Les villes saintes

05 janvier 2012

Berceaux de religions, lieux de pèlerinages, les villes saintes fascinent.
Les religions les ont déclarées saintes en raison de leur emplacement géographique, parce que les textes ou la croyance voient dans leur création un événement placé sous le signe du Très-Haut, parce qu’elles ont ou auraient été le lieu de passage d’un glorieux personnage, ou encore le théâtre d’événements fondateurs d’une confession.
La ville sainte est par définition un lieu de dévotion, parfois de pèlerinage, mais pas seulement. Elle est aussi une destination culturelle par excellence : un lieu d’histoire et de mémoire propre à toucher tout un chacun. Tour d’horizon de cités au parfum d’éternité.
Voir aussi le dossier sur le tourisme religieux
Jérusalem - Israël

Jérusalem, dite « trois fois sainte », l’est pour les juifs, les catholiques et les musulmans. Pour les juifs, elle fut la capitale du roi David, abrita le Temple de Salomon, puis le Second Temple après le retour d’exil à Babylone, et devint la capitale du royaume hasmonéen, premier État juif de l’histoire. Pour les chrétiens, Jérusalem fut le théâtre d’événements majeurs : Cène, crucifixion et Résurrection. Le prophète Mahomet encourageait enfin les musulmans à prier en se tournant vers Jérusalem, en hommage à Abraham. Les musulmans attendent le retour de Mahomet sur le Dôme du Rocher, où s’élève la mosquée al-Aqsa.
On distingue trois sites religieux majeurs. C’est sur le Mur des Lamentations que les juifs ont pleuré la destruction du Second Temple dont il est un vestige. Ce Mur soutient le mont sur lequel se dresse le Dôme du Rocher, un lieu sacré pour les juifs (scène du sacrifice avorté d’Isaac) et les musulmans (Mahomet y aurait reçu les cinq prières quotidiennes et de là aurait visité les sept cieux). Enfin, la basilique du Saint-Sépulcre est un site sacré pour les chrétiens, érigée sur le site du Calvaire où Jésus aurait vécu la Passion.
On ne manquera pas non plus le très réputé musée d’Israël, qui recèle les manuscrits de la mer Morte et un livre d’Isaïe.
Jérusalem provoque chez certains le syndrome homonyme, équivalent du syndrome de Stendhal, une maladie provoquée par une émotion intense, se caractérisant par des troubles somatiques et/ou des crises de panique. Diantre !
Consulter notre fiche Israël et les photos de Jérusalem
Bethléem - Territoires palestiniens

Bethléem est située en Cisjordanie, en Palestine, au cœur du désert de Judée. Elle est pour les catholiques le lieu de naissance de Jésus. Selon deux Évangiles (mais pas les historiens), Jésus serait né en ces terres judéennes.
Bethléem abrite en premier lieu le tombeau de Rachel, qui perdit la vie en la donnant à Benjamin. Un lieu saint pour les juifs, mais aussi pour les catholiques. Alors que les Hébreux partaient en exil suite au renversement de Jérusalem par le roi de Babylone Nabuchodonosor (-587), la matriarche reposant sur cette terre leur serait apparue pour leur promettre leur retour.
À Bethléem se trouve aussi la basilique de la Nativité, construite par Constantin, et la grotte du lait, dans laquelle Marie se serait arrêtée pour donner le sein lors de la fuite en Égypte. La tradition attribue à ces lieux des vertus propres à favoriser la fertilité des femmes (de même que le tombeau de Rachel) et leur lactation. On visite également à Bethléem l’église Sainte-Catherine, où saint Jérôme traduisit la Bible en latin (Vulgate).
Il est fascinant d’assister à une célébration religieuse sur les lieux du berceau du judaïsme. À Noël, les rues pittoresques de Bethléem s’illuminent sous les feux du firmament. Le féerique marché de Noël embrase Star Street et le spectacle de la Nativité au musée de la Crèche donne des frissons. Ciel, que d’émotions !
Attention, la visite de Bethléem depuis Jérusalem débute à un checkpoint, signe d’une tension palpable dans les territoires palestiniens occupés.
Rome et le Vatican - Italie

