L'expatriation

Virginie de Rocquigny
par Virginie de Rocquigny

26 août 2019

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Vivre et travailler à l'étranger, un rêve qui peut devenir réalité...

Au 1er janvier 2020, on comptait officiellement près de 1 775 875 inscrits au registre mondial des Français établis hors de France. On estime à environ 100.000 le nombre de nouveaux inscrits chaque année. Mais, il s'agit de statistiques officielles : plus de 2,5 millions de nos compatriotes vivraient en fait hors de nos frontières.

Jeunes ou moins jeunes, ils sont nombreux à rêver de tenter leur chance à l'étranger. Un projet qui demande patience et obstination. Pour les heureux élus, c'est souvent une formidable expérience. Mais il vaut mieux bien se préparer... Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’expatriation !

Comment trouver un emploi à l'étranger ?

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Trouver un emploi à l'étranger

Du rêve à la réalité, c'est un parcours semé d'embûches. Entre le choix des destinations potentielles, la quête d'informations en tous genres et, surtout, la recherche d'un emploi, le voyage de l'expatrié commence toujours par de longues heures d'investigation.

Avant de vous lancer dans de longues recherches, évaluez bien vos motivations (rien n'est pire que de partir sur un coup de tête), mais aussi votre faculté d'adaptation à l'étranger et aux particularités locales. Sans oublier les visas et autres procédures administratives, car si l'émigration n'a rien d'une promenade de santé... tout reste possible si on étudie bien le terrain !

Chercher un emploi depuis la France

Avant de vous lancer dans la recherche d'un emploi, il est indispensable de vous renseigner sur les habitudes de recrutement des pays où vous comptez postuler. Un CV anglo-saxon ne ressemble en rien à un CV français ! Vous devez rédiger votre CV dans la langue locale, à moins que vous ne postuliez dans un groupe international, auquel cas l'anglais est la langue utilisée.

Pour l'Europe, vous pouvez opter pour le CV Europass. Cet outil est mis gratuitement à la disposition des citoyens de l'UE. Il insiste sur l'ensemble du parcours et des compétences du candidat et permet de candidater partout en Europe.

Bon à savoir : le site du ministère des Affaires étrangères recense des informations sur la vie à l'étranger (infos pratiques, droits et démarches...).

Par ailleurs, Pôle Emploi International propose aussi des fiches thématiques sur l'expatriation.
Côté petites annonces, les sources d'informations sont diverses : sites internet, réseau, presse et Pôle emploi international. Quelques sites généralistes pour trouver un emploi à l'étranger :

-Monster
-Career Builder
-Michael Page
-Pôle emploi international
-Emploi Expat
-workwide.fr : un site spécialisé dans la publication d’offres d’emploi pour les Français à l’étranger (emplois exigeant la maîtrise de la langue française), pour les diplômés et jeunes professionnels.

Consultez également les sites des entreprises qui vous intéressent tout particulièrement. N'oubliez pas que les PME/PMI sont de formidables viviers d'emplois à l'étranger.
Concernant les postes de fonctionnaires internationaux, la mission des fonctionnaires internationaux vous renseignera sur tous les postes vacants et les procédures de recrutement.


Chercher un emploi sur place

Si l’inconnu ne vous effraie pas, vous pouvez vous envoler et chercher un job une fois arrivé à destination. Presque partout, vous pouvez rester quelques mois (en général, trois) muni d’un simple visa touristique afin de chercher un emploi. C’est un moyen de découvrir la destination.

Attention, il faut tout de même se préparer à retourner à la case départ en cas d’échec, d'autant plus que les marchés du travail sont la plupart du temps très protégés et fermés aux étrangers sans visa adéquat, à l'exception des pays européens...

Cela peut néanmoins être un atout, comme le montre l’exemple d’Armelle, à Londres : « Le fait d’être sur place peut faire la différence : j’étais immédiatement disponible pour les entretiens, souvent programmés au dernier moment. Cela a joué en ma faveur ! ».

