Lufthansa, refus d'indemnisation (suite)

Forum Avion

Bonjour,

La galère continue avec Lufthansa, qui vient de trouver un nouveau prétexte pour refuser de nous indemniser : la météo!

Pour mémoire (j’en ai parlé dans une discussion précédente) : presque 15 h de retard pour un vol Toulouse- Frankfort- Windhoek. Le problème se situant lors de l’escale à Frankfort, pour le 2e segment de vol .
Là, il s’agit d’un vol Lufthansa/Discover.
N’ayant pas pu décoller à temps en soirée, en raison d’un petit problème technique (réparation trop longue, aéroport fermé à 23h), gros retard pour repartir le lendemain car il fallait re-scanner tous les bagages… du moins c’est ce qui nous a été dit. Je n’ai pas de preuve matérielle.

J’ai étudié les discussions du forum et suivi à la lettre les recommandations de Gilloraymondo (que je remercie encore!), j’ai envoyé une LRAR à Lufthansa ainsi qu’au service clients, avec tous les justificatifs concernant nos vols, et les références des textes de loi du règlement européen.
Sauf en ce qui concerne les raisons du retard à Frankfort, pour lequel je n’ai pas de preuve matérielle.

Mon courrier a bien été pris en compte, mais je viens de recevoir un refus d’indemnisation, basé sur le prétexte … de mauvaises conditions météo!!!

Or, il n’y avait aucun problème météo sur ces 2 jours (27 et 28 octobre 2025), juste quelques petites averses de pluie, et le trafic aérien se déroulait normalement, décollages et atterrissages se succédaient.

Que puis-je faire? Y a -t-il un site météo spécifique à l’aéroport de Frankfort où je pourrai retrouver les preuves d’une météo normale?
Je suis prête à renvoyer un nouveau courrier LRAR en contestant ce qui est écrit et en rajoutant les infos météo.

J’ai retrouvé ceci :

Et pour info, voici une copie du message que j’ai reçu.

Le point positif est que cela confirme et officialise notre retard.

Encore merci à Gilloraymondo (si vous pouvez m’aider) et à toute autre aide qui sera la bienvenue!

Patou

Hello,

J’sais pas si ça peut être utile,
Archives d’octobre 2025 de la météo à Franckfort:

https://fr.weatherspark.com/h/d/61302/2025/10/28/Météo-historique-le-mardi-28-octobre-2025-à-Francfort-sur-le-Main-Hesse-Allemagne#Sections-Moon

On peut avancer ou reculer la date juste au dessus des pictogrammes des phases de la lune.

La même pour Hosea Kutako International Airport

https://weatherspark.com/h/d/148384/2025/10/28/Historical-Weather-on-Tuesday-October-28-2025-at-Windhoek-Hosea-Kutako-International-Airport-Namibia#Sections-Moon

Dans l’un comme dans l’autre je n’y vois pas de circonstances météo exceptionnelles. Sauf qu’à Hosea Kutako International Airport il y a interruption des relevés météo entre le 26 et le 28 à 3 h du matin.

En revanche il y a eu le post ci-dessous sur Facebook le 28 octobre 2025

Ca vaut peut-être le coup de leur poser la question sur les raisons du foutoir le 28 octobre à l’aéroport

https://www.facebook.com/groups/1193164285220471/

Bonjour,
Oui oui, c’est super utile!
Je vais voir et revoir comment exploiter ça.
En effet il n’y a dit aucun pb météo ce jour là, et rien ne nous a été signalé à Windhoek la nuit de notre arrivée.

Un grand merci,
Patou

En effet, il faisait plutôt un temps doux.
Et ce qui est étrange, c’est que dans le cas de cet ami dont je t’ai parlé et qui a été indemnisé assez rapidement, c’est à cause d’orages violents qu’il n’a pas eu son vol.

https://www.historique-meteo.net/europe/allemagne/francfort/2025/10/
https://www.historique-meteo.net/europe/allemagne/francfort/2025/10/

Bonjour,

Vous perdez votre temps à multiplier les échanges avec Lufthansa. Cette compagnie occupe la 1ere place sur le podium des compagnies qui résistent aux droits des passagers. Voir là :

https://retardimportantavion.wordpress.com/2024/10/23/lufthansa-championne-du-refus-des-droits-des-passagers/

Aucune circonstance extraordinaire ne dispense la compagnie aérienne d’indemniser le passager si la PREUVE n’en est pas apportée par la compagnie aérienne. (article 5, paragraphe 3 du règlement 261/2004 du Parlement Européen et du Conseil qu’il faudra citer dans vos conclusions.

