Le volontariat international

01 décembre 2022

Le volontariat international est une occasion exceptionnelle de travailler à l'étranger et, pour la majorité des postulants, un tremplin pour un premier job. Que ce soit en entreprise privée ou pour le compte d'une administration, c'est une façon de mettre rapidement le pied à l'étrier ou d'effectuer une mission à l'étranger si votre entreprise renâcle à recourir à l'expatriation.
Le statut de volontaire est bourré d'avantages si vous choisissez soigneusement votre mission : un job à responsabilités, un salaire intéressant, des impôts réduits, une expérience valorisante…
Toutefois, le volontariat peut parfois ne pas être si rose que prévu.
Principes et conditions

Le principe
Ce programme européen, héritier de la coopération du service militaire, permet aux jeunes ressortissants de l'Union européenne de trouver un emploi à l'étranger pour une période de 6 à 24 mois. Travail en entreprise ou en administration est donc possible grâce aux volontariat international en entreprise et volontariat international en administration.
Le volontariat international en entreprise (VIE) avantage les deux parties : les entreprises sont exonérées des lourdes charges de l'expatriation et les volontaires obtiennent rapidement et plus facilement qu'en France des postes à responsabilité à l'étranger. Selon les statistiques en effet, 70 % des volontaires se voient proposer un poste dans l'entreprise d'accueil en fin de mission.
Jeanne, 23 ans, s'est ainsi vu proposer par Total un poste d'ingénieur environnement au Congo, inespéré à la sortie de ses études : "On m'a refusé des postes similaires en France pour manque d'expérience", explique-t-elle.
2 000 à 3 000 jeunes Français partent chaque année en VIE. Les destinations de prédilection sont les États-Unis, la Chine (Hong Kong notamment) ou encore le Royaume-Uni. Près des deux tiers des entreprises d'accueil sont des PME.
Avec le volontariat international en administration (VIA), on travaille pour le compte d'une administration française. On est placé sous la tutelle directe du ministère des Affaires étrangères ou du ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi. Dans ce cas, (très) rares sont les embauches en fin de mission (elles sont quasi nulles), l'État recrutant les fonctionnaires sur concours. C'est néanmoins une expérience enrichissante à faire valoir sur votre CV.
Avec le volontariat de solidarité internationale (VSI), on rejoint une association ou une ONG dans le cadre d'une action humanitaire (mission d'urgence, réhabilitation et/ou de développement). Conditions : cette association ou ONG doit répondre du droit français et être agréée par le ministère des Affaires étrangères. Les destinations d'accueil sont les pays du Sud (Afrique, Amérique du Sud) et d'Asie. Près de 2 000 Français partent chaque année en VSI.
Qui peut devenir volontaire ?
Le VI s'adresse aux jeunes (ressortissants de l'UE) de 18 à 28 ans, étudiants ou jeunes diplômés demandeurs d’emploi. Tous les domaines sont potentiellement concernés, mais dans la pratique, les annonces du site du volontariat international s'adressent davantage aux métiers du marketing, du commerce international et de la finance qu'aux maçons ou aux dentistes. Mais rien n'est impossible, surtout si vous prospectez vous-même.
Il est à noter que les conditions sont un peu différentes pour le VSI : la durée du volontariat peut aller de 1 à 6 ans ; la majorité des candidats ont entre 25 et 35 ans, et les associations demandent souvent que les candidats aient au moins 21 ans. Certaines privilégient les candidatures de jeunes diplômés tandis que d'autres rechercheront des professionnels confirmés.
Il suffit d'être en règle avec ses obligations de service national et de posséder un casier judiciaire vierge. Si vous travaillez, vous pouvez demander une suspension de votre contrat le temps de la mission. Vous n'avez donc pas besoin de démissionner. Pour les étudiants, le VI peut être pris en compte au titre de l'expérience professionnelle nécessaire à l'obtention de certains diplômes.
Quant à partir à deux, oui, c'est possible. Mais trouver deux VI au même endroit et pour la même période n'est guère aisé. Un seul mot d'ordre : prospectez vous-même. "Les candidatures spontanées ont de meilleures chances d'aboutir", explique ainsi Jeanne, qui cherchait à suivre son ami au Sénégal. De toute façon, la motivation est un élément décisif dans la recherche du VI : " Ce ne sont pas les candidatures répondant aux offres proposées qui manquent ", explique Régis, 27 ans, ingénieur en communication. Il faut donc multiplier contacts et candidatures spontanées :"je suis parti deux mois après avoir envoyé mon premier mail !", ajoute-t-il.
Choisir une entreprise, connaître sa mission
Pour trouver l'entreprise qui vous accueillera (en VIE donc), vous pouvez consulter les offres accessibles sur le site mon-vie-via.businessfrance.fr ou démarcher les entreprises directement.
Si vous faites affaire avec l'une d'elles, il lui suffit alors de s'adresser à Business France, l'agence gestionnaire du VI, qui lui délivrera un agrément. Véritable gage de sérieux, l'agrément valide notamment une certaine viabilité financière de l'entreprise : vous êtes assuré de ne pas entrer en relation avec des rigolos qui déposeront le bilan en votre absence et vous planteront lors d'une mission au fin fond de l'Amazonie…
Pour faciliter vos démarches, vous pouvez télécharger sur le site une présentation du VI en anglais, allemand ou espagnol.
Même si la société de vos rêves est une PME sans succursale à l'étranger, le volontariat reste envisageable. Business France peut en effet lui apporter une aide considérable : parrainage par un conseiller du Commerce extérieur de la France, tutorat d'un groupe français via l'association Partenariat France ou système de temps partagé sont possibles.
Une restriction à signaler : un VI n'est possible que dans la mesure où l'entreprise dispose d'une structure légale en France et relève donc du droit français. Ainsi, une multinationale ne peut vous engager que si elle est aussi implantée en France. Vérifiez que la succursale qui vous intéresse possède des compétences en matière de recrutement international.
Enfin, il est impératif de bien vous faire préciser votre mission. Car pour Laurent, ingénieur consultant de 28 ans, son VIA dans une ambassade de France fut "une expérience relativement traumatisante". Malgré un titre de chargé de mission scientifique, "j'ai fait le chauffeur, accueilli des personnes, préparé le café. J'ai échappé au service barman pour le 14 juillet et ouvreur/fermeur de portes. (…) Je m'attendais à un vrai travail sérieux et je n'ai trouvé qu'une sorte de stage avec des missions bouche-trou", raconte-t-il, déçu. Finalement, il a embelli son expérience en se créant de nouvelles missions dans l'ambassade (comme la création d'une base de données).
Aspects pratiques