Envoyé à l’étranger par son entreprise française

C’est le plan en or ! Outre les facilités de départ, cette formule permet en général de toucher une prime de mobilité qui couvre vos frais. Le déménagement, le logement et bien d’autres choses peuvent être pris en charge par l’entreprise.
Mais il faut savoir que les entreprises font de plus en plus appel à des recrutements en contrat local, souvent bien moins avantageux.

Les solutions réservées aux jeunes

  • Commencer par un stage

C’est une excellente solution pour les étudiants qui envisagent une carrière à l’international. Ainsi Armelle, à Londres, a décroché un emploi dans une ONG en partie grâce à sa première expérience en stage : « Cela a été déterminant », confie-t-elle.

Attention, le terme de stage n’a pas la même signification partout. Dans les pays anglo-saxons ou en Allemagne, par exemple, les « internships » sont des postes à part entière. Côte administratif et rémunération, c’est là aussi très variable. En Australie, par exemple, aucun stagiaire n’est rémunéré. Aux Etats-Unis, le stage est un moyen d’acquérir des crédits universitaires...

Renseignez-vous sur la situation des pays qui vous attirent avant de rédiger vos lettres de motivation.

Pour trouver un stage au Québec, aller sur le site de l'Office franco-québécois pour la jeunesse.

  • La solution VIE

Réservé aux 18-28 ans, le volontariat international permet de mener un projet professionnel à l’étranger tout en bénéficiant d’un statut public protecteur. Les missions durent de 6 à 24 mois et sont renouvelables une fois. Les volontaires sont placés sous la tutelle de l’ambassade de France du pays d’accueil.

Cette formule est destinée aux étudiants, jeunes diplômés, ou chercheurs d’emploi. Afin d’accéder à toutes les offres, il faut s’inscrire sur le site Civiweb. Il existe deux formes de volontariat : VIE (en entreprise) et VIA (dans l’administration : ambassades, alliances françaises, missions économiques, etc).

« C’est une excellente solution pour s’expatrier, souligne Claire, volontaire en poste à Manille (voir la rubrique témoignage). Cela facilite la vie pour toutes les questions administratives ».

Toutes les infos :www.civiweb.com et www.servicepublic.fr

  • Le CES

Le corps européen de solidarité, ex SVE (service volontaire européen), s’adresse aux jeunes de 18 à 30 ans. Il permet de partir en volontariat dans les pays membres de l’UE ou dans les pays partenaires afin de participer à des actions de solidarité. Plusieurs domaines sont concernés, notamment la prévention de catastrophes, l’aide aux personnes en situation de handicap, le décrochage scolaire ou encore la lutte contre les exclusions. Les organisations accueillant des volontaires peuvent être des associations, des organisations non gouvernementales (ONG), des organismes publics à but non lucratif… 

Si vous êtes intéressé, la première chose à faire est de s’enregistrer gratuitement sur le portail européen de la jeunesse. Des organismes pourront visiter votre profil et vous pourrez postuler à leurs offres. Pour finir, si vous êtes accepté, vous signerez un contrat, et l'Agence du service civique vous adressera votre carte du volontaire.

Toutes les infos : www.servicepublic.fr

  • Le service civique

Le service civique est un engagement volontaire au service de l’intérêt général réservé aux jeunes entre 16 et 25 ans. Il peut être effectué dans le monde entier et ne nécessite aucun niveau d’études. Il s’agit simplement d’être motivé.

Le service civique peut être effectué auprès d’un grand nombre d’institutions, des collectivités territoriales aux établissements publics. Les domaines sont également variés : culture et loisirs, développement international et action humanitaire, éducation, santé, sport...

Les missions durent de 6 à 12 mois, à raison de 24h par semaine minimum et sont indemnisées (jusqu'à 573 euros par mois). Il est donc possible d’étudier ou de travailler à temps partiel en parallèle.

Pour en savoir plus et consulter toutes les missions proposées : www.service-civique.gouv.fr

  • Les visas vacances-travail (PVT)

Ce sésame ouvre la porte de 14 pays ayant un accord avec la France (Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Corée du Sud, Hong Kong, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Russie, Taïwan, Uruguay). Le Pérou fera bientôt partie des destinations possibles. 

