Routard.com, guide voyage en ligne

Sardaigne

Culture

Musique

Dans ce pays de tradition orale, la poésie, le chant et la musique occupent une place primordiale très liée à la vie quotidienne. Dans le nord de la Sardaigne, les chœurs de chants polyphoniques se composent souvent de cinq voix, tandis que dans la Barbagia, ils sont à quatre voix dites a tenores. Dans le Sud, dans la plaine du Campidano principalement, c'est le chant à une voix accompagné traditionnellement par le launeddas (voir plus bas) ou à défaut par l'accordéon ou la guitare. Les chanteurs enrichissent leur répertoire en puisant dans le patrimoine commun. Tout village qui se respecte possède au moins son groupe de chanteurs a tenores.
Les concours de poésie sont une tradition encore populaire et vivante en Sardaigne grâce aux nombreuses fêtes des saints patrons des villages. Le poète chanteur est accompagné comme les chanteurs a tenores. Ils improvisent sur des thèmes parfois d'actualité qui leur sont proposés par les organisateurs comme la paix et la guerre, le travail et le chômage ou la nature et la pollution. Ce sont des semi-professionnels qui utilisent des schémas traditionnels : l'un chante quelques minutes, celui qui lui succède reprend son dernier vers et lui répond en défendant la thèse opposée. Ces joutes sont très appréciées du public, il n'est pas rare que cela puisse durer la nuit entière !

Le launeddas est un instrument typique de la Sardaigne, composé de trois tuyaux à hanche de longueur différente. Le tumbu, qui n'a aucun trou est le plus long, 60 cm, forme le bourdon. L'accordéon diatonique et la guitare sont les autres instruments les plus utilisés accompagnés par des petits tambours ainsi que des guimbardes.

Littérature

Elle est marquée par la figure de Grazia Deledda qui remporta le prix Nobel de littérature en 1926 pour son roman La Madre. Née en 1871 à Nuoro, une petite ville du centre de la Sardaigne, autodidacte, parce qu'à l'époque, il était pour ainsi dire impensable qu'une fille suive des études, Grazia Deledda puise les fondements de sa culture aussi bien dans la Bible que dans les romans-feuilletons, dans Byron comme dans D'Annunzio. La jeune Grazia publie une première nouvelle à dix-sept ans, puis des ouvrages sous divers pseudonymes afin de ne pas choquer le voisinage, avant que La via del Male ne soit accueilli avec enthousiasme par la critique. La romancière italienne situera l'essentiel de son œuvre dans le pays de son enfance. S'inscrivant dans un courant vériste qui traitait de manière romanesque les problèmes quotidiens de la classe ouvrière et paysanne, Grazia Deledda se fit le porte-parole de la Sardaigne, où elle vécut sans en bouger jusqu'à l'âge de 28 ans. Mais c'est plus tard, à Rome, qu'elle signera ses livres les plus importants. Et qu'elle entonnera, récit après récit, son chant d'amour pour sa région natale.
Né en 1960 à Nuoro, en Sardaigne, mais vivant aujourd'hui à Bologne, Marcello Fois, l'une des figures du nouveau polar italien (Groupe 13), entend prouver que bonne littérature et grand public ne sont pas une contradiction en soi. Citons également d'autres auteurs sardes de renom, comme Salvatore Satta, Giuseppe Dessi, Francesco Masala, Maria Giacobbe ou encore Sergio Atzeni, tous ayant une partie (ou l'intégralité) de leur œuvre traduite en français.

Lectures conseillées

- La Madre, Des Roseaux sous le vent et Elias Portulu de Grazia Deledda, Éditions Stock
- Padre Padrone de Gavino Ledda, Éditions Gallimard (roman adapté par les frères Taviani qui ont reçu la Palme d'Or à Cannes en 1977).
- San Silvano de Giuseppe Dessi, Éditions Verdier.
- Le Curé de Sarrok de Francesco Masala, Éditions Actes Sud.
- Sheoi et Un Silence de fer de Marcello Fois, Éditions du Seuil.
- Mère Méditerranée de Dominique Fernandez, Éditions Grasset.
- Sardaigne sans cagoule de Maria Brando-Albini, Éditions Subervie.
- Bandits d'Orgosolo de Franco Cagnetta, Éditions Buchet-Chastel (un peu daté et difficile à trouver, mais très intéressant car ce récit-enqûete décrypte les origines du banditisme dans la région de la Barbagia.

