L'eau en voyage

01 juin 2017

Quoique élément vital indispensable, l'eau est souvent une menace dans les pays tropicaux. Elle représente un problème majeur de santé publique, et le taux de mortalité qui lui est lié la hisse au triste statut de question sanitaire essentielle à l'échelle de la planète.
L'eau joue un rôle fondamental dans le fonctionnement de la « machine humaine ». On meurt beaucoup plus rapidement de soif que de faim. Nos besoins en eau sont d'environ deux litres par jour (dont une partie est apportée par l'alimentation) dans des conditions normales. Il est donc nécessaire de boire beaucoup, mais il est également impératif de choisir une eau « saine » ! En dehors de son absorption, il existe d'autres risques liés à l'eau et il convient d'être prudent lorsque vous vous baignez. On peut attraper toute une palette de petites et grosses maladies…
Pour vous éviter toute déconvenue, informez-vous sur les moyens mis à votre disposition pour obtenir de l'eau potable. Un minimum d'équipement est souvent nécessaire. Avant votre départ, découvrez l’essentiel sur l’eau en voyage dans notre dossier.
Quels sont les dangers liés à l’eau en voyage ?

Le coup de chaleur
Attention, lorsque le temps est très humide, on perd beaucoup d'eau et nos capacités physiques peuