La photo numérique en voyage

05 janvier 2010

Aujourd’hui, dans le domaine de la photographie, le numérique a pratiquement supplanté l’argentique.
Si la complexité des manipulations des appareils argentiques pouvait en rebuter certains, le numérique offre apparemment une grande facilité d’utilisation : il n’y a plus de film à mettre, on vise, on appuie sur le bouton et on voit immédiatement sur l’écran le résultat !
Avec, en plus, le droit à l’erreur : si une photo est floue ou n’est pas conforme à ce que l’on attend, on l’efface, on recommence et elle n’a rien coûté…
Il reste que cette nouvelle technologie a ses spécificités qu’il vaut mieux connaître pour réussir ses clichés.
Routard.com fait le point sur la photo numérique en vous donnant ses tuyaux pour acheter l’appareil qui vous convient et faire des photos comme un pro.
Le capteur

À l'instar de leurs ancêtres argentiques, les appareils photo numériques se servent de la lumière pour créer une image. Mais tout numérique qu’il soit, c’est d’abord un appareil photo avec les mêmes critères de choix que ceux de l’argentique: optique, ergonomie, flash… Avec une seule différence de taille: la pellicule n’existe plus.
À la place du film, un capteur qui n'est rien d'autre qu'une série de composants électroniques sensibles à la lumière et qui, à l’aide des logiciels associés dans l’appareil, assure la qualité de la restitution des couleurs. Le capteur reçoit la lumière et la convertit point par point en valeurs électriques. Plus le nombre de points d’analyse (pixels pour picture elements) sera important, mieux les détails seront restitués.
Lorsque les pixels sont frappés par la lumière, ils convertissent les particules lumineuses en champ électrique. Le résultat est analysé puis transféré sous forme de fichier numérique par un microprocesseur contenu dans le boîtier et sauvegardé dans la carte mémoire de l'appareil.
Ainsi l'élément central d'un appareil numérique est son capteur.
De ses caractéristiques découlent en grande partie celles de l'appareil.
Comme l'image est capturée par les pixels du capteur, la quantité de pixels est donc déterminante pour la qualité finale de l'image. Cette valeur est appelée résolution et exprimée en nombre de pixels (6, 8, 12 mégapixels, «méga» signifiant million) ou en nombre de pixels utilisés pour créer l'image, énoncé sous forme de valeurs horizontale et verticale, par exemple: 2896 × 1944 pixels (soit 5,6 millions de pixels).
Un corollaire de la résolution d'un capteur est aussi la taille maximale à laquelle l'image pourra être imprimée, qu'elle soit imprimée dans un magazine ou chez soi. En effet, pour créer une image lisse qui pourrait se comparer à celle issue d'un film photo, une certaine densité de pixels par pouce est requise et cette densité entraîne les dimensions de l'image imprimée.
Plus le nombre de pixels est élevé, mieux les détails seront restitués. Aujourd'hui, on trouve des appareils allant jusqu’à 16 millions de pixels (16 mégapixels ou 16 Mpix) mais pour obtenir des images de format traditionnel (10 × 15 cm), 3 Mpix sont amplement suffisants.
Aujourd’hui, le moins cher des compacts propose au minimum 6 Mpix, ce qui est largement suffisant pour agrandir votre photo au format A4 (format d’une feuille de papier standard de 21 × 29,7 cm). Au-delà, on optera pour une résolution plus élevée.
Mais attention, la quantité n’est pas forcément synonyme de qualité. Interviennent aussi entre autres la qualité optique des objectifs et la puissance du logiciel interne de traitement de l’image. Mieux vaut 8 Mpix bien gérés dans un reflex que 10 Mpix dans un compact.
Ainsi, à capteur de taille équivalente, plus il y a de pixels dans un compact, plus les photosites qui composent le capteur, de par leur plus petite taille, sont sensibles aux signaux parasites, le fameux bruit numérique. Ce bruit se traduit par une multitude de points multicolores qui dégradent l’image. Cela est surtout sensible lors de prise de vue à faible luminosité, pourtant un des avantages majeurs du numérique.
