Tourisme de mémoire

Colleville Cimetière Américain
© Pics Factory - Shutterstock

Le tourisme de mémoire : ces deux termes accolés peuvent surprendre. Pourtant, les voyages — ou les vacances — peuvent être aussi des moments privilégiés pour justement « se souvenir ». Mais, de quoi au juste ? De notre mémoire collective à travers la visite de hauts lieux de notre histoire.

L’idée d’un « tourisme de mémoire » est mise en avant par le Ministère de la Défense (189 sites classés Monuments historiques), mais aussi de la Culture et du Tourisme. Ce tourisme d’un genre nouveau vise à retracer des périodes de l’histoire à travers des « chemins de mémoire » et à les incarner au gré des visites de fortifications et de sites liés aux guerres de 1870-1871, 1914-1918 et 1939-1945. Des lieux aussi divers que le mémorial de la Shoah à Paris, le Lion de Belfort, le Mémorial de Caen ou Colombey-les-Deux-Églises.

Bon nombre de ces sites ont été libérés après la professionnalisation des armées. Le tourisme de mémoire permet de les valoriser autrement et d’agir sur nos consciences. D’autres n’ont pas été le théâtre immédiat de l’Histoire, mais rappellent à leur manière les événements.

Que s’est-il passé là ? Quels actes héroïques s’y sont déroulés ? Ces sites de mémoire, qui nous invitent à ne pas oublier, sont l’un des aspects du véritable engouement des Français pour leur patrimoine historique. Ils offrent l’occasion de faire un travail de mémoire à l’heure où l’on compte de moins en moins de témoins de ces temps de plus en plus reculés. Et ils valent mieux que tous les cours d’éducation civique car ils nous entraînent sur la scène du grand théâtre de l’Histoire ! Alors, en route pour un tour de France de la mémoire

Tourisme de mémoire : Nord-Ouest

Omaha Beach, le cimetière américain de Colleville, le mémorial de Caen, de nombreux lieux pour "ne pas oublier" sont éparpillés dans tout le Nord-Ouest de la France.

Le cimetière américain de Colleville-sur-Mer (14)

Cimetière Américain Colleville
© s74 - Shutterstock

Derrière Omaha Beach, le point de départ crucial et funèbre du Débarquement du 6 juin 1944. Les conditions climatiques atroces, des embuscades, des erreurs stratégiques furent autant de facteurs mortels pour de nombreux militaires. Plus de 9 000 soldats américains sont aujourd’hui enterrés ici, sur un terrain, chose étrange, américain, concession de la France aux États-Unis pour l’éternité. Visitor center, mémorial et cimetière se visitent tous les jours de 9 h à 17 h (18 h en haute saison), sauf Noël et jour de l’An.

Entrée gratuite. Tél. : 02-31-51-62-00. www.abmc.gov

Pegasus Bridge, à Ranville (14)

Pegasus Pont Normandie
© Tom - Adobe Stock

Ce pont symbolise la première prise des Alliés sur l’ennemi allemand. Les troupes anglaises du Major John Howard le prennent d’assaut dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, ce qui empêche les troupes allemandes de gagner la partie est des côtes normandes. Son nom lui vient de l’insigne des troupes de la 6e Division aéroportée britannique qui représentait… Pégase. Le pont original a été remplacé depuis, mais il reste visible désormais au Mémorial-Pegasus, av. du Major-Howard à Ranville. Ouvert tous les jours d’avril à septembre de 9h30 à 18h30, d’octobre à novembre et de février à mars de 10h à 13h et de 14h à 17h sauf en décembre et janvier. 

