de sable, vous vous apprêtez à écarter les doigts de pied en éventail, toutes sortes de prédateurs sont aux aguets… Voilà que vous sursautez et fouillez la vague du regard, à la recherche de l'aileron menaçant du traumatisme collectif hollywoodien.

Même s'il sera ici question de quelques " monstres " marins, le soleil et la pollution emportent la palme des trublions maritimes, aux côtés de certaines bébêtes a priori inoffensives qui peuplent mers et plages.

Histoire d'O… de mer

En France, le tourisme balnéaire apparaît à la fin du XVIIIe siècle. De grandes stations, telles que Biarritz, Deauville et Brighton (en Angleterre) voient le jour fin XIXe. Mais ce type de séjour n'est encore réservé qu'à une minorité de nantis. L'instauration des congés payés (juin 1936 en France) change la donne. Désormais, les vacances à la plage se démocratisent et les stations balnéaires se développent rapidement. Au cours des années soixante et soixante-dix, les taux de fréquentation explosent. 

Aujourd'hui, environ 40 % des touristes internationaux passent leurs vacances au bord de la Méditerranée. La Côte d'Azur, la Costa Brava et la Costa del Sol concentrent à elles trois le quart du tourisme mondial. Les autres grands sites touristiques (sauf Paris, Rome et Londres) sont presque tous littoraux : la Floride, la Californie, l'Asie du Sud-Est… Après tant d'années de pratique et tellement de monde les pieds dans le sable chaque année, on s'est vite rendu compte qu'il était nécessaire d'éduquer les gens en matière de protection solaire, d'environnement et de baignade, ainsi que d'instaurer des critères d'hygiène et de sécurité. Découvrez tout ce qu’il faut savoir pour éviter les bobos à la plage !

UV et coups de soleil

Crème Solaire Plage
N'oubliez pas la crème solaire © Maridav - Adobe Stock

Cela faisait des mois qu'on ne percevait que les rayons de nos écrans d'ordinateur. Mais voilà qu'enfin le soleil arrive, grand libérateur de nos garde-robes estivales. On avait le moral dans les chaussettes, le revoilà au beau fixe. Et demain, c'est maillot de bain ! Sans vouloir renvoyer votre moral à ses abîmes hivernaux, il y a tout de même quelques petites choses assez sérieuses à savoir sur les dégâts que chaleur et soleil peuvent causer.

Trou de l'ozone

Influencé à la fois par les conditions atmosphériques et la pollution, le trou de l'ozone mesurait 24,7 millions de km² en 2007 contre 16,4 millions en km² en 2019. Malgré une résorption du trou de l'ozone ces dernières années. L'OMM (Organisation Mondiale de la Météorologie) estime qu'il faudra plusieurs décennies et un strict respect du protocole de Montréal (1987), visant à réduire progressivement les émissions de gaz industriels, pour que la concentration chimique dans la couche d'ozone diminue.

L'OMS, l'OMM et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) ont mis au point un indice universel quantifiant l'intensité des UV et leur seuil de nocivité. Dans certains pays, notamment les plus proches du trou (Chili, Afrique du Sud, Australie…), l'indice UV est quotidiennement révélé dans les médias. Quand il est faible, il faut plus d'une heure pour attraper un coup de soleil ; lorsqu'il est extrême, moins de 15 minutes. En général, en Europe, l'indice UV ne dépasse pas 8 mais il arrive qu'il soit supérieur, et les plages peuvent donc être concernées.

Voici les différents indices UV :

- 1-2 Faible ; 
- 3-5 Modéré ;
- 6-7 Élevé ;
- 8-10 Très élevé ;
- 11+ Extrême.

Lunettes noires : frime ou nécessité ?

À moins que vous ne vous trouviez plus mystérieux le regard plissé version Clint Eastwood, portez des lunettes de soleil ! Cela vous évitera, déjà, d'arborer la typique grimace crispée du gars qui les a oubliées. Cela vous évitera, surtout, de contracter une affection des yeux, à savoir : photokératite ou conjonctivite, car les yeux sont particulièrement sensibles aux rayons UV.