C’est la taille du capteur qui fait la différence : plus il est grand, plus la restitution de l’image sera conforme.
La poussière
La poussière est la grande ennemie de votre capteur, qui l'attire immanquablement ! Et une poussière sur votre capteur se verra sur votre photo. Oui, cette petite (ou grosse) tache noire qui gâche votre photo...
Il existe plusieurs solutions dont voici les principales :
- Avoir un appareil photo style compact ou bridge dont on ne peut pas changer l'objectif. Sans ouverture au niveau du capteur, les poussières ne rentreront pas. Mais en général ce genre d'appareil n'est pas totalement hermétique et avec le temps ou les conditions météo (vent dans un endroit poussiéreux...), il peut y avoir des poussières qui pénètrent. Mais un compact peut se garder à l'abri d'une poche.
- Dans le cas d'un reflex, ne jamais changer d'objectif. Avec un zoom 18~200 mm par exemple, on couvre du grand-angle au télé... Mais la remarque précédente est aussi valable, sauf peut-être dans le cas des reflex haut de gamme au boîtier tropicalisé plus hermétique.
- Pour les baroudeurs et tous ceux qui travaillent dans des environnements hostiles, il existe des petits nécessaires de nettoyage du capteur. Ainsi on peut le nettoyer durant son périple ou à chaque retour de voyage. On peut aussi le donner à nettoyer à un professionnel photo.
- Achetez un boîtier avec un vibreur antipoussière. En général, reflex de haut de gamme, bien que ce procédé tende à se généraliser petit à petit chez les reflex... Reste qu'à chaque fois que vous changez d'objectif, vous devrez faire fonctionner le vibreur. Et certains appareils permettent de choisir une automatisation du nettoyage, tous les jours, toutes les heures, voire plus souvent encore... Mais l’efficacité n’est pas à 100 % même pour les meilleurs de ces vibreurs.
Dans les boîtiers reflex haut de gamme, utilisez la fonction Image Dust Off (correction de poussière).
Au retour, utilisez un logiciel de retouche photo. Encore faut-il le maîtriser un peu et cela prend du temps.
Le choix du boîter

Pour choisir un appareil, il n'existe pas une façon parfaite de procéder. Cependant, il est possible d'établir quelques règles de base qui peuvent aider dans ce domaine précis.
Il est préférable de déterminer dans un premier temps son budget. Et dans un deuxième temps la destination de vos photos: si ces dernières sont pour un usage familial et amical, avec des tirages en deçà du A4, ou pour un visionnage sur un écran d’ordinateur, un bon compact est largement suffisant; si vous avez des velléités artistiques ou êtes passionné de photo, le reflex s’impose (encore faut-il en avoir le budget).
Bien qu'une grande quantité d'options soit intéressante, la plus critique reste la qualité d'image d'un appareil donné : à quoi servent une haute résolution et une foule d'options si la qualité d'image ne suit pas? Cette qualité d'image est aussi la plus difficile à évaluer et il n'est pas garanti qu'un appareil avec la plus haute résolution donne la meilleure qualité d'image. Une haute résolution n'aidera pas un appareil qui a une évaluation du blanc faiblarde ou un système de mesure de lumière imprécis.
Les appareils numériques sont très complexes et beaucoup d'éléments critiques doivent bien fonctionner pour délivrer une image de haute qualité.
Le compact
Un compact numérique est un appareil « tout en un » (un boîtier avec un objectif inamovible et flash intégré, et viseur et/ou écran de visée), de petite taille et léger.
Il fonctionne soit en mode automatique, soit en mode programmes-résultats (paysage, portrait, macrophotographie, nuit, mouvement…) pour un rendu encore meilleur selon le type d’images que l’on recherche.
Il est idéal pour les photographies au format 10 × 15 cm, voire 13 × 18 cm, ou à visionner sur un écran d’ordinateur.