Archéologie et architecture

Les nuraghe constituent les monuments-symboles de l'île, témoins muets d'une civilisation datant du IIe millénaire avant J.-C. Une civilisation mystérieuse, mais assez avancée pour se doter d'une organisation sociale, de rituels et même d'une forme d'art. Il s'agit d'une tour à large base qui se rétrécit vers le sommet, diminution obtenue par l'utilisation de pierres de plus en plus petites, aboutissant en un cône haut de plus de 20 m. Les rangs concentriques de blocs de pierre, maintenus sans aucun lien, forment la chambre à fausse voûte appelée également la chambre à tholos, car elle dérive d'exemples analogues à Mycènes, en Grèce. On compte environ sept mille nuraghe visibles qui surgissent un peu partout, le long des routes ou des sentiers champêtres. La Sardaigne est ainsi l'un des plus grands musées archéologiques à ciel ouvert au monde. Quant aux traces laissées par les Phéniciens, les Carthaginois et les Romains, elles sont plus difficiles à appréhender. La ville punico-phénicienne la plus importante, tant pour ses fouilles que pour ses vestiges, est Tharros, à côté de Cabras et d'Oristano.
La période du Haut Moyen Âge n'a pas laissé pas de traces notables, mises à part l'église de Saint-Saturnin à Cagliari et quelques petites cryptes couvertes par des édifices ecclésiastiques successifs.

Le passage de l'archéologie à l'art se réalise ainsi et on conserve en Sardaigne des témoignages grandioses sous forme d'églises romanes, construites entre l'an 1000 et 1300. Elles se trouvent dans la région de Sassari à Porto Torres (église de San Gavino, à Orzieri (Sant'Antioco di Bisarcio), à Olbia (San Simplicio), à Codrongianus (Santa Trinità di Saccargia) et à Borutta (San Pietro di Sorres). Dans la région de Nuoro : à Ottana (San Nicola), à Bosa (San Pietro) ; dans la région d'Oristano : à Santa Giusta et à Bonarcado (Santa Maria) et dans la région de Cagliari : à Uta (Santa Maria) et à Cagliari ville (San Saturno). À cela, il faut ajouter des remparts, des tours, des châteaux, des bastions, des palais et des tours de guet disséminés le long du littoral construit pendant l'époque espagnole.

La route du baroque

Au XVIIe siècle, l'île, bien qu'elle eût désormais élaboré une culture artistique propre, connut et absorba les divers styles de l'art baroque, grâce surtout aux nombreux ordres religieux qui y résidaient. La ville de Cagliari offre quelques-uns des meilleurs exemples d'architecture baroque sarde. L'extérieur de l'église Saint-Michel est caractérisé par le style espagnol, tandis que l'intérieur a été décoré par des artisans locaux utilisant la marqueterie du bois et du marbre. L'église Sainte-Claire surprend par son aspect sévère, un peu en contraste avec l'allégresse typique du baroque. Elle fut bâtie au XVIIe, mais embellie au siècle suivant avec une décoration moins sobre. L'église de la Sainte-Croix fut fondée en 1861 par la Compagnie de Jésus et probablement bâtie sur les ruines d'une ancienne synagogue. L'architecture est typique de la Contre-Réforme et, dans la sacristie, on peut admirer une dizaine de toiles de la période espagnole (XVIIIe siècle) qui représentent des scènes particulières de la vie de Saint François-Xavier.

Dans la région d'Oristano, la ville de Tharros abrite le Duomo (dôme) dédié à Notre-Dame de l'Assomption. Il s'agit d'une reconstruction de style baroque d'une église remontant à la période gothique. Quant à l'église Notre-Dame du Carmine, elle est l'un des rares exemples authentiques d'architecture rococo en Sardaigne.
Dans la ville de Sassari, l'église Madone du Rosaire, est réalisée en bois doré et ornée de statues de saints et d'anges. Sur la place Saint-Antoine s'érige l'église du même nom. Le Dôme, dédié à Saint Nicolas fut construit en plusieurs phases au cours des siècles, mais c'est entre 1681 et 1715 que fut terminée la façade de style baroque finissant d'influence espagnole.

