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Traditions Sardaigne

Les fêtes traditionnelles

Plus de mille fêtes religieuses ou païennes par an, un carnaval hors du commun, d'étranges danses rituelles et une polyphonie aussi riche que celle des Corses...

Les carnavals

Le carnaval en Sardaigne reste une des fêtes les plus populaires de Sardaigne. Tous ces carnavals ont en commun une procession, la parodie d'un transport funèbre suivie par des complaintes et de chants en chœur. L'un des carnavals les plus suivis est la sartiglia de Oristano. Il s'agit d'une course de chevaux doublée d'une épreuve d'habilité. Les costumes sont à l'image du faste du passé espagnol, encore vivant dans les prouesses équestres des courses effrénées.

Les Mamuthones

Cette fête plus sombre se déroule dans la région de la Barbagia, tout comme les merdules boes de Ottana et sos thurpos de Orotelli. Ces masques archaïques en bois peint de noir bougent au rythme cadencé de leurs clochettes, au son grave et inquiétant. On y retrouve un rite agraire et pastoral dans sa simplicité originelle qui évoque le culte des forces créatrices de la nature.
Les mamuthones sont vêtus d'un habit composé d'un pantalon blanc, de chaussettes montantes, d'une sorte de jupe courte, d'un corselet rouge sur une chemise et d'un gilet de peau porté avec le poil à l'extérieur appelé mastruca, ils sont coiffés d'un foulard noué sur le menton. Sur le dos et au cou, ils portent des grelots. Ils sont encadrés par les issokadores qui portent une sorte de casquette à ruban, un large pantalon bouffant bleu, une chemise blanche et un gilet rouge, parfois un châle lié à la taille, ils ne portent ni sonnaille, ni masque, ni mastruca. Ils tiennent en main une sorte de lasso qu'ils lancent dans le public de sorte à attraper amis, enfants, jeunes filles, etc. en criant des boutades satiriques. Si la personne est prise, c'est un signe de bon augure.

L'Argia

Peu de gens ont entendu parler de la danse de l'argia. Le tarentisme des Pouilles qui est à l'origine de la tarentelle est beaucoup mieux connu. Dans les Pouilles, jusque dans les années cinquante, la tradition voulait, lorsqu'une personne avait des problèmes psychiques, que l'on fasse venir des musiciens à domicile. Ils jouaient pendant trois jours, le malade devait danser la tarentelle tout au long de cette période au bout de laquelle il était guéri. L'intérêt de ce rite consistait dans l'utilisation, par les gens du village, de la musique et de la danse dans le but de soigner une personne en difficulté.

La fête de Saint Efisio

Cette procession, à l'origine très ancienne, dure quatre jours et réunit un millier de personnes bénévoles. Efisio d'Elia était un jeune guerrier romain qui combattait les Chrétiens. Il s'est converti au christianisme et fut décapité puisqu'il ne voulait pas renier sa foi. Il est devenu le saint patron de Cagliari, la capitale sarde après avoir éradiqué la peste en 1656. Depuis, en reconnaissance de ce miracle, une grande procession annuelle donne lieu à une des plus grandes fêtes méditerranéennes. Une trentaine de chars à bœufs décorés, deux mille personnes, précédées de musiciens, défilent portant les costumes de leur village devançant le saint, tiré par ses deux bœufs fleuris, suivi d'une foule de fidèles. Certains le touchent, d'autres font des vœux.

Les polyphonies de la Semaine sainte

Les manifestations de la Semaine sainte sont de loin les plus importantes du calendrier religieux. Certaines petites villes sont particulièrement célèbres, dans la partie nord-ouest de l'île : Aidomaggiore, Bonnanaro, Cuglieri, Santu Lussurgiu et surtout Castelsardo qui concentre le plus grand nombre de confréries et le répertoire le plus riche et le plus original. Ces confréries sont très anciennes et connues au moins depuis le XVIIe siècle. Leur activité se concentre autour de la pratique du chant : cérémonies religieuses du calendrier liturgique et funérailles, et de l'administration de la confrérie.
Lors de la Semaine sainte, le répertoire s'exécute par groupes de quatre chanteurs selon un registre naturel du bas à l'aigu. La plupart des chants sont en latin et reprennent des textes liturgiques, mais certains sont en sarde. Ces chants accompagnent les processions et les scènes qui illustrent la Passion, scènes qui sont jouées à la fin de l'office à l'intérieur même de l'église ou sur le parcours entre deux églises. La messe du dimanche de Pâques met fin à ces manifestations. Le lundi de Pâques, Pasquetta, donne l'occasion d'une fête familiale et amicale qui donne lieu à un repas, souvent un pique-nique au cours duquel on mange des viandes rôties à la broche.