En plus de ses avantages d’être le meilleur marché de tous, de disposer de préréglages et de modes automatiques, il en est un que l’on oublie souvent : sa discrétion. Une qualité appréciée, lorsque invité sous la tente, votre hôte vous saura gré de ne pas arriver déguisé en reporter pour le repas auquel il vous a convié. Et lorsqu'en fin de soirée, accepté par l'assemblée, vous sortirez votre minuscule appareil, on ne vous reprochera pas de faire quelques photos de famille.
Utilisé en complément d'un reflex, cet appareil de poche représente aussi une garantie : celle de pouvoir réaliser des images lorsqu’on hésite à emporter du matériel de valeur dans certaines circonstances ou lieux. Certains modèles sont spécialement adaptés aux prises de vue tout terrain: appareils étanches aux projections d'eau ou, mieux encore, ceux pour la photo sous-marine, l’idéal pour la plongée. Le compact est l'appareil de tous les instants. Celui que l'on emporte toujours et partout.
Au nombre de ses inconvénients, on compte sa lenteur à la mise en route et le temps de latence pour prendre une photo (ce défaut tendra à disparaître avec les avancées technologiques), l'impossibilité de faire une mise au point manuelle sur des sujets qui manquent de contrastes, peu éclairés ou en mouvement, et son viseur optique qui, lorsqu’il existe, ne permet pas de vérifier la mise au point et ne renvoie pas l'image exacte de ce que l'on photographie. En bref, avec un compact, vous n’avez pratiquement pas de contrôle sur l’image que vous êtes en train de prendre.
Sachez aussi que les capteurs numériques des compacts génèrent souvent du bruit (l’équivalent du grain en photographie argentique) dès que l’on dépasse des tirages 13 × 18 cm ou pour des sujets peu éclairés.
Et ne vous laissez pas abuser par les zooms numériques. Ignorez-les totalement car ceux-ci ne font que recadrer les photos avec une perte de qualité, et des résultats semblables peuvent être obtenus à partir de n'importe quel programme d'édition image.
Le bridge
Un appareil qui porte bien son nom (bridge signifiant « pont » en anglais) puisqu’il se situe à mi-chemin entre le compact et le reflex. Son objectif, unique et non interchangeable, est bien plus gros que celui d’un compact et possède un zoom beaucoup plus puissant. Ce qui rend le bridge plus volumineux, plus encombrant et plus lourd qu’un compact, mais avec des fonctionnalités plus développées. Cependant la qualité d’image ne sera pas meilleure et donc le véritable atout d’un bridge reste la puissance de son zoom. Un zoom très sensible qui demande dans tous les cas un stabilisateur pour permettre une image nette.
Notez que cette catégorie d’appareils tend à disparaître devant la montée en technologie des compacts (nombre de pixels, développement des fonctionnalités) et la baisse des prix des reflex.
Le reflex
À l'instar du modèle argentique, le reflex numérique propose aujourd'hui les mêmes réglages et la même gamme d'objectifs interchangeables.
Ces appareils proposent généralement des modes de prises de vues variés et complexes, des optiques très précises et différents systèmes de mesure de lumière.
Les avantages du reflex équipé d’un bon objectif sont une excellente qualité d'image qui permet de très grand tirage possible au-delà du format A3 (soit le double de la taille d’une feuille de papier ordinaire), voire bien plus en travaillant la netteté de l’image avec un logiciel spécialisé.
Les inconvénients sont principalement la taille, le poids et le prix, notamment avec l’acquisition de différents objectifs et accessoires.
Dans le cas des zooms ou des téléobjectifs, la présence dans le boîtier d’un stabilisateur optique est un plus indéniable. Grâce à lui, on peut déclencher à une vitesse d’obturation plus faible avec moins de sensibilité, sans préjudice pour la netteté de la photo.
Correspondance des optiques

Aujourd'hui, la plupart des capteurs utilisés dans les appareils photos numériques, excepté quelques boîtiers haut de gamme qui se comptent sur les doigts d'une seule main, ne sont pas « full frame » mais plus petits. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas au format 24 mm × 36 mm, format habituel d'un film 35 mm et d’une pellicule classique.
