Cirque de Mafate, Dos d'Ane - Ile de la Réunion
Cirque de Mafate, Dos d'Ane - Ile de la Réunion © Gael Fontaine - stock.adobe.com

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- Statut : territoire français d’outre-mer depuis le 19 mars 1946, doté d’un conseil régional et d’un conseil départemental (DROM).
- Superficie : 2 512 km², soit un territoire 3,5 fois plus petit que la Corse.
- Population : 881 000 habitants (2024), département français d’outre-mer le plus peuplé (plus que la Guadeloupe et Martinique réunies) ; 80 % vivent sur la côte.
- Chef-lieu : Saint-Denis.
- Monnaie : l'euro.
- Langues : le français et le créole principalement.
- Religions : catholique en majorité, musulmane et hindoue. 
- Signes particuliers : densité de 350 hab./km² (3 fois la moyenne nationale) ; le volcan actif le plus au sud de la France.
- Patrimoine culturel immatériel de l'Unesco : pitons, cirques et remparts inscrits en 2010 ; le maloya, un art traditionnel réunionnais mêlant chant, musique et danse, a été classé au Patrimoine mondial immatériel par l’Unesco en 2009.
- Patrimoine mondial de l'humanité : dans la foulée, la partie centrale de l’île a été classée, en 2010, au Patrimoine mondial de l’humanité pour ses « pitons, cirques et remparts ».

Économie

Une « région ultrapériphérique »

En 2023, La Réunion a célébré ses 40 ans en tant que région, mais, dans les couloirs de l’Union européenne, on en parle comme d’une des « régions ultrapériphériques » (RUP). Les experts de Bruxelles ont calculé que les DOM-TOM coûtaient à l’économie du pays 4 fois plus qu’ils ne lui rapportaient. Ce discours est connu, mais on oublie de préciser, car c’est plus difficilement quantifiable, ce que ces DOM-TOM « perfusés » apportent à la métropole :
- une immense zone de pêche : la France est très présente dans l’océan Indien et possède ainsi une zone d’exclusivité économique (ZEE) de plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés, plus grande que la France métropolitaine, et plus importante que la zone malgache. Une mine d’or que Paris... loue aux flottes étrangères. L’océan Indien est devenu un eldorado et La Réunion un passage obligé pour les gros bateaux de pêche ;
- un domaine maritime sous-marin de près de 11 millions de kilomètres carrés. La France occupe ainsi la 2e place mondiale après les États-Unis. Cela lui permet d’explorer et exploiter le sol et le sous-sol de cette zone ;
- une présence dans les 3 océans et une base pour l’armée ;
- une destination touristique où les Français peuvent « voyager très loin tout en restant chez eux » et un paradis pour les fonctionnaires puisque leurs salaires y sont très supérieurs à ceux de leurs collègues métropolitains.

Le télescopage social

À partir des années 1950, la société créole est passée d’une économie de plantation à la société de consommation en l’espace d’une génération. De 1970 à 2000, le solde migratoire a d’abord été négatif avec un départ massif des Réunionnais vers la métropole, avant de s’équilibrer, avec des retours au pays, l’arrivée des fonctionnaires, puis des investisseurs dans le tourisme.
Les sociologues parlent de société de télescopage entre le modèle créole et le modèle européen, avec une prise de conscience que vivre à l’occidentale n’a pas que de bons côtés. Malgré le soleil et les cocotiers, le taux de chômage avoisinait les 18 % en 2024; Ce taux historiquement bas pour La Réunion (24 % en 2022) reste évidemment préoccupant car il touche majoritairement les moins de 30 ans (33 %). Il traduit un réel mal de vivre chez les plus jeunes (environ 30 % des habitants ont moins de 20 ans, 52 % moins de 40 ans), confrontés à une démographie croissante et des emplois en baisse dans l’agriculture notamment. 26 % des Réunionnais de plus de 55 ans rencontrent des difficultés à l’écrit (10 % chez les 18-24 ans, contre 6 % en métropole). Et la moitié de la population active travaille pour l’État.
Malgré une apparente aisance générale (toute relative), une partie de la jeunesse paraît sans avenir. Le ras le bol d’une partie de la population a conduit au blocage de l’île pendant les manifestations des Gilets jaunes, dont les principales revendications portaient sur la vie chère. Certes, l’essence coûte moins cher à La Réunion qu’en métropole, mais les biens de consommation courante sont bien plus ruineux, jusqu’à 35 % en plus pour certains produits alimentaires !