Il est réservé aux jeunes de 18 et 30 ans (35 ans pour le Canada, l'Argentine et l'Australie) et permet de voyager et de trouver un emploi salarié pour compléter son budget. Une assurance et des moyens financiers suffisants sont souvent des critères exigés pour obtenir ce type de visas. Certains pays mettent un certain quota de PVT admissibles par an, comme le Canada.

Plus d’infos :

> Le PVT australien
> Le visa vacances-travail japonais
> Le PVT canadien
> Les conditions en Nouvelle-Zélande
> Le programme vacances-travail en Corée du Sud
> Le PVT pour Hong Kong
> Le PVT pour l'Argentine
> Le PVT pour Taïwan
> Le Working Holiday Program à Singapour
> Le Working Holiday Program au Chili
> Voir aussi le site PVTistes.net : une mine d'infos !
> Voir aussi le documentaire Generation Working Holiday Visa sur 10 jeunes Français qui ont tenté l'expérience.

Quelles sont les opportunités à saisir selon les pays et les secteurs ?

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Les secteurs porteurs

Pas de surprise, ce sont les filières d’excellence de la France qui sont les plus prisées à l’étranger : « Les métiers qui s’exportent le mieux sont l’hôtellerie-restauration, le luxe et l’ingénierie, remarque Oliver Sheppard, chargé de mission de Pôle Emploi International. Le tourisme, les loisirs, l’animation, l’industrie, le commerce, la grande distribution sont également demandés ».

Mais pas la peine d’avoir un bac+5 pour pouvoir passer les frontières : « 50 à 60% de nos offres appartiennent à la catégorie employé, souligne Oliver Sheppard. C’est la preuve que l’expatriation n’est pas réservée à une élite ! ».

L’Espace Economique Européen (EEE) et la Suisse

L’Espace Economique Européen rassemble 31 états membres : tous les pays de l’Union Européenne ainsi que l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège. La moitié des expatriés français vit en Europe.

Si ces destinations sont moins exotiques, elles nécessitent en revanche moins de démarches administratives. Tout citoyen ayant la nationalité de l’un des états (sauf quelques exceptions) peut en effet travailler, sans permis de travail, dans le pays membre de l’EEE de son choix. Même chose pour la Suisse, qui ne fait pourtant pas partie de cet espace.

L’EEE représente, avec la Suisse, plus de 50 % des offres de Pôle Emploi International.

En fonction des pays et des régions, il est possible de connaître plus finement le marché du travail en consultant le site du réseau des services publics de l’emploi, Eures. Des conseillers Eures d’ailleurs peuvent vous accompagner dans votre projet d’expatriation.

L’Asie : nouvel eldorado des expatriés ?

L’Asie a de plus en plus la cote auprès des expatriés du monde entier. L’enquête « Expat Explorer », menée auprès d’eux par HSCB (2013), nous le confirme. Il en ressort, entre autres, que la qualité de vie sur le continent asiatique semble être idéale en termes d’intégration, de rémunération, d’éducation des enfants et de loisirs.

A l’échelle mondiale, la première place en matière de « qualité de vie » revient ainsi à la Thaïlande, suivie de la Chine (3ème) et de Singapour (6ème). En ce qui concerne le « potentiel d'augmentation de revenus », la Chine arrive elle en 2ème position, juste après la Suisse. 

Le continent asiatique est donc en train de gagner du terrain auprès des expatriés français, au détriment de l’Union Européenne, même si, pour l'instant, seuls 7% d'entre eux y résident.

Retrouvez cette enquête ici.

Etats-Unis : tentez votre chance à la loterie de la carte verte !

Chaque année, les Etats-Unis organisent une loterie. Les heureux gagnants décrochent une carte verte. Ce sésame permet aux citoyens non-américains de s'installer et de travailler légalement aux États-Unis sans besoin de visa. Autant dire que c’est le gros lot ! La participation est gratuite.

Tous les ans, environ 50 000 cartes vertes sont délivrées par ce biais. A vous de jouer ici chaque année entre octobre et décembre.

Quelque 158 000 Français résidaient aux Etats-Unis en 2019.