Rome est un haut-lieu du catholicisme puisqu’elle accueille en son sein le Vatican. Ce minuscule État enclavé a tout d’un grand : il frappe sa monnaie, émet ses timbres, possède des ambassades et même une station de radio.
Le Vatican s’ouvre sur la place Saint-Pierre, qui tend ses bras au visiteur en l’accueillant entre deux rangées de colonnades. C’est au Bernin que l’on doit ce chef-d’œuvre d’harmonie. Le calendrier est marqué par des bénédictions urbi et orbi (« à la ville et à l’univers »), données par le pape depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre lors des célébrations majeures du catholicisme, Pâques et Noël.
Le Vatican, c’est bien sûr la basilique Saint-Pierre, la plus grande du monde ! À l’intérieur, une symphonie de marbres polychromes attend le visiteur déambulant tel un lilliputien entre des œuvres colossales : Pietà de Michel-Ange, baldaquin baroque du maître-autel, monuments funéraires de papes… Ceux qui n’ont pas le vertige des grandeurs pousseront la visite jusqu’à la coupole de Bramante. Dieu que c’est beau ! Mais avis aux claustrophobes : les couloirs sont (presque) aussi étroits que le trou d’une aiguille.
On ne manquera pas la visite des musées du Vatican, véritable manne artistique, célèbre tant pour ses œuvres à caractère religieux (chapelle Sixtine, chambres de Raphaël, tapisseries du Cinquecento…) que pour ses collections d’art profane (antiquités, peintures italiennes, cartes géographiques…). L’amateur d’art est promis à de divins moments.
Consulter notre fiche Rome et les photos du Vatican.
Découvrer nos 10 coups de coeur à Rome.
La Mecque - Arabie saoudite

La Mecque est la ville la plus sacrée de l’islam. Le pèlerinage à La Mecque (Hadj) est l’un des cinq piliers de l’islam, avec la profession de foi, les cinq prières quotidiennes, l’aumône et le jeûne du ramadan. S’il en a les moyens, tout musulman doit faire ce pèlerinage au moins une fois dans sa vie.
Au fait, pourquoi La Mecque ? Selon la tradition, elle serait la ville natale de Mahomet. Mais c’est surtout le site de la Kaaba (le « cube »), cœur du sanctuaire, qui la rend si sacrée aux yeux des musulmans. Cette construction parallélépipédique trônant au centre de la Mosquée sacrée (Masjid al-Haram) a succédé à un monument érigé, selon les versions, par Adam, ce qui en ferait donc la première construction sur terre, ou plus tardivement par Abraham. La Pierre noire enchâssée dans un mur de la Kaaba, qui serait un don de l’archange Gabriel à Abraham, est un objet de vénération. La Kaaba, symbole d’unité, célèbre le monothéisme. C’est vers cette construction que se tournent tous les musulmans du monde lors de leurs prières.
Pour « valider » le Hadj, le pèlerin doit se soumettre à un certain nombre de rituels : prière à l’intérieur de la Mosquée Sacrée, sept rondes autour de la Kaaba (« circumambulation »), cérémonie de la lapidation de Satan…
Détail important : l’accès à La Mecque comme à Médine, considérées comme des villes à vocation purement religieuse, est strictement (on a bien dit strictement) interdit aux non-musulmans. L’Arabie Saoudite ne délivre pas de visa de tourisme.
Médine - Arabie saoudite

C’est à Médine que Mahomet s’exila en 622, victime de l’opposition grandissante des marchands de La Mecque. Ça ne vous rappelle pas un certain Jésus en proie à quelques désaccords de forme avec les marchands du Temple de Jérusalem ?
Quoi qu’il en soit, c’est ainsi que Médine devint la deuxième ville sainte de l’islam. Elle abrite la Mosquée du Prophète (Masjid al-Nabawi) où se trouve le tombeau de Mahomet. C’est le prophète qui ordonna la construction de la mosquée, initialement tournée en direction de Jérusalem avant d’être réorientée vers La Mecque lorsque la qibla (direction de la prière) fut modifiée. C’est une destination de pèlerinage majeure pour le Hadj ou pour un Umrah (« pèlerinage mineur »).
La mosquée de Quba, à quelques kilomètres de Médine, est tout simplement la première mosquée de l’histoire de l’islam, construite elle aussi par Mahomet en exil. Selon la tradition millénaire, Mahomet avait laissé errer son chameau, persuadé que la monture saurait désigner l’endroit propice à la prière. Lorsque celle-ci s’agenouilla, Mahomet était sûr qu’il avait trouvé l’emplacement du futur lieu de culte ! Depuis, la ferveur religieuse ne se dissipe pas sur cette terre que l’auguste camélidé rendit sacrée.
Cependant, cette vague de piété reste dans le domaine de l’imaginaire pour les non-musulmans. L’entrée dans Médine comme dans La Mecque leur est en effet interdite. On ne pénètre dans ces périmètres sacrés par excellence que dûment muni d’un visa pour un pèlerinage.
Bodhgaya - Inde

