Parcs et réserves du Kenya

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L’Afrique éternelle, aux vastes troupeaux d’éléphants déambulant au pied du phare enneigé du Kilimandjaro ? C’est au Kenya, bien sûr.

La grande migration des gnous et des zèbres qui, par millions, convergent vers l’immense savane du Mara jusqu’à l’épreuve finale de la traversée de la rivière ? Au Kenya, encore.

Les principaux sanctuaires des derniers rhinocéros de la planète Afrique ? Au Kenya, toujours.

Le Kenya reste ce qu’il a toujours été : un vaste pan de nature où s’ébat encore l’intégralité de la grande faune africaine – ces Big Five (lion, léopard, éléphant, rhinocéros, buffle) chantés par Hemingway, Joseph Kessel et les époux Adamson… Mieux encore : la désertion du tourisme de masse a rendu aux parcs une sérénité bien appréciable.

Petit tour d’horizon des grands incontournables et de nos coups de cœur – Out of Africa

Attention ! Il est conseillé de se renseigner sur les conditions de sécurité au Kenya avant de se rendre dans une zone du pays.

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Parcs et réserves du Kenya : infos pratiques

Safari Elephant Kenya
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Avec une cinquantaine de parcs et réserves officiellement reconnus (dont 4 marins) et pléthore de réserves privées tournées vers le tourisme de luxe (pas forcément moins riches en faune), le Kenya est l’un des pays africains au territoire le mieux préservé – ce qui n’empêche pas, comme sur tout le continent, une recrudescence du braconnage ces dernières années.

On distingue deux types de zones protégées.

Les parcs nationaux sont placés sous l’égide du KWS, le Kenya Wildlife Service. Les plus connus d’entre eux (comme Amboseli) ne sont désormais accessibles qu’avec la Safari Card, une carte électronique qu’il faut préalablement créditer dans un Point of Sale (au siège à Nairobi ou dans certains postes de garde).

Les réserves, elles, dépendent plutôt des autorités locales (comtés). Les populations du coin y ont leur mot à dire, ce qui peut créer des conflits liés à l’usage des terres : il n’est ainsi pas rare, en saison sèche, de voir paître de grands troupeaux massaï dans les limites de la réserve du Masai Mara… La croissance de la population dans les zones protégées est un problème récurrent dans toute l’Afrique.

Infos pratiques

Tous types de parcs confondus, les entrées sont chères : il en coûte minimum 25 $ par personne par période de 24 h pour les plus confidentiels et jusqu’à 80 $ pour les plus célèbres. Les conservation fees des réserves privées peuvent être encore plus élevées ! Pour ceux qui partent en voyage organisé, tout est inclus, mais pour les individuels la note peut paraître salée.

Dans tous les parcs et réserves, des règles de conduite similaires s’appliquent :

– Il est interdit de sortir des pistes – sauf, par endroits, pour s’approcher de certains grands félins dans les zones dites à « usage limité » (low use areas).

– Il est naturellement interdit de nourrir les animaux, mais aussi d’attirer leur attention pour la photo. Interdit, de même, de sortir de son véhicule, sauf en quelques lieux (de pique-nique) signalés comme tels. La voiture fait office de camouflage : les animaux s’y sont partout habitués, les tolérant très bien !

– Dans les réserves privées, on organise tout ce qui est interdit ailleurs : safaris à pied (avec garde armé), de nuit ou en off piste.

Plus d’infos : www.kws.org et www.kenyalogy.com

Safari au Kenya : mode d’emploi

Safari Logement Kenya
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Où et quand ?

Les deux saisons sèches, de mi-décembre à mi-mars (plus ensoleillée) et de juin à fin octobre sont à privilégier : les animaux se regroupent autour des points d’eau et la végétation plus clairsemée facilite l’observation.

Pendant les pluies (le reste du temps), les pistes transformées en bourbier restreignent l’accès aux seuls 4x4 (et encore, pas partout : les Aberdares peuvent même être fermés).

