Nous décidons d’écourter notre expérience ici à Libreville au Gabon.
Les logements sont très chers et en état moyen.
Tout comme les voitures d’ailleurs qui sont hors de prix et très mal entretenus. Les coûts de garages sont inévitables car la bonne affaire n’existe pas.
Nous ne nous attendions pas à ce que les gens à Libreville ne sourient pas. Au début je pensais que c’était car nous étions Français, mais ici c’est normal d’etre mal accueilli dans un magasin ou au bar. On me l’a justifié en m’expliquant que sourire était une expression de faiblesse et que pour paraître important il valait mieux prendre les gens de haut. L’apparence que l’on dégage à une place très importante ici.
A cela s’ajoute un climat plutôt hostile envers les Français qui ont de plus en plus de mal à trouver un emploi sur place.
Il faut savoir que les coupures d eau sont fréquentes et celles d électricité encore plus. Plusieurs fois par jour. Sans électricité vous n’aurez pas d’eau. Bien qu on s’habitue à se doucher à la bouteille d eau (mon épouse est désespérée si c’est le jour du shampooing) Au delà de la lumière, c’est de ne pas pouvoir utiliser ni ventilateur ni climatiseur ce qui oblige parfois à dormir nu sur le carrelage pour trouver un peu de fraîcheur.
Pour les salariés qui peuvent s’offrir des logements au loyer parisien il y aura tout de même une cuve et un groupe électrogène qui les protégeront de ces désagréments.
La vie sur place n’est pas très intéressante, on ne peut pas se baigner à cause de la pollution, soit il fait trop chaud pour sortir, soit c’est le déluge, soit les moustiques vous dévorent sous peine de vous donner le palu…
Attention si vous êtes malades ici, car les soins à l’hôpital sont assez aléatoires. De notre côté nous avons déjà eu tres peur pour nos enfants. Surtout que le danger est très présent : pas de norme électrique, peu d hygiène (pas de savon dans les écoles locales), pas de trottoir ni de passage piéton avec des automobilistes qui vous frôlent vous insultent si vous ne les évitez pas, rouille, trous etc…
En terme d’activité il n’y rien à faire sauf si vous avez beaucoup de moyens. Marcher dans la rue est insupportable à cause des vieux moteurs Diesel qui fument, à cause de la boue, à cause des ordures qui jonchent le sol.
Pour les enfants c’est tres limité. Même les activités sportives sont plus là pour les occuper que pour vraiment leur transmettre des compétences.
On pensait pouvoir découvrir la faune et la flore mais le tourisme n’est pas développé. Lorsque des excursions sont possibles elles sont avec un rapport qualité/prix désastreux (très très très cher ou médiocre)
Les vols internationaux sont également très chers. Autant qu au départ de Paris. Le seul vrai intérêt est de partir à Sao Tomé qui est une destination exceptionnelle.
Les points positifs du Gabon sont la possibilité d’avoir une aide à domicile que les expatriés exploitent toujours plus. On ne compte plus les personnes qui nous ont reprochées de bien trop payer notre nounou lorsqu on lui laissait 15€ pour une soirée entière de garde d enfants.
Et le fait d’avoir vu des tortues Luth pondre sur la plage.
Pour les écoles primaires, c’est l’éducation à l’ancienne : punition voir humiliation en cas d échec. L’école gros bouquet 1 et 2 tente de former leurs enseignants à une approche plus bienveillante mais les habitudes sont difficiles à perdre et malheureusement les Gabonnais n’ont pas reçu la même formation que nous enseignants (s’ils en ont reçu une)
Pour le secondaire, les histoires autour du Lycee Blaise Pascal sont récurrentes, mais en tant qu enseignant là bas, mon droit de réserve m’interdit de détailler le naufrage de l’établissement et le niveau plutôt médiocre des élèves pour qui l’avenir tient plus à leur nom de famille qu à leur réussite scolaire.
Enfin, il faudra s’habituer au racket de la police qui vous invente des infractions et vous menace afin de vous soutirer régulièrement quelques dizaines d euros.
Et une situation politique incertaine.
Avec deux enfants il faut compter autour de 4500 euros par mois pour avoir un train de vie confortable. Mais il faut épargner pour les voyages à l’étranger nécessaires pour tenir sur la durée.
Je me mets à ta place, toi qui lis ces lignes, qui sans doute comme moi il y a quelques années pense que tu sauras surmonter la vie ici. J’insiste, renseigne toi bien, car vivre ici est un défi que nombreux regrettent d’avoir relevé.
Honnêtement, sans enfants, pourquoi pas si vous êtes dans une situation difficile actuellement, mais avec des enfants, ne leur faites pas ça, ne vous infligez pas ça…
Je prends le temps d’écrire ce post, car j’aurais aimé le lire il y a quelques années mais évidemment s’il y en a qui ne sont pas d’accord ils peuvent s’exprimer (soyez honnêtes sur votre situation familiale et vos revenus)