Cuisine, gastronomie et boissons Cuba

Cuisine

Autant être francs : Cuba n’est pas une destination gastronomique. Malgré des progrès ces dernières années, la limitation des ressources et sources d’approvisionnement fait que l’on mange souvent la même chose. Poulet et porc sont à la base de la cuisine dite « créole » (criolla).
On trouve aussi du bœuf mais de piètre qualité et souvent trop cuit, trop sec, ou nappé de sauces énigmatiques.
Il y a heureusement les produits de la mer : poisson (souvent frit, voire nappé de fromage et jambon !), crevettes, poulpe et langouste.

Cuisine cubaine
© recyap - Fotolia

Les légumes verts sont les grands absents : si vous ne supportez plus le riz, le congrí (mélange de riz et de haricots noirs) ou les moros y cristianos (haricots noirs et riz blanc séparés), on ne vous proposera guère que des pommes de terre, des bananes plantains frites ou... des frites (papas fritas) !
Avec un peu de chance, vous tomberez sur une igname une patate douce, du manioc ou du taro.
Pour équilibrer vos repas, vous ne pourrez guère que vous rabattre sur les salades, hélas toujours identiques : laitue, tomates (souvent pas mûres) et concombre, voire du chou blanc et plus rarement de l’avocat, mais là, c’est Byzance !

Les spécialités cubaines

- Le riz et les haricots noirs : ce sont les mamelles de la gastronomie créole. Ici, on les mange ensemble et on appelle ce plat congrí ou moros y cristianos (maures et chrétiens). On s'en lasse vite, mais c'est très bon marché.

- Le cochinito : bien meilleur que le bœuf du pays, le cochon est un mets de choix pour les Cubains. On le prépare en rôti, grillé ou frit et, à la campagne, sous forme de méchoui (en púa).
- La ropa vieja : excellent lorsqu’on le mange en dehors de Cuba, cet emblématique plat de viande de bœuf effilochée en longs filaments est souvent décevant sur place.

- La langouste (langosta) : vous en trouverez dans la plupart des paladares et des restos touristiques. Il y a encore peu de temps, les Cubains n’avaient pas le droit de détenir de la langouste, réservée à l’exportation et aux restaurants d’État ! Elle est au top simplement grillée, avec une petite sauce à l’ail. Certains la proposent cuite dans une sauce tomate ou... avec une couche de fromage fondu sur le dessus, beurk ! Attention, dans les restos d’État, elle est souvent congelée (un comble) et mal cuite.
- Le crabe (cangrejo) pullule sur les routes, bien peu de restos en proposent. Si vous passez à Caibarién, au centre du pays, c’est la spécialité locale... Si on vous propose de la tortue (carey), refusez ! Les tortues de mer sont en voie d’extinction.
- Le crocodile : vous n'en trouverez qu'à Guamá et dans quelques restaurants de Playa Girón, sur la péninsule de Zapata. C'est une viande qui rappelle un peu le veau ou le poulet, mais avec un goût de poisson !

- La banane plantain (plátano) : considérée comme un légume, elle est presque toujours servie frite, en rondelles, comme des chips ! Si les tranches sont fines, ce sont des mariquitas. Plus épaisses, elles s’appellent tostones.

- Les fruits : malgré son climat tropical, l’île n’offre pas une immense variété. Au petit déj, dans les casas particulares, on vous servira le plus souvent de la banane, de la papaye et de l’ananas – ce dernier curieusement souvent peu mûr, peu sucré et sans grande saveur... Selon l’approvisionnement et la saison, vous goûterez aussi à la goyave la sapotille ou à la mangue (à partir de juin). Les agrumes sont aussi très présents, en particulier le pamplemousse et les oranges, toutefois de qualité moyenne.

- Côté desserts, c’est le grand vide. Vous trouverez parfois du riz au lait, du flan au caramel ou, plus curieux, des fruits confits très sucrés avec du fromage à pâte cuite. Les Cubains adorent ça ! Parfois, de la glace vous sera proposée, le plus souvent fraise et chocolat... ou chocolat et fraise, ça dépend.

Boissons

- L'eau : attention, si officiellement l’eau du robinet est potable, elle a souvent mauvais goût, et il vaut mieux s’en tenir à l’eau en bouteille, que l’on trouve presque partout. Elle n’est cependant pas bon marché : comptez 1,50 ou 2 CUC pour 1,5 l dans les hôtels et restos (soit autant qu’une bière de base !), et moitié moins dans les petites boutiques. Demandez une agua con gas si vous aimez les bulles, ou natural si vous préférez l’eau plate.

- Le café cubain est réputé et peut être bon, même si l’on se voit malheureusement souvent servir un breuvage de piètre qualité, mal torréfié, au goût de brûlé. C’est dans les régions de Santiago et Guantánamo, où l’on trouve l’essentiel des plantations, qu’il est le meilleur – avec un léger goût de vanille. Les Cubains en sont de gros consommateurs et l’aiment fort et bien tassé.