Bref, la petitesse de ces capteurs permet la miniaturisation des boîtiers (les compacts, les téléphones mobiles avec fonction photo...), mais en contrepartie « fausse » l'angle de champ de vos objectifs. Et cela sera d'autant plus vrai avec un reflex dont les optiques sont toujours exprimées dans le format 35 mm !
Pour les compacts, on donne en général l’angle de champ en mode numérique car la conversion a été faite. Soit un 35 mm annoncé sera un 35 mm et un 200 sera un 200.
Pour les reflex et donc les optiques interchangeables, il faudra appliquer un coefficient correcteur. Ce coefficient multiplicateur de focale par rapport à un film 35 mm varie selon les marques et les boîtiers, mais est toujours indiqué dans la documentation de l'appareil.
Prenons le cas d'un coefficient de 1,5 fois la focale de l’objectif. Une photo prise avec votre grand angle de 24 mm aura pour résultat une photo prise avec un 36 mm (soit 24×1,5). Ce qui n'est pas la même chose! Idem pour un 200 mm qui deviendra un 300 mm. Comme on le voit, le problème des capteurs qui ne sont pas «full frame» se pose de façon cruciale pour les grands angles car c'est dans cette gamme où le choix des optiques est le plus restreint (et le plus cher aussi). Ainsi pour avoir la correspondance d'un 24 mm argentique, il vous faudra acheter un 16 mm.
Et en voyage, les grands angulaires sont en général les objectifs les plus utilisés, vous permettant de prendre une photo lorsque vous n'avez pas de recul, par exemple, monument en ville, foule dans un marché, tout lieu un peu étroit... C'est pour cette raison que la plupart des reflex vendus en kit avec un objectif le sont avec un 18-55 mm, soit en réalité un 27-88 mm !
Mais dans les années qui viennent, et avec la baisse inéluctable des prix, le « full frame » va équiper la totalité des reflex.
Et pourquoi pas les compacts, me direz-vous ? Parce que si l'on agrandit le format du capteur, il faudra agrandir le boîtier qui le reçoit et cela ne sera plus un compact !
L’alimentation électrique

Dans le cas du numérique, l’accès à l’électricité est un paramètre primordial. Les appareils photographiques numériques sont de gros consommateurs d’énergie. D'autant plus lorsque l'on utilise l'écran de contrôle !
Pour un voyageur avec un appareil utilisant des piles et acceptant les piles rechargeables, mieux vaut investir dans un chargeur universel de piles rechargeables de type Ni-Mh avec deux jeux de celles-ci. Et toujours avoir le second jeu sur soi et chargé !
Il existe des chargeurs universels (AC input 110-240 V~50-60 Hz) qui s'adaptent aux voltages internationaux. Certains se branchent aussi sur les allume-cigares. Un bon compromis si vous êtes en pleine savane en 4×4, loin de toute prise de courant.
Quant aux appareils fonctionnant avec une batterie, il est préférable d’en avoir toujours une seconde de rechange sur soi, chargée cela va sans dire. Indispensable pour certains pays, mieux vaut s’équiper d’un adaptateur de prise électrique, (si ce n'est de deux suivant l’importance du matériel que vous emportez avec vous - disque dur nomade, ordinateur portable, téléphone mobile...). Optez de préférence pour l’adaptateur secteur universel, ce qui évite d'en avoir plusieurs de types différents (pour prise américaine, anglaise...).
Bon à savoir, de nombreux hôtels dans le monde sont désormais équipés de prises rasoirs au format européen ou un mixe américano-européen.
Autre accessoire indispensable, une carte au format style carte téléphonique, carte de crédit... La plupart des hôtels, dans un souci d'économie d'énergie, ont un système d'interrupteur général électrique via un petit boîtier situé à l'intérieur de votre chambre, dans l'entrée, où vous glissez votre clé, souvent au format carte magnétique.
En récupérant cette clé lorsque vous quittez votre chambre, par exemple pour aller petit déjeuner ou dîner, soit pour une demi-heure ou deux heures au plus, vous coupez automatiquement l'alimentation électrique générale de votre chambre dans la plupart des cas. Et bien entendu, le rechargement des appareils que vous y avez laissé sera arrêté.
