La Canée (Hania), bijou de la Crète

La Canée (Hania), bijou de la Crète
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Ancienne capitale de la Crète et désormais 2e ville de l’île, La Canée (Hania en grec ; prononcez « Rania ») séduit immédiatement le promeneur avec son port vénitien coloré, son patrimoine architectural éclectique et le charme fou des ruelles de sa vieille ville. Étape essentielle d’un voyage en Crète, cette cité, à la fois historique et vivante, peut servir de base pour explorer les paysages grandioses de l’ouest de la Crète. Entre montagnes et oliveraies à perte de vue, villages de poche et monastères isolés, criques secrètes et plages de rêve, cap sur l’une des plus envoûtantes invitations au voyage de la Méditerranée.

La Canée, une belle métisse méditerranéenne

La Canée, une belle métisse méditerranéenne
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C’est l’une des plus belles villes de Grèce, voire de la Méditerranée. S’enroulant autour d’un port à l’anse harmonieusement dessinée, bordé d’édifices aussi éclectiques que bigarrés, La Canée (Hania) distille, à l’abri de ses remparts, un charme indéniable, un peu hors du temps.

À l’heure de la promenade vespérale, juste avant le coucher de soleil, le port, envahi par la foule, prend un irrésistible air de scène de théâtre. Sans doute est-ce dû à l’influence des Vénitiens qui, entre le 13e et le 17e s, marquèrent la ville de leur empreinte en la couvrant de belles demeures, de palais et de fortifications. Mais, que l’on ne s’y trompe pas, La Canée demeure bel et bien une cité crétoise, marquée par de multiples influences dues aux rebondissements de l’histoire locale.

Mosquée des Janissaires © AntonChigarev - stock.adobe.com

Longtemps capitale de la Crète, La Canée fut successivement minoenne, romaine, byzantine, ottomane et, depuis 1913, grecque. Une ville melting-pot, comme nombre de ses consœurs méditerranéennes, dont l’emblème le plus éloquent reste la mosquée des Janissaires, qui fait écho au fort vénitien Firkas sur l’autre rive. Aujourd’hui, l’édifice religieux est devenu un centre culturel, tout comme les anciens arsenaux d’à côté, légués par la Sérénissime.

Avec de tels atours, La Canée a beaucoup de prétendants. La ville reste l’une des destinations touristiques majeures de la Grèce et il vaut mieux la découvrir au printemps ou à l’automne. En hiver, les montagnes enneigées de Crète se détachant sur le ciel bleu forment un arrière-plan majestueux aux pimpantes demeures de la vieille ville.

Flânerie dans la vieille ville de La Canée

Flânerie dans la vieille ville de La Canée
© Jean-Philippe Damiani

De bon matin ou à la nuit tombée, les ruelles de Topanas, la vieille ville à l’ouest du port, enchantent le promeneur urbain. L’occasion d’admirer les splendides demeures colorées vénitiennes (souvent reconverties en hôtels de charme), les détails architecturaux d’un ancien palais Renaissance, ou encore le charme désuet d’une demeure en bois de l’époque ottomane.  

En prenant le temps de flâner, on déniche des pépites laissées par le temps comme, dans une ruelle discrète, une petite synagogue, témoignage de l'ancienne communauté juive locale. Quant aux échoppes et boutiques, encore nombreuses, elles confèrent à Topanas une certaine authenticité, même si certaines rues sont déjà conquises par les tavernes et les magasins de souvenirs.

Agios Nikolaos © Jean-Philippe Damiani

De l’autre côté du port, Kastelli, qui a souffert des bombardements de la dernière guerre, a conservé son atmosphère populaire et sa tranquillité. Moins photogénique et touristique que Topanas, c’est un quartier essentiellement résidentiel, dont les demeures intègrent les éléments architecturaux du passé. La balade conduit notamment à un chantier de fouilles minoennes ou, sur les hauteurs de Kastelli, à une esplanade occupée par des squatteurs – mais ouverte à tous. Magnifique panorama sur le port, la mer et le quartier des arsenaux.

Juste à côté, Splanzia, l’ancien quartier turc, vit au rythme tranquille de ses habitants, de ses artisans et de leurs échoppes pittoresques. Parmi les vestiges de l’architecture ottomane, l’église Agios Nikolaos a vu son campanile s’adjoindre un minaret lors de l’occupation turque. Au pied de cet étonnant syncrétisme architectural, une place (Platia 1821) accueille terrasses de café et jeux d’enfants.