Si vous souhaitez assister à la grande migration des gnous et des zèbres, c’est entre juillet et septembre qu’il faut venir au Masai Mara.

Où dormir ?

Les moyens modestes opteront pour le camping. La plupart des sites des parcs sont rudimentaires et assez chers (20-30 $/pers), mais quelques-uns disposent de douches. Ils ne se réservent pas, sauf si l’on veut un special campsite, c’est-à-dire un site pour soi tout seul (mais sans aucune infrastructure). L’idée est sympa, mais ça coûte très cher : 30-40 $/pers, plus frais de réservation (qui peuvent atteindre 75 $/site). Apporter provisions et eau potable s’impose.

Les lodges coûtent invariablement cher. Leurs tarifs sont presque toujours en pension complète. Les plus abordables (rien ou presque en dessous de 250 $ la double) alignent tentes, chambres ou bungalows de manière un peu industrielle. Par « tente », comprenez une chambre en toile avec une salle de bains en dur et, le plus souvent, un toit en makuti (chaume). Les tarifs des plus beaux, tendance Out of Africa et intimité renforcée, s’envolent : 600 $ et jusqu’à plus de 2 000 $ la nuit pour les plus luxueux ou exclusifs (souvent situés hors des parcs).

Safari organisé ou individuel ?

Les grands voyagistes proposent des programmes incluant surtout les grands parcs et réserves. Ils cumulent souvent trop de lieux, ce qui ne laisse pas toujours le temps de bien en profiter (les trajets sont longs).

Mieux vaut privilégier un tour opérateur sur-mesure en choisissant 2 ou 3 parcs ou… tout organiser soi-même. On peut louer un véhicule avec chauffeur et guide, ou décider de conduire (permis international), si l’on est un minimum rodé au pilotage dans les pays en voie de développement.

Le 4x4 est quasi obligatoire, sauf si vous vous en tenez aux parcs de Nairobi et d’Amboseli. On reste ainsi aussi longtemps qu’on le souhaite devant chaque animal, au lieu de butiner à triple allure de l’un à l’autre… Un bémol : sans guide, il est plus difficile de trouver les fauves, mais on peut engager un ranger à l’une des portes d’entrée pour quelques heures ou pour la journée (environ 30 €).

Les petits budgets n’auront guère qu’une option : prendre un safari de 3 ou 4 jours à Nairobi, en minibus et en version camping, auprès des TO les plus abordables. Il en coûte au moins 300 $ pour 3 jours, hors entrée des parcs. Demandez bien ce qui est inclus ou non, c’est essentiel !

Le parc national de Nairobi : un avant-goût prometteur

Nairobi Parc Kenya
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Sous les yeux, un troupeau de zèbres et une ribambelle de gazelles. Au loin, les gratte-ciel de Nairobi. Les portes du plus ancien parc national kenyan, fondé dès 1946, ne sont qu’à 7 km de la capitale – et juste en face de son second aéroport, d’où partent la plupart des coucous desservant les parcs et réserves du pays. D’ailleurs, à ses origines, les pilotes survolaient toujours la piste une première fois avant d’atterrir, pour s’assurer qu’aucun gros animal n’y fasse la sieste !

Assez incroyablement, le parc national de Nairobi abrite 4 des 5 Big Five – tous sauf l’éléphant, dont la présence si près de la ville pourrait s’avérer dangereuse. Des lions ? Il y en a. Des léopards ? Aussi. Des buffles ? Plein. Des rhinocéros ? Oui, même des rhinos.

Le parc de Nairobi fait partie de ces zones pas trop étendues (117 km2), plus faciles à protéger, où les pachydermes, menacés de disparition face à la razzia des poachers (braconniers), ont été regroupés. Par précaution, le parc est ceinturé d’un grillage électrique sur trois côtés – le quatrième, au sud, où coule la rivière Empakasi, restant ouvert pour permettre aux ongulés de migrer malgré l’avancée de la ville.

