- Population : 32 309 000 habitants (estimation 2012).
- Superficie : 710 850 km² avec le Sahara occidental et 446 550 km² sans.
- Capitale : Rabat (1 750 000 habitants).
- Densité de population : environ 72 hab./km² (sans le Sahara occidental).
- Langues : arabe classique et amazigh (langues officielles). Parmi les langues véhiculaires :
arabe dialectal, idiomes berbères (rifain, braber, chleuh et zénète),
français (courant dans l'administration), espagnol (utilisé localement
dans le Nord).
- Régime : monarchie constitutionnelle.
- Chef de l'État : le roi Mohammed VI (depuis juillet 1999).
- Monnaie : le dirham.
- Indice de développement humain (espérance de vie, éducation, niveau de vie) : 0,582. Rang mondial : 130 sur 187 pays.
- Salaire minimum garanti : 2 110 Dh (environ 192 €) net.
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : les médinas de Fès (1981) et de Marrakech (1985), le ksar d'Aït-Benhaddou (1987), la ville historique de Meknès (1996) et la médina de Tétouan (1997), le site de Volubilis (1997), la médina d'Essaouira (2001), la cité portugaise d'El-Jadida (2004), et Rabat, capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage (2012).
À son arrivée au pouvoir, Mohammed VI a hérité d'une économie en crise, sans oublier la corruption.
La volonté de réformes et une situation macro-économique plus favorable dans les années 2000 ont permis l'amélioration significative de certains indicateurs : baisse du chômage, taux de croissance avoisinant les 5 % (le taux de croissance le plus élevé du Maghreb) et inflation en forte baisse. Ajoutez à cela des investissements étrangers qui ont fortement augmenté jusqu'en 2007.
Bien entendu, l'économie marocaine n'a pas été épargnée par la crise financière de 2008 et par la crise économique qui frappe l'Europe. Et pour cause, l'Union européenne représente près de 60 % des exportations et importations du royaume (la France est le premier partenaire économique du Maroc, suivie par l'Espagne).
Les autorités marocaines ont mis l'accent sur les investissements publics, via de grands travaux d'aménagement du territoire, et sur le désendettement de l'État, notamment à travers une vague de privatisations. Aujourd'hui, l'économie du pays résiste plutôt bien. Après un ralentissement en 2010, le taux de croissance a frôlé les 5 % en 2011. Le déficit commercial du Maroc représente un peu moins de 15 % du PIB, le déficit budgétaire s'élève à 3 % et l'inflation reste stable.
- Le domaine agricole constitue l'un des piliers de l'économie marocaine (environ 16 % du PIB). Très dépendante de son agriculture, l'économie marocaine n'en est que plus fragile. En cause : la structure des exploitations, de type familial, extrêmement morcelée.
Les aléas climatiques peuvent avoir des conséquences dramatiques. Mais l'inverse est tout aussi vrai ! Les fortes pluies tombées au début de 2009 ont généré des récoltes exceptionnelles qui ont dopé la croissance nationale.
- La pêche, autre branche du secteur primaire, représente une manne financière non négligeable. Les pêcheurs travaillent dans des eaux riches mais un peu trop prisées par leurs voisins espagnols, français ou portugais.
- Le textile et le secteur de l'habillement représentaient, jusqu'en 2005, le premier poste des exportations. Mais la concurrence des pays asiatiques à laquelle s'est ajoutée la crise mondiale a fait mal.
- Les phosphates constituent la seule richesse minière. L'activité a connu toutefois une baisse importante de ces exportations, en raison notamment de la crise internationale.
Le tourisme au Maroc représente 7 % du PIB. C'est donc un secteur clé de l'économie, bouleversé en 2011 d'abord par le « printemps arabe » et l'attentisme des voyageurs, et surtout par l'attentat perpétré à Marrakech fin avril 2011.
Beaucoup d'argent a été investi dans le secteur touristique. Un nouveau plan a déjà été annoncé : « Vision 2020 », 200 000 nouveaux lits et un doublement du nombre de touristes étrangers d'ici 2020, l'objectif étant fixé à 18 millions. Ce plan prévoit également d'insister sur le tourisme culturel, histoire d'échapper au syndrome du « tout-balnéaire ».
Autre source de devises non négligeable, les Marocains résidant à l'étranger (les MRE) rapportent chaque année plus de 3 milliards d'euros dans les caisses. Sur les 10 dernières années, cette manne étrangère représente près de 7 % du PIB.
Par ailleurs, de plus en plus d'étrangers s'installent au Maroc, et l'immobilier connaît un certain essor grâce aux résidences secondaires.
Boycottées par une partie de l'opposition et remportées par le Parti de la Justice et du Développement (PJD, islamiste et proche du roi Mohammed VI), les élections législatives de novembre 2011 semblaient avoir sonné le glas des aspirations de la rue. Ils étaient peu nombreux au sein du Mouvement du 20-février à souhaiter le départ du roi, mais beaucoup appelaient à une évolution vers une forme de monarchie constitutionnelle. Habile, Mohammed VI a joué sur les divisions au sein de cette coalition et proposé de très légères modifications à la Constitution, conservant de fait un pouvoir quasi absolu.
Mais la crise sociale n'a pas pour autant disparu. Pire, la montée du chômage a encore été aggravée cette année par la sécheresse et, en mai 2012, à l'appel de nombreuses organisations et du Mouvement du 20-février - à l'exception notable des islamistes qui s'en sont depuis retirés -, une manifestation monstre a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes à Rabat, un événement rare au Maroc.
Est-ce en raison de ce succès que le régime semble avoir décidé de durcir le ton ? Cinq militants ont été condamnés à des peines de prison ferme en septembre 2012, pour avoir participé à une manifestation. Même si la parole s'est quelque peu libérée, avec l'émergence de nombreux groupes de blogueurs, la censure demeure omniprésente.
Mais ce sont surtout les voix qui s'élèvent contre la corruption qui sont aujourd'hui les plus menacées. Ceux qui s'en prennent aux activités économiques de la famille royale subissent un harcèlement judiciaire. Si les Berbères ont obtenu quelques concessions dans la nouvelle Constitution, avec la reconnaissance officielle du tamazight, la situation au Sahara occidental est, quant à elle, toujours dans l'impasse, et les populations sahraouies continuent de subir une répression importante.
Enfin, la réforme du code du statut personnel (Moudawana), adoptée en 2004, a apporté une réelle amélioration pour les Marocaines, mais les freins sociétaux demeurent très vivaces. Le suicide d'une jeune Marocaine de 16 ans, contrainte par ses parents à se marier à son violeur, a cependant provoqué un mouvement national d'indignation qui a fragilisé la position du PJD au pouvoir. De nombreuses organisations féministes demandent la suppression de ce genre d'« arrangement » encore prévu dans le code pénal.
Partir au Maroc