Hors les murs, l’agitation de La Canée moderne balaie le calme des vieux quartiers de la ville. On peut s’y rendre pour faire un tour aux halles, l’un des rares marchés couverts de Grèce, ou prendre le pouls de la Crète contemporaine. À noter : le musée archéologique, anciennement situé à Topanas, rouvrira prochainement ses portes à Halepa, à 2 km à l’est de la vieille ville.

La péninsule d’Akrotiri : monastères, plages et Zorba le Grec

La péninsule d’Akrotiri : monastères, plages et Zorba le Grec
Stavros et sa plage © daliu - stock.adobe.com

La Canée peut servir de base pour explorer l’ouest de la Crète. Dominée par une imposante chaîne de montagnes aux sommets enneigés en hiver, la région offre de spectaculaires paysages aux amateurs de nature (et de mer !) préservée.

Aux portes de la ville, la péninsule d’Akrotiri mérite le détour, et pas seulement parce qu’elle abrite la tombe de Vénizelos, le grand homme de l’indépendance grecque. Le week-end, les habitants de La Canée sont nombreux à se rendre à Akrotiri pour l’eau cristalline de ses plages, comme celles de Stavros où furent tournées des scènes du film Zorba le Grec, de Marathi ou de Maherida.

Monastère d'Agia Triada © Jean-Philippe Damiani

Autres trésors de la presqu’île, ses monastères : Agia Triada, avec son église à trois dômes, nichée au milieu des vignes au bout d’une route bordée de cyprès, et Gouverneto, encore plus isolé, dont les moines vivent en quasi-autarcie. Un site à la fois grandiose et austère, qui semble loin de tout.

De Gouverneto, un chemin de randonnée (30 min) avec vue sur la mer conduit, à travers les garrigues, vers la grotte de Katholiko : réputée pour avoir été investie par saint Jean-l’Ermite, c’est l’un des lieux de pèlerinage majeurs de la Crète, un site idéal pour méditer, en toute quiétude, perché sur une colline face au bleu de la Méditerranée.

Samaria : les gorges les plus profondes d’Europe

Samaria : les gorges les plus profondes d’Europe
Gorges de Samaria © yrabota - stock.adobe.com

La Canée attire également les amateurs de randonnée (et ils sont nombreux en Crète !). Ils y posent leur sac à dos avant de partir sur le sentier le plus fameux de l’île : les gorges de Samaria qui sont les plus profondes d’Europe. Ce canyon d’un peu plus de 16 km de long atteint jusqu'à 300 m de hauteur ! Il se rétrécit à seulement 2,50 m de large en son point le plus étroit, les fameuses « portes de Fer ».

Ouvert de mai à fin octobre (sauf en cas de pluie ou de forte chaleur), le parcours de 5 à 7 h de marche traverse les spectaculaires paysages méditerranéens creusés par la rivière Samaria, avec une dénivelée totale de 1 230 m. Autant dire qu’il vaut mieux être en forme, car le soleil tape fort !

Une balade de toute beauté, mais très fréquentée en saison. Elle est faisable dans la journée au départ de La Canée, à condition de prendre le premier bus (retour en fin de journée via Agia Roumeli et Sougia que l’on rejoint en bateau).

Mais on vous conseille de passer la nuit près des gorges, à Omalos, afin d’être les premiers sur le site. Sinon, vous pouvez dire adieu à la tranquillité, aux bouquetins et autres chèvres kri kri de ces magnifiques gorges plébiscitées par les marcheurs.

Oliviers millénaires et plages au goût de paradis terrestre

Oliviers millénaires et plages au goût de paradis terrestre
Olivier à Ano Vouves © Jean-Philippe Damiani

Depuis La Canée, certaines des plus belles plages de Crète sont accessibles en voiture, en bus voire en bateau. Elles peuvent faire l’objet d’un road trip de quelques jours à travers les splendides paysages préservés, peu habités et parfois isolés de l’ouest de la Crète. Une région restée sauvage, dont le flanc ouest, entre Phalassarna et Elafonissi, voit les montagnes plonger dans la mer.

Parmi les haltes recommandables, la presqu’île de Rodopos, gigantesque doigt de pierre pointé vers le nord à une demi-heure de route de La Canée, offre de magnifiques échappées sur la baie de Kolymvari, mais aussi de jolies criques secrètes du côté d’Afrata et de Ravdoucha.

