Retour sur 5 semaines Iguazu, Esteros del Ibera, NOA, Tupiza, Uyuni, SPA...

Forum Argentine

Eau, sel, sable et roches en 100% couleurs intenses - le carnet du voyage 2012

Bonjour,

Entre le 29 juillet et le 31 août 2012, nous sommes partis pour une boucle d’Iguazu en Argentine à Iguaçu au Brésil. Elle est passée par les Esteros del Ibera, Salta et ses environs, le sud de la Bolivie dont le salar d’Uyuni et les allentours de San Pedro de Atacama. L’essentiel de cette boucle d’environ 5 000km s’est fait en utilisant les transports en commun.

Ce fut un voyage marqué par de beaux paysages et quelques moments Wouaouhhh…

Ce carnet regroupe:

  • des informations pratiques par thèmes: dépenses, hôtels, nourriture, déplacements et divers
  • un journal de bord illustré de photos et de petits films

Encore merci à celles et à ceux ayant apportés leurs contributions à l’élaboration de ce périple…

Madikéra

Bonjour,

Dans les interrogations préparatoires reviennent souvent des questions sur le budget, les coûts, le niveau des dépenses…

Voilà un extrait de nos résultats, en matière d’argent et de dépenses.

Change ou retrait
Pendant toute la préparation du voyage s’est posé la question de savoir si nous allions fonctionner comme d’habitude - savoir à base de retraits - ou si nous allions emmener des espèces en grand nombre. En effet, un change parallèle, pas réellement légal, s’est développé un peu partout, aux dires des locaux forumeurs. Ce change pouvait offrir des taux jusqu’à 20% supérieur à l’officiel. Nous avons finalement opté pour “comme d’hab” avec une base espèces constituée par 1 000 euros et 1 000 dollars - notre réserve habituelle au cas où grèves, coupure de courant… Une des raisons en est notre volonté de ne pas encourager les pratiques illégales en changeant à la sauvette dans les rues.

Comme nous sommes peu allés dans les grandes villes, nous avons peu croisé de bureaux de change ou de changeur des rues. Dans certains endroits, nous avons voulu utiliser nos devises et elles n’intéressaient pas vraiment, en tous cas pas à un taux supérieur à l’officiel ! Donc sur notre voyage, il aurait été inutile de nous encombrer de plus de devises.

Taux de change moyen des retrait DAB, toutes charges et tous frais compris:
1 euro = 5,37 pesos argentins 1 euro = 8, 29 bolivianos boliviens
1 euro = pesos chiliens - pas de retrai DAB - au change 1 euro = 2,37 réals brésiliens
Taux de change moyen en change direct:
1 euro = 5,50 pesos argentins 1 euro = 7,8 bolivianos boliviens
1 euro = 594 pesos chiliens 1 euro = 2,40 réals brésiliens

A titre d’illustration, voilà ce que nous ont coûté 3 retraits de 1000 pesos à Salta les 21 ou 22 août 2012, dans la même banque.
Visa - BNP - sur place pas de frais supp prélevés par al banque argentine
176,59 + 8,12 (frais) = 184,71 euros
Gold MC - CA d’un département - sur place 18,46 pesos facturés
177,79 + 6,11 = 183,90 euros
MCard - CA d’un autre département - sur place 18,46 pesos facturés
177,79 + 7,02 = 184,81 euros
Donc, à cette période là, la Gold a coûté env. 1 euros de moins pour 1 000 pesos que les deux autres cartes.

Propina / Pourboire
Nos bases argentines 2012 furent les suivantes:

  • 10 pesos par jour pour la chambre, au-delà d’une nuit. Nous ne laissons rien pour une nuit.
  • Une base de 10/15 pesos pour un repas au resto. Nous n’arrivons toujours pas à comprendre pourquoi il faudrait que le pourboire soit proportionnel au coût du repas… Donc, nous faisons en fonction du service et non du montant. Le seul endroit où le pourboire fut calculé d’office fut à l’hôtel de SPA.
  • 2 pesos à l’aide bagagiste du bus, si ce n’est pas un employé officiel, pour les deux sacs. Si en début de voyage, il y avait peu d’insistance sur ce point, dès notre arrivée à Salta, nous avons senti un fort appel ! Nous avons même vu, à Tucuman, les chauffeurs de taxi ne pas descendre, au terminal et un aide sortir les valises du coffre et bien sûr… La somme propina/bus du voyage est loin d’être négligeable.
  • 1 peso quand on arrive à avoir des pièces pour les Madames-Pipi des toilettes publiques. Souvent, il n’y a pas de tarif imposé et dans la panière des billets de 2 ou de 5 sont rendus bien visibles pour inciter… La plupart des toilettes de terminaux de bus étaient payantes, sauf à Iguazu, Salta et d’autres petits terminaux.