En ayant dans vos bagages une carte de ce format, car il est bien évident qu'il n'est pas recommandé d'utiliser sa carte de crédit, vos appareils se rechargeront pendant votre absence. Sachez toutefois que certains hôtels ont des boîtiers utilisant d'autres systèmes. Là, il faut improviser et utiliser le système D si nécessaire.
Pour ceux qui partent plusieurs jours dans des lieux sans électricité (trekking par exemple), il leur faudra prendre avec eux un stock de piles ou de batteries d’avance. Dans ce dernier cas, essayez d'estimer votre « consommation » de piles ou de batteries (ainsi que le nombre de photos) par rapport à d'autres voyages que vous avez effectués. Ou solution ultime, achetez des panneaux solaires spécialement étudiés pour le voyage.
Le stockage des images

L'autre point important à considérer lorsqu'on parle de numérique est le support d'enregistrement, c’est-à-dire la carte mémoire, toujours amovible. Sa capacité de stockage se mesure en méga ou gigaoctets (Mo ou Go). Le nombre d'images qu'elle peut contenir varie en fonction de cette capacité, mais aussi du poids de chacune des images. Celui-ci est fonction de la taille des images, c'est-à-dire de leurs dimensions en longueur et en largeur, exprimées en pixels. Les appareils proposent plusieurs formats d'enregistrement (par exemple : 1936 × 1296 soit 2,5 millions de pixels ; 2896×1944 soit 5,6 Mpix ; 3872×2592 soit 10 Mpix, etc.), mais il est conseillé de choisir le plus grand proposé par votre boîtier pour obtenir une qualité optimale de l'image.
Le poids d'un fichier dépend également de son format de compression. Mais il faut savoir, lorsqu’on a le choix, qu'un taux de compression trop puissant, s'il permet de gagner de la place, altère la qualité de l'image. Le format standard proposé est le jpeg qui offre le meilleur rapport qualité/poids, et le plus souvent en trois formats de compression aux dénominations diverses : fin (ou fine), à la qualité maximale ; normal (ou moyen), au meilleur compromis qualité/poids ; et basic, le plus compressé, donc le moins lourd, mais aussi avec une qualité très altérée ne permettant pas des tirages de taille importante. Les reflex proposent aussi le format raw, qui donne des fichiers beaucoup plus lourds, mais avec une qualité d'image équivalente à la réalité, avec l’avantage de contenir toutes les données de la prise de vue et donc une image totalement retouchable, si besoin est, avec des logiciels spécialisés.
À nombre de pixels équivalent (format d'enregistrement), le poids d'une image en format jpeg fine est approximativement deux fois plus lourd qu’en jpeg normal et quatre fois plus lourd qu’en jpeg basic. Et le poids d'une image en format raw + jpeg fine (le plus lourd) équivaut environ à trois fois celui d’une image en jpeg fine. C'est plus le choix du format de compression que le format d'enregistrement qui fait la différence dans le nombre de photos que peut contenir une carte mémoire.
Ainsi pour un format d'enregistrement divisé par quatre (par exemple, en passant de 10 M de pixels à 2,5 M), vous stockerez environ 50 % de photos en plus sur votre carte mémoire. Par contre, passez de jpeg fine à jpeg basic, et vous stockerez environ quatre fois plus de photos, même si c’est au détriment de la qualité de l’image divisée proportionnellement! Ainsi en jouant avec ces différents paramètres (format d’enregistrement soit la taille de l’image exprimée en millions de pixels, et format de compression exprimé en jpeg ou raw), le nombre de photos que pourra contenir une carte mémoire peut aller de une à quarante suivant votre boîtier !
Dans le cas où la carte mémoire est fournie à l’achat avec l’appareil, elle est généralement de faible capacité et relativement inutile si l'appareil est utilisé à sa plus haute qualité d'image. L’achat de cartes mémoire se révélera vite indispensable mais il est souvent plus pratique d'avoir deux ou trois cartes de capacité moyenne qu'une seule et même grosse carte (en cas de mauvais fonctionnement, de perte…). Les cartes existent dans une grande variété de capacités et sont faciles à changer.