Le Canada : encore de la place

Chaque année, plusieurs milliers de Français partent tenter leur chance au Canada, munis d’un visa d’immigrant permanent leur permettant de s’installer et de travailler outre-Alantique.

Le précieux Sésame s’obtient après une sélection assez longue et draconienne, mais relativement ouverte (comparée à celle des autres pays). Le Canada pratique une politique d’immigration de travail à l’intention des francophones.

Notez que le Canada souhaite accueillir davantage d'immigrants dans les années à venir. En effet, il entend attirer 401 000 résidents permanents en 2021, 411 000 en 2022 et 421 000 en 2023.

Le site du gouvernement du Canada contient de nombreuses informations pour préparer son dossier.

Comment bien préparer son départ ?

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L’assistance

L’abonnement à une société d’assistance est recommandé. Celle-ci payera certaines dépenses et, surtout, vous assistera en cas de difficulté. 

Regardez bien les conditions du contrat avant de signer. N’oubliez pas qu’il faut toujours prévenir l’assistance le plus rapidement possible en cas de pépin et avant d’engager toute dépense.

Si vous partez étudier à l'étranger, vous trouverez des infos sur cette page du site Etudiant Voyageur.

Le déménagement

Cette étape est souvent un casse-tête ! Si vous comptez apporter plus qu’un sac de vêtements, il faut impérativement s’y prendre plusieurs mois à l’avance. N’hésitez pas à demander plusieurs devis et à négocier ! 

L’entreprise sélectionnée devra venir chez vous afin d’estimer le volume à expédier. A comparer soigneusement : cubage, délais, conditions de livraison, équipe, encadrement, intermédiaires, correspondants locaux...

Les coûts sont très variables d’une entreprise à l’autre. Vous devrez réaliser une « déclaration de valeur », c’est-à-dire estimer la valeur de vos biens. Point crucial et qui doit retenir toute votre attention : l’assurance, qui prévoit les conditions de dédommagement en cas de problème lors du transport.

Côté délais, comptez 3 à 10 jours pour l’Europe, 2 semaines pour l’est des Etats-Unis. Pour le milieu du Pacifique, soit l’endroit le plus loin de l’Hexagone, il faudra patienter 2 mois.

L'envoi de marchandise par voie aérienne est recommandé pour de petites expéditions et pour des objets devant arriver à destination le plus rapidement possible. Sachez que l’avion n´est pas toujours plus cher que le cargo puisque la facture est proportionnelle au volume de bagages expédiés.

Le transport par bateau peut vous faire économiser quelques euros mais le risque de recevoir vos bagages avec plusieurs semaines de retard est alors plus grand.

N'oubliez pas la déclaration de vos biens aux douanes ! Si vous déménagez dans un pays de l’Union européenne, vous n’avez pas de formalités douanières à accomplir. Dans les autres pays, vous devrez effectuer des démarches administratives auprès des douanes.

Enfin, il faudra vous occuper de vos biens en France : mettre un terme à votre bail si vous êtes locataire, vendre votre appart ou le mettre en location si vous êtes propriétaire.

Quant à votre automobile, si vous en avez une, à vous de voir et tout dépend du pays où vous vous rendez et de la durée de votre expatriation. Il peut parfois être préférable de racheter une automobile sur place et de vendre celle que vous possédez en France.

Un site pour vous aider dans vos démarches : vendezvotrevoiture.fr.

Apprendre la langue du pays

Presque partout, la maîtrise de la langue anglaise est indispensable pour espérer travailler à l’étranger. Mais ce n’est pas toujours suffisant ! S’initier à la langue locale est un facteur d’intégration supplémentaire. Il est judicieux de commencer à prendre des cours avant de plier bagages.

« Avant de partir pour le Portugal, où j’ai été embauchée en tant que VIE dans une compagnie aérienne, j’ai acheté une méthode Assimil. Pendant les 24 heures de route entre la France et Lisbonne, j’ai écouté les leçons. En arrivant, je maîtrisais au moins quelques formules de base, c’était bien utile ! », se souvient Mathilde, devenue très à l’aise en portugais après quelques mois sur place.

On peut commencer à s'entraîner avec le site Babbel...