Surtaxe étrangers
Comme en 2010, nous avons peu apprécié avoir à payer plus cher pour les entrées dans les parcs que les nationaux ou les Mercosur. Le touriste est pris pour une vache à lait, un peu trop à notre goût d’ailleurs !!!

Bonjour,

Mardi 31 juillet 2012 - Direction les cataratas

Le réveil (de la tablette numérique) sonne à 7h15. Notre première action est d’aller écarter le paréo/tissus à tout faire que nous avons pinces-à-lingés sur le rideau afin d’obscurcir la chambre. Pour l’instant difficile à dire, le ciel semble moins chargé que la veille et le soleil devrait arriver à poindre. Nous avons bon espoir…

Comme tous les matins, les classiques opérations douche/petit-déjeuner s’enchaînent. Un café, un jus, quelques tartines, une media-luna et il est l’heure de préparer le sac pour la journée. Nouveauté de l’année, nous avons apporté un petit thermos métallique pouvant garder du froid ou du chaud. Il sera quasimment tout le temps utilisé en mode froid. Afin de parfumer légèrement l’eau nous y glissons 2/3 Tic-Tac ou autres mentitas. Les chapeaux sont là, le produit solaire aussi, l’insecticide également, la trousse premier secours s’ajoute, évidemment les coupe-vent sont de la partie… Bref, cela donne un petits sac à dos bien chargé. En plus, il y a aussi l’appareil photo et le camescope. Nous sommes parés. comme le soleil s’est levé nous partons en pantalon léger et tee-shirt.

Le bus Rio Uruguay A/R pour les cataratas coûte 50 pesos par personne. Nous nous hissons dans celui de 9h20. Tout au long de la route, il y a des hôtels, un grand centre commercial, quasimment uniquement des activités à vocation touristique. A 9h50, nous sommes à la caisse avec 260 pesos de moins dans le porte-monnaie !

Dès le départ, nous étions d’accord pour ne guère avoir envie d’aller faire un tour en bateau et vivre la sensation de prendre une maxi-douche. Donc, aucune activité ne s’ajoute à notre panier.

Notre visite débute à 10h00. Depuis que nous avons décidé de venir aux chutes, je me demande jusqu’à quel point les choses ont changé en 26 ans. En 1986, il y avait peu d’infrastructures et du côté argentin je n’avais gardé que deux souvenirs: la longue passerelle pour aller à la Garganta del Diablo et surtout les affreuses bêbettes piquoutant tout au long de ce parcours et dont les morsures furent visibles et sensibles pendant des mois et des mois !

Choc dimensionnel !!!
Il y a une gigantesque zone d’accueil et des nouveaux sentiers, un petit train pour se déplacer… Le site n’a plus rien du côté naturel et sauvage de l’époque. Heureusement nous sommes en basse/moyenne saison et même si il y a du monde, cela n’a rien de foulesque et nous permet des instants solitaires.
Nous choisissons de commencer par la découverte du paseo superior. Pendant une heure, nous marchons le long des 650 mètres de passerelles avec l’impression, parfois, d’être au milieu des chutes. Nous clic-claquons et filmons en oubliant que nous sommes entourés de vapeur d’eau et qu’elle se dépose partout, y compris sur les objectifs !

Choc aquatique !!!
Que d’eau, que d’eau, que d’eau. En septembre 1986, il y en avait très peu et là il y en a presque trop. Presque trop, car nous sommes dans un nuage de vapeur et parfois il est impossible de voir le bas d’une chute. Le niveau de l’eau est régulé par le croisement entre les disponibilités et les besoins des barrages situés en amont des chutes.

Première rencontre animale: un magnifique oisieau à l’oeil coquin, un geai acahé.
Avant d’entamer le paseo inferior, nous passons par la zone de restauration rapide et prévoyons pour deux, soit deux sandwichs et un coca (40 pesos). Erreur car nous serons 3…

Nous mettrons deux heures à parcourir les 1 400 mètres du paseo inferior avec un stop déjeuner au milieu. Et là, un petit malin s’invite et me pique mon sandwich. Erreur de ma part je l’avis posé le temps de boire et il était en planque juste derrière. D’ailleurs, il aurait bien chippé l’autre et les petits gateaux cachés dans le sac à dos. Nous vous recommandons d’être prudent quand vous mangez car il y a plein de gourmands coatis partout autour de vous !

Au bout d’une heure, enfin, une lueur s’allume entre nos neurones et dit: “Il faudrait peut-être nettoyer les objectifs de temps en temps”. Nous mettrons sur le compte du long voyage pour venir jusque là le puissant ralentissement de nos vitesses neuronales. C’est quand même pas l’âge !