Sites d'intérêt

Le site de Nora

La ville-port de Nora fut fondée durant le VIIIe siècle avant J.-C. par les Phéniciens, au pied d'une baie qui domine toute la zone. Elle devient bientôt un important centre marchand. À la fin du VIIe siècle, Nora passe sous contrôle carthaginois pour être ensuite conquise par les Romains. Entre 456 et 466 de notre ère, le port subit les attaques de vandales et de pirates, ce qui entraîne son déclin. Cependant, des restes des dominations successives, comme les tombes carthaginoises, ont bien traversé le temps. Mais c'est la domination romaine qui a laissé les traces les plus remarquables : restes des bâtiments, nombreuses mosaïques avec l'utilisation presque exclusive de marbre blanc, noir et ocre. On trouve encore les ruines des thermes, de la place du forum pavée en andésite (falaise d'origine de volcanique), d'un temple à six colonnes, de l'autel et du penetrale (la pièce intérieure du bâtiment dans laquelle on conservait les pénates).

Le Musée archéologique national

À Cagliari. Il se compose de trois étages. Les expositions suivent une évolution historique, rassemblant des pièces de l'âge pré-nuragique (VIe siècle avant J.-C.), des objets de l'époque nuragique (1200-600 avant J.-C.), des outils et statues phéniciens-puniques. Ou encore les pièces provenant de Nora, Sulci et Bithia datant de l'époque romaine et du haut Moyen Âge , comme des sarcophages, mosaïques, verres décorées, brocs, lampes et bijoux.

La maison d'Antonio Gramsci

Située à Ghilarza, elle fut habitée par le jeune Antonio jusqu'à son départ pour Turin où il poursuivit ses études de lettres et où il se lia d'amitié avec Palmiro Togliatti. Achetée en 1965 par le PCI, elle abrite aujourd'hui un centre de recherches sur l'œuvre de Gramsci et sur le mouvement ouvrier. D'abord journaliste au quotidien L'Avanti, puis critique de théâtre, fondateur et directeur des journaux politiques L'Ordine Nuovo et L'Unità, Gramsci est un des fondateurs du Parti communiste italien. À ce titre, il fut arrêté pendant la période fasciste, il mit d'ailleurs à profit son incarcération pour écrire les Lettres de prison et les Cahiers de prison.

Les murales d'Orgosolo

Elles ornent la plupart des murs d'Orgosolo et ont été réalisées par les villageois, parfois assistés par des peintres célèbres. Ces peintures murales ont une portée sociale manifeste. Les scènes décrivent la vie rurale de jadis et d'aujourd'hui, ainsi que la réalité politique italienne et internationale. Parmi les œuvres les plus récentes : les attentats du 11 septembre 2001 ou l'assassinat du jeune Carlo Giuliani par la police italienne lors du sommet du G8 de Gênes en juillet 2001.

La grotte du bandit Corbeddu

Elle se trouve à proximité de la vallée du Lanaittu, au pied du Supramonte di Oliena. Elle porte le nom d'un bandit qui l'habitait à la fin du XIXe siècle. Selon la tradition, ce Robin des bois sarde volait aux riches pour donner aux pauvres. Il a été tué dans un affrontement avec les carabinieri, en 1898. En outre, dans cette grotte furent trouvés les restes d'un cerf (Megaceros casioti) du pléistocène et autres restes datés de plus de 13 500 ans.





 



Accès rapide : Contact, Recrutement, Photos de voyage, Billet d'avion, Hôtels, Maroc, Italie, Portugal, Paris, Espagne, Tunisie, Madrid, Chine, Thaïlande, Egypte, Canada
Marrakech, Etats-unis, Barcelone, République Dominicaine, Sénégal, Cuba,Vietnam, Mexique, Madagascar, Berlin, Toulouse, Turquie, Venise, New-York, Seychelles, Japon
Paris, Budapest, Bretagne, Corse, Amsterdam, Bruxelles, Vienne, Québec, Ile Maurice, Réunion, Normandie, Australie, Lyon, Nice, Marseille, Croatie