Cuba a marqué le XXe siècle par son extraordinaire palette de musiques et de danses : rumba, punto, tonada, danzón, son, batanga, bolero, changüí, guajira, mambo, cha-cha-cha, pachanga, songo, salsa, etc.
À l'origine faite de chants et de percussions, la rumba se compose de trois styles, la columbia, le guaguanco et le yambu, ayant chacun leur danse. La première est pour les hommes, physique et acrobatique. La deuxième, plus lente, convient aux couples fatigués. La troisième enflamme les corps : fous de désirs et de séduction, les couples se frôlent et se séparent pour se rejoindre enfin dans la fusion de l'acte sexuel.
Au départ, c'est l'orchestre de rumba que l'on appelait son : trois chanteurs accompagnés de percussions, auxquels viendront s'ajouter des instruments à cordes.
Le mambo qui envahit l'Amérique des années 1940 est né à Mexico, sous la houlette du pianiste cubain Damaso Perez Prado. À l'image des formations de jazz de l'époque, il a fondé son big band avec batterie et imposante section de vents.
C'est en rivalisant d'invention que Machito, Tito Puente et Tito
Rodriguez réussissent à rendre la scène new-yorkaise complètement mambo
sous leurs assauts puissants. À La Havane, Beni Moré et Bebo
Valdés sont en train de construire leurs folles légendes, lorsque déferle
la vague du cha-cha-cha. Dérivé du danzón, ce nouveau style, créé par
Enrique Jorrin, rejoint le mambo à la conquête des pistes de danse
du monde entier. Dans les années 1950, l'hégémonie planétaire de la musique
cubaine est consommée, imposant une foule de noms, dont Celia Cruz et Alfredo
Rodriguez.
Les années 1970 ont vu apparaître la nueva trova, liée au mouvement
engagé de la nueva canción d'Amérique du Sud. Les noms de Pablo
Milanés ou Silvio Rodriguez ont marqué ce courant, celui
de Carlos Varela (plus rock !) est en vue avec ceux de William
Vivanco et Amaury Perez.
Quant à la salsa, après l'avoir considérée comme un avatar plus ou moins dégénéré de leur musique originale, les artistes cubains ont fini par l'adopter.
S'agissant du jazz latino, son représentant le plus fameux est le pianiste Chucho Valdés.
La salsa, musique phare de Cuba ? Vous n'y êtes pas ! Pour être tendance à Cuba, il faut aller danser le reggaeton, un genre musical que les Cubains se sont tellement appropriés qu'ils l'ont rebaptisé cubaton. Ce style musical né dans les années 1990 mixe rythmes techno et dance au reggae et au rap des années 1980.
C'est devenu LA musique de la jeunesse cubaine : dansée dans les boîtes de La Havane, écoutée partout sur les radios populaires, elle a atteint toutes les strates de la société. Considéré comme un sous-genre du rap dont il s'attribue les codes vestimentaires et linguistiques, le reggaeton - ou cubaton - se danse de façon très hot, en mimant explicitement l'acte sexuel sur fond de basses tonitruantes... Tout un programme !
La salsa a grandi dans les milieux cubains de New York et s'y est épanouie dès le milieu des années 1970. Plusieurs vagues lui avaient ouvert le chemin. D'abord, le retour à la charanga. Le boogaloo, ensuite, mambo teinté de soul. Enfin, la vogue des orchestres típicos.
La vie nocturne des musiciens de la diaspora latine est intense à New York. Dans les descargas, ces jam sessions latinas, toutes les influences se mélangent aux variantes afro-cubaines : bomba et plena des Portoricains, merengue des Dominicains, cumbia des Colombiens.
Le pilonnage promotionnel fut tel que, pour tout un chacun, musique cubaine égale salsa. Grave erreur ! C'est bien à Cuba qu'est apparu le terme « salsa », dans un son de 1929, Echale Salsita (« Mets du piquant »), puis en 1962, avec l'album de Pupi Legarreta Salsa Nova. Mais ne dites pas à Juan Formell, leader de Los Van Van, qu'il joue de la salsa... « La salsa est la musique popularisée par la communauté cubano-portoricaine de New York », explique-t-il.
Dans les années 1980, toute l'Amérique hispanophone adopte la salsa.
Une histoire de l'exil cubain pourrait s'écrire en 3 chapitres.
D'abord, les 3 exodes (1965, 1980, 1994) qui ont mis Cuba sous les
feux de l'actualité. Ensuite, les « faits divers » : on apprenait qu'un
ou plusieurs Cubains avaient réussi à toucher les côtes américaines,
qu'un pilote d'avion atterrissait sur une piste des États-Unis, que tel
musicien décidait de ne pas rentrer à Cuba... Enfin, dernier chapitre,
l'exilé aujourd'hui, c'est celui qui, à distance, fait bouillir la
marmite de nombreux foyers cubains de Cuba.
Tout Cubain qui
s'exile, ou presque, débarque un jour à Miami. Dans cette ville de
Floride, un des plus grands quartiers s'appelle Little Havana.
Aujourd'hui,
on peut y partir et en revenir. Muni de son autorisation de sortie du
pays, le Cubain peut bénéficier aussi, et
cela est plus difficile, du visa américain. Dans ce cas, on rend visite
à la famille, aux amis, on fait le plein d'achats. Terre d'asile, Miami est devenue supermarché.
Les choses ont
évolué : les Cubains exilés sont devenus officiellement pour La Havane
« membres de la communauté cubaine de l'extérieur ».
À Cuba, en
quelque 50 ans, l'hémorragie a été importante. Un chiffre est avancé :
plus d'un million de personnes, soit le dixième de la population,
seraient des exilés directs, qui financent une partie non négligeable de l'économie de subsistance de la population.
| Faut-il vraimant aller a Cuba? (5 réponses) | 06/05/2013 | ||
| Romerias de Mayo à Holguin (1 réponse) | 14/04/2013 | ||
| Festival du son Miguel Matamoros à Santiago de Cuba | 21/03/2013 | ||
| cours d'espagnol à Cuba (3 réponses) | 15/03/2013 | ||
| Evenements culturels à Cuba (1 réponse) | 15/02/2013 | ||
| Festival del Caribe - Santiago de Cuba, demande d'infos (7 réponses) | 03/02/2013 | ||
| Où danser la salsa à la Havane? (4 réponses) | 29/01/2013 | ||
| Fete assaut palais présidentiel à La Havane | 27/01/2013 | ||
| CD de musique cubaine (6 réponses) | 18/12/2012 | ||
| Cubanito 20.02 à Paris (4 réponses) | 05/12/2012 | ||
| Accéder au forum Cuba | |||
Partir à Cuba