Peinture
C’est avec la Renaissance, au XVIe siècle, que la peinture hollandaise s’affirme,
soutenue par des mécènes. Des artistes tels que Lucas Van Leyden (Lucas de
Leyde) peignent des sujets de la vie quotidienne (Les Joueurs d'échecs
). La peinture s’affranchit alors des scènes religieuses pour s’orienter vers
un réalisme plus humaniste qui sera la marque de l’école hollandaise. Les
artistes s’intéressent aux natures mortes et aux portraits, ce qui correspond
aux goûts des bourgeois prospères.
Au début du XVIIe siècle, les Pays-Bas connaissent leur âge d’or pictural.
Frans Hals (1583-1666) rencontre un grand succès avec ses portraits réalistes
qui exaltent la vie et le peuple avec un style aussi franc que réaliste (Le
Joyeux buveur). Au milieu du siècle, son jeune contemporain, Rembrandt Van
Rijn (1606-1669), atteint le sommet de sa force créatrice en inventant la technique
du clair-obscur, mariant lumière et ombre, clarté et obscurité (La
Ronde de Nuit). Jan Vermeer de Delft (1632-1675), surnommé « le peintre
du silence », peint des scènes tranquilles de la vie bourgeoise (La
lettre d’amour) avec une subtilité, une pureté et un art de la lumière uniques.
Au cours du XVIIe, d'excellents peintres voient le jour comme comme Jan Steen,
Pieter de Hooch, Hendrik Terbruggen et les spécialistes des paysages Aelbert
Cuyp, P, Jacob Van Ruisdael et Salomon Van Ruisdael.
Après l'âge d'or, les arts connaissent une longue période sans relief. Au XIXe
siècle, Vincent Van Gogh (1853-1890) fait entrer la peinture dans l'ère moderne.
Au cours de sa très brève carrière, Van Gogh dépasse l'impressionnisme. Son
style expressif, où la couleur joue un rôle crucial, exerce une grande influence
aussi bien sur les expressionnistes allemands que sur les Fauves français. Le
très beau Rijksmuseum-Vincent-Van-Gogh d'Amsterdam abrite un nombre considérable
de ses œuvres.
Au XXe siècle, Piet Mondrian marque l’art pictural hollandais avec son
néo-plasticisme non figuratif qui met l'accent sur les formes géométriques.
En 1917, Mondrian fonde le groupe d'artistes De Stijl qui représente
alors l'un des courants de pensée dominants en Europe dans les domaines de la
peinture et de l'architecture. Le mouvement, qui ne fait pas de distinction
entre l'art, l'architecture et le design, emprunte ses idées aux écrits de Wassily
Kandinsky et aux cubistes et influencera sur le Bauhaus.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, deux peintres néerlandais, Karel Appel et
Willem de Kooning, ont marqué la scène artistique internationale grâce à l'usage
expressionniste de la couleur. De Kooning, émigré aux Etats-Unis, est considéré
comme l'un des grands noms de l'expressionnisme abstrait, le plus important
mouvement de l'art américain contemporain.
Cinéma
Trois réalisateurs néerlandais sont mondialement connus dans le domaine du
documentaire : Joris Ivens, Johan Van der Keuken et Bert Haanstra. Le
réalisateur le plus connu en fiction est Paul Verhoeven qui, a notamment signé
le sulfureux Le 4e Homme aux Pays-Bas avant de s’exiler à Hollywood
où il a signé, entre autres, Robocop et Basic Instinct.
Littérature
Le poète et dramaturge Joost Van den Vondel et Pieter Corneliszoon Hooft, connu
pour ses sonnets et ses écrits historiques, comptent parmi les grands écrivains
de l'âge d'or du XVIIe siècle. Constantijn Huygens est connu
aussi bien pour ses poésies de cour que pour ses farces. Jakob Cats, quant à
lui, est l’auteur de contes populaires.
Le roman connaît son heure de gloire au XIXe siècle avec Anna Louisa Geertruida
Bosboom-Toussaint. Le roman semi-autobiographique de Multatuli (Eduard Douwes
Dekker), Max Havelaar (1860) connaît un grand retentissement. Cette œuvre
révolutionnaire traite dans une langue raffinée de la mauvaise administration
coloniale à Java.
Au début du XXe siècle, les Transitionnistes s’éloignent de l'impressionnisme
et du naturalisme. Leur membre le plus important, Arthur Van Schendel (Un
vagabond amoureux, 1904), examine la vie des individus solitaires.
Après la Seconde Guerre mondiale, la littérature néerlandaise se préoccupe de
critique sociale et de l'ennui éprouvé par les individus dans un monde où règne
l’incommunicabilité.
Les publications de l'après-guerre parlent des événements vécus pendant l'occupation
allemande. L'ouvrage le plus connu de cette période est Het achterhuis,
le Journal d'Anne Frank, en 1947. Une décennie plus tard W. F. Hermans publie
La Chambre noire de Damoclès , un livre sur la collaboration et la trahison
durant l'occupation.
Dans les années 60, l’existentialisme influence des auteurs comme Gérard Reve
dont les œuvres pessimistes et hantées par la mort et le sexe, comme Les
soirées et Le quatrième homme, rencontrent un certain succès.
L'ouvrage de Jan Cremer, Moi, Jan Cremer, publié en 1964, rencontre un
large écho auprès de la jeunesse néerlandaise. Il retrace, de façon crue et
réaliste, les amours et les aventures d'un antihéros motocycliste.
Les thèmes liés à la guerre occupent une place importante dans la littérature
néerlandaise contemporaine, à l’instar de L’Assaut de Harry Mulisch et
de Le Chagrin des Belges, de Hugo Claus, qui est sans doute l’écrivain
néerlandais contemporain le plus connu.
Érasme, Spinoza, Grotius
On a coutume de dire que l’humanisme voit le jour en Hollande avec Erasme.
La période du XIVe au XVIIe siècle est en effet marquée par une
tension entre les principes théocratiques et l'individualisme humaniste. Le
plus grand humaniste, Erasme, en appelle à une réforme au sein de l'Église catholique
romaine, pour rapprocher la foi de l’homme en retournant au texte biblique.
Erasme est à l’origine de la tradition hollandaise d'humanisme, de rationalisme
et de tolérance. Son œuvre la plus célèbre est Eloge de la folie.
L’autre grand nom de la philosophie aux Pays-Bas est Baruch Spinoza. Connaisseur
des sciences et influencé par Descartes, Spinoza est l'un des plus grands philosophes
rationalistes du XVIIe siècle. Il prône un l’immanentisme : rien n'existe
que la Nature, qui est le seul Dieu. Il n'y a donc ni surnaturel, ni Providence,
ni Jugement dernier. Exclu de la communauté juive dès 1656, il mène la
vie d'un homme libre, gagnant sa vie comme opticien, et conduisant ses recherches
philosophiques.
De son côté, Grotius (Hugo de Groot) écrit Du droit de guerre et de paix
(De jure belli ac pacis ), ce qui en fait le père du droit international.
Un autre exemple de l’âge d’or des Pays-Bas au XVIIe siècle.