Le volontariat international
Durant la mission, le volontaire perçoit une indemnité forfaitaire. Une partie de l’indemnité est commune à tous les volontaires, quel que soit le pays d’affection (772,87 €/mois depuis le 1er janvier 2024), tandis que l’autre partie (dite « géographique ») correspond aux besoins de subsistance, d’équipement ainsi que de logement et varie trimestriellement selon votre pays, voire ville, d’affectation. Ce revenu est exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (charges sociales et patronales).
Au chapitre des avantages, signalons que les frais de voyage et de transport sont pris en charge, que vous bénéficiez d'un statut de droit public, d'une couverture sociale et de 2,5 jours de congés par mois (soit 30 par an). Le volontaire en VSI ne bénéficie quant à lui que de 2 jours de congé par mois de mission (si celle-ci dure 6 mois ou plus). La période du volontariat est prise en compte pour la retraite. En outre, certains pourront bénéficier d'avantages en nature comme Jeanne, qui est logée aux frais de l'entreprise : "Je pense pouvoir bien vivre, et surtout revenir avec un pécule ! Je n'aurais jamais eu autant en France pour un premier salaire", explique-t-elle. Par ailleurs, les frais de gestion et de protection sociale du volontaire sont à la charge de l'entreprise et évalués en fonction de son chiffre d'affaires.
Tout au long de la mission, le volontaire reste sous l'autorité et la tutelle de l'Ambassade de France.
Le contrat est renouvelable une seule fois dans la limite des 24 mois. Mais si, pour un cas de force majeure, l'entreprise met fin prématurément au VIE, vous pouvez postuler à une autre mission.
Le retour au pays peut s'avérer délicat et nécessite de prendre ses précautions. Ainsi, les Assedic ne vous verseront rien, à moins que vous n'ayez cotisé avant votre départ et suspendu vos droits pendant la mission. Laurent l'a découvert à ses dépens à son retour de VIA. C'est "un travail à durée déterminée qui implique souvent un retour en France et une recherche de travail. Les parlementaires créateurs du statut du VI n'ont pas pensé à l'après-VI ; ainsi le volontaire ne peut pas bénéficier d'allocations chômage sur sa période effectuée pour l'État." Cet inconvénient est dû au fait que l'indemnité perçue pour le VIE est exonérée de cotisations sociales. Quant au RMI, vous ne pouvez en bénéficier que sous certaines conditions et au plus tôt 3 mois après la fin de votre volontariat : vous avez "trop" gagné pendant la mission.
En ce qui concerne la couverture sociale après le VIA, il faut bien se renseigner avant le départ. Si le volontaire bénéficie d'une couverture sociale durant sa mission, au retour en revanche, la Sécurité Sociale peut lui demander une cotisation pour rouvrir ses droits en France (sauf s'il était étudiant avant son départ).
Dans le cadre du VIA, Laurent dénonce "un statut au rabais" et "une exploitation par l'État de main-d'œuvre diplômée, bon marché, jeune et malléable". Il conseille donc aux postulants de préférer le VIE au VIA.
Pour conclure, partir en VI ne s'improvise pas. Il faut bien préparer son départ pour éviter les déconvenues. Le volontariat international reste quand même une opportunité exceptionnelle.
Le volontariat de solidarité internationale
Le volontaire bénéficie d'une statut spécifique lié à ce volontariat. En vertu de ce statut, il bénéficie d'une formation avant le départ (contrairement aux VIE et VIA), d'une prise en charge des frais de voyage et de rapatriement, d'une assurance responsabilité civile, d'une couverture sociale, d'une indemnité de subsistance sur place, de la validation des acquis de l'expérience et d'une assurance vieillesse.
À son retour, le volontaire bénéficie d'une aide à la réinsertion (aide à laquelle les VIE et VIA ne donnent pas droit). Le VSI étant considéré comme un motif de "démission légitime", le volontaire ayant quitté son emploi pour un séjour d'un an ou plus peut percevoir des indemnités chômage. Pendant une période pouvant aller jusqu'à 9 mois, tout volontaire peut toucher une prime forfaitaire de réinsertion s'il ne bénéficie ni de l'assurance chômage ni du RMI. Si le VSI a duré au moins 24 mois, le volontaire peut toucher une indemnité de réinstallation.
Pour en savoir plus

- Le site Business France vous donne tous les détails sur le VIE et le VIA, et présente des offres en ligne.
- Le site de CLONG-Volontariat donne toutes les infos sur le volontariat de solidarité internationale.
- Le site Service Public énonce distinctement les conditions et l’encadrement du volontariat international.
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