Lundi.
Il a longtemps piétiné notre toit, et maintenant il nous nargue!
Ces petits singes vervets (green monkeys) étaient à l’origine des animaux de compagnie. Originaires d’Afrique de l’ouest, ils sont arrivés dans l’île au 17e siècle, en même temps que les esclaves.
Après le déluge désormais quotidien de 8h30, départ pour l’excursion du jour : la visite de la distillerie de St Nicholas Abbey, réservée hier sur Internet.
C’est lundi! Les embouteillages sont de retour sur les Highways . Nous mettrons 45 minutes.
Belle allée de majestueux mahoganys à l’arrivée.
St Nicholas Abbey : Rien à voir avec une abbaye, ni même dans le passé!
J’ai choisi le combo ( cher, 90 USD pp) : petit train jusqu’à Cherry Tree Hill et tour de la plantation, puis visite de la Résidence ( 1658, maison des planteurs, rdc seul), puis de la distillerie, avec dégustation.
Eviter le WE où la distillerie n’est pas en fonctionnement. Bon, apparemment le lundi non plus, car elle est en phase nettoyage aujourd’hui!
La propriété couvre 162ha.
Le train part à 10h, il faut arriver au moins 20 minutes avant. Tout à côté de la gare, il y a des toilettes, et puis, en face, le café de la gare, ainsi qu’une boutique de souvenirs et un petit snack. Pas de boissons ni grignotage dans le train.
Nous saluons le conducteur, Jimmy, très souriant, ainsi qu’une femme guide qui s’avèrera un véritable moulin à paroles. Un de plus! 
Et son micro ne tombera pas en panne.
Je pense que les guides ont la phobie du vide…
La gare occupe un très joli site arboré et fleuri, un peu à l’extérieur de la distillerie et de la grande maison.
Au mur, des panneaux explicatifs et de vieilles photos racontent l’histoire de la propriété et celle d’anciennes lignes de chemin de fer qui allaient jusqu’à la côte. On acheminait en train les tonneaux de rhum jusqu’au port de Bridgetown.
Le train passait près de Bathsheba et il reste même de nos jours un sentier de randonnée qui emprunte un morceau de l’ancien tracé!
Le petit train traverse l’immense plantation, un moteur diesel a remplacé la locomotive à vapeur de jadis.
Trois wagons accueillent les passagers (évitez le premier à cause des gaz d’échappement!).
Que dire de cet épisode?
Les paysages sont beaux, c’est sympa, on vous emmène jusqu’à Cherry Hill d’où on peut contempler un superbe panorama sur l’océan.
A Cherry Hill (où il n’y a plus de cerisiers depuis longtemps!), des passagers aident à retourner la locomotive en vue du trajet retour.
A Cherry Hill, un stop de 20 minutes est prévu, il faut bien faire plaisir aux marchands de souvenirs qui attendent les touristes. Les prix sont… américains!
Cherry Hill, l’envers du décor!
On fait ensuite des détours dans la plantation, à travers des zones sans intérêt …
Sauf si vous êtes vraiment fan de trains, vous finissez par trouver le trajet total un peu long!
Mais les enfants sont contents, le train a fait “chou-tchou”.
Deuxième volet : “The Great House”.
La maison des planteurs (1658) est majestueuse, un bâtiment exceptionnel, de style jacobéen ( grande facade avec ses pignons à volutes). On y entre par un portique à triple arcades qui fut rajouté au 18e siècle.
A l’intérieur, seul le rez-de-chaussée se visite.
Le mobilier d’époque est magnifique. Salon avec boiseries de cèdre et lustre couvert de coquillages (mais oui!), salle à manger avec meubles d’époque, beaucoup en mahogany, quelques Chippendale et superbe vaisselle de porcelaine Coalport …
Intéressant, mais dans un groupe de 35 personnes ça perd son charme.
Nous nous évadons et poursuivons seuls!
Le fauteuil (1936) est un “Burlington Gentleman’s Chair” multifonctions, une curiosité.
Dans l’escalier, la pendule occupe la même place depuis… 1759!
Sortons . Ce passage mène aux cuisines, à la boutique, à la terrasse “restaurant”, et, plus loin, à la distillerie.
De celle-ci, on ne peut voir que la pièce vedette, magnifique alambic/colonne de distillation en cuivre, appelé “Annabelle”. On admire.
St Nicholas Abbey est une distillerie à petite production qui s’est positionnée dans le “fait main” et haut de gamme.
La seule qui fait du rhum à partir de jus de canne, et non de mélasse. Les cannes sont broyées à la main, les bouteilles (très belles) sont remplies à la main, les étiquettes sont collées à la main… De la haute Couture, quoi!
Bien sûr, on termine par la dégustation! Limitée, tout de même!
Le rhum est excellent. Mais cher!
Nous ne déjeunerons pas ici, le service restaurant est très mal organisé et l’attente semble interminable.
Nous nous dépannerons avec une méchante part de pizza au snack de la gare… 
Mon bilan de l’excursion : Nous ne regrettons pas cette visite, ce fut très intéressant, mais ça ne vaut pas le prix payé.
A refaire, je conseillerais de se limiter au combiné Great House + distillerie avec dégustation (35 USD), en visitant seuls, tranquillement!
Le train peut être réservé aux amateurs, petits et grands.
En effet, on atteint facilement en voiture le site de Cherry Hill, où on peut se garer pour admirer le paysage.
On peut ensuite redescendre en direction de Morgan Lewis Sugar Mill, le dernier moulin à vent de l’île, datant de 1674, qui ne fonctionne plus car le vent a arraché ses voiles.
Pour info, les blocs de pierre du bâtiment sont fixés par un mélange … de blanc d’oeuf et de poussière de corail!
Il fallait 12 esclaves pour manoeuvrer la grosse poutre qui servait à positionner le sommet en fonction du vent.
Fermé aujourd’hui, il semblerait qu’on ne le visite plus…
A suivre…