Quatre formats de cartes mémoire se partagent le marché : CompactFlash, Memory Stick, SD et xD, mais votre choix sera limité à celle(s) qu’accepte votre boîtier ! Aujourd’hui, ces formats ne différent plus tellement au niveau des capacités proposées et du prix, mais plutôt au niveau de la vitesse d’enregistrement, qui devient intéressante pour la fonction «prise de vues en rafale» ou pour transférer vos photos vers votre PC ou disque dur nomade…
En voyage, pour le stockage des photos, différents paramètres interviennent : la possibilité de rechargement électrique (c’est le paramètre essentiel) ; la durée du voyage; la façon de voyager.
Si vous avez un accès électrique quasi-quotidien dans le cas d’un long périple, vous pouvez partir avec seulement deux cartes mémoire et emporter votre ordinateur portable (ou mieux, ultra-portable), mais on fait plus léger et nettement moins cher avec un disque dur nomade (jusqu'à 120 Go selon les modèles). Il permet de décharger le contenu de vos cartes et de visualiser les images sur un écran de quelques centimètres de diagonale. Par contre, vous n’aurez aucune des fonctions d’un ordinateur (retouche des images, accès à Internet…) Le choix entre ordinateur portable et disque nomade se fera sur les critères du prix et du poids.
Au cours du voyage, vous pouvez aussi télécharger vos photos sur Internet à partir d’un cybercafé, mais vous serez limité pour l’envoi par un poids de photo interdisant le format raw. Certains cybercafés disposent même de graveurs CD, CD que vous pouvez envoyer chez vous par la poste ou garder dans vos bagages (attention au poids à la fin d’un long voyage !).
Si l’accès au courant électrique est rare, emportez un stock de cartes mémoire de grande capacité (mais cela dépend aussi du nombre de photos que vous faites). Ou achetez-les au fur et à mesure sur place si cette possibilité existe.
Nos conseils de base

Pour commencer, un conseil de bon sens: ne partez pas sans avoir vérifié que votre appareil, à plus forte raison s'il n'a pas servi depuis longtemps, est en bon état de fonctionnement. Et si votre matériel est flambant neuf, familiarisez-vous avec avant le départ !
Lisez le manuel. Oui, c’est ennuyeux mais il est rempli d’indications qui déterminent la qualité de vos photos et vous permettront de bien connaître les possibilités de votre appareil.
Rangez votre matériel dans une sacoche imperméable et doublée qui le protègera contre les coups, les chocs et les changements de température.
À l’aéroport, ne mettez jamais votre matériel photo dans le bagage qui va en soute. Conservez-le toujours avec vous sans crainte des rayons X.
Protégez votre appareil photo contre l’humidité, la chaleur, le froid et les saletés. Protégez votre appareil sur les plages, dans les endroits poussiéreux et en cas de vent de sable !
Dans un environnement froid, prenez le temps de réchauffer un peu l’appareil avant de l’utiliser. Une bonne technique consiste à le placer à l’intérieur de votre veste ou manteau et de laisser agir la chaleur corporelle. De même, pour les campeurs en zone froide, dormez avec votre matériel dans votre duvet. N’oubliez pas que le froid réduit fortement l’autonomie des piles et batteries. Celles de rechange devront être conservées toujours au chaud sur vous en utilisant les techniques précédemment évoquées.
A contrario, par très forte chaleur (plus de 40 °C), si vous sortez d’un lieu climatisé, évitez le choc thermique à votre appareil : il entraîne une formation de buée qui peut l’endommager et le rend au moins temporairement inutilisable.
Sous la pluie ou dans des milieux extrêmement humides, attention également à la condensation qui peut endommager les composants électroniques de votre boîtier.
En cas de longue inutilisation de votre appareil, retirez les piles ou batterie du boîtier.
