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Culture Irlande

Musique

Festivals, fleadhtha et seisiúin

La musique se pratique dans les pubs et singing pubs mais aussi au fleadh (fleadhta au pluriel), grand rassemblement populaire de musique traditionnelle irlandaise, à l’ambiance assez dingue.

L'événement musical majeur en Irlande est le All Ireland Fleadh, finale de tous les fleadhtha locaux, qui se tient en général l'avant-dernière semaine d'août. Attention, vous trouverez difficilement de quoi vous loger. Les instruments traditionnels sont alors à l’honneur : l'uilleann pipe, sorte de cornemuse qui se joue assis en appuyant avec le coude au lieu de souffler dedans comme le font les Écossais, le bodhran, grand tambourin fait d'une peau de chèvre tendue, sur laquelle on frappe avec un morceau de bois poli et dur, et bien sûr le violon (fiddle) et la flûte irlandaise (tin whistle).
À propos des seisiúin, les vraies ont lieu en hiver.


Une autre forme de rassemblement musical est le festival (sorte de fest-noz), fréquenté surtout par les jeunes. Les festivals se déroulent généralement en pleine campagne, en plein air ou sous chapiteau, et durent trois jours. Les plus connus et qui reviennent le plus régulièrement : Cork (pour le jazz) fin octobre, Castlebar (pour le rock) en été, Miltown Malbay (musique traditionnelle) en juillet.
À mettre dans le sac à dos, La Musique irlandaise d'Erik Falc'her (éditions Coop Breizh). Un excellent et très complet petit ouvrage sur l'histoire et l'actualité de la musique irlandaise.

Le rock irlandais : une sacrée santé

Certains soutiennent que l’Irlande est à l’origine du rock, ce qui n’est pas faux. Les Irlandais dans leur migration vers le nouveau monde ont porté dans leur bagage le don de conter l’histoire d’un peuple, et une colère née de siècles de souffrances. Or, le rock est une musique de révolte, un état d’esprit qui doit beaucoup à l’Irlande. Le rock irlandais s’est développé à partir des années 1980 et s’est largement exporté. On se souviendra des Pogues, qui passèrent à la moulinette punk les chants traditionnels irlandais et sont certainement à l’origine des Commitments d’aujourd’hui, fortement attachés à leur pays, à la différence de U2, vitrine internationale un peu surfaite du rock irlandais.

L'Irlande et le cinéma

L'Irlande a inspiré plus d'écrivains que de cinéastes. Mais quand un œil de caméra se pose sur cette île (et à moins d'un scénario nullissime), il en sort toujours un bon film. C'est sans doute le génie des lieux et de ses habitants qui hante la pellicule. Voici, selon l'ordre chronologique de leur réalisation, quelques films célèbres - à juste titre - tournés dans des paysages irlandais ou traitant de problèmes irlandais. À voir avant de partir, au cinéma ou chez soi en cassette vidéo. Pour rêver...