Votre seul moyen d’agir est de saisir la justice, en mettant en oeuvre la “procédure européenne de règlement des petits litiges” (vous résidez dans un État membre de l’Union Européenne différent de celui du siège social de votre adversaire) auprès du tribunal de proximité de Toulouse (aéroport de départ) . Il s’agit d’une procédure hyper simplifiée qui, sauf exception, se fait par courrier. Voir exemple de procédure dans le lien donné ci-dessus, concernant, précisément, Lufthansa, et là : https://retardimportantavion.wordpress.com/2021/03/02/procedure-europeenne-de-reglement-des-petits-litiges/

Votre adversaire est " LUFTHANSA LIGNES AERIENNES ALLEMANDES", Venloer Strasse 151-153, 50672 Köln, Allemagne.

Pour exécution du jugement, une fois qu’il sera rendu par le tribunal : Lufthansa lignes aériennes allemandes, Tour W 102 Terrasse Boieldieu, 92800 Puteaux

Attention : pendant toute la procédure, ne pas utiliser l’adresse française.

Vous pouvez réclamer l’indemnisation à “Lufthansa lignes aériennes allemandes” puisqu’en vertu de l’arrêt Ceské et de l’ordonnance KLM de la Cour de Justice de l’Union Européenne (ci-après “la Cour”), tout transporteur aérien qui opère l’un des segments de vol d’un vol à correspondance est redevable de l’indemnisation.
A faire figurer dans vos “conclusions” jointes au formulaire A :

La question se pose de savoir si l’indemnisation, , est à la charge de Lufthansa lignes aériennes allemandes (ci-après “Lufthansa”), ou à la charge de sa filiale, …

L’article 5, paragraphe 1, point c) du règlement met cette obligation à la charge du « transporteur aérien effectif ». La question qui se pose est donc de savoir si cette obligation s’applique à Lufthansa, transporteur aérien contractuel ayant opéré le 1er segment de vol.
La réponse se trouve dans la jurisprudence de la Cour dans les affaires KLM C-367/20 (ci-après ordonnance KLM) (pièce n° ) et Ceské (pièce n°).

En raison du dispositif de l’arrêt Ceské (pièce n°), le transporteur aérien ayant opéré le 1er segment de vol est redevable de l’indemnité prévue à l’article 7 du règlement, tandis que ce même transporteur a bien la qualité de « transporteur aérien effectif » en raison des points 22 à 27 du même arrêt, même si l’incident est relatif au second segment de vol opéré par un autre transporteur.

Ceci est confirmé par l’ordonnance KLM (pièce n° ), et, tout particulièrement ses points 21 à 23 en ce qui concerne la qualité de « transporteur aérien effectif » et son point 28, qui dispose que tout transporteur aérien effectif qui participe à la réalisation d’au moins un segment de vol d’un vol à correspondance est redevable de l’indemnisation prévue par l’article 7 du règlement.

Le point 29 de la même ordonnance KLM souligne qu’un transporteur aérien ayant opéré un segment de vol, et donc redevable de l’indemnité, ne peut se retrancher derrière la mauvaise exécution, par une autre compagnie, d’un autre segment de vol du même vol à correspondance, ce qui ne faisait que confirmer les points 26 et 27 de l’arrêt Ceské, C-502/18 (pièce n°).

Par son point 27, l’arrêt Ceské, pose le principe que le transporteur aérien contractuel reste lié au passager, même si l’origine du problème est lié au segment de vol opéré par un autre transporteur aérien, ce qui est confirmé par le point 30 de l’ordonnance KLM.

En conséquence de cette ordonnance KLM, et de l’arrêt Ceské, Monsieur Passager est fondé à diriger son action contre Lufthansa, transporteur aérien contractuel, et transporteur aérien effectif, puisqu’en vertu de ce qui précède, non seulement Lufthansa est redevable de l’indemnisation, mais, plus globalement, reste liée au passager, même dans le cadre de l’exécution du second segment de vol suivant le point 29 de l’arrêt Ceské (pièce n°).

Cordialement

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Bonjour,

Un grand merci pour votre réponse encore une fois complète et précise.

Que nous sommes de grands naïfs, nous les passagers!

Très cordialement,
Patou

Bonjour,

Pour vous éclairer encore mieux sur la politique suivie par Lufthansa (et aussi ses filiales telles que Swiss et Edelweiss), vous pouvez, aussi, aller voir là :
https://retardimportantavion.wordpress.com/2024/01/12/reacheminement-catastrophique-droit-indemnisation-meme-circonstances-extraordinaires-2/
et là : https://retardimportantavion.wordpress.com/2026/04/18/swiss-international-air-lines-la-mauvaise-foi/

Vous n’oublierez pas de mentionner dans vos conclusions l’article 5 paragraphe 3 du règlement 261/2004 du Parlement Européen et du conseil, en soulignant bien que votre adversaire ne peut pas être dispensé de vous indemniser puisqu’il n’apporte pas la PREUVE des circonstances extraordinaires invoquées :
Un transporteur aérien effectif n’est pas tenu de verser l’indemnisation prévue à l’article 7 s’il est en mesure de prouver que l’annulation est due à des circonstances extraordinaires qui n’auraient pas pu être évitées même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises.