Se renseigner sur le marché du travail

Même si vous comptez chercher du travail sur place, vous devez impérativement faire votre petite « étude de marché » de l’emploi dans votre pays d’élection, en consultant les mêmes organismes que si vous cherchez du travail depuis la France.


Que faire en arrivant ?

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Si vous êtes envoyé à l’étranger par votre entreprise, vous aurez peut-être la chance de bénéficier d’un service de « relocation ». 

Ces cabinets accompagnent les expatriés dans toutes leurs démarches : visas, recherche d’un logement, inscription à l’école, achat d’une voiture, etc. Sans ce service, à vous de vous débrouiller !

L’immatriculation

Vous devez vous immatriculer, c’est-à-dire demander une carte consulaire. Cette démarche est facultative mais elle est vivement recommandée car elle présente de nombreux avantages pour les expatriés. 

Il faut pour ce faire fournir vos documents administratifs (passeport, livret de famille, titre de séjour, etc). Cette démarche vous permettra, entre autres choses, de demander secours aux services consulaires en cas de sinistre majeur dans votre pays de résidence.

La banque

Il est préférable d’ouvrir un compte avant le départ, afin de pouvoir rapidement déposer vos chèques et effectuer vos transferts.

En Europe, l’ouverture d’un compte est très simple. Ailleurs, vous pouvez vous renseigner auprès de votre banque afin d’en savoir plus sur les modalités d’ouverture de compte dans le pays d’accueil.

Il est également possible d’ouvrir un compte dans une banque internationale qui a des succursales dans le pays où vous vous installez. Vous pouvez ainsi ouvrir un compte en France et demander la création d’un autre compte bancaire dans votre pays d’accueil. Attention, vous devez impérativement déclarer toute ouverture de compte à l’étranger !

La couverture sociale et le permis de conduire

Le détachement : Cela vous concerne si vous êtes salarié d’une entreprise française en poste à l’étranger pour une mission de six mois à trois ans (avec possibilité de prolongation). 
Dans ce cas-là, votre employeur continue à payer les cotisations sociales en France et prend en charge les formalités auprès de la Sécurité sociale. Vous jouissez des mêmes droits que sur le sol français. Concernant votre retraite, par exemple, la période travaillée à l’étranger sera comptée au même titre qu’une période de travail en France.

L’expatriation : Cela vous concerne si vous êtes sous contrat local ou en freelance à l’étranger. Dans ce cas-là, vous devez payer des cotisations dans votre pays d’accueil. 
Vous avez cependant la possibilité de cotiser à la Caisse des Français de l’étranger si les cotisations du pays d’accueil sont inférieures à celles de la France. Cette option est particulièrement avantageuse pour les familles.

Concernant la retraite : dans les pays de l’Union européenne, la coordination communautaire est appliquée. En dehors de la zone économique européenne, si votre pays d’accueil a signé une convention avec la France, une coordination est prévue. Chaque pays vous versera les droits à la retraite qui lui incombent.

Sans convention, aucune coordination n’est prévue et le salarié relève du droit social du pays où il a travaillé. Bien que vous soyez expatrié, vous pouvez continuer à cotiser de manière volontaire en France si vous souhaitez assurer une continuité de vos droits.

Le permis de conduire français : est reconnu dans tous les Etats membres de l’Union européenne (UE) ou de l’Espace économique européen (EEE). Cela n'est pas le cas dans le reste du monde, où il faut obtenir le permis local. Certains pays autorisent une période de transition pendant laquelle le permis français est reconnu, d'autres acceptent le permis de conduire international. Il convient donc de se renseigner auprès du consulat de France et/ou de l’autorité locale compétente pour savoir si votre permis de conduire est valable.

Les impôts

Avant toute chose, vous devez déterminer quelle est votre résidence fiscale.

Si votre domicile fiscal reste en France, vous êtes passible de l'impôt en France sur l'ensemble de vos revenus, y compris la rémunération de votre activité à l'étranger. C’est le cas si votre foyer (conjoint et enfants) reste en France, si vous exercez en France une activité professionnelle salariée ou non, sauf si elle est accessoire, ou si vous avez en France le centre de vos intérêts économiques (vos principaux investissements et revenus).