En tout cas, voilà bien le seul parc d’Afrique où les businessmen peuvent faire un saut entre deux avions pour saluer des familles d’autruches, une girafe massaï (il y en a 150), ou s’offrir une petite marche jusqu’aux Hippo Pools, où les hippopotames baient aux corneilles. Ils peuvent aussi découvrir la savane au Nairobi Walking Safari (cher, à 25 $...).

Mieux vaut éviter le déprimant Orphanage du parc, qui n’est rien d’autre qu’un mini zoo déplorable. En revanche, ne ratez pas, au sud-ouest, le vrai orphelinat du David Sheldrick Wildlife Trust, engagé depuis quatre décennies dans la protection tous azimuts des éléphants kenyans (tlj 11 h-12 h).

www.wildlifedirect.org

Amboseli : au pied du Kilimandjaro

Amboseli Parc Kenya
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L’image a fait le tour du monde : pataugeant dans le vert intense d’une écharpe de marécages, de gros troupeaux d’éléphants marinent au pied du Kilimandjaro, auréolé de sa couronne de neiges (presque) éternelles. À deux pas, un hippo laisse à peine dépasser sa grande gueule de la profusion végétale, qu’il broute avidement, ignorant des oies d’Égypte et des grues couronnées.

Livrant au regard, à l’ouest, le lit désolé d’un lac emporté par la sécheresse – que l’on peut généralement traverser en voiture –, planté d’une végétation clairsemée, balayé en saison sèche par des tourbillons de poussière, le parc national d’Amboseli offre une première image austère.

C’est ici pourtant que vit la plus grande concentration d’éléphants du Kenya : ils sont environ 1 500 à se partager, par familles de 10 à 20 membres, un territoire relativement restreint de 390 km2. Par quel miracle ? Par la grâce de résurgences d’eaux de fonte dévalant du toit de l’Afrique, qui forment ici lacs et vastes marais. Les pachydermes s’y prélassent une bonne partie de la journée, pour n’en ressortir que le soir – et encore –, à l’heure du bain de poussière.

Si les éléphants du Kenya sont globalement peu farouches, ceux d’Amboseli sont carrément insouciants. À 5 m du 4x4, les voilà qui se rapprochent encore… Deux jeunes mâles s’entraînent à s’affronter, défenses contre défenses, trompe contre trompe, arc-boutés sur leurs pieds énormes. Quelques frissons courent le long de l’échine, alors qu’ils avancent encore. À 3 m, le souffle de leurs oreilles agitées en signe de mécontentement est perceptible !

Plus loin, quelques girafes massaï défilent. Les fauves sont présents, mais discrets. Les oiseaux innombrables (plus de 400 espèces). On croise aussi des hôtes plus inattendus : des troupeaux de vaches escortées par leurs bergers massaï. Leurs manyattas, aux huttes de terre rondes placées à l’abri d’épaisses clôtures d’épineux, s’implantent tout autour de la zone protégée.

Voir les photos du parc national d’Amboseli

www.amboseli.com

Tsavo : le géant kenyan

Tsavo Parc Kenya
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Sa taille atteint celle d’une demi-Suisse : 22 800 km2 ! Composé en réalité de deux parcs contigus (Tsavo-Ouest et Tsavo-Est) séparés par l’axe Nairobi-Mombasa, le Tsavo occupe à lui seul 4 % de la superficie du Kenya. Un territoire si vaste qu’il s’étend jusqu’au-delà de l’horizon.

Cette immensité de brousse aride est modelée, à l’est, par deux éléments majeurs : le long plateau volcanique de Yatta, reconquis par la végétation, qui forme la plus longue coulée de lave au monde (300 km !) et, s’écoulant à ses pieds, le ruban de la Galana River. Frangée de loin en loin de bouquets de palmiers doum, celle-ci dévale aux Lugard Falls en rapides couleur chocolat. En aval, dans les bassins, des crocodiles attendent la carcasse providentielle.