La photokératite est une douloureuse inflammation de la cornée. La vision est brouillée et l'œil larmoyant comme celui d'un teckel. Quant à la conjonctivite, elle se manifeste au travers d'une irritation de la conjonctive (membrane de la face intérieure des paupières). L'œil enfle et sécrète à tout-va. Et là, difficile de continuer à ressembler au bon vieux Clint.

La plupart des effets néfastes des UV sur l'œil s'accumulent et ne sont pas réversibles, notamment la perte d'acuité visuelle. L'absorption de rayons UVA par le cristallin peut contribuer à la formation de cataracte. Quelque 20 millions de personnes sont aveugles du fait de la cataracte dans le monde et l'OMS estime que pour 20 % d'entre elles, la cause pourrait être le soleil. Choisissez des lunettes conformes aux normes de l'ANSI (UV 400) et préférez les verres en polycarbonate (plus légers, plus résistants que le verre et offrant une meilleure protection que le plastique. Moins chers que les verres polarisants). La couleur des verres ne change généralement rien à la qualité de la protection. Attention aux contrefaçons, qui affichent souvent un taux de protection fictif.

Couleur écrevisse

Qu'on se le dise : rôtir sans crème, c'est mal ! Et pour attraper la couleur caramel, pas besoin de s'exposer sans protection, à moins d'avoir envie de ressembler à une vieille prune desséchée à l'aube de la quarantaine.

Les rayons UVB sont responsables du bronzage lent, des coups de soleil, du vieillissement et du cancer de la peau. Les UVA provoquent un bronzage rapide (c'est pourquoi ils sont utilisés en solarium) ainsi que le vieillissement et le plissement de la peau. Certains médicaments rendent la peau plus sensible au soleil, avec pour conséquence l'apparition d'eczéma ou d'urticaire. À ne pas confondre avec les allergies solaires, appelées lucites. Certaines maladies de peau sont aggravées par l'exposition aux UV. C'est le cas de l'herpès et de l'acné.

Les coups de soleil sont en fait des brûlures au premier degré. Même si les rougeurs et les éventuelles cloques se résorbent relativement vite, les irradiations ne se réparent que partiellement : les coups de soleil subis pendant l'enfance sont la cause première des cancers de la peau, qui n'apparaissent pourtant que vers quarante, cinquante ans. Les deux cancers cutanés les plus fréquents sont les mélanomes (les plus dangereux) et les carcinomes. Les carcinomes les plus répandus, les basocellulaires, restent bénins tandis que les carcinomes spinocellulaires peuvent métastaser. En France, plus de 50 000 personnes par an présentent des carcinomes et presque tous en guérissent. Le Queensland, en Australie, détient le triste record des mortalités dues aux mélanomes.

Chaque individu a un "capital soleil" qui varie selon son type de peau. Les plus affectés par les cancers cutanés sont les personnes à peau claire, les blonds et les roux à taches de rousseur. Ceux qui bronzent difficilement et qui attrapent facilement des coups de soleil. Plus tôt on dépiste un mélanome, plus on a de chance de sauver sa peau.

Comment reconnaître un Mélanome ?

Les mélanomes sont des tâches noires…

- A pour Asymétriques ;
- B pour Bords irréguliers ;
- C pour Couleur polychrome ;
- D pour Diamètre > 8 mm ;
- E pour Evolution.

Il évolue en taille et en couleur et peut saigner.

Quelques conseils

- Le bronzage n'est pas une protection suffisante. Et les solariums sont peu recommandés (UVA).

- Ne pas s'exposer entre 11 h et 15 h, c'est le moment de la journée où les UV sont les plus élevés. Ils ne sont pas entièrement filtrés par les nuages. Méfiance !

- Appliquez une crème solaire (minimum 15 FPS) au moins trente minutes avant l'exposition et renouvelez toutes les deux heures et après la baignade. L'indice des crèmes concerne surtout les UVB. Il est souvent plus bas pour les UVA qui, rappelons-le, ratatinent la peau. Pensez à vous badigeonner les mains, la nuque, les oreilles, les pieds… Eh oui ! On les oublie trop souvent.

