![]() Un peu d’histoire CorseLes archéologues penchent plutôt pour une occupation saisonnière, qui aurait commencé au Mésolithique, vers 10000 av. J.-C., par des pêcheurs venant du continent. Pour une occupation permanente, il faudra attendre quelques millénaires encore : sans doute vers 5750 av. J.-C. Corses contre Corses Les Romains restent 700 ans. Les grandes invasions glissent sur l'île. Vandales en 456, Goths un siècle plus tard, suivis de près par les Byzantins. En 725, les Lombards débarquent... pour être chassés par les Francs. Bref, au IXe s et après, toute une série de razzias terrifiantes, les Maures, appelés Sarrasins ou Barbaresques, ramassent tentent leur chance. Gênes durable... Au XIIe siècle, Gênes, qui monte, cherche à blackbouler Pise. Dans l'île, les deux villes de mer ont chacune leurs partisans : le sang corse coule. En 1284, Gênes détruit la flotte pisane. Ceux qui se sont endormis corses se réveillent génois. Durant cinq siècles, ils chercheront à retrouver leur indépendance. En 1358, une révolte antinobiliaire aboutit à un système de communautés villageoises autogérées. Une partie de l'île est alors débarrassée des seigneurs féodaux. Un roi sans couronne En 1755, Pasquale Paoli est élu chef de la Résistance. Au traité de Versailles (1768), Gênes, ruinée, demande au roi de France de rétablir l'ordre en Corse pour son compte. Gênes ne reverra jamais son ancienne possession, Louis XV annexant l'île, ce qui explique qu'aujourd'hui encore plus d'un Corse considère que les Français se sont illégalement approprié l'île. Celle-ci entre en effervescence. Le « Petit Corse » Carlo-Maria Buonaparte a lancé un appel aux armes contre « les derniers envahisseurs » venus de France. Assez vite, pourtant, le paoliste flamboyant se transforme en « collabo » des Français, contre un titre de noblesse. La Corse française En regard de sa longue histoire de troubles, la Corse a vécu les deux derniers siècles dans une paix relative. Après son annexion, la France n'est pas restée inerte. Un gouvernement modéré mais ferme développe l'économie. Les fléaux insulaires (vendetta, divisions, banditisme...) déclinent au début du siècle suivant. La Corse libérée par les Corses ! La Seconde Guerre mondiale plonge la Corse dans la tourmente. Pressé de « rendre » l'île à l'Italie, Mussolini l'occupe au mépris des accords d'armistice. La Résistance corse s'organise. L'Action régionaliste corse des frères Siméoni L'indépendantisme corse a souvent mené l'histoire insulaire. Cependant, depuis Paoli, pas grand-chose à l'horizon... Mais l'histoire se réveille dans les années 1960, quand la Corse s'ouvre au bouillonnement régionaliste. Un mouvement surtout incarne cette génération qui veut vivre au pays : l'ARC, l'Action régionaliste corse des frères Siméoni. Avec le raidissement des années 1970, l'ARC devient franchement autonomiste. Le tournant d'Aléria En août 1975, les pieds-noirs sont accusés de profiter des subventions et de trafiquer le vin dans la plaine orientale. Michel Poniatowski, ministre de l'Intérieur de Valéry Giscard d'Estaing, envoie à Aléria 1 200 hommes et quatre automitrailleuses régler le problème. Siméoni s'est constitué prisonnier et la Corse le soutient, mais, une semaine plus tard, 10 autres militants sont arrêtés. Les affrontements à Bastia tournent au combat de rue. Les nuits bleues du FLNC Plus rien ne sera comme avant. L'autonomisme est enterré, la lutte est désormais nationaliste. Les radicaux fondent le FLNC (Front de libération nationale de la Corse) le 5 mai 1976. Les symboles de l'État, les postes, les perceptions, les gendarmeries sautent régulièrement. L'hydre à bras armés Mais le « conflit » s'enlise. Les gouvernements successifs échouent dans leurs tentatives de règlement de ce qu'il est désormais convenu d'appeler le « problème corse ». La création de la région Corse en 1970, l'ouverture d'une université à Corte, la création de nouveaux statuts pour l'île en 1982, celle d'une assemblée territoriale, les avantages fiscaux, les primes diverses et même les amnisties, rien n'y fait, la surenchère continue, les attentats aussi. Luttes intestines entre indépendantistes Désormais, le mouvement indépendantiste n'est plus celui des origines. Les luttes intestines, les rivalités personnelles, l'usage de plus en plus fréquent des armes, la collusion mafieuse et la levée de « l'impôt révolutionnaire », tout cela nourrit des méthodes crapuleuses. La dérive atteint des sommets : assassinat du préfet Érignac en 1998, règlements de comptes en série... Les accords de Matignon Jospin décide, en 1999, de réunir autour d'une table tous les partis. Le gouvernement, les nationalistes, qui se font représenter par Jean-Guy Talamoni, et semblent, enfin, parler d'une seule voix, et les élus corses des partis traditionnels, tout le monde participe. À 'été 2000, Jospin sort un consensus de son chapeau. Tout le monde est content ! Et maintenant ? Le changement de donne politique, en mai 2002, a enterré ces accords. Le gouvernement Raffarin a voulu montrer rapidement ses « bonnes intentions » vis-à-vis de la Corse, avec, en particulier, de nombreuses visites du ministre de l'Intérieur de l'époque... |
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