Lien utile : https://www.ufe.org/mes-impots

La scolarité des enfants

L’agence pour l’enseignement français à l’étranger vous sera d’une aide précieuse pour en savoir plus sur les établissements français de votre pays d’accueil. Elle gère un réseau de 535 établissements à programme français répartis dans 139 pays. Attention, ces établissements sont payants et la facture est généralement salée, autant pour les lycées français que pour les écoles internationales.

Il est également possible d’inscrire vos enfants dans des établissements locaux, notamment pour les plus jeunes. A Londres, Mathilde a fait ce choix pour son fils, en maternelle dans une école publique : « Cela lui a permis d’apprendre facilement l’anglais, explique la jeune maman. Et, pour moi, l’école a été un formidable moyen d’intégration. J’y ai rencontré beaucoup de familles de mon quartier ».

La mission laïque française est quant à elle une association s’occupant d’un vaste réseau d’écoles françaises liées par convention. Une trentaine d’écoles d’entreprises en fait partie, réparties en Europe, Afrique, Asie, Amérique latine et Amérique du nord.

Et les conjoint(e)s ?

D’après une enquête ECA International, 41 % des échecs en expatriation surviennent suite à des problèmes familiaux, liés à la carrière du conjoint notamment. Selon une étude réalisée par le Cabinet Settler International (filiale d’Europ Assistance), près de 3 couples sur 5 ne survivent pas à l’expatriation.

Cependant, selon une enquête menée en 2013 par la Maison des Français de l’Etranger et le Ministère des Affaires Etrangères, 69% des conjoints qui s’expatrient avec leur compagnon exercent également une activité professionnelle (une fois le problème des visas de travail résolu). Pour certain(e)s, l’expatriation peut même être l’occasion de se lancer dans un parcours complètement différent.

Lucie, qui a suivi son mari à San Francisco, a par exemple créé une marque de vêtements. « C’est le moment de faire des choses qu’on n’aurait jamais faites ailleurs, explique Mathilde, à Londres. Il ne faut pas avoir d’attentes trop précises mais être prêt à s’ouvrir aux opportunités qu’offre la vie à l’étranger ».

Voter à l'étranger

En 2012, les Français résidant hors de France ont pu voter à la fois pour le Président de la République mais aussi pour onze députés représentant les cinq continents (2 sièges pour l’Amérique, 2 sièges pour l’Afrique, 6 pour l’Europe et un pour l’Asie et le Moyen-Orient). 

Les Français résidant hors de France pouvaient jusqu’ici voter aux élections présidentielles en se rendant dans un bureau de vote ou en donnant procuration. Désormais ils pourront également voter via Internet ou par correspondance.

Depuis le 1er janvier 2019, le répertoire électoral unique (REU) est entré en vigueur. Les Français résidant à l’étranger ne peuvent plus être inscrits à la fois sur une liste électorale consulaire et sur la municipale. De ce fait, il est nécessaire de choisir la liste électorale sur laquelle on veut être inscrit. Sans démarche effectuée, les Français résidants à l’étranger seront maintenus sur la liste électorale consulaire. 

Témoignages et conseils

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Isabelle, au Sénégal : « Nous avons tout quitté pour ouvrir une chambre d’hôte »

« J’ai toujours pensé que j’étais faite pour bouger d’un endroit à un autre. Mon mari sentait qu’il était temps d’accomplir ses rêves et avait besoin d’un renouveau professionnel. Notre projet était très clair : quitter la France et notre mode de vie et entreprendre ensemble quelque chose que nous aimerions tous les deux !
Ouvrir une chambre d’hôtes nous enthousiasmait. Pour choisir la destination, nous avons fonctionné par élimination : nous cherchions un pays francophone, chaud, pas trop éloigné de la France et où l’on pouvait entreprendre à moindre coût. Rapidement, le Sénégal s’est imposé.