- La protection la plus efficace reste les vêtements. Choisissez un tissage serré, au travers duquel la lumière passe peu. Trouvez-vous un chouette chapeau à visière, et complétez-le d'un tissu fourré à l'arrière pour vous protéger la nuque (d'accord, ce n'est pas très fashion…).

- Restez à l'ombre si vous êtes déjà brûlé. Soignez-vous avec de la crème hydratante ou contre les brûlures (la Biafine fait des miracles). Contre la douleur, prenez des analgésiques. Pas d'anesthésiques locaux. À ce sujet, tous nos conseils pour composer votre trousse à pharmacie sont dans notre dossier Trousse de médicaments

- Pas de parfum au soleil.

- Les nourrissons à l'ombre ! Pas d'écran solaire avant 6 mois. Pour les plus grands, crème solaire, chapeau, vêtements couvrant tout le corps. Pas d'exposition prolongée. Pas de dodo en plein soleil !

Coup de chaud

Une partie de foot en plein soleil, quelques bonnes bières pour fêter ça, une séance de bronzage forcenée et voilà que vous vous sentez tout chose. Vous avez peut-être attrapé UN COUP DE CHALEUR !

On rigole, mais cela peut être très sérieux. Le coup de chaleur intervient lorsque le corps n'arrive plus à contrôler sa température, qui peut monter jusqu'à plus de 40 °C. La peau devient rouge, chaude et sèche. Des maux de tête très violents apparaissent et parfois, des crampes musculaires, un état de confusion et une perte de conscience. Le coup de chaleur, sans soins médicaux, peut être fatal.
En attendant les secours, mettre la personne à l'ombre et l'asperger d'eau froide (sans la noyer si possible). Si vous ressentez vous-même de tels symptômes, faites un tour au rayon surgelé du supermarché le plus proche, prenez une douche froide, buvez - de l'eau - et reposez-vous. Si vous vous sentez défaillir, ou que vous avez des crampes depuis plus d'une heure, consultez un médecin.

Pour éviter d'en arriver là

- Ne pas pratiquer d'exercice intense en pleine chaleur et notamment entre 11 h et 15 h ;

- Toujours boire, même sans soif. Pas de boissons sucrées, alcoolisées ou à forte teneur en caféine et théine ;

- Porter des vêtements légers et de couleur pâle, ainsi qu'un chapeau ;

- Ne jamais laisser un enfant seul dans une voiture aux fenêtres fermées ;

- Les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, respiratoires, neurologiques et rénales, ainsi que les enfants sont particulièrement vulnérables aux coups de chaleur.

La pollution côtière

Pollution Plage Mer
Plage polluée © Image'in - Adobe Stock

La mer, c'est sale ! Mais pas tellement à cause des poissons qui baisent dedans, comme le prétend Renaud. Car c'est bien l'homme qui est à l'origine de la plupart des pollutions maritimes : déversements d'hydrocarbure, eaux souillées en provenance d'usines ou d'égouts, pesticides ou matières organiques issus de l'agriculture… Mais quelles sont les conséquences sur la santé et où peut-on se baigner ?

Une immense poubelle

C'est un peu comme si la mer était un immense tapis bleu, sous lequel l'homme se réservait le droit de cacher ses immondices d'un coup de balai dans sa conscience.

On pense par exemple à la catastrophe du Prestige en 2002, qui parsema les côtes françaises et espagnoles de galettes de fioul, composées à 37,6 % d'hydrocarbures aromatiques (la substance la plus cancérigène). On estime à 3 millions de tonnes d’hydrocarbures qui se répandent annuellement en mer, dont 10 % proviennent des accidents pétroliers. 

Une même quantité d’hydrocarbures répandus en mer provient du dégazage des bateaux, rejet intentionnel des résidus de combustion de fioul lourd. En Afrique, la majeure partie des plages qui auraient pu compter parmi les plus belles de l'Atlantique, sont très gravement polluées du fait de cette pratique. À cela s'ajoute que chaque année, les navires touristiques et marchands déversent des centaines de milliers de tonnes de ballast sale, de substances nocives et d'ordures. Et ce n'est pas le pire.