Visites guidées, entrée payante. Tél. : 02-31-78-19-44. www.memorial-pegasus.org

Le Mémorial de Caen (14)

Mémorial Caen Normandie
© HUANG Zheng - Shutterstock

Une cité de l’histoire, un lieu de paix et de dialogues pour comprendre les guerres du XXe siècle, de la Première à la Seconde en passant par la Guerre froide et tout l’après-guerre. Inauguré symboliquement le 6 juin 1988 par François Mitterrand, construit sur un ancien bunker, on y découvre un musée, des conférences, des films, une galerie des Prix Nobel et de nombreuses expos temporaires. Pour plus d’infos : Esplanade Général-Eisenhower. Du 2 novembre au 31 décembre, ouvert de 9h30 à 18h (fermé les lundis, sauf les 21 et 28 décembre). Fermeture annuelle du 1er au 25 janvier inclus. Du 26 janvier au 5 février, ouvert de 9h30 à 18h (fermé les 29 janvier et 1er février). Du 6 février au 2 novembre, de 9h à 19h. Du 3 novembre au 31 décembre, de 9h30 à 18h (fermé les lundis sauf les 19 et 26 décembre). 

Entrée payante. Tél. : 02-31-06-06-45. www.memorial-caen.fr

Musée-mémorial de la bataille de Normandie à Bayeux (14)

Musée Bataille Normandie
© Musée Mémorial de la Bataille de Normandie

Première ville continentale libérée par les Anglais le 6 juin 1944, Bayeux vit tomber le plus grand nombre de soldats anglais (visite du cimetière possible). Ce musée-mémorial retrace tout l’été de la Seconde guerre mondiale à partir de la Libération, avec des objets et du matériel utilisé alors. De nombreux mannequins présentent aussi les tenues des troupes en faction, des chars sont aussi exposés (les enfants adorent). Plus d’infos : bd Fabian-Ware. Ouvert de janvier à avril de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, de mai à fin septembre de 9h30 à 18h30 et d’octobre à fin décembre de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.

Entrée payante. Tél. : 02-31-51-46-90.

Carrières des Fusillés La Sablière à Châteaubriant (44)

Carrière Fusillés Châteaubriant
© Nathalie Gaud

4 centres d’internement de prisonniers avaient été installés à Châteaubriant. Guy Môquet, le plus connu de ces détenus, mourut à 17 ans le 22 octobre 1941, fusillé avec 26 autres compagnons, en représailles de la mort du colonel nazi Holt, tué par des résistants à Nantes. D’autres — 50 au total —, mourront les jours suivants. Avant leur mort, ils seront réunis pour rédiger une dernière lettre. Môquet écrira « Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir. » Pour en savoir plus : Visite libre toute l’année ou par audiophone. Musée de la Résistance, à Châteaubriant dans la Carrière des Fusillés, à environ 2 kilomètres du centre-ville. Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 17h30 et sur rendez-vous pour visites de groupes, en téléphonant à Mme Nunge au 02-40-81-33-91.

Entrée gratuite.

Base sous-marine de Saint-Nazaire (44)

Sous marin Saint Nazaire
Sous-marin Espadon © D. Macel / Mairie de Saint-Nazaire

Construite en 1941, mesurant 300 mètres de long et 150 mètres de large, elle permettait aux troupes nazies d’accueillir deux flottes d’U-Boat, réparties dans 14 alvéoles, sur 4 ha, dotées d’une dalle de 4 mètres d’épaisseur. Il faudra plus de 450 000 tonnes de béton pour la construire. Si bien que ce fut une poche de résistance très difficile à récupérer pour les Alliés. Saint-Nazaire fut lourdement bombardée et plus de 80 % de la ville détruits. Plus d’infos : visite de l’Escal’atlantic ouvert toute l’année sauf janvier, 7j/7 d’avril à septembre, un paquebot reconstitué et installé dans deux des alvéoles, ainsi que de l’Espadon (10h-18h30), un sous-marin ; et l’excellent écomusée (10h-18h30).

Payant. Tél. : 0810-888-444. www.saint-nazaire-tourisme.com

Le Fort La Latte (22)

Fort La Latte Bretagne
© sosonini - Adobe Stock

Château du XIIIe siècle, construit par la famille Goyon-Matignon, idéal pour surveiller la côte. Son donjon cylindrique, caractéristique de la période, domine le paysage. Du sommet, on y jetait des pierres. On y trouve toujours un four à rougir les boulets… Du Guesclin en fera le siège au XIVe siècle. Le fort subira de nombreuses reconstructions par la suite, notamment sous Louis XIV, le transformant en forteresse de pierres, chargée de veiller à la sécurité de la baie de La Fresnaye. C’est aujourd’hui un monument historique classé. Plus d’infos : ouvert tous les jours du 1er avril au 30 septembre de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h ; du 7 juillet au 27 août de 10h à 19h ; du 1er octobre au 1er avril pendant les vacances scolaires, samedi, dimanche et jours fériés de 14h30 à 18h

Entrée payante. Tél. : 02-96-41-40-31. www.castlelalatte.com

Tourisme de mémoire : Nord-Est

Le Chemin des Dames, la fameuse ligne Maginot ou encore le Wagon de l'Armistice, sont aussi des lieux de mémoire incontournables dans le Nord-Est de la France. 