Petite déception, l’accès à l’île San Martin est fermé car il y a trop d’eau !!!
Nous avons très fortement apprécié ces deux sentiers car ils permettent une intimité avec cette nature froufroutante, glougloutante, mouillante, assourdissante… et tellement époustouflante.

Dernière étape, la première des Garganta del Diablo du voyage (première en ordre de visite et en magnificence), et c’est parti pour deux heures de “C’est toujours une des grandes merveilles de la nature”. Nous prenons le petit train à la station Cataratas. La passerelle a changé, elle est plus large et plus haute que celle de l’époque qui fut détruite en 1992 par de fortes innondations.

Les Dieux de la météo ont été sympas mais ils ont chargé la Garganta de réccupérer une obole. Je cherche un angle de prise de vue, je me penche au dessus de la barrière et je voie mes lunettes de soleil se déccrocher doucement de leur lanière et tomber dans l’eau. D’abord, elles flottent puis l’obole est acceptée et elles disparaissent. Bon, nous espérons que ce sera le seul prix à payer. Précision, il s’agit d’interprétations car les “Dieux” ne nous ont envoyé aucun message précis à ce sujet !!!

Nous sommes mouillés, presque trempés tant les embruns sont puissants mais très heureux d’être venu à la rencontre de cette nature puissante et nous montrant bien toute sa force. J’ai ressenti plus d’émotions fortes, avec ce côté argentin, qu’à mon premier passage.

Il y a plein de papillons partout mais pratiquement aucun n’accepte d’être figé en mon appareil.

A 17 heures, le bus de retour nous emmène pour trente minutes de trajet. Un stop par l’hôtel et une obligation à remplir: trouver de nouvelles lunettes. Il y a un opticien plus bas dans la rue et une paire me convenant à 680 pesos.

Et le dîner du soir ? Il nous reste une demie bouteille de Malbec et il est hors de question de dépenser 200 pesos tous les soirs. Donc, ce sera pizza de chez El Arbol Real à 66 pesos, achetée avant de rentrer à l’hôtel et dégustée dans la salle à manger. Nous avons aussi pris des alfajores et de l’eau pour 19 pesos. Bon petit dîner, presque at home. Vers 22h30, c’est dodo car demain nous entamons notre périple en bus.

Bonjour,
Nous allons partir une dizaine voire une quinzaine de jours dans la région de Salta et notre question se pose transports en commun ou voiture ? Notre souhait c’est de faire Salta cachi (la vallée calchaquies) Cafayate en visitant la quebrada de las conchas en remontant peut on s’arrêter facilement en bus ? Et au nord Jujuy, salinas grades, humahuaca, les transports en commun ou voiture ? merci

Bonjour,

Pour des raisons diverses, après avoir envisagé de parcourir cette région en voiture, nous avons opté pour les transports en commun + rémises + excursions.

Tous les grands points peuvent être reliés en transports en communs. Toutefois, les horaires peuvent être limités et donc contraignants. C’est pour cette raison que la majorité des voyageurs le pouvant optent pour une voiture individuelle.

Nous avons pu aller dans tous les endroits que nous avions envisagé dans notre prépa. Dans le carnet je viens d’arriver à Tilcara…

Madikéra

Merci j’ai lu votre carnet et j’attends avec impatience la suite … Avez vous visité le sud de Salta (Cafayate) ?? Une question me turlupine, pourquoi apporter 1000 euros et 1000 USD et pas 2000 euros ?? A quoi sert les USD ?

Bonjour,

Nous avons parcouru le sud de Salta: Cachi, Cafayate, Tafi del Valle et retour vers Iguaçu depuis Tucuman.

Même si de nombreuses personnes nous disaient que les euros étaient acceptés partout et que nous n’avions eu aucun souci avec en 2010, nous avions remarqué, en de précédents voyages en AdS, que les dollars sont souvent préférés. Donc, nous avons choisi d’avoir les deux devises.

Et en effet, en deux endroits on a largement préféré les dollars aux euros. Si nous n’avions eu que des euros, on nous les aurait probablement pris, après discussion.

Madikéra

Bonjour,

Exemple d’une journée de voyage autour de Tilcara - NOA
Mercredi 8 août - Montagne 7 couleurs rouge

Il fait 20° dans la chambre lorsque le réveil sonne à 7h15. La nuit la température extérieure est descendue jusqu’à 4° mais ouf nous étions bien au chaud. Nous entamons la journée avec un excellent petit déjeuner très complet avec œufs, yaourt, salade de fruits frais, quinoa…

La veille Luz a téléphoné au chauffeur de remise recommandé et il vient nous prendre à 9h20 - direction Purmamarca. Il nous avait proposé une extension au Salar Grande que nous avons refusée car cela aurait brusqué notre habituation à l’altitude puisqu’un passage à 5 000 mètres aurait eu lieu. Donc, si vous êtes sans voiture, vous pouvez y aller en remise avec Mario ou un autre chauffeur/guide.