La plus grande part (70 %) de la pollution maritime provient de la terre, et non des bateaux - l'activité industrielle et agricole figurant parmi les grands coupables. On pourrait, à titre d'exemple, citer le scandale des déchets radioactifs de La Hague en Normandie. Quant aux agriculteurs, ils sont surtout mis en cause pour les pesticides qui, contaminant les eaux souterraines, rejoignent la mer. Et ce n'est toujours pas le pire !

Le pire, c'est que les principaux responsables de la dégradation des eaux de baignade, c'est nous, les citadins, les voyageurs, les baigneurs. Notre croissance démographique galopante en bord de mer et l'énorme afflux touristique chaque année. Nos nouvelles habitudes hygiéniques, nos restes de pique-nique, nos mégots de cigarette. Le diesel de nos voitures, nos systèmes d'épuration surchargés… Un demi-million de mètres cubes d'ordures est ramassé quotidiennement dans les centres urbains du littoral méditerranéen, mais de nombreuses décharges sont mal conçues. Par infiltration des eaux souterraines, là encore, c'est la mer qui en fait les frais, et nous, indirectement.

Nous, les pollueurs… Nous, les pollués

Il y a les pays riches, où l'on pourrait faire plus d'efforts. La pollution la plus répandue sur le littoral français est bactériologique. Elle occasionne des mycoses, des otites, des irritations des voies respiratoires, des dermatoses ou des gastro-entérites. La France, tout comme l'Italie, la Grèce, l'Espagne et la Grande-Bretagne, est en retard en matière d'environnement maritime. Même si la qualité des eaux de baignade s'est sensiblement améliorée depuis une dizaine d'années, plus d'une centaine de grandes zones balnéaires ne respectent pas les normes européennes, au point de jouer à la roulette russe avec la santé des baigneurs.

Et puis il y a les pays moins riches, où l'insalubrité du littoral est un problème de santé national et où l'argent manque pour acquérir le matériel nécessaire à l'épuration des eaux usées. Les côtes d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale sont parmi les plus polluées du monde, juste devancées par l'Asie de l'Est. Cependant, de nombreux pays d'Afrique ont élaboré des politiques pour résoudre ces problèmes, comme par exemple les pays d'Afrique du Nord, le Kenya ou le Ghana.

La Surfrider Foundation a décerné pendant sept ans des pavillons noirs dotés d'un requin aux plages les plus polluées, véritable coup de projecteur sur les fautifs. Surfrider a ensuite décidé d'arrêter ce système pour développer un outil plus adapté et actif toute l'année. L'association organise toujours des campagnes de nettoyage des plages, une idée que l'on peut tout à fait s'approprier, où que l'on ait choisi de planter son parasol. Plus on est de fous… plus la plage est propre !

Consultez notre dossier pour Voyager écolo

Choisir sa plage

Renseignez-vous :

- Auprès des hôteliers, des sauveteurs, des autorités, des habitants et des autres routards.

- Les médias affichent parfois des données en rapport avec la propreté des zones de baignade.

- Sur la plage, on trouve quelquefois des affiches, des drapeaux (le pavillon bleu de la Fondation pour l'éducation à l'environnement notamment) ou des panneaux indicateurs de propreté ou de pollution.

- Vérifier s'il n'y a pas eu de fortes pluies la veille ou dans la journée, car l'eau peut drainer des impuretés vers la mer et la pluie être polluée par des solides organiques en suspension. Après une forte pluie, attendre au moins une journée avant de retourner se baigner dans l'océan, trois jours dans les petites baies fermées et les lagunes. On évite de se baigner si on voit :

- Que la plage est à proximité de l'arrivée d'un égout, d'un système de drainage, de l'embouchure d'un fleuve ou d'une lagune.

- Qu'il y a des poissons morts, des cannettes, des bouteilles et autres déchets sur la plage.

- Que l'eau est trouble, qu'elle présente une mousse à coloration inhabituelle ou qu'elle est malodorante.

