Le meilleur de La Réunion

07 janvier 2026

Dans l’océan Indien, à deux encablures du tropique du Capricorne, l’île de La Réunion convoque sur ses hautes pentes un concentré de rêveries exotiques. Un volcan aux jaillissements incandescents, de merveilleux cirques à découvrir à pied, en aqua-randonnées et en voiture, des lagons recélant une collection de poissons en technicolor….
La Réunion conjugue aussi une nature généreuse à une population métissée d’une incroyable gentillesse. Une destination à la chouette douceur de vivre, dont on vous invite à découvrir nos coups de cœur !



Les volcans de La Réunion

Le volcanisme est l’alpha et l’oméga de La Réunion, île constituée à l’origine autour du piton des Neiges. Haut de 3 070 m, il constitue un terrain de jeu privilégié des excursionnistes en tout genre qui, au prix d’une bonne suée, s’offrent depuis son sommet le plus beau lever de soleil qui soit !
Le panorama est fantastique : les cirques de Cilaos et de Salazie, les plaines des Cafres et des Palmistes, les sommets voisins. Cette rando nécessite une bonne condition physique (dénivelée de 1 700 m). Possible de la faire en une journée en partant très tôt de Cilaos avec une lampe de poche.

Si depuis 12 000 ans le piton des Neiges est ensommeillé, le piton de La Fournaise (2 632 m) est surveillé de près par les scientifiques. Sa spécificité : un cratère fermé côté terre par un enclos de hauts sommets. La lave s’écoule donc toujours en direction de l’océan.
On approche sans difficulté le cratère. Une longue route en lacets gravit son flanc occidental jusqu’à une singularité géologique : la plaine des Sables. Ce no man’s land minéral semble tout droit débarqué de la lune tant le paysage y paraît âpre et hostile. Au-delà, une piste carrossable de 4 km rejoint le bord de l’enclos volcanique au pas de Bellecombe.
Un ensemble de belvédères permet d’y apprécier le cratère. Avec l’aide très conseillée d’un guide (le brouillard qui s’abat sans prévenir peut rendre cette rando dangereuse), les plus hardis descendront dans l’enclos pour rejoindre à pied et gravir la bouche du piton : séquence émotion !

Pour prendre toute la mesure de la puissance naturelle du volcanisme, il faut aussi parcourir la côte sauvage entre Saint-Philippe et Sainte-Rose. On y observe d’incroyables coulées de lave noires. Venues du cratère, elles dévalent la pente sur une dizaine de kilomètres avant de s’abîmer dans les flots. Amusant, certaines d’entre elles gagnent sur l’océan, se figent et agrandissent, de fait, la surface de l’île (et donc du territoire national !).
Le point d’orgue de ce versant du volcan est sans conteste Notre-Dame des Laves, église miraculée de Piton-Sainte-Rose : en 1977, la lave s’y est engouffrée par le portail avant de se figer quelques mètres plus loin, dans la nef, comme par miracle.

Ce pan volcanique de l’île ne serait pas complet sans évoquer l’exploration des tunnels de lave. Une activité dans laquelle La Réunion fut pionnière dès les années 2000, avant d’inspirer d’autres pays. Cette expérience est un must à ne pas manquer, à la lumière falote d’une lampe frontale, parfois à quatre pattes lorsque le tunnel se fait boyau. Une plongée inoubliable dans les entrailles basaltiques de cette fille de Vulcain !
Adossée à une muséographie moderne et ludique, la Cité du Volcan propose un excellent résumé du volcanisme en général et des spécificités liées à l’île de La Réunion.
Côte Ouest de La Réunion : lagons, couleurs et cétacés

L’ouest de La Réunion s’enorgueillit de quelques zones de baignade et de plongée de toute beauté. Une barrière de corail court sur six kilomètres au sud du port de Saint-Gilles et une seconde sur quatre kilomètres à Saint-Pierre.
Entre cocotiers et océan, les eaux peu profondes de ces lagons naturels rassurent les parents et leur température convient aux plus frileux. Dans ces eaux claires et riches, s’ébattent des poissons de toutes tailles aux couleurs chatoyantes : raie pastenague, poissons anges, napoléons, flûtes, chirurgiens, sans oublier la tortue marine.
Un sentier sous-marin permet, depuis la plage de l’Hermitage, de découvrir cet écosystème qui peine malheureusement à préserver ses jardins de coraux.
D’autres expériences agrémentent aussi le quotidien du littoral, de la balade en kayak au bateau à fond de verre. Et même, plus original, des activités de dessin sous l’eau pour enfants !