Cinquante minutes plus tard, c’est l’entrée du village et le début d’une série de wouaouhh, multiples variés, colorés des 7 nuances de rouge, vert, ocre, beige… La polychromie ambiante amène à une polysymphonie gutturale !

Pendant environ une heure et demie nous parcourons le bourg et ses alentours. Nous fuyons la zone centrale car elle représente tout ce que nous détestons avec un marché artisanal vendant les mêmes objets “typiques” que partout dans toute cette zone de l’Amérique Latine ! Cependant avant toutes choses, les banos… ce sera idem après… Ils sont en bordure de place centrale.

Dommage, qu’ils aient construit si près du site. Cela lui enlève de son côté naturel, du moins sur la face en bordure du village. Tiens, une fresque que j’ai déjà vu quelque part… Allez, quelques photos en pensant à Kashtin et à ses bons conseils.
A 11h30, la Kangoo rouge prend la direction du sentier de Los Colorades, faisable à pieds par qui est en bon état de marche ! Une nouvelle production de Wouaouhhh sort de nos bouches, avec des variations vocabulistiques de haut niveau “C’est beau, c’est super beau, que c’est beau…” !!! Elles alternent avec des “Por favor, una parada para fotografiar”.

Cette région porte bien son nom de “cassée” ou quebrada. Elle pourrait aussi se nommer plissée, fracturée, érodée, remontée, encouchée, déstructurée… tant la Terre nous y montre sa puissance et sa capacité de mouvements.

Prochaine étape La Posta, avec un stop au musée de l’ancien relais, où une belle collection de malles et objets divers retrace la vie au temps des diligences. Notre coche des temps modernes nous dépose devant la posada à 13 heures et en repart avec 200 pesos.

Que faisons-nous pour le déjeuner ? Aucune envie de bouger, donc ce sera picanta et coca. Quand c’est bon pourquoi changer ?

Le ticket de la Pucara permet de visiter gratuitement le musée archéologique, voilà l’activité de l’après-midi. Une quarantaine de minutes au milieu de divers vestiges et en particulier de ceux d’origine Mochima que nous apprécions depuis le Pérou. Ce serait dommage de vous en priver… même si grrrr il est interdit de photographier.

Un petit tour de courses et achats divers, dont deux alfajores chez Al Molle (4 pesos chaque), s’effectue au rythme de vacances tranquilles. Il y a une athmosphère nous plaisant bien dans cette petite ville très tournée vers le tourisme. Cela nous conviendrait probablement moins s’il y avait plus de monde mais là c’est en nombre réduit que nous parcourons le coeur de ville. Il faut dire aussi qu’une cité nouvelle a été construite de l’autre côté de la route principale pour y loger les employés des diverses structures. Donc, Tilcara reste de taille réduite et visitable à pieds.

Ouh, vite, vite nous remontons (la rue est fortement en pente) nous changer et nous vêtir un peu plus chaudement car le vent commence à souffler frisquet. Et zou, nous redescendons la rue pour aller prendre une remise, à 17h45, sur la place principale, car la palette du peintre de Maimara est à son plus lumineux en fin de journée.

Un tour du village, un palettage (limite tardif même si les couleurs ressortent mieux qu’à nos précédents passages devant) et un coup d’œil sur San Martin avec son cheval, cela prend une petite heure et coûte 40 pesos. Belle zone nous ayant moins marqués que le naturel spectacle du matin.

Picanta ou pas ???
Ou pas, ce sera restaurant. Le très fortement recommandé El Patio est ouvert. La table vaut le détour. Nous avions envisagé un arrêt à la Pena de Carlitos, malheureusement elle est fermée le mercredi soir, on verra demain. Il y a très peu de monde en ville et dans les restaurants, cela confirme notre impression en journée.

Nous terminons la soirée, au coin du feu et devant les JO. La température externe est en baisse et la vigilance aussi donc direction le bon lit moelleux vers 23 heures. Mais avant de se coucher, il faut activer le plan “grand sec” pour tenter d’humidifier la pièce. Donc, je lave les sous-vêtements et tee-shirts du jour et les pend en proximité de la tête du lit. Nous humidifions des petites serviettes éponges pour les poser sur le haut de nos têtes, le vaporisateur est rempli et pschittt partout… Qu’est -ce que c’est désagréable tout ce sec !

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