Conseils

- Tâches de fioul sur la peau : enlever un maximum du produit, puis dissoudre rapidement ce qu'il en reste avec de l'huile (végétale ou minérale), de la vaseline ou de la crème solaire, puis rincer avec de l'eau douce et du savon. Le fioul peut provoquer des rougeurs sur la peau qu'il faudra éviter d'exposer au soleil. Consulter un médecin en cas de nausées, de maux de tête ou d'irritation des voies respiratoires.

- Fruits de mer et poissons : éviter d'en manger dans un restaurant de fortune au bord d'une plage insalubre, en cas de catastrophe pétrolière, ou de " marée rouge " au Mexique (une algue qui contamine ces aliments). Un poisson frais a l'œil vif, l'écaille brillante, la chair ferme et les ouïes rouges sans trace de sang.

- Coupures et seringues : en cas de piqûre sur une seringue abandonnée sur la plage, pas de panique ! Germes et virus ne résistent généralement pas à la chaleur, improbabilité donc de se faire contaminer par le sida. Dans tous les cas de plaies dues à des déchets, vérifier votre dernière vaccination contre le tétanos (tous les dix ans). Aucun corps étranger ne doit rester dans la plaie. S'il est impossible de retirer tout ou partie des fragments, consultez un médecin. Lavez à l'eau douce et au savon, désinfectez, puis protégez la plaie avec un pansement ou une compresse stérile. Plus de bain de mer pour vous pendant quelque temps : l'eau salée ralentit la cicatrisation.

Ces bêbêtes qui nous embêtent

Méduse plage
Méduse © Guntar Feldmann - stock.adobe.com

Une mer turquoise bordée de sable blanc et de cocotiers. Pas l'ombre d'une brise en vue et des gouttelettes de sueur parent votre front couleur soleil : vous nagez en plein bonheur. Seulement, les plus belles plages du monde ont aussi leurs désavantages, dont notamment toutes sortes de bestioles prêtes à dépecer le mythe de l'ultime béatitude balnéaire.

Les bestioles qui piquent

Une piqûre d'animal marin vénéneux peut arriver sur le sable, si vous les manipulez ou si vous leur marchez dessus par inadvertance. Ou encore dans l'eau, et là c'est beaucoup plus grave, car la personne empoisonnée risque la noyade.

Parmi les mollusques, prenez garde aux cônes (Indo-Pacifique, côte sud de l'Australie). Tous ne sont pas dangereux pour l'homme, mais ils sont difficiles à différencier. Le plus redoutable est C. geographus. Sa piqûre entraîne une grande douleur, avec un œdème souvent volumineux. Une paralysie peut intervenir, capable de provoquer la mort (paralysie des muscles respiratoires). Les oursins, hérissés de piquants, occasionnent de douloureuses lésions. Certains sont vénéneux, tels l'oursin de feu (Pacifique et mer Rouge) ou le multicolore (Caraïbes et Pacifique Est) - et même mortels, comme le toxopneuste (Pacifique, océan Indien).

Parmi les poissons, on ne saurait trop vous avertir contre les raies armées, dont la queue porte un aiguillon venimeux. La piqûre de raie pastenague (Méditerranée, mers tempérées et tropicales) peut être fatale. Son dard denticulé est très difficile à retirer et mesure une vingtaine de centimètres. Les vives (Atlantique, Manche, Méditerranée…) se cachent dans le sable et laissent uniquement apparaître leurs nageoires dorsales dotées d'épines vénéneuses, prêtes à infliger d'atroces souffrances. Et puis il y a le poisson-pierre, ou " crapaud des mers " (océans Indien et Pacifique, notamment en Australie), le plus dangereux d'entre tous, qui se dissimule parmi les rochers, les coraux et dans le sable. Son venin peut tuer un homme en deux heures !

Quelques conseils

- Mettez des chaussures à semelle suffisamment dure pour que les dards ne puissent pas les transpercer. Cela vous empêchera en outre de vous couper sur les coraux et les rochers.

