Population
À Maurice
On compte plus d'un million de Mauriciens dans l'île. La densité y atteint 607 hab./km² (106 hab./km²en France métropolitaine).
Dans les rues de Port-Louis comme dans les bourgs de la côte, c'est un maelström humain qui mélange les couleurs de trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Asie.
68 % des Mauriciens sont d'origine indienne, la moitié de la population est de confession hindoue. Ils sont arrivés (de force) au XIXe s du Tamil Nadu (sud-ouest de l'Inde), de la côte de Malabar, de Calcutta ou d'ailleurs. Ils ont fait souche et prospéré. La quasi-totalité des avocats et médecins, ce sont eux. Ils sont la clé de chaque élection, et détiennent le pouvoir politique et administratif. Côté religion, certains ont mêlé leur hindouisme au catholicisme, quand ils ne l'ont pas pimenté de coutumes africaines.
Il ne faut pas confondre ces hindous avec d'anciens voisins à eux : les musulmans de l'Inde (17 % de la population). La plupart de ceux-ci proviennent du Bihar et travaillent beaucoup dans le petit commerce.
Les Sino-Mauriciens s'impliquent moins dans la politique que dans le commerce. Venus souvent sur l'île de leur propre chef, ils sont relativement peu nombreux (3 %).
La « population générale » représente 28 % de la population. Elle se subdivise en créoles, métis et Franco-Mauriciens. Ces derniers, héritiers des premiers colons, bien que très peu nombreux, détiennent une bonne part du pouvoir économique et les deux tiers des richesses de l'île.
Le dernier groupe ethnique est constitué des Îlois, des réfugiés venus de l’archipel des Chagos
qui prolonge les Maldives.
La plupart des habitants se considèrent comme membres d'une communauté avant d'être mauriciens.
À Rodrigues
L'île abrite environ 40 000 habitants, soit 3 % de la population mauricienne. Ce chiffre, assez stable, est dû à une forte émigration, principalement vers Maurice et l'Australie. À côté des commerçants chinois et de quelques fonctionnaires indiens venus de Maurice, l'écrasante majorité de la population est créole.
La population rodriguaise est issue d'un mélange entre les « Noirs », descendants des esclaves et les « Rouges » (à cause des coups de soleil !), ultra-minoritaires, descendants des Français qui s'installèrent à Rodrigues au début de la colonisation.
Religions et croyances
Pas de religion officielle à Maurice. Toutes les croyances sont représentées.
- L'hindouisme constitue la religion prédominante, avec la moitié de la population. Il s'agit plutôt d'un hindouisme « allégé » : moins de croyances irrationnelles, pas de vaches sacrées ni de sadhus , une idolâtrie simplifiée. En revanche, l'attachement à la terre des ancêtres est profond.
- L'islam provient pour l'essentiel du sous-continent indien mais aussi d'Afrique. Les musulmans représentent un sixième de la population environ.
- Le christianisme : les chrétiens atteignent environ un tiers de la population, avec une part infime de protestants (anglicans). Ce sont des immigrants européens ou créoles venant d'Afrique pour l'essentiel, ainsi que la majorité des Sino-Mauriciens.
- Le bouddhisme est quant à lui pratiqué par une très faible minorité de Chinois.
Rodrigues possède un profil religieux très différent de celui de Maurice. 97 % de la population est catholique. Ce catholicisme prégnant a sans doute permis un développement sans inégalités sociales criantes.
Musique : le séga
Caractéristique du folklore typiquement mauricien, le séga est aussi pratiqué à Rodrigues où il n'existe pas de réelle tradition écrite. Danse et musique d'origine africaine, le séga fut importé par les esclaves ; son rythme effréné, son caractère répétitif, ses mélodies simples, presque entêtantes, sont chargés de désir. Les femmes portent une large jupe à volants colorés et les hommes une sorte de pantalon de corsaire, large et court. Si l'on respecte la règle, le couple face à face ne doit jamais se toucher.
Malheureusement, aujourd'hui on ne trouve plus beaucoup de séga improvisé sur la plage comme c'était le cas autrefois. Il faut se contenter des soirées séga hebdomadaires des hôtels et des clubs.
L'instrument principal est la ravane, grosse caisse assez plate qu'on porte sur soi et qu'on frappe avec les doigts. Ajouter des noix de coco remplies de graines et un triangle.
Littérature
Il existe une grande tradition littéraire de langue française à Maurice. En
1803, Barthélemy Huet de Froberville publia à l'île Maurice le premier roman
de l'hémisphère Sud, Sidner ou les Dangers de l'imagination. Au XXe siècle,
les lettres mauriciennes sont représentées par Loys Masson (Le Notaire des
Noirs), Marcel Cabon (Namasté), Shenaz Patel (Le Portrait Chamarel)
et Malcolm de Chazal (1902-1981), poète et peintre, sans doute le plus grand
écrivain mauricien, dont l’œuvre inclassable, ésotérique et symbolique fut admirée
par les surréalistes. Ses deux livres les plus connus sont Petrusmok et
Le rocher de Sisyphe.
D’autres œuvres sont liées à l’île, même si leurs auteurs ne sont pas mauriciens.
L’histoire d’amour de Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre,
écrite en 1773, se déroule sur l’Isle de France (ancien nom de Maurice) qualifiée
de « Nouvelle Cythère ». Charles Baudelaire a été marqué par son séjour
mauricien en 1841 qui a inspiré certains de ses poèmes. Enfin, J.M.G. Le Clézio
, petit-fils de Mauricien, a écrit trois romans qui se déroulent à Maurice et
Rodrigues : Le Chercheur d’or, La Quarantaine et Voyage à Rodrigues.
Médias
À Maurice
La langue de la presse est le français. C'est le cas des trois principaux quotidiens, Le Mauricien, L'Express et Le Matinal, dits indépendants, et des hebdomadaires Le Militant et Le Défi Plus, hebdo le plus lu de l'île. Mais chaque communauté religieuse possède aussi son propre journal, représentant les hindous, les catholiques, les musulmans. Les Sino-Mauriciens se réfèrent à deux quotidiens publiés en mandarin.
Il existe trois chaînes de télévision qui émettent des programmes en français, anglais et hindi. Mais il n'est pas rare de tomber sur des programmes tamoul, marathi, gujarati, telegu et mandarin. Un moyen de préserver les identités culturelles. Par ailleurs, France 24, la chaîne de l'info en continu 24h/24, est accessible sur la TNT.
L'ile est également pluriethnique également en radio, puisque Radio Maurice et Kool FM diffusent en créole et en langues européennes, tandis que One World FM retransmet des émissions notamment de France-Inter et Voice of America.
À Rodrigues
Il existe plusieurs hebdomadaires à Rodrigues. Le Vrai Rodriguais et Ici Rodrigues sont, respectivement, les organes de presse du parti actuellement au pouvoir (l'OPR ; Organisation du peuple de Rodrigues) et du principal mouvement d'opposition (le MR ; Mouvement rodriguais).
Autre journal à paraître le même jour, La Tribune. C'est la seule publication véritablement indépendante de l'île. Le Nouveau Rodriguais est un bimensuel écrit presque entièrement par un député de l'OPR.
La presse internationale n'arrive pas jusqu'à Rodrigues. En revanche, vous pouvez vous procurer les trois grands quotidiens que sont L'Express, Le Mauricien et Le Matinal chez M. Kong, dans la rue de la Solidarité.
Rodrigues possède sa propre station de radio (MBC). Elle émet le matin de 5 h à 7 h et de 14 h 30 à 22 h sur 97,3 FM.