Wagon de l’Armistice à Rethondes (60)

Wagon Armistice Rethondes
© Didier Cry

Dans la voiture 2419D, le 11 novembre 1918, dans cette forêt de Compiègne, au calme, a été signé l’Armistice de la Première Guerre mondiale, en présence des plénipotentiaires allemands et du Maréchal Foch. La voiture originale sera transportée en Allemagne après l’armistice de 1940 par Hitler, et brûlée en 1945 à Ohrdruf-Buchenwald. Petit musée sur place où l’on ne visite qu’un wagon de la même série, et quelques objets de l’époque et du fameux jour. Plus d’infos : ouvert tous les jours sauf mardi de 10h à 18h.

Entrée payante. Tél. : 03-44-85-14-18.

Notre-Dame-de-Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire (62) et Vimy (62)

Dame de Lorette Nord
© brimeux - Adobe Stock

Plusieurs dizaines de milliers de croix dominent ces 25 ha de cimetière, à plus de 165 mètres de haut, dédiés au souvenir des disparus de la Première Guerre mondiale (plus de 100 000). Le cimetière entoure la basilique de style romano-byzantin, avec des plaques sur ces murs rappelant le souvenir des hommes perdus. Un peu plus loin, à Vimy, en terrain canadien, les militaires sont célébrés à travers cette sculpture blanche monumentale (5 500 tonnes de pierre, 11 000 tonnes de béton). 11 225 noms, et autant d’arbres venus du Canada, comme un dernier hommage. Plus d’infos : Notre-Dame-de-Lorette. Tél. : 03-21-45-15-80. Ouvert tous les jours de 8h à 19h ; musée ouvert de 9h à 20h. Visites et entrée payantes. Vimy : visites guidées gratuites par de jeunes Canadiens toute l'année (sauf de mi-décembre à mi-janvier). Réservations au 03-22-76-70-86. Centre d'accueil, 10h-18h (en été) ; 9h-17h (automne et hiver).

Chemin des Dames (02)

Chemin Dames Caverne
© FX Dessirier, Conseil général de l'Aisne

Drôle de destin que celui de ce chemin où les filles de Louis XV, les fameuses « Dames de France », passaient pour gagner la demeure de leur gouvernante, à Bouconville-Vauclair. C’est ici, sur ce plateau, théâtre macabre entre Laon et Soissons, pris dès le début des combats de la Première Guerre mondiale par les Allemands, que des milliers de jeunes soldats périrent, sous les ordres du Général Nivelle. La zone sera reconquise le 10 octobre 1918. Aujourd’hui, huit sites permettent de revivre cette tragédie, notamment la Caverne du Dragon et son musée, à Oulches-La-Vallée-Foulon, dans une ancienne carrière de craie. Plus d’infos : Chemin des Dames - RD 18 CD. Tél. : 03-23-25-14-18. Visites guidées exclusivement. Ouvert de février à avril de 10h à 18h du mardi au dimanche, mai-juin-septembre tous les jours de 10h à 18h, juillet et août 7j/7 de 10h à 19h, d’octobre à décembre du mardi au dimanche de 10h à 18h. www.chemindesdames.fr

Ligne Maginot

Ligne Maginot Guerre
© LianeM - Shutterstock

André Maginot (1877-1932), député de la Meuse, soldat de la Première Guerre mondiale, deviendra par la suite Ministre de la Guerre. Il établira un ensemble de fortifications pour solidifier les frontières, terminé en 1936, sur cette fameuse « ligne ». L’un des principaux sites reste l’ouvrage du Simerhof, doté de 5 kilomètres de galeries souterraines, qui se visite désormais. Il fut occupé pendant la Seconde Guerre mondiale par plus de 800 hommes, avant d’être pris par les troupes allemandes. La visite de ce bâtiment à la muséographie moderne, fait découvrir la vie durant cette période et l’architecture des lieux. Plus d’infos : rue André-Maginot, à Siersthal (57). Ouvert du mardi au dimanche de mi-mars à mi-novembre de 10h à 17h (7j/j, 18h juillet et août).