La filière canne

La filière canne reste la principale source de revenus et d’emplois de l’agriculture réunionnaise. Plus de la moitié de la surface agricole utile est consacrée à sa culture, soit environ 23 000 ha et 3 000 planteurs. Or, si La Réunion est de loin la 1re région productrice d’Europe, la production de canne à sucre a chuté de 15 % sur la seule année 2024. D’autres produits de l’agriculture îlienne comme le litchi ont souffert aussi des effets d’une sécheresse inhabituelle, avant que le cyclone Garance ne maltraite, en février 2025, une partie de la production de canne à sucre et certains fruitiers.


Mais la filière doit aussi faire face à la concurrence du sucre venu d’autres pays, où la main-d’œuvre est moins chère. D’autant que le secteur est confronté à une diminution des surfaces agricoles de quelque 400 ha par an, en raison notamment de la démographie croissante. Au-delà des aides de l’État, l’heure est à la recherche scientifique : création de variétés à haut rendement et plus résistantes aux maladies, amélioration des performances énergétiques, etc. Le but : utiliser la matière à 100 %, notamment en produisant de l’électricité (on parle de « bagasse-énergie »).


Par ailleurs, les rhums et, plus récemment, les rhums arrangés, occupent désormais une bonne place dans les rayons des supermarchés de métropole, avec l’entreprise réunionnaise Isautier en tête de gondole, mais également Charrette (également réunionnais), Damoiseau (Guadeloupe), La Mauny (Martinique)...

Croissance et tourisme

L’économie réunionnaise vit sous perfusion, avec quelque 7 milliards d’euros de transferts de l’État et une balance très déséquilibrée : 7 milliards d’euros de biens importés contre 390 millions d’exportation. Une famille réunionnaise sur 5 vit des allocations familiales et, en 2024, 36 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté (15 % en métropole) selon l’INSEE. En fait, entre débrouille, petits boulots, aides sociales et vrais emplois (grâce au tourisme notamment), La Réunion se bricole en permanence un point d’équilibre...


Dans ce contexte, le tourisme est en 1re ligne. Si 43 % des visiteurs viennent à La Réunion pour des raisons familiales, le tourisme d’agrément (49 %) a pris le dessus ces dernières années avec une moyenne de séjour en augmentation constante, stabilisée autour de 18 jours en 2024. Et pas seulement chez les Français de métropole : l’île attire de plus en plus de touristes allemands, belges, mauriciens, chinois...


Pour dynamiser le tourisme, l’inscription de ses « pitons, cirques et remparts » au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2010 a eu un effet positif. Un tourisme vert et durable, axé sur la qualité, s’est mis en place, boosté également par la création d’une réserve naturelle marine et d’un parc national...


Les années d’après Covid se sont concrétisées par un très fort retour à la croissance pour l’activité touristique, avec environ 560 000 touristes extérieurs accueillis en 2024, engendrant 470 millions d’euros de recettes : un record en nombre de visiteurs (+ 10 000), mais des recettes en légère baisse (- 1,9 %). Plus de 8 visiteurs sur 10 viennent de l’Hexagone et pour la moitié d’entre eux, il s’agit de leur 1er séjour à la Réunion. Les touristes étrangers se répartissent entre une clientèle régionale de l’océan Indien (11,6 %), suivi des pays européens (5,8 %). En 2024 en revanche, les séjours de touristes réunionnais ont chuté de presque 16 % par rapport à 2023. Au final, le tourisme réunionnais affiche une santé de fer.

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