Après nous être documentés, nous sommes partis là-bas à deux reprises, à Dakar puis à Saint-Louis. Avant le grand départ, il a fallu attendre la vente de notre maison et de l’entreprise de Didier. Nous avons également vendu tout ce que nous avions, sauf nos tableaux. Nous avons acheté un terrain moins de trois mois après être arrivés. Un an après, Didier avait fini de construire la maison !

J’ai créé un site internet, développé nos outils de communication. Depuis notre installation, je suis fascinée par le nombre de personnes que nous rencontrons qui ont la même envie d’ailleurs et l’énergie de monter des projets laborieux quel que soit leur âge. J’éprouve surtout une profonde liberté et le sentiment de maîtriser ma vie. »

En savoir plus sur leur aventure :
http://sites.google.com/site/chambresdhotesniokobokk/

Vincent, à Sydney : « Le rêve australien existe ! »

« C'était la crise de l'emploi en France et j’avais envie de nouveauté, de défis mais aussi de remettre à zéro mon quotidien. J’ai donc profité de ma double nationalité franco-australienne pour partir m’installer à Sydney.

Un an et quelques mois plus tard, cette simple aventure est devenue mon futur. Pour mes premiers pas, j’ai eu la chance de dénicher tout de suite un métier sympa, dans un skateshop. Je m’occupe de leur site web et donne des cours de roller et de skateboard. Autour de moi, les étrangers ont eu bien du mal à décrocher des petits boulots, surtout s’ils parlent mal anglais. Certains ont dû rentrer en France.

Sydney est une ville cosmopolite et très ouverte. Il fait beau, je profite de la mer, de la vie culturelle, des grands espaces...Les gens sont très accessibles et la vie est plus facile. Oui, le rêve australien existe ! La seule difficulté que j’ai rencontrée : j’ai dû changer cinq fois de colocation lors de mes cinq premier mois ici... L’Australie est un continent à part. Sa culture, ses codes sont bien différents de ce que j’ai pu rencontrer dans d’autres pays. Il suffit de s’y acclimater. Le plus dur est peut-être de vivre si loin de la France. Le trajet est trop long pour revenir et les dix heures de décalage horaire compliquent les relations avec les proches. »

Anne, à Dallas avec quatre enfants : « L’expatriation soude la famille »

« Je reviens de quatre ans au Texas, où j’ai suivi mon mari envoyé là-bas par son entreprise. Ce départ a été l’occasion pour moi d’arrêter de travailler pour me consacrer à mes enfants. La vie à l’étranger, loin de notre entourage, a renforcé les liens de notre famille. Les enfants, inscrits dans des établissements américains, sont devenus bilingues !

Il y a beaucoup de Français à Dallas, nous avons donc rapidement été intégrés à cette communauté. Grâce à l’école et au voisinage, nous sommes quand même devenus amis avec des Texans. Il y avait toujours quelque chose à découvrir, nous n’avions jamais finis d’être surpris ! Le retour en France a été très dur...

Administrativement, nous ne rentrons dans aucune case, donc tout est compliqué. Je réalise que l’on s’adapte très vite : partir vivre à Dallas me paraissait impossible mais, quatre ans après, c’est l’idée de revenir en France qui me terrorisait ! »

Armelle, à Londres : « Malgré la concurrence, j’ai décroché un poste dans
une ONG ».

« Je suis d’abord partie à Londres dans le cadre des mes études. Les universités sont renommées et, dans mon secteur d’activité (développement international et ONG), il est essentiel de maîtriser l’anglais. Après mon stage de fin d’études, il a été difficile de trouver un emploi... Les places sont limitées et la concurrence très rude.

Le vrai obstacle a été le manque d’expérience. J’ai finalement réussi à être embauchée par une grande ONG ! A Londres, il y a toujours des endroits à découvrir, des quartiers extrêmement différents, des restaurants du monde entier. Les relations sont simples mais cela ne signifie pas qu’il soit facile de rencontrer des gens. 