- Dans la plupart des cas, baigner la plaie dans de l'eau très chaude avec un peu d'antiseptique pour venir à bout du venin.

- Dans le cas d'une piqûre de raie, casser immédiatement l'aiguillon et consulter un médecin.

- Retirer au mieux les piquants d'oursin. Attention, car ils sont friables. Si vous soupçonnez qu'il en reste, consulter un médecin. Les fractions restant dans le derme peuvent causer des infections.

- Dans le cas d'une piqûre de poisson-pierre, chauffer la blessure dans de l'eau à plus de 50 °C ou avec le bout allumé d'une cigarette. Prenez des analgésiques. En cas de malaise ou de syncope, appeler les secours. Il existe un seul sérum, très efficace s'il est injecté rapidement.

- Si vous collectez des cônes, munissez-vous absolument d'un récipient rigide. Pas de sac en plastique, pas dans le maillot de bain. Il n'y a pas de sérum. Les saisir par la partie large de la coquille.

Les bestioles qui brûlent

La mer regorge de créatures fascinantes à la texture transparente ou colorée de mille feux, effectuant des ballets hypnotiques et silencieux. À croire que ces beautés feraient tout pour nous attirer dans le filet de leurs tentacules brûlants et venimeux.

La plupart n'auront qu'un effet urticant sur la peau, comme les anémones de mer, les coraux de feu des récifs tropicaux ou certaines méduses. D'autres peuvent toutefois s'avérer beaucoup plus redoutables.

Les galères portugaises et les guêpes des mers comptent parmi les méduses les plus dangereuses. Les grandes galères vivent dans les mers chaudes. On les reconnaît à leur volumineuse poche d'air rose et bleue et à leur longue chevelure filandreuse. La guêpe des mers " Chironex fleckeri " (Australie du Nord, où il existe un sérum) cause des douleurs atroces. Elle peut tuer en trois minutes si l'on entre en contact avec plus de six de ses tentacules.

Moins esthétiques, et certainement moins subtils, les concombres des mers projettent par l'anus des filaments aux toxines irritantes qui provoquent érythèmes et œdèmes. Mais si les filaments atteignent les yeux, les conséquences sont plus graves : ils peuvent entraîner la cécité.

Conseils

- Appliquer du vinaigre ou du jus de citron sur les lésions, ainsi qu'un gel anesthésique. Prendre un antihistaminique ou des corticoïdes.

- Enlever les tentacules en raclant doucement.

- S'il y a choc, sortir la personne de l'eau et appeler les secours.

Les dents de la mer

Terreurs de la mer, prédateurs des océans… requins, serpents ou murènes. Même si cela vous semble IMPOSSIBLE, la plupart de ces monstres marins vous craignent bien plus que vous ne les craindrez jamais. Pour preuve, sachez que le seul prédateur du requin n'est nul autre que l'homme, qui ne se prive d'ailleurs pas de l'exterminer. 

Ces farouches animaux préfèrent en général rester hors de portée et ne se comporteront de manière agressive que s'ils sont provoqués. Par provoquer, entendre, par exemple, fourrer accidentellement son bras dans la gueule d'un requin taureau (pouvant mesurer presque 4 m de long et hantant les côtes continentales et insulaires), comme ce fut le cas en juillet 2001 pour le jeune Jesse Arbogast (huit ans) en Floride et dont le membre fut arraché (mais recousu). 

Il existe une trentaine de familles de requins, constituées d'environ 350 espèces. Ils peuplent toutes les mers de la planète. Bien que la plupart ne s'en prennent jamais à l'homme et même si la mode est à la plongée en cage pour la peur de sa vie, vu leur dentition, la prudence s'impose. 

Outre le requin-taureau, on considère que les plus dangereux des requins sont les grands blancs (en fait plutôt gris), pouvant mesurer plus de 6 m et le requin-tigre des zones tropicales. Les États-Unis (Floride, Hawaï, Californie) remportent la palme des attaques mortelles. L'Australie (New South Wales, Queensland) et l'Afrique du Sud (Kwazulu-Natal) occupent respectivement la deuxième et troisième place de ce triste palmarès. Certains pays ont installé des barrières anti-requins au large de leurs plages les plus populaires. Si vous avez peur, c'est là qu'il faudra nager. Mais le requin n'est pas le seul à avoir la dent longue.