- L'Homme d'Aran (britannique, 1932-1934) : de Robert Flaherty. Filmée comme un documentaire, cette fiction témoigne de l'existence difficile des insulaires. La récolte du goémon utilisé pour fertiliser les champs de cailloux, la chasse au requin à bord de currachs traditionnels, la pêche du haut de falaises vertigineuses sont ainsi montrées au travers de la vie quotidienne d'une famille d'Inishmore. Flaherty signe ici un brillant hommage à sa patrie d'origine.
- L'Homme tranquille (américain, 1952) : de John Ford. The Quiet Man raconte l'histoire d'un boxeur américain qui revient en Irlande, l'île de ses ancêtres. Adapté d'un roman irlandais par un monstre sacré du western hollywoodien (de son vrai nom, John Ford s'appelait Seán O'Fearna), le film fut tourné dans le Connemara, à Cong (où le pub du film est devenu le pub The Quiet Man), et dans ces merveilleux paysages de collines et de lacs de l'Ouest. Ford engagea des acteurs américains d'origine irlandaise : John Wayne, le roi des cow-boys, et Maureen O'Hara, la plus célèbre rousse aux yeux verts que l'Irlande ait jamais déléguée à Hollywood.
- Huit heures de sursis (Odd Man Out ; britannique, 1947) : de Carol Reed. James Mason y joue le rôle d'un militant du Sinn Féin en fuite, grièvement blessé pendant l'attaque d'une banque visant à renflouer les finances du mouvement, et errant dans un Belfast nocturne. Reed s'intéresse moins à la situation politique qu'à la réaction de la population civile face à un homme blessé recherché par la police. Superbe rendu de l'atmosphère de la ville, bien que le film soit majoritairement tourné en studio.
- La Fille de Ryan (britannique, 1970) : de David Lean. Avec Robert Mitchum. Bien que ce ne soit pas le meilleur cru de David Lean - il fit mieux avec Lawrence d'Arabie -, on y découvre les somptueux et inquiétants horizons de la péninsule de Dingle (Dingle, Stradbally, la plage d'Inch et la pointe de Slea Head) où fut tourné le film.
- Un taxi mauve (français, 1978) : d'Yves Boisset. Adaptation du roman de Michel Déon (ce romancier aime tellement le pays qu'il s'y est installé pour y vivre). Fred Astaire, dans son taxi mauve, rythme la valse énigmatique de Philippe Noiret et de Charlotte Rampling à travers de superbes paysages, vastes et désolés, qui servent de toile de fond à cette intrigue envoûtante et fort bien ficelée. Le film fut tourné dans le Connemara, du côté de Cong et dans la péninsule de Dingle (voir le pub Tomasin à Stradbally).
- Gens de Dublin (américain, 1987) : de John Huston. Par l'un des derniers monstres sacrés d'Hollywood, adaptation risquée mais réussie de The Dead (Les Morts), la dernière nouvelle du recueil Dubliners de James Joyce. Aventurier et intellectuel, John Huston avait les deux qualités pour porter à l'écran ce texte génial : l'audace et la finesse d'analyse. De plus, il connaissait l'Irlande et les Irlandais par cœur (il était lui-même d'origine irlandaise). Pour Gens de Dublin, Huston engagea sa fille Anjelica et l'acteur Donald MacCaan. Huston est mort peu de temps après le tournage. Gens de Dublin peut être considéré comme son testament cinématographique.
- The Field (irlandais, 1990) : de Jim Sheridan. Une vraie tragédie grecque ! Jugez plutôt. Années 1930. Un vieux paysan (Richard Harris) au caractère pas du tout facile s'apprête à acheter aux enchères ce qu'il convoite depuis des années : le champ loué et cultivé par ses ancêtres pendant des générations et qu'il destine à son fils (John Hurt). Totalement écrasé par son père, ce dernier rêve en secret de partir avec la fille du Traveller (une nomade !). Survient alors un Américain fortuné (Tom Berenger) en quête de racines... et donc de terre. Il s'agit de la première grande œuvre de Jim Sheridan (Au Nom du père, entre autres). Les premières images annoncent immédiatement la couleur (sombre). Les paysages de Leenane sont très bien filmés et le personnage de Richard Harris effrayant de détermination. D'après ce qu'on a compris, il ne s'agirait pas forcément d'une histoire inventée...
- The Crying Game (irlandais, 1992) : de Neil Jordan. Un soldat de l'armée anglaise est enlevé en Irlande par des combattants de l'IRA qui veulent l'échanger contre un des leurs. Il sympathise avec son geôlier, bien que tous deux viennent d'horizons totalement différents. Le soldat lui fait promettre de contacter son amie si les choses tournent mal... On ne vous raconte pas la suite ! Un scénario surprenant sur une nouvelle de Frank O'Connor, bien mis en scène et délicatement interprété.
- Michael Collins (irlandais, 1996) : de Neil Jordan. Du même réalisateur que le précédent, une évocation du destin d'un homme qui lutta et donna sa vie pour l'indépendance de son pays. On peut critiquer les libertés prises vis-à-vis de l'histoire, mais il n'en reste pas moins un grand film récompensé par le Lion d'Or de Venise, nous éclairant sur une période mal connue (du moins dans nos chaumières) de l'histoire irlandaise.
- Bloody Sunday (anglo-irlandais, 2002) : de Paul Greengrass. La reconstitution de l'engrenage infernal qui allait mener, le dimanche 30 janvier 1972, à la tragédie que l'on sait (13 morts parmi les manifestants d'une marche pacifique à Derry, en Irlande du Nord). Un film qui a valeur de document, monté en séquences courtes, sans pathos. Paul Greengrass, récompensé par l'Ours d'or du Festival de Berlin en 2002, a également produit Omagh (2005), sur une autre tragédie irlandaise.
- Le vent se lève (The Wind that shakes the barley ; anglais, 2006) : de Ken Loach. Dans la veine de son Land and Freedom, un Ken Loach historique qui retrace le parcours d’un jeune Irlandais laissant tomber ses études de médecine pour rejoindre l’IRA, au moment de la guerre d’Indépendance. Un film très fort qui dénonce les atrocités commises par les troupes britanniques. Palme d’or du Festival de Cannes 2006.
- D’autres films célèbres ont été tournés en Irlande : la petite ville de Youghal a été maquillée pour figurer le port américain de Moby Dick, film de John Huston (encore lui !) avec Gregory Peck, adapté du célèbre roman de Melville. Toujours de John Huston, des scènes du Piège (avec Paul Newman) furent tournées à Dublin. Certaines scènes de Barry Lindon, de Stanley Kubrick, rendent hommage à la beauté de la campagne irlandaise. Même s’il ne parle pas spécialement du pays, on peut reconnaître dans Excalibur, de John Boorman, des paysages ou des lieux comme le lac de Luggala et la cascade de Powerscourt dans les monts Wicklow, ou le château de Cahir dans le comté de Tipperary. Plus récemment, Mel Gibson est venu tourner Braveheart sur le terrain militaire du Curragh près de Kildare. Les scènes du débarquement d’Il faut sauver le soldat Ryan furent tournées à Curracloe, dans le comté de Wexford, et Angela’s Ashes se passe à Limerick.
Dublin à elle seule sert de décor pour de nombreuses prises de vue, My Left Foot, The Commitments, Au nom du père, The Boxer, Agnes Brown...
L’office du tourisme de l’île d’Irlande à Paris donne une jolie brochure qui répertorie les lieux de tournage des films.





 



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