Ce colossal territoire était traditionnellement celui d’immenses hordes d’éléphants. Ils seraient encore plus de 10 000 (le tiers de leur population kenyane) – nettement moins que les 35 000 recensés dans les années 1960. Une douzaine, parmi eux, sont célèbres pour posséder des défenses qui touchent presque le sol (100 kg à elles deux) ! Autre particularité : les éléphants du Tsavo sont reconnaissables entre tous à leur robe couleur de latérite.

Face à la recrudescence du braconnage, plusieurs associations se sont constituées pour épauler le travail du KWS. Parmi elles, le David Sheldrick Wildlife Trust, qui possède son orphelinat aux portes du parc de Nairobi, a aménagé deux centres de réintroduction à la vie sauvage, à Voi et Ithumba ; 80 % des jeunes animaux qui s’y trouvent ont vu leurs parents victimes des poachers.

Dans la région, deux points d’eau permanents offrent l’occasion d’approcher de près les animaux : le réservoir d’Aruba et les marais de Kanderi (tout près de Voi). Un peu plus au nord, Mudanda Rock, une barre rocheuse haute de 20 m, au grès joliment poli par l’érosion, surplombe un autre plan d’eau — temporaire celui-là, où les éléphants aiment à se désaltérer en saison.

À Tsavo-Ouest, un pays plus accidenté se découvre, avec les Sagala et Taita Hills. La zone est plus humide, avec le joli lac Jipe, refuge d’innombrables espèces d’oiseaux. Aux Mzima Springs, des sources très prolifiques (250 millions de litres par jour), vivent de nombreux hippopotames. Un observatoire a été aménagé pour les observer… sous l’eau ! Un peu plus à l’est, le Ngulia Rhino Sanctuary protège une grosse soixantaine de rhinocéros noirs à l’abri de ses clôtures.

Voir les photos du parc de Tsavo

www.tsavopark.com
www.tsavotrust.org
www.tsavoelephants.org

La réserve du Masai Mara : l’apothéose du safari

Masai Mara Parc Kenya
© EcoView - Adobe Stock

C’est vers elle que convergent tous les fantasmes. La réserve du Masai Mara ne forme qu’un petit morceau (1 510 km2) de l’immense écosystème du Serengeti (25 000 km2), partagé entre Tanzanie et Kenya, mais un morceau significatif.

C’est ici que, chaque été, les immenses troupeaux de gnous en migrationviennent buter sur les eaux de la rivière Mara dans leur quête incessante d’herbe fraîche. Cette grande migration est un spectacle unique en son genre : couvrant les collines, un incroyable patchwork de gnous (1,5 million environ), de zèbres (300 000) et de gazelles (idem) déferle sur le Mara, attirant dans leur sillage une multitude de prédateurs. Les crocodiles, bien sûr, sont en embuscade, qui happeront les infortunés enlisés ou aux pattes brisées.

Où, mieux qu’ici, observer la chasse des lions ou des guépards ? Tapies dans les herbes hautes de la savane, ventre à terre, les femelles rampent, à contrevent, vers leur proie désignée : un jeune gnou né quelques semaines plus tôt, un vieux buffle, un topi inattentif, un zèbre solitaire…

Au temps fort de l’aube succèdent les longues siestes des heures chaudes. Sous le soleil ardent, chaque acacia solitaire devient parasol. Fauves ici. Gazelles et zèbres là. Pour tous, la pause s’impose. Jusqu'au retour, au crépuscule prochain, du combat ardent pour la vie et la survie.

Au plus près de la Mara River, une végétation plus dense s’affirme. Là, les cobes côtoient les éléphants. Aux Hippos Pools, près du pont de Purugat, les hippopotames se regroupent en bandes, émergeant peu à peu en fin de journée pour entamer leur longue nuit de broutage. Le Mara abrite naturellement les Big Five. Reste qu’il n’est pas donné à tous de tomber sur l’un de ces rares rhinocéros, si férus de fourrés et de broussailles.

Voir les photos de la réserve de Masai-Mara

www.maratriangle.org

Le lac Nakuru : plus de flamants, mais plein de rhinos !