Dans l'océan Indien vit un serpent marin, particulièrement agressif et qui plus est, vingt fois plus venimeux qu'un cobra ! Au hasard des anfractuosités de rocher ou de récif corallien, le plongeur peut se retrouver avec une murène plantée au bout du bras. Leurs dents en crochet entraînent de profondes plaies et même si elles sont venimeuses, c'est avant tout l'hémorragie qu'il faut craindre. La murène javanaise est particulièrement nocive.

Quelques conseils

- Les requins n'ont pas la vue perçante et peuvent aisément prendre un surfeur et sa planche pour une alléchante otarie. Ils sont attirés par les objets brillants, les forts contrastes et les couleurs chatoyantes.

- Ne pas battre des pieds et des mains dans un mouvement de panique. Cela leur signale qu'une proie en difficulté est à proximité. Sortez de l'eau si vous saignez car le sang attire les requins.

- Ne surtout pas les nourrir ! Ne surtout pas leur donner de coups.

- Ne pas vous baigner entre chien et loup, ni la nuit. Nagez en groupe.

- Éviter de nager proche des pêcheurs (bateaux, ports…).

- Ne pas mettre ses extrémités dans les anfractuosités des rochers et des récifs coralliens.

- En cas de morsure, sortir la personne de l'eau et avertir les secours. Faire un garrot si le saignement est important. Anti-venin pour les morsures de serpents marins. Toujours penser au tétanos.

- Aux États-Unis, vous avez trente fois plus de chance de vous faire frapper par la foudre que de vous faire mordre par un requin…

Nager en toute sécurité

Sécurité Baignade Plage
Se baigner en toute sécurité © berezko - Adobe Stock

Les plus grands dangers à la plage restent les comportements humains à risque. Eh oui, on arrive tout sourire, prêt à conquérir les mers, mais on ne les connaît souvent pas bien. Les locaux sont en général assez bien renseignés : les courants qui vous entraînent au large, les bancs de sable ou les rochers traîtreusement dissimulés… Et puis il existe quelques règles de base. En voici les grands traits.

La tête la première

Des mois qu'on ronge son frein en attendant les vacances. Maintenant qu'on y est, plus rien ne nous retient ? Pas si sûr ! Avant de piquer une tête, sachez que c'est justement une des causes premières des plus sérieux accidents à la plage. Rien de mieux pour gâcher son séjour qu'une minerve autour du cou. Ou pire…

La mer, ce n'est pas la piscine. Parfois, on n'en distingue pas bien le fond, ni les obstacles éventuels. La règle est simple, et nous ne nous étendrons donc pas sur la question : ne jamais plonger la tête la première dans la mer. Jamais. Voilà.

Hydrocution

Encore une fois, il s'agit ici de freiner ses ardeurs. Le risque, si on se jette à l'eau froide sans attendre, s'appelle hydrocution.
La plupart du temps, c'est la trop grande différence entre la température du corps et celle de la mer qui provoque le choc thermique. Sans aucun symptôme préalable, la personne perd connaissance et coule à pic. Ce type d'accident est fréquent. Certains signes peuvent cependant permettre de les prévenir : des maux de tête, une angoisse, des crampes… dans ce cas, pas la peine de tergiverser, sortez de l'eau !
Les premiers secours consistent à ramener la personne sur la terre ferme, vérifier si elle respire et si c'est le cas, la basculer sur le côté, la tête légèrement inclinée vers l'arrière. Évidemment, prévenez les secours, mais évitez de laisser seule la personne choquée. Dans tous les cas, réchauffez la victime en la séchant et en la couvrant.

Conseils

- Entrer de manière progressive dans l'eau.

- Éviter les expositions prolongées au soleil.

- Éviter de se baigner après absorption d'alcool ou un repas copieux.