Ce village niché au creux de la fertile plaine du Bihar est un haut lieu du bouddhisme. C’est ici que le prince népalais Siddharta Gautama reçut l’Illumination à l’ombre d’un figuier, devenant ainsi bouddha (« illuminé »), libéré du cycle des réincarnations.
Moines et pèlerins affluent, principalement du Tibet. Le dalaï-lama se rend chaque année à Bodhgaya en visite officielle, généralement en janvier. Grosse affluence en perspective ! Toujours au chapitre des fêtes, Bodghaya est un lieu de prédilection pour la célébration de Buddha Jayanti (ou Buddha Purnima) , l’anniversaire du Bouddha, la plus importante fête du calendrier bouddhiste (date variable, prochain rendez-vous le 17 mai 2011).
Bouddhiste ou non, on va à Bodhgaya pour s’imprégner de l’atmosphère du Mahabodhi Temple (« temple du Grand Éveil »), lieu le plus sacré de vénération du Bouddha, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il renferme dans une structure pyramidale un fourmillement de stèles et de stupas.
À côté du Mahabodhi Temple trône l’arbre de la Bodhi ou Arbre sacré. Cet illustre végétal est vénéré comme le lieu historique de l’Illumination. Bonzes et pèlerins s’allongent aujourd’hui encore à l’ombre de son feuillage.
Bodhgaya regorge enfin d’un nombre de monastères impressionnant au regard de la taille du village. On notera les spécificités architecturales et culturelles des monastères des communautés monastiques tibétaine, thaïlandaise, birmane, japonaise… Un joli panorama de l’art bouddhiste.
Consulter notre fiche Inde et les photos de Bodhgaya.
Varanasi (Bénarès) - Inde

Varanasi (Bénarès) est la première ville sainte de l’hindouisme. Les hindous viennent par milliers mourir à Bénarès dans l’espoir de se libérer du cycle des réincarnations. Des palais de maharajahs à l’abandon se dressent face à une rive vierge de toute construction, dessinant une image qui n’est pas sans rappeler le Styx des livres de mythologie.
Les maisons du Chowk, le quartier ancien, s’entassent derrière les ghâts. On croise dans ce labyrinthe de ruelles des familles en chemin pour le crématoire, portant un corps recouvert d’un drap. Le Golden Temple, jalousement dissimulé dans ce dédale exhalant mille senteurs d’épices et d’encens, est le temple le plus sacré du monde hindou, contenant le lingam de shiva. Les non-hindous ne sont pas autorisés à accéder au saint des saints.
Sur les ghâts, des vieillards et sadhus attendent la mort. Nochers des temps modernes, les rameurs vous embarquent pour un circuit longeant les ghâts. Le grand classique est de s’engager sur le Gange depuis Dasashwamedh Ghât, le ghât principal, juste avant le lever du soleil. On observe alors le spectacle de l’astre se dégageant de la ligne d’horizon, mais aussi des ablutions et, sur certains ghâts comme Manikarnika Ghât, des crémations. On dit qu’ici le feu ne s’est jamais arrêté depuis des millénaires…
Au coucher du soleil, Dasashwamedh Ghât s’enflamme pour la puja du soir, une cérémonie d'offrandes. Au programme : danses sacrées et cérémonie d’offrande de la lumière au Gange dans les volutes d’encens. Ensorcelant !
Consulter notre fiche Inde et les photos de Varanasi.
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