La côte ouest regorge aussi de spots de plongée en bouteille, pour aller taquiner la réserve marine de La Réunion par le fond. L’observation de la faune et de la flore sous-marine s’y révèle riche, de Saint-Gilles à Saint-Pierre.
Les plus téméraires partiront à la rencontre des cétacés (baleine de juillet à octobre, dauphins toute l’année). Une expérience particulièrement intense : immergé dans le grand bleu (65 m de fond !), on assiste béat à un magnifique balai aquatique de dauphins virevoltants ou de baleines.
Hors des lagons, la baignade est très strictement règlementée, du fait d’attaques de squales survenues dans les années 2010. Des filets anti-requins sécurisent certaines plages. Des patrouilles aquatiques surveillent les spots de surfs. Autant se renseigner avant de piquer une tête !
Les cirques et les cascades de La Réunion

Petit retour en arrière sur l’activité du piton des Neiges. De gigantesques effondrements de ses flancs survenus lorsqu’il était actif, puis l’érosion XXL due aux pluies tropicales, ont forgé à l’île une âme magnifique en cédant à l’Humanité un patrimoine de trois magnifiques cirques volcaniques.

L’Unesco les a d’ailleurs inscrits sur sa liste des « merveilles du monde ». Mafate, Cilaos et Salazie marquent ainsi le cœur de l’île de leur empreinte originale de trèfle. À savourer à pied sur une infinité de chemins de randonnée, en voiture au gré de routes plus magnifiques les unes que les autres, et même, pour les plus aventuriers, en randonnée aquatique, de cascades en défilés étroits.
Les cirques de Cilaos et Salazie sont « faciles » d’accès en voiture pour qui ne rechigne pas à emprunter des routes en lacets. Mafate, elle, ne s’ouvre qu’aux randonneurs. À la clef, une chouette impression de s’approprier des trésors secrets !
Comme les cirques, les cascades comptent parmi les merveilles naturelles les plus spectaculaires de La Réunion, à commencer par les splendides Cascade Blanche (640 m !) et le Voile de la Mariée qui se déploient le long de la végétation luxuriante du cirque de Salazie. Parmi les autres chutes d’eau impressionnantes : celles des vertigineuses gorges de Takamaka, celles du Trou de Fer (725 m de dénivelé), à proximité de Salazie, ou la cascade de Grand Bassin, au pied de laquelle on peut se baigner.
Patrimoine réunionnais : une architecture à la sauce créole

Oublions certaines erreurs architecturales qui dénaturent le paysage, en particulier dans la bande littorale allant de Saint-Denis à Saint-Pierre. De nombreuses maisons ont su entretenir un style dit colonial où les couleurs acidulées, les dentelles de bois, les gloriettes à la sauce boucané font merveille.
Il suffit pour s’en convaincre de parcourir le vieux carré créole à Saint-Denis, autour de la rue de Paris bordée de maisons créoles rivalisant d’élégance. Pas moins de 61 édifices y ont été classés.

Sur les hauts, on pourra également visiter le domaine Beaubassin, chargé d’histoire autour de sa chic villa du XIXe s. S’il n’était fermé une partie de 2026, on parlerait volontiers du musée de Villèle, autour de la magnifique propriété des Panon-Desbassayns à Saint-Gilles.
À défaut, le centre de Saint-Pierre préserve aussi quelques jolies villas devancées de galeries à fines colonnes, à la toiture soulignée de délicats lambrequins.
On retrouve ce même raffinement au plus profond des cirques, à Cilaos mais encore plus à Hell-Bourg (dans le cirque de Salazie)… entre autres à la maison Folio.
Spécifique à l’architecture réunionnaise, le guétali est un kiosque à moucharabieh posé en limite du parc des demeures les plus nobles, pour se reposer au frais tout en épiant la rue bien à l’abri. Littéralement, « guette a li » signifie « épie-le ».
Le melting-pot réunionnais : une mosaïque d’une grande richesse

La population réunionnaise est issue de trois continents, dans des proportions joliment équilibrées. Un gros tiers d’Africains, un petit tiers d’Européens et un tiers d’Asiatiques. Avant l’arrivée des navigateurs, au XVIe s, l’île était inhabitée. On parle de « peuplement » plutôt que de colonisation, même si tous, les esclaves en particulier, n’ont pas vraiment choisi de venir ici !
Le résultat d’une telle diversité est une étonnante ouverture à l’autre. On n’est ni noir ni blanc, ni chrétien ni musulman, mais tout cela à la fois, sous un dénominateur commun : on est créole avant tout !
À Saint-Denis comme à Saint-Pierre, les minarets des mosquées pointent aux côtés des clochers d’églises, non loin des façades surchargées et multicolores des temples hindouistes. Appel du muezzin, tintement de cloches d'églises et tintinnabulements de ghantas y cohabitent pacifiquement.