J’apprécie mon immersion dans une autre culture, y compris au travail (moins de hiérarchie). Je vis en colocation avec des Néo-zélandais, des Irlandais...Je rentrerai probablement en France d’ici deux ou trois ans. Je n’imagine pas faire toute ma vie à Londres. Ce n’est pas une ville faite pour les familles, encore moins pour les mères de famille. »

Claire, aux Philippines : « Le volontariat est une excellente formule »

« Je suis attachée culturelle à l’ambassade de Manille, en tant que volontaire internationale. C’est une ambassade de taille moyenne, j’ai donc des responsabilités intéressantes. Il faut trouver des idées qui peuvent avoir un impact sur les artistes philippins et la société en général.

En tant que volontaire, je suis heureuse de voir que l’on me fait confiance, malgré mon âge. Via mon travail, je rencontre des Philippins, notamment dans le milieu artistique. Mais l’écart de niveau de vie entre expatriés et population locale est tel que ce n’est pas facile d’avoir des relations suivies...

Au sein de la communauté expatriée, j’ai noué des amitiés, notamment avec des Espagnols. Un détail pratique qui a son importance : grâce à mon salaire de volontaire (1700 euros), je vis très bien. Je peux me permettre de voyager fréquemment en Asie du Sud-est. Je pense qu’il faut être curieux pour se lancer dans un tel projet ».

Pour en savoir plus

Expatriation Liens utiles Clavier
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Conseils de Lecture

Guide de l'expatriation d’Elisabeth Blanchet. 

Ils sont partis vivre ailleurs de Sandrine Mercier et Michel Fonovich. 28 portraits d'expatriés dans le monde entier et un guide pratique par les fondateurs d'A/R Magazine.

Quelques clics utiles

Expatriation.com : le site des Français du monde avec de nombreux dossiers pour préparer et vivre son expatriation.

>Ministère des Affaires étrangères : la page "préparer son expatriation" du ministère des Affaires étrangères.

>MyExpatJob : site français dédié à l’emploi des expatriés et des profils internationaux, tous secteurs d’activité confondus. RHExpat est une société de conseil créée par des spécialistes de la mobilité internationale.

>HelloWorkplace : page sur l’expatriation avec de nombreux conseils et renseignements.

>La FIAFE (Fédération internationale des accueils français et francophones à l’étranger) est une association présente sur les cinq continents. Sa mission : faciliter l’adaptation de l’expatrié et de sa famille à l’étranger. Vous n’y rencontrerez que des compatriotes.

>Femme-expat.com est un portail très fourni sur ma mobilité internationale au féminin. Certaines parties du site sont réservées aux abonnés.

>Le site expatries.senat.fr est destiné aux Français de l'étranger qui veulent mieux connaître leurs représentants et à tous ceux qui cherchent des renseignements sur l'expatriation.

>Le site expatunited.com propose de mettre en relation les expatriés français à travers le monde. Il organise les "Rendez-vous de l'expatriation", des web conférences interactives, animées par des experts, sur des sujets liés à l'expatriation. On peut aussi y déposer des petites annonces (recherche d’emploi, de colocation…). 

Le Petit Journal est également une mine d’informations sur la vie d’expatrié.
>Teleport : site qui compare les niveaux de vie des expatriés dans différentes villes du monde (en anglais).

>A lire : une enquête sur la vie des expatriés.

>Le site du Ministère des affaires étrangères vous renseignera sur les conditions de sécurité de tous les pays. Cette base de données est mise à jour en temps réel selon les destinations. A consulter bien entendu pour les zones sensibles du globe.

La blogosphère des expatriés

Une chose est sûre : les expatriés aiment bloguer ! Il existe des centaines de blogs témoignant d’expériences à l’international, avec plus ou moins de talent. Certains regorgent d’informations pratiques !

Voici une petite sélection coup de cœur :

From Besançon to Philadelphia
Le blog d’un couple de Français installé dans le New Jersey. Leur quotidien mais aussi plein d’informations pratiques pour l’expatriation (coût de la vie, permis de conduire, logement, etc).

Expat.com
est un vaste site communautaire et d'entraide entre expatriés du monde entier. 

Le blog Allo Tokyo ? 
On y retrouve les nombreuses anecdotes de Nadège Fougeras, une Parisienne qui a mené, en famille, une vie d’expatriée au Japon pendant 3 ans. Son blog à succès est même devenu un ouvrage papier : Paris-Tokyo, Allo la Terre ?

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