Entrée payante. Tél. : 03-87-96-39-40.

Colombey-les-Deux-Églises (52)

Bureau de Gaulle Boisserie
Bureau de Charles de Gaulle à la Boisserie © Philippe Lemoine

Le Général Charles de Gaulle (1890-1970) a marqué cette ville de la Haute-Marne. C’est ici que l’homme du 18 juin 1940 venait se reposer, dans sa demeure de la Boisserie, achetée en 1934. C’est ici qu’il se retirera en 1969 et qu’il décèdera en 1970. Il repose dans le cimetière du village. La croix de Lorraine, symbole de la France libre, haute de 44 mètres sera érigée et inaugurée le 18 juin 1972. Le mémorial ouvert en 2008 sur les mêmes lieux permet de revivre une grande partie de l’histoire du XXe siècle à travers l’homme de Gaulle, grâce à des films, bornes multimédia, objets, photos, et documents, de « Je n’étais rien au début » à « Je fous le camp » en passant par « Je suis un homme qui n’appartient à personne et qui appartient à tout le monde ». Plus d’infos : ouvert du 2 mai au 30 septembre tous les jours de 10h à 19h30, du 1er octobre au 1er mai tous les jours, sauf mardi de 10h à 17h30. Fermé en janvier.

Entrée payante. Tél. : 03-25-30-90-80. www.memorial-charlesdegaulle.fr

Camp du Struthof, Natzweiler (67)

Camp Struthof Natzweiler
© Jacques ROBERT-SGA_DMPA 21

Seul camp de concentration sur le territoire français, dans l’Alsace alors dite « annexée » et premier camp en 1944 découvert par les Alliés à l’ouest de l’Europe. Ouvert en 1941, par les nazis, lieu d’exterminations, de sévices et d’expérimentations, il abrite désormais le Centre européen du résistant déporté, résolument sombre pour garder la mémoire vive. Juifs, homosexuels, déportés politiques, de nombreuses nationalités européennes sont ici représentées. Parallèlement, en marge de la visite du site historique, un musée est également aménagé, donnant à voir, à lire, à entendre les vestiges du « KL-Natzweiler ». Plus d’infos : ouvert tous les jours, toute l’année, de mars au 15 avril de 9h à 17h ; du 16 avril au 15 octobre de 9h à 18h30 ; du 16 octobre au 24 décembre, de 9h à 17h, fermé de Noël à fin février.

Entrée payante. Tél. : 03-88-47-44-67. www.struthof.fr

Le lion de Belfort (90)

Lion Belfort Statue
Lion de Belfort © pixarno - Adobe Stock

Symbole de la ville, il fut sculpté entre 1875 et 1880 par Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904). Ce lion monumental aux allures de sphinx (22 mètres de long, 11 mètres de hauteur) en grès rouge rappelle la résistance héroïque des habitants de Belfort face à l’invasion prussienne en 1870, pendant plus de 100 jours, avec, à leur tête, le général Denfert-Rochereau. D’où la réplique, plus petite, en bronze de ce fameux lion sur la place baptisée en l’honneur du fameux général, dans le XIVe arrondissement de Paris, érigée en 1880. Bartholdi passera à la postérité pour son œuvre phare, la Statue de la Liberté à New York. Plus d’infos : possibilité d’accéder à la plate-forme du Lion de juin à septembre, tous les jours de 9h à 19h ; d’octobre à mars de 10h à 12h, de 14h à 17h ; d’avril à mai, de 9h à 12h, de 14h à 19h.

Entrée : environ 1 € pour l’accès aux jardins.