Au gré des courants

La côte atlantique française a ses monstres marins : on les appelle les " baïnes ", il s'agit de courant forts dirigés vers le large. Qu'on soit à la nage, en bateau ou en plein farniente sur une bouée gonflable, la méfiance est de rigueur. Les baïnes sont meurtrières, car elles interviennent souvent là où on se sent le plus en sécurité, et notamment dans des zones d'eau plus chaudes que les autres, plus calmes aussi. Ces courants peuvent vous emmener à plus de 250 m de la rive. Ici, ce ne sont pas les muscles ni l'endurance qui vous sauveront, même s'ils peuvent jouer en votre faveur, mais le respect de certaines règles.

Lorsqu'on est pris dans une baïne, ne surtout pas tenter de rejoindre la côte en brassant comme un forcené, car à ce jeu-là, on finit vite par s'épuiser. Au contraire, ce qu'il faut faire, c'est nager parallèlement à la côte sur quelques mètres pour sortir du courant, puis rejoindre la terre ferme en diagonale. Chaque année, les maîtres-nageurs repèrent les baïnes et disposent les drapeaux en conséquence. Pensez à surveiller les petits et ne les laissez pas seuls en mer sur une bouée.

Nos côtes atlantiques ne sont pas les seules à possèder de tels courants. On en signale notamment au large de la Caroline du Nord. Les plages de Goa, ainsi que celles du Karnataka, connaissent des menaces similaires, et notamment dans les périodes précédant et succédant aux moussons. Prudence !

Pour en savoir plus

Amis Plage Mer
© ikostudio - Adobe Stock

C'est quand même bien la plage !

Après tous ces propos alarmistes, en voici de plus souriants. Parce que la plage, ça peut faire un bien fou ! Tout d'abord, le soleil est bénéfique et même indispensable pour la santé
Les UV aident à la synthèse de la vitamine D, qui fixe le calcium et permet, notamment, de lutter contre l'ostéoporose chez les personnes âgées et le rachitisme de l'enfant. 
Les UV ont en outre une action antidépressive et ils améliorent certaines maladies de la peau, comme le psoriasis par exemple. 
Et c'est sans compter les bienfaits de l'eau de mer sur la circulation sanguine, sur l'appareil respiratoire… À vos marques, prêts ? Partez !

Livres

- Les dangers de la vie marine 
de Jean-Paul Ehrhardt et Gérard Seguin, Éditions PUF, collection Que sais-je ? (1998).
Explique tous les dangers de la mer : des piqûres de méduse aux morsures venimeuses de murènes, serpents de mer et poissons toxiques…

- Tous les requins du monde : 300 espèces des mers du globe
de Géry Van Grevelynghe, Éditions Delachaux & Niestle, collection Les encyclopédies du naturaliste (1999). 
Guide fiable et accessible sur les requins, avec de belles illustrations.

Sites Internet

- Le site de Greenpeace
- Ne vous trompez pas de plage, grâce aux Pavillon Bleu
- La santé de votre bébé à la plage
- Le site de l'Organisation Mondiale de Météorologie


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Le Quintana Roo, l’état le plus à l’est du Mexique, bordé par la mer des Caraïbes : paradis de la fête pour les spring breakers, il est aussi la promesse d’un dépaysement à nul autre pareil. Si tant...
3 étapes incontournables sur le Grand Tour Auvergne-Rhône-Alpes

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De volcans majestueux en villes de caractère, le Grand Tour Auvergne-Rhône-Alpes promet une aventure inoubliable, au gré des plus belles routes de la région. Ce road trip de 3 000 km traverse 12...
Les Canaries hors des sentiers battus

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Nos 15 coins secrets des Canaries, à l’abri des foules Les Canaries ne se résument pas aux grandes zones balnéaires, loin s’en faut. Certaines des 7 îles principales vivent largement en marge du...
Milos, bijou volcanique des Cyclades

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A 40 minutes d’avion d’Athènes, Milos est l’île habitée la plus à l’ouest de l’archipel des Cyclades. Moins prisé que ses lointaines voisines, Santorin ou Mykonos, ce joli caillou de 150 km2, aussi...

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