Après avoir culminé au début des années 1960, la production de café cubain n’a eu de cesse de chuter, passant de plus de 60 000 tonnes à moins de 6 000 aujourd’hui. L’État est ainsi obligé d’importer du café chaque année, un comble !

- Le guarapo : jus de canne à sucre. Vous verrez en bord de route des stands baptisés guaraperias. Essayez, c’est excellent ! Le guararón est allongé de rhum.

- Les sodas : les Cubains appellent ça refrescos. Le vrai Coca-Cola en canette a fait son apparition, mais sous licence mexicaine. Il est deux fois plus cher (2 CUC) que ses succédanés locaux, le Tropicola et surtout le Tukola !

- Le pays produit plusieurs bonnes bières : la plus courante, la Cristal, est légère et à prix correct (environ 2 CUC) ; il y a aussi la Cacique, également une blonde légère, et la Mayabe, fabriquée à Holguín, beaucoup moins facile à trouver. Celle qui a le plus de caractère est la Bucanero, ambrée et plus forte en alcool. Les bières claras comme la Hatuey (excellente) sont plus souvent vendues aux Cubains qu’aux touristes ; elles sont moins chères (environ 10 pesos) et plus artisanales. Il existe aussi des bières d’importation, mais là les prix s’envolent.

- À signaler également, la malta, une sorte de bière sans alcool sombre, sucrée à la mélasse et servie sur glaçons...

- De plus en plus de paladares proposent des vins importés, généralement espagnols et/ou chiliens – comme l’incontournable Casillero del Diablo. On trouve aussi des vins cubains, comme le Soroa (2,50 CUC en magasin) ou le San Cristóbal (7 CUC), qui se laissent boire. Ils sont assemblés et mis en bouteilles à Cuba, mais proviennent de vignes espagnoles ou italiennes...

Le rhum et les eaux-de-vie

Avec le cigare, c’est l’une des gloires nationales. La tradition du rhum cubain, tiré de la mélasse, remonte au XVIe s, mais c’est seulement à la fin du XIXe siècle qu’il gagna ses lettres de noblesse avec le développement de la double distillation. Il reçut alors l’appellation superior, le distinguant des autres rhums antillais, plus « rustres ». Son expansion fut ensuite favorisée par la Prohibition aux États-Unis : des milliers de caisses débarquaient alors clandestinement dans les Keys de Floride. On le consomme blanc (carta blanca), doré (carta oro), ambré (añejo) ou brun (vieux), avec des glaçons (a la roca) ou en cocktail.

L’histoire a retenu deux marques principales : Bacardí et Havana Club.

L’aguardiente, l’eau-de-vie traditionnelle des paysans, titrant 40-45°, est sèche, brutale et souvent servie avec du miel – on parle alors de canchánchara. Le très populaire Santero (40°), rappelant certains rhums agricoles blancs martiniquais ou guadeloupéens, est souvent utilisé comme base pour le mojito.

Les cocktails

Il serait dommage de quitter l’île sans expérimenter les excellents cocktails cubains. Il y a les classiques, les fantaisies, les cocktails d’hiver, les Havana Club long drinks et les short drinks, les plus nombreux.

C’est Hemingway qui popularisa dès 1934 deux des grands classiques, dans deux des plus grands bars de la capitale. Le barman Constante du Floridita inventa pour « Papa » le Hemingway especial, un daïquiri glacé... double dose, servi dans un verre conique, avec rhum blanc silver dry, jus d’un demi-citron, quelques gouttes de marasquin et glace pilée. Non loin de là, à la Bodeguita del Medio, on vous servira le mojito. Sachez que le daïquiri du Floridita est loin d’être le meilleur de la ville.... En revanche, c’est l’un des plus chers !

Le Cuba libre, mélange de rhum et de Coca, n’est pas né avec la révolution mais bien plus tôt, en 1898, dans les rangs des indépendantistes. La piña colada (à base de jus d’ananas), est en général excellente, parfois servie directement dans le fruit évidé.

Services voyage



Forum Cuba

Voir tous les messages
Restos et gastronomie

FILTRER LE FORUM SUR UN THÈME

Les dernières discussions du forum Restos et gastronomie Cuba

Vos discussions préférées du forum Restos et gastronomie Cuba

Ils cherchent un compagnon de voyage

Voir toutes les annonces

Vous cherchez un compagnon de voyage pour un trek, un voyage itinérant ou un tour du monde ? Un routard pour louer avec vous une maison à l'autre bout de la terre ?

Petites annonces Cuba

Voir toutes les annonces

Déposez gratuitement vos annonces concernant la vente, l'achat, l'échange ou le don de guides, cartes, sacs, objets utiles, souvenirs de voyage...

Actus Cuba

Agenda Cuba

Cuba Les articles à lire