Lac Nakuru Parc Kenya
© javarman - Adobe Stock

Une unique image a fait sa célébrité : celle de centaines de milliers de flamants roses massés sur ses eaux alcalines en un tableau pointilliste constamment mouvant. En 2011, l’Unesco, reconnaissant la valeur unique du lac Nakuru et de deux autres plans d’eau de la Grande Vallée du Rift est-africain (Elmenteita et Bogoria) classait l’ensemble au Patrimoine mondial.

Las, d’imperceptibles mouvements telluriques (semble-t-il) ont récemment chamboulé la donne : malgré la sécheresse qui prévaut depuis quelques temps au Kenya, jamais, de mémoire d’homme, les lacs du pays n’ont vu leur niveau aussi élevé. Les eaux saumâtres, dans lesquelles se multipliaient les spirulines, ces algues si appréciées des flamants, sont devenues douces et les plus célèbres hôtes de Nakuru, Elmenteita et Bogoria sont partis chercher leur pitance ailleurs…

Sur le pourtour du plan d’eau, une ronde d’arbres morts, noyés, témoigne de la hausse de niveau. On les voit mieux encore depuis les points de vue de Baboon Cliffs et de Simba Hill. Une partie même de la piste littorale a été emportée. Certains apprécient : les buffles n’ont jamais été aussi nombreux et les grands cobes defassa, aux fortes cornes rappelant celles des bouquetins, prolifèrent.

Mais un autre résident du parc attire tous les regards : le rhinocéros. Ceint lui aussi d’une barrière électrifiée protectrice, le parc national du lac Nakuru fait partie de ces sanctuaires aménagés pour permettre à l’animal d’assurer sa survie. On rencontre ici deux espèces : le rhinocéros noir endémique (60 animaux), timide en diable, qui se planque le plus souvent dans les broussailles, et le rhinocéros blanc (40), importé d’Afrique du Sud. Ce dernier, autrement moins froussard, se laisse souvent apercevoir au sud du lac, près du Lake Nakuru Lodge.

Au-delà, dans la belle forêt d’acacias, un autre animal superbe se dissimule : le léopard. Plusieurs ont été transférés ici après avoir posé problème dans des zones habitées, contribuant à l’accroissement de sa population. Dans le même secteur vivent aussi de rares girafes de Rothschild, une sous-espèce menacée (il n’en reste que 650) reconnaissable à ses « chaussettes blanches ».

Voir les photos du lac Nakuru

Hell’s Gate : à pied ou à vélo

Hell Gate parc Kenya
© Office de Tourisme du Kenya

Niché aux marges sud du lac Naivasha, dans la Vallée du Rift, Hell’s Gate n’est certes pas aussi connu que les parcs précédents, mais ce petit espace protégé (68 km2) offre une bien intéressante particularité : on peut s’y promener à pied ou même en vélo. Une particularité liée au fait qu’aucun grand prédateur susceptible de croquer les visiteurs n’y vit (hyènes exceptées) !

Tout commence sur les berges du lac Naivasha, à 1,5 km d’Elsa Gate. Ce vaste plan d’eau douce est au cœur de la principale région de floriculture du pays : des dizaines de fermes plus ou moins industrielles y produisent chaque année – à grand renfort d’engrais et de pesticides – des centaines de tonnes de haricots verts et des millions de roses, exportés vers l’Europe.

À peine quitté ses rivages, le paysage s’assèche et, bientôt, se profile une large vallée paisible : pénétrant à l’aube entre deux hautes falaises rougeoyantes aux grandes orgues basaltiques érodées, on pédale tranquillement au milieu de vastes troupeaux de zèbres et de buffles (attention de ne pas les énerver !). Des girafes passent. Des bubales regardent. Des phacochères trottinent, queue en l’air, ou broutent sur leurs genoux. Au loin, se profile le volcan Longonot.