En chemin, un crochet par le village assoupi d’Ano Vouves s’impose pour aller saluer l’un des plus vieux oliviers du monde : d’un diamètre de 10,30 m, cet ancêtre des milliers d’arbres qui tapissent la région aurait environ 3 000 ans !

Lagon de Balos © nakimori - stock.adobe.com

Sur la côte ouest, en redescendant vers le sud de l’île, trois plages exceptionnelles attendent les voyageurs avides de piquer une tête dans l’irrésistible bleu méditerranéen.

Commençons par le nord-ouest, tout au bout de la puissante et aride presqu’île de Gramvoussa, avec l’ultra-instagrammable lagon de Balos qui subjugue par son immensité et son envoûtant camaïeu de bleus. Il se mérite, car on ne le rejoint qu’en bateau ou à pied (compter 30 min de marche après une piste carrossable de 8 km à flanc de montagne). Mais ne vous attendez pas à être seul au monde en été…

Plus au sud, à 1 h de route de La Canée, la baie de Phalassarna invite, elle aussi, à poser sa serviette au bord de l’eau. Accessible en voiture par une route toute en lacets, elle déroule ses immenses rubans de sable blanc le long d’une eau cristalline au pied d’une colline pelée. Elle n’a pas volé son excellente réputation, si l’on fait abstraction des inesthétiques serres de plastique à proximité. En revanche, les couchers de soleil sont splendides.

Elafonissi © aetherial - stock.adobe.com

Mais c’est encore plus loin – à 80 km de La Canée – qu’il faut se rendre pour un émerveillement total.  À la pointe sud-ouest de la Crète, tout au bout d’une route côtière magnifique entre montagne et mer, se déploie l’une des plus belles plages d’Europe : Elafonissi, avec son eau turquoise incroyablement limpide, son sable rosé, son rivage inlassablement redessiné par les marées et son îlot rocailleux que l’on rejoint par une étroite langue de sable.

Pour profiter vraiment de ce lieu hors du commun, il faut s’éloigner un peu des transats de la plage principale et se réfugier dans l’une des nombreuses petites criques accessibles en traversant une passe d’eau peu profonde.

Elafonissi, surtout hors saison, est un petit paradis déclinant mille nuances de bleu. En arrière-plan, une puissante montagne file vers le levant, dessinant la côte sud de la Crète. Au large, le lagon cristallin cède la place au cyan, puis au bleu profond de la mer de Lybie, à la fois écrasée de soleil et caressée par l’enivrante brise du large. Un endroit magique.

Fiche pratique

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Consulter notre guide en ligne Crète et notre portfolio Randonnée en Crète, sur les sentiers de l’Ouest

Discover Greece : portail d’informations sur la Grèce

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Comment y aller ?

Vols quotidiens toute l’année avec Aegean Air au départ de Paris-CDG et d’autres aéroports français (via Athènes). En été : vols directs depuis Orly avec Transavia et EasyJet depuis Paris-CDG, Lyon, Nice avec EasyJet.

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Sur place, location de voiture conseillée. Service de bus avec KTEL

Bonnes adresses

- Pension Thérésa : 8, odos Aggelou. Une jolie adresse de la vieille ville dans une vénérable demeure historique marquée par les influences vénitienne et ottomane. Huit chambres de styles différents réparties sur 2 étages et vue sur le port magnifique depuis le toit-terrasse. Bien situé, un peu en retrait de l’agitation du port. Doubles 40-75 €.

- Amphora Hotel : 2e Par Théotokopoulou 20. Ancienne demeure aux volets bleus d’époque vénitienne revisitée par les Turcs et restaurée en respectant le style originel. Vue imprenable sur le port vénitien depuis la terrasse. Une bonne adresse, admirablement située. Doubles 70-150 € ;

Glossitsès : 4, Akti Enosséos. Plats 8-13 €. Terrasse très agréable sur le port de plaisance où déguster une cuisine essentiellement marine, simple, copieuse et bien troussée. Accueil charmant et bon rapport qualité-prix.

- To Mikio Taverna : 24, odos Skoufon. Plats 9-15 €. Dans une ruelle de la vieille ville, une taverne familiale toute simple qui sert une cuisine aussi généreuse que goûteuse.

- Platanos : platia 1821. Sur la place de l’église Saint-Nicolas, un bar du quartier turc agréable pour faire une pause entre deux visites.

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Texte : Jean-Philippe Damiani

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