Enfin, astreignez-vous à une petite discipline. Chaque soir, à l'abri, nettoyez soigneusement tout votre matériel.
Sur place, informez-vous toujours de ce que l’on peut ou pas photographier dans le pays. N’ignorez jamais les interdictions sous peine de confiscation du matériel ou d’amende dans le meilleur des cas! Sur certains sites touristiques, il vous faudra acquitter un droit photo.
Respectez les coutumes ou principes religieux vis-à-vis de la photo.
Demandez toujours l’autorisation aux gens que vous voulez photographier, et ne passer pas outre leur refus.
Vos photos au retour

La première chose à faire à votre retour, après avoir déchargé vos photos dans votre ordinateur, est d’en faire une sauvegarde sur un disque dur externe ou sur CD. Quoi de plus rageant que de perdre toutes ses images (et aussi dans le même temps, tout le contenu de son ordinateur) à la suite de l’attaque d’un virus ou à cause d’une manipulation erronée.
Le classement de vos images intervient ensuite. Généralement, on ne se rend compte de l'intérêt du classement que lorsque l'on a effectué plusieurs voyages et que l'on ne retrouve plus rien des images réalisées il y a quelques années.
Une photothèque, si modeste soit-elle, se gère au quotidien. L'expérience montre que l'on gagne du temps à classer ses photos au jour le jour. Enfin, il est nécessaire de légender précisément chaque photo en indiquant le lieu de la prise de vue, avec éventuellement des détails concernant la scène photographiée.
Des logiciels spécialisés existent, certains payants, d’autres totalement gratuits, permettant les fonctions de légende, catalogage et de retouche. Citons, par exemple, Photoshop, Photoshop Elements ou Express (en ligne), The Gimp (gratuit), XNView et IrfanView (gratuit), CorelDraw (payant) et ACDSee (payant). Attention, ces logiciels sont plus ou moins faciles à utiliser et n’offrent pas tous la même palette de fonctions. Les plus experts pourront utiliser Aperture (payant) ou Lightroom (payant), deux logiciels complets intégrant l’ensemble des fonctions (de l’organisation de votre banque d’images à la retouche de photos).
Vous pouvez envoyer vos photos aux amis ou à la famille en l’associant à un courrier électronique.
Vous pouvez les inclure dans une page Web ou dans un site de partage, comme www.flickr.com, photos.google.com (anciennement picasa.google.fr) et, bien sûr, partagez vos plus beaux clichés sur la rubrique photos de voyage de routard.com. Il est nécessaire d'ouvrir un compte et de télécharger les images. Attention, il y a toutefois des limites de taille pour le stockage. Le format requis est généralement le jpeg.
Autre solution, l'album numérique qui se présente sous la forme d'un écran d'une vingtaine de centimètres, comprenant un lecteur de cartes mémoire ou de clés USB, une mémoire interne permettant de stocker des milliers de photos, une batterie rechargeable...
Pour matérialiser vos photos et avoir le plaisir de feuilleter des albums de souvenirs, sachez que vous pouvez désormais réaliser vos propres albums en ligne, les commander et les recevoir à domicile (ou les retirer en magasin). Il existe plusieurs sites pour concocter très facilement, en quelques clics, des albums photo à partir de vos fichiers numériques (Kodak Gallery, My Pix...). Mention spéciale au site www.fujifilmnet.com qui propose une large gamme d'albums de 26 à 98 pages, sur du papier photo ou du papier argentique de haute qualité (200 g/m2). Pour cela, il suffit d'installer dans son ordinateur un logiciel simple à utiliser, aidant à créer son album (PhotoGénie). Le logiciel permet notamment de choisir sa mise en page, l'arrière-plan de l'album et même de corriger ses photos. Ensuite, on peut soit recevoir l'album à domicile, soit le retirer dans un magasin partenaire (attention, le choix des enseignes est plus restreint pour les détenteurs d'un Mac).
Enfin, vous pouvez vous contenter d'en faire un tirage en magasin, en ligne ou chez vous sur votre imprimante. Cette dernière option est toutefois coûteuse.