Le musée Saint-Rémi de Reims (51)

Musée Saint Remi Reims
© Office de tourisme de Reims

Dans une ancienne abbaye royale bénédictine, doté d’une salle capitulaire médiévale, un condensé de l’histoire de France, des conquêtes romaines de Jules César à la capitulation des Allemands de 1945, en passant par le Haut Moyen Âge. On y trouve nombreux éléments de différentes batailles, comme celle de Valmy (1792) mais aussi casques et cuirasses de l’époque de Charles X (1757-1836). Plus d’infos : 53, rue Saint-Simon, à Reims. Ouvert toute l’année du lundi au vendredi de 14h à 18h30, du samedi au dimanche de 14h à 19h.

Entrée payante. Tél. : 03-26-35-36-90.

Tourisme de mémoire : Sud-Ouest

Direction ensuite le Sud-Ouest de la France, où l'on s'arrêtera bien évidemment au moins au Centre Jean-Moulin à Bordeaux...

Muséosite d’Oradour-sur-Glane (87)

Centre Museosite Oradour
Office de Tourisme d'Oradour-sur-Glane

Quatre jours après le Débarquement de 1944, ce village du Limousin est décimé par les Waffen SS Das Reich. Le nombre de victimes s’élève à 642, hommes d’un côté dans les granges, tués sous le coup des balles, femmes et enfants dans l’église par le feu et les flammes. Les ruines du village ont été laissées en l’état, pour témoigner. Oradour est un village martyr auquel on accède par un Centre de la mémoire pour réfléchir non seulement aux ignominies de ces guerres, mais aussi s’informer de la montée du nazisme et de la guerre en Limousin. Plus d’infos : ouvert en février de 9h à 17h ; de mars à mi-mai, de 9h à 18h ; de mi-mai à mi-septembre de 9h à 19h, de mi-septembre à fin octobre de 9h à 18h ; de novembre à mi-décembre de 9h à 17h.

Entrée payante. Tél. : 05-55-43-04-30. www.oradour.org.

Centre Jean-Moulin à Bordeaux (33)

Centre Jean Moulin Bordeaux
© F. Encuentra

Du nom d’un de ses plus grands et éminents représentants, né en 1899 à Béziers, mort après avoir été torturé en 1943, reposant au Panthéon, à Paris. Créé par Jacques Chaban-Delmas, compagnon de la Libération et ancien maire de Bordeaux, ce centre lui rend hommage à travers des expositions, des études, mais aussi des objets (comme une presse clandestine). Il a pour vocation de retracer le rôle de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Jean Moulin sera le premier président du Conseil National de la Résistance. On trouve également expliqué les attributs et l’histoire des Forces Françaises Libres et de la déportation. Plus d’infos : 48, rue Vital-Carles. Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h, fermé lundi et jours fériés. 

Entrée gratuite. Tél. : 05-56-10-19-90.

Musée de la mémoire du Camp de Récébédou à Portet-sur-Garonne (31)

Camp Recebedou Musée
© Musée de la Mémoire

Dans une ancienne cité ouvrière, un camp de réfugiés républicains espagnols, mais aussi de ressortissants belges et français, durant la Seconde Guerre mondiale. Vichy en fera son camp-hôpital pour les malades espagnols victimes de la guerre civile ou encore les juifs allemands malades, expulsés par les autorités nazies. Les conditions de vie y sont atroces. Des convois pour Auschwitz en partent. Il sera fermé en septembre 1942. Après la Libération, des déportés espagnols antifranquistes, revenus de Matthausen, s’y installent pour former la Villa Don Quichotte. Désormais, l’endroit abrite un musée retraçant l’histoire de cette cité, une reconstitution de dortoir, une expo temporaire et des photos. Plus d’infos : ouvert du mercredi au samedi de 14h à 17h.

Entrée payante. Tél. : 05-62-20-18-74.

Tourisme de mémoire : Sud-Est

Site chargé d'histoire, il vous sera impossible de ne pas faire une halte au Mémorial de la Résistance dans le Vercours. Découvrez aussi notre sélection de lieux à ne pas oublier. 