Jours fériés

Ne pas confondre : giorno feriale qui, en italien, signifie jour ouvrable, avec giorno festivo qui se traduit par jour férié... Ah, ces faux amis ! Les jours fériés et chômés sont à peu près identiques aux nôtres. Ils sont cependant moins nombreux (l'Ascension et la Pentecôte ne sont pas fériés). Mai est donc un mois plus travailleur en Italie qu'en France.

- 1er janvier : Capodanno.
- 6 janvier : Epifania ; mais pour tous les Italiens, c'est le jour de la Befana, une gentille sorcière qui circule à califourchon sur son balai de paille. Aux enfants méchants, elle dépose du charbon dans la chaussette suspendue à la cheminée. Aux gentils, des confiseries et des cadeaux.
- Lundi de Pâques : Pasquetta.
- 25 avril : Liberazione di 1945.
- 2 juin : fête de l'anniversaire de la proclamation de la République.
- 1er mai : Festa del lavoro.
- 15 août : Festa dell'Assunta, Ferragosto.
- 1er novembre : Ognissanti
- 8 décembre : Immacolata Concezione.
- 25 et 26 décembre : Natale et Santo Stefano.

Voir également le calendrier des fêtes sardes dans la rubrique Traditions, tenez-vous au courant auprès de l'ESIT de l'activité festive dans les villes et villages au cours de votre séjour.
Sont aussi considérés comme des jours semi-fériés les 14 août, 24 et 31 décembre. Certaines fêtes comme celle du 15 août peuvent durer plusieurs jours et paralyser une grande partie de la vie économique. Attention aux fermetures des banques, notamment.

Les bergers-bandits

La figure romantique du berger-bandit du Supramonte (région de montagne du Centre-Est) perdure dans l'imaginaire sarde. En particulier à Orgosolo, où les panneaux du village étaient jadis criblés de balles en guise d'avertissement pour les étrangers. De nos jours, ils se sont intégrés au magnifique paysage et aux murales, les fresques peintes sur les murs du village illustrant des scènes de la vie sociale et politique. En fait, la vie rudimentaire de ces bergers n'avait rien d'enviable, elle était plutôt faite de privations au milieu d'une nature hostile où l'on se confrontait en permanence aux épidémies, à l'aridité de la terre, aux loups et aux rapaces.

Savoir-vivre et coutumes

- Tenues vestimentaires : l'archipel sarde compte de nombreuses églises. Habillez-vous en conséquence lors de vos visites. Le port du maillot de bain est strictement réservé aux plages et aux piscines ! Il n'est pas convenable de se promener en ville dans cette tenue. Le naturisme est interdit en Sardaigne. Le monokini est toléré, mais les Sardes s'en offusquent.
- Tourists welcome ! : ayant subi nombre d'invasions au cours de son histoire, on pourrait croire que cette île est hostile aux étrangers ou bien d'un protectionnisme exagéré. Pas du tout. Ici, les piliers de la société sont la famille et l'église catholique et la présence du tourisme ne dérange en rien leur vie quotidienne. Ce peuple a le sens de l'accueil et on tisse des liens facilement avec la population locale, en particulier dans les petits villages loin des côtes. Ils vous ouvriront grand les portes des lieux peu fréquentés, portés par l'envie de vous faire découvrir quelque chose de nouveau, leur petit trésor caché : un nuraghe perdu dans la campagne, une vue imprenable depuis un rocher, une plage déserte...
- Photos : les Sardes sont fiers et serviables, mais ne tolèrent pas le manque de respect. Ceci est valable surtout pour les femmes âgées portant le deuil. Vous voici prévenus...
- Sujets sensibles : les réglementations imposées par l'Italie continentale.

Les vêtements traditionnels

Le costume féminin : les foulards de couleur servent à marquer l'appartenance aux différents villages ; la chemise, en lin ou en coton, est plissée et brodée ; la jupe à volants se porte jusqu'à la cheville, généralement de couleur sombre. Le tablier est brodé, parfois avec des fils d'or. Les parures comportent des broches, des boucles d'oreille, des colliers d'or, d'argent et de corail, des chaînes et des chapelets de pierres dures en guise de porte-bonheur.
Le costume masculin se compose d'un couvre-chef, une chemise fermée par des petits boutons en argent et en or, un gilet de laine, velours ou brocart, pantalons en toile blanche et un jupon noir.





 

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