Plus avant, la piste rejoint le poste des rangers, où débute le sentier facile descendant dans les gorges de Njorowa. Le « salon du Diable » y précède sa « chambre à coucher », nichée au pied d’un haut pinacle de roche baptisé Central Tower. Plus loin, l’étroite Devil’s Mouth voit se succéder la « douche du Diable », puis la « cuisine de l’Enfer » aux terres chaudes…

Plus loin, près d’Olkaria Gate, les eaux brûlantes d’une centrale géothermique alimentent l’immense bassin d’un Geothermal Spa aux relents de Blue Lagoon islandais. Pas désagréable d’y achever la balade !

Le mont Kenya : un 5 000 m à la portée de tous (ou presque)

Mont Kenya Parc Montagne
© Office de Tourisme du Kenya

Si tout le monde connaît le Kilimandjaro et ses 5 892 m, peu nombreux sont ceux qui ont déjà pensé faire l’ascension du mont Kenya.

Deuxième sommet d’Afrique (5 199 m), celui-ci montre un profil très différent : le volcan formateur est ici depuis longtemps déchiqueté par l’érosion, laissant apparaître un ensemble de pics aux relents alpins. C’est lui, dit-on, qui aurait donné son nom au pays, d’après un terme wakamba signifiant « montagne de l’autruche ». Quel rapport, direz-vous ? Sa couleur : roches noires effusives et taches blanches des glaciers et neiges.

Grimper vers le sommet – vaincu pour la première fois en 1899 – n’est ni une mince affaire ni impossible. L’expédition prend au moins 3-4 jours et peut durer jusqu’à une semaine, en fonction de la voie choisie (il y en a au moins 6, dont 3 plus populaires) et du nombre de porteurs sélectionné.

La plus classique, dite de Naro Moru, n’est pas réputée la plus belle. Elle est pourtant déjà fantastique. Une première approche de 20-25 km à pied ou en 4x4, sur des pistes souvent transformées en rivières de boue, voit traverser une forêt dense et humide, où tout semble dégouliner.

Peu à peu, le manteau sombre s’entrouvre sur des forêts de bambou, puis sur des pentes nues et raides elles aussi gorgées d’eau. Entre les roches volcaniques éparses et râpeuses, se dressent, de loin en loin – et bientôt en petites forêts de trolls –, de drôles de plantes endémiques aux tailles XXL : des séneçons géants et des lobélies turgescentes, dont l’inflorescence peut atteindre 3 m !

Passé Mackinder’s Camp, quitté avant l’aube, la haute montagne s’impose : au jour levé se révèlent des parois nues et verticales, des pics auxquels s’amarrent les nuages, des couloirs, des moraines où vivent les damans des rochers et, enfin, les premières neiges. Les glaciers, qui n’ont de cesse de fondre, ont désormais pour la plupart l’apparence de moignons. Reste assez de glace et de neige, toutefois, pour faire du mont Kenya le château d’eau du centre du pays.

L’ascension s’achève pour les néophytes au pic Lenana (4 985 m). Seuls les vrais alpinistes se hisseront jusqu’au Nelion (5 188 m) ou au Batian (5 199 m).

www.summitpost.org/mount-kenya/150259

Samburu : aux portes du désert

Samburu Parc Kenya
© Oleksandr Dibrova - Adobe Stock

Cap au nord ! Passé l’étrave massive du mont Kenya, la route plonge bientôt vers l’immensité semi-désertique qui occupe le tiers nord du pays. La poussière vole, les broussailles se font éparses, la chaleur torride. Les femmes se voilent. Une heure plus tard, une inattendue oasis prend vie sur les berges de l’Ewaso Ngiro.

Cette drôle de rivière, née plus au sud dans le massif des Aberdares, forme une sorte d’Okavango kenyan : trop peu puissante, noyée dans un océan de sécheresse, elle se meurt en plein milieu de nulle part, sans jamais parvenir jusqu’à la mer.

Délimitant la frontière entre les réserves contiguës de Samburu (au nord) et Buffalo Springs (au sud), l’Ewaso Ngiro dévoile le fin ruban verdoyant de ses berges sablonneuses, plantées de bosquets de grands palmiers doum. Les éléphants se gorgent de ses fruits et viennent y prendre leur bain. Les crocodiles, certains géants, se dorent au soleil sur ses bancs.