Mémorial de la résistance du Vercors à Vassieux-en-Vercors (26)

Mémorial Résistance Vercors
© Mémorial de la Résistance en Vercors

Ce village de la Drôme fut le théâtre d’affrontements sanglants qui opposèrent maquisards et réfractaires jusqu’en juillet 1944, contre l’ennemi allemand dans la région du Vercors, refuge des résistants. Il s’inscrit dans le cadre des « chemins de la Liberté », composés d’autres sites de la résistance (guide disponible au mémorial). De Gaulle fit de ce village un « Compagnon de la Libération ». Images et témoignages permettent de revivre cette aventure tragique dans ce mémorial. Plus d’infos : ouvert de mai à septembre de 10h à 18h, d’octobre à avril de 10h à 17h. Fermé le lundi et le mardi de janvier à mars hors vacances scolaires.

Entrée payante. Tél. : 04-75-48-26-00. www.memorial-vercors.fr

Maison d'Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés (01)

Maison Izieu Juifs
© Maison d'Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés

Cette ancienne maison compte parmi les trois lieux de la mémoire nationale des victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l'humanité commis avec la complicité du gouvernement de Vichy. Sabine et Miron Zlatin y accueillirent 105 enfants juifs entre mai 1943 et avril 1944. Le 6 avril 1944, une rafle ordonnée par Klaus Barbie déporta à Auschwitz ou en Estonie les 44 enfants et 7 éducateurs encore présents. La seule personne qui échappa à la rafle était un adulte, Léon Reifman. On y retrouve aujourd’hui les dessins, des lettres, des portraits des enfants à travers la maison et ses pièces. Dans la Grange, des films, des extraits du procès de Barbie et une réflexion sur le crime contre l’humanité interpellent le visiteur. Plus d’infos : visites guidées passionnantes. Ouvert de 9h à 17h en semaine, le samedi de 14h à 18h, dimanche et jours fériés de 10h à 18h. Mi-juin à mi-septembre tous les jours de 10h à 18h30.

Entrée payante. Tél. : 04-79-87-21-05. www.memorializieu.eu.

Mémorial du Débarquement de Provence, mont Faron, Toulon (83)

Mémorial Débarquement Provence
© Ville de Toulon

Deuxième salve après le débarquement normand, le débarquement de Provence poursuit l’attaque des forces alliées sur l’ennemi nazi en août 1944, sous le commandement entre autres du Maréchal de Lattre de Tassigny. Sur le mont Faron, à Toulon, le tour se joue entre les 21 et 22 août 1944. Un mémorial permet au sommet d’apprécier la vue imprenable sur cette baie allant de la Ciotat aux îles d’Hyères, mais aussi de découvrir des objets d’époque et de suivre l’historique de cette période. Plus d’infos : ouvert du mardi au dimanche d’octobre à avril de 10h à 12h et de 14h à 16h30 ; tous les jours de mai à mi-septembre de 10h à 12h et de 14h à 17h30.

Entrée payante Tél. : 04-94-88-08-09.

Route Napoléon

Route Napoléon Statue
© Stephan Corporon

Exilé sur l'Ile d'Elbe en 1814, Napoléon Bonaparte souhaite toutefois revenir au pouvoir. C’est ainsi qu’il repart avec ses fidèles (plus de 1 000 quand même !) le 1er mars 1815 à la conquête de Paris. Napoléon débarque en France à Golfe-Juan, près de Cannes, d’où il gagnera Lyon en passant par les montagnes pour échapper aux royalistes. La Route Napoléon, suivant le parcours de la RN85, compte donc plus de 300 kilomètres, entre Golfe Juan et Grenoble, en passant par Grasse, Digne et enfin Gap. Napoléon parcourra cette route en six jours. À vous de jouer ! Plus d’infos : www.route-napoleon.com

Tourisme de mémoire : Paris et Ile-de-France

Enfin, si Paris et l'Ile-de-France comportent de nombreux lieux à inscrire dans votre liste "Tourisme de mémoire", l'Arc-de-Triomphe en reste toute de même le plus emblématique. 