Ici, les Yabs, descendants des Français, Espagnols, Portugais, Anglais ou Hollandais qui naviguaient dans ces eaux dès le XVIe s, côtoient les Malbars, venus comme esclaves de la côte Malabar dès le XVIIe s, et les descendants des Cafres, esclaves de Zanzibar, du Mozambique ou de Madagascar.
Sans oublier les Sinoi, dont les lointains ancêtres de la communauté chinoise malaise ont débarqué au XIXe s comme commerçants, et les « Métros » ou « Z’oreilles », les touristes ou travailleurs de la France métropolitaine !
Cette étonnante diversité inspire des spécialités culinaires créoles tout aussi syncrétiques : caris et samoussas aux accents indiens, bouchons tirés des raviolis chinois, macatias d’origine africaine, pâtés créoles inspirés des tourtes françaises, etc.
Le terme « z’arabes » qualifie indistinctement tous les musulmans. Débarqués sur l’île pour beaucoup depuis le Gujarat (Inde) au milieu du XIXe s, à la fin de l’esclavage, les créoles les ont ainsi baptisés de façon simpliste : le terme est resté.
Les produits et les saveurs de La Réunion

De nature volcanique, le sol réunionnais affiche sa fertilité, des terres littorales jusqu’aux hauts plateaux de l’intérieur. Le climat tropical aidant, l’île bénéficie d’une agriculture diversifiée, pointée de quelques spécificités à ne pas manquer. D’autant que l’agritourisme plonge ici ses racines dans la tradition d’accueil à la réunionnaise.
De nombreuses exploitations s’ouvrent donc à la visite, pour le plus grand plaisir des autochtones venus s’approprier une partie de leur patrimoine vert, ou de touristes en quête de découverte de ce riche terroir exotique.

Parler de l’île Bourbon c’est évoquer, évidemment, la célèbre vanille. Si cette orchidée prisée des pâtissiers trouve son origine en Amérique centrale, c’est bien ici qu’un jeune esclave affranchi lui a donné ses lettres de noblesse. En 1841, Edmond Albius a découvert les secrets de la pollinisation artificielle de cette plante, ouvrant la voie à son exploitation.
On visite aujourd’hui de nombreuses petites plantations de vanille sur la côte sauvage. Plus au nord-est, la coopérative Provanille de Bras-Panon offre un bon résumé de la culture et de la transformation de cette gousse suave.

Autre star de l’île, le café bourbon. D’une jolie délicatesse au goût, ce café présente la particularité d’être peu chargé en caféine. À découvrir dans les environs de Saint-Pierre, entre autres à l’admirable Domaine du café grillé. Or, qui dit café, dit souvent sucre... Les pentes du littoral comptent des hectares de plantations de canne à sucre. Les becs à sucre visiteront ainsi l’immense sucrerie Gol de Saint-Louis.

Les amateurs de rhum feront converger leurs chemins vers La saga du rhum à Saint-Pierre ou à la distillerie Savanna à Saint-André. Dégustation à la clef. Et n’oublions pas le rhum arrangé, un mélange de rhum traditionnel et de fruits qu’on laisse macérer de 6 mois à 2 ans avec le faham, une orchidée sauvage. Effet garanti !
Pour le vin, direction le chais de Cilaos dans le cirque du même nom. De nombreuses autres exploitations proposent d’intéressantes visites : du Labyrinthe En Champ Thé de Grand-Coude à la Maison du curcuma (tél : 02-62-37-54-66) de La Plaine des Grègues en passant par des exploitations en polyculture comme Far Far Bezave (Por : 06-92-19-97-93) qui cultive sa diversité autour du vétiver, de l’ananas, du gingembre, des agrumes…
Ne manquez pas les marchés en plein air hauts en couleur, comme ceux de Saint-Paul ou de Saint-Pierre. Le marché de Saint-Paul se tient le ven tte la journée et le sam mat, celui de Saint-Pierre le sam mat
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