Rien ne vous empêche de souligner, dans vos conclusions, que la météo, ce jour là, ne peut pas justifier d’une annulation (si vous pouvez, en plus, en justifier, c’est mieux) , tandis qu’une avarie survenue à un aéronef n’est pas une “circonstance extraordinaire” (arrêt Sturgeon de la Cour de Justice de l’Union Européenne).

Et, très important : vu que votre adversaire a son siège social dans un État membre de l’Union Européenne différent de celui dans lequel vous résidez, mettez en œuvre la “procédure européenne de règlement des petits litiges” et non la procédure française.

Cordialement.

Bonjour
Les météo aviation et grand public ne sont pas exactement les mêmes.
Quand on regarde Météo-France on voit surtout s’il pleut, s’il y a du soleil, la température ou le vent moyen.
Un joli petit soleil sur Metéo-France dira “météo pour la plage”, mais pas forcément les bonnes conditions de vol et pour poser 70 tonnes sur une piste avec du vent de travers.
Pour un avion, les critères sont beaucoup plus précis : vent de travers sur la piste, visibilité réelle à l’aéroport, hauteur des nuages, orages sur la route, turbulence, givrage, cisaillement de vent, météo à l’arrivée ou même sur l’aéroport de dégagement.
Il peut aussi y avoir une bonne météo au départ, mais de mauvaises conditions en vol, à l’arrivée ou sur l’aéroport de dégagement.
Un vol commercial ne se planifie pas seulement avec la météo “ici et maintenant”, mais avec toute la route, l’arrivée, les réserves de carburant et les solutions alternatives.
Toutes ces infos sont comuniquées par des applications spécifiques, les plus connues sont METAR, TAF et SIGMET.
Si vous avez l’esprit “forensique” et une bonne connaissance du language météo aéronautique quelques sites sont d’accès libre:https://www.ogimet.com/metars.phtml.en
https://metar-taf.com/metar/FYWH.
IEM :: Download ASOS/AWOS/METAR Data

Ceci dit, les info sont tellement complexes à extraire et analyser, que la météo” peut aussi devenir une formule un peu fourre-tout. Une compagnie peut l’invoquer parce que la météo a déclenché une cascade de problèmes : avion bloqué ailleurs, équipage hors temps légal, slot perdu, rotation impossible, etc.
Donc cela vaut la peine d’harceler la compagnie et leur demander plus de détails.
Je vous souhaite bonne chance.

Thierry

@gilloraymondo
@thierry_ch1000

Bonjour,

Merci à tous les deux pour vos réponses précises et très complètes.
Nous allons essayer d’avancer!

Bien cordialement,
Patou

Bonjour,

Merci pour toutes ces précisions. Cependant, il ne faut pas oublier que le juge n’est, pas plus que le passager lambda, un spécialiste de la météo aérienne.
Or, pour pouvoir être dispensée d’indemniser un passager, la compagnie aérienne doit apporter la PREUVE des circonstances extraordinaires invoquées. Ça ne peut donc pas être un fatras de code et de chiffres incompréhensibles. Si tel est le cas, il ne faut pas hésiter à dire au juge que le document prétendant être une preuve n’en est pas une.

Oui, beaucoup de compagnies aériennes ont pris l’habitude de qualifier tout et n’importe quoi de “circonstances extraordinaires” mais sont bien embêtées lorsqu’on exige la preuve (intelligible, bien sûr).

Au sujet de la météo, voir là (et notamment, et précisément, le cas Lufthansa) : https://retardimportantavion.wordpress.com/2023/01/16/vol-annule-ou-retarde-pour-cause-de-meteo-droit-a-indemnisation-circonstances-extraordinaires-ou-pas/

Cordialement

Je change un petit peu de sujet, mais le fond du problème reste le même ; les touristes ou voyageurs ou passagers que nous sommes, en avons marre de nous faire prendre
pour des jambons.
Et quand je lis , ce jour, sur franceinfo.fr, “qu’un touriste allemand gagne 1 000 euros pour cause de transat non disponible”, la démarche,( à l’heure où d’autres humains ont d’autres préoccupations réellement existentielles), peut sembler mesquine de prime abord.
Sûrement le genre de gaillard qui arrive à faire ployer certaines compagnies aériennes expertes dans l’art d’avoir (presque) toujours raison.

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