En retrait, s’étend une terre caillouteuse et sèche, semée de broussailles éparses, veillée par les échines rocailleuses et nues des monts Koitogor et Ololokwe. C’est là, sous le soleil ardent, que l’on rencontre les animaux les plus emblématiques de Samburu.

La rare girafe réticulée, à la robe parfaitement géométrique, dont la population mondiale ne dépasse pas les 5 000 individus. Les troupeaux de puissants oryx beisa, aux cornes longues et droites parfaitement parallèles, qui les fait ressembler, de profil, à l’improbable licorne.

Les zèbres de Grévy, les plus grands de tous, aux élégantes rayures fines – nommés d’après le président français, à qui le négus d’Éthiopie offrit un spécimen, alors inconnu des zoologues occidentaux. L’étrange gérénuk aussi, cette antilope au cou démesuré qui se dresse sur ses pattes arrière pour attraper les feuilles des acacias.

Le soir venu, avant que la nuit n’avale la brousse et que ne résonnent les hurlements des hyènes, une lumière dorée nimbe merveilleusement ce petit monde. Un instant magique.

Voir les photos de la réserve de Samburu

Les autres parcs

Lac Turkana Parc Kenya
© Byelikova Oksana - Adobe Stock

D’autres parcs et réserves kenyans mériteraient l’attention.

Aberdares

Nous aurions, par exemple, pu vous parler des Aberdares (767 km2), ce massif culminant à 4 001 m au cœur des White Highlands – une région massivement conquise par les colons anglais qui en firent le grenier du pays.

C’est là, dans la forêt d’altitude, humide et froide, qu’Elizabeth II devint reine en 1952, à la suite de la mort de son père, George VI. Elle séjournait alors au Treetops, un lodge perché dans les arbres, avec vue sur un point d’eau fréquenté par les éléphants de jour et les léopards de nuit. Il est toujours là, aux portes de ce parc très très vert où dévalent les plus grandes chutes du Kenya, les Karuru Falls – qui se jettent en trois paliers de 117 m, 26 m et 130 m dans un bel écrin émeraude.

Meru et Kora

Au nord-est du mont Kenya, deux parcs nationaux restent attachés au souvenir de Joy et George Adamson, défenseurs acharnés des fauves, rendus célèbres par l’histoire d’Elsa la lionne, Born Free – portée au cinéma, en France, sous le nom de Vivre Libre.

C’est à Meru (870 km2), un pan de savane sèche à la faune et la flore proches de ceux de Samburu, que la jeune lionne orpheline a été réadaptée à la vie sauvage. La large Tana River, entrecoupée de rapides aux Adamson’s Falls, y déroule des berges verdoyantes attirant d’énormes troupeaux de buffles. Le Rhino Sanctuary, protégé par ses clôtures, abrite une soixantaine de ces animaux, noirs et blancs mêlés.

Plus à l’est, plus isolé encore, Kora (1 788 km2) reste spécifiquement attaché à George, qui y fut assassiné par des braconniers en 1989. On touche là à la savane la plus sauvage.

Encore plus de parcs

Aventurier dans l’âme ? D’autres parcs dessinent de belles promesses d’expéditions. Marsabit, sur la route de l’Éthiopie (attention à la sécurité), forme une autre de ces improbables oasis en plein désert. Ses trois lacs de cratère, seuls points d’eau permanent de la région, attirent une faune riche avec, en particulier, des éléphants aux défenses immenses et de grands koudous aux cornes torsadées.

Plus à l’ouest, il y a encore le Maralal National Sanctuary, où l’on observe les léopards à partir d’une cache et, loin, très loin au nord, l’immense lac Turkana (6 405 km2) et ses trois parcs nationaux.

Ceux de South Island et Central Island englobent entièrement deux de ses îles volcaniques, où vivent de très grands crocodiles.

Le Sibiloi, lui, a été créé pour protéger les sites fossilifères où ont été découverts certains des plus lointains ancêtres de l’homme. Un autre type de safari – dans le temps.

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