Conservatoire historique du camp de Drancy (93)

Conservatoire Camp Drancy
© Benoît DÜH

600 000 personnes en France furent internées entre 1938 et 1946 dans cet ensemble de logements ouvriers, premier du genre en banlieue parisienne. Drancy figurait parmi l’un des plus grands camps d’internement, à l’est de Paris. Véritable antichambre des camps de concentration allemands, surtout d’Auschwitz, le site abrite de nos jours un mémorial réalisé par Shelomo Selinger, empreint de symboles hébraïques et de paix, à côté d’un wagon-témoin. Max Jacob y périt.

Plus d’infos : entre les rues Jean-Jaurès, Fontaine et Auguste-Blanqui. Tél. : 01-48-95-35-05. www.camp-de-drancy.asso.fr

Mémorial de la France combattante au mont Valérien (92)

Mémorial Mont Valérien
© HAUD

A Suresnes, à 162 mètres d’altitude, cet ancien ermitage fut un lieu de résistance aux Allemands durant la guerre de 1870-1871 et le théâtre d’exécutions sous la Seconde Guerre mondiale. Ancien lieu de pèlerinage au XVIIe siècle, le mont Valérien est un fort au XIXe siècle, permettant de protéger Sèvres et Saint-Cloud. Le site est dédié à la mémoire des fusillés, à travers le mémorial de Félix Brunau, inauguré en 1960 et la flamme du souvenir. Un parcours des fusillés permet de suivre les derniers pas des héros. Plus d’infos : av. du Professeur-Léon-Bernard, à Suresnes. Visites toujours guidées et gratuites. De mars à juin et en septembre-octobre : à 9h30, 11h, 14h30 et 16h. De novembre à février et en juillet-août : à 10h et 15h. Centre d'information ouvert du mardi au dimanche, de 9h à 12h et de 13h à 17h en basse saison, et de 9h à 12h30 et de 13h30 à 18h en haute saison.

Tél. : 01-47-28-46-35.

Mémorial de la Shoah (75)

Mémorial Shoah Paris
© Pierre-Emmanuel Weck

A Paris, première archive d'Europe sur la Shoah, ce Mémorial est un « musée de la vigilance (…), rempart contre l'oubli, contre un retour de la haine et le mépris de l'homme. » (E. de Rothschild). Le Mur des noms égrènent les patronymes des 76 000 juifs déportés de France. Des recherches pour retrouver des proches, des disparus, des Justes peuvent être faites. Dans la crypte, une étoile de David en marbre noir symbolise la tombe des six millions de Juifs morts sans sépulture. Plus d’infos : 17, rue Geoffroy-Lasnier, ouvert tous les jours sauf samedi de 10h à 18h (jeudi, 22h). Fermé samedi, certains jours fériés nationaux et certains jours de fêtes juives.

Entrée payante (auditorium), sinon gratuit. Tél. : 01-42-77-44-72. www.memorialdelashoah.org

Arc de Triomphe (75)

Arc Triomphe Paris
© espiegle - Adobe Stock

Une œuvre de l’architecte Jean-François Chalgrin, commandée par Napoléon, reprenant les codes de l’arc romain de Titus à Rome avec son arche unique. Question chiffres : 50 mètres de hauteur, 45 mètres de longueur, 22 mètres de largeur et voûté à près de 29 mètres. Il sera dédié en 1836, lors de son inauguration à Louis-Philippe, aux armées de la Révolution et de l’Empire. Le Soldat inconnu y est inhumé en 1921 et tous les soirs à 18h30, la flamme du souvenir est ravivée. Belle vue panoramique sur les Champs-Élysées au sommet. Plus d’infos : ouvert d’avril à septembre de 10h à 23h, d’octobre à mars de 10h à 22h30. 

Entrée payante. Tél. : 01-55-37-73-77. http://arc-de-triomphe.monuments-nationaux.fr

Avertissement : nous avons sélectionné des sites à la fois très connus ou plus confidentiels, conscients que de nombreux autres sites auraient pu faire l’objet d’une présentation. Que ce dossier vous donne l’envie de poursuivre vos découvertes sur ces chemins de mémoire. Plus d’infos : www.cheminsdememoire.gouv.fr

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De volcans majestueux en villes de caractère, le Grand Tour Auvergne-Rhône-Alpes promet une aventure inoubliable, au gré des plus belles routes de la région. Ce road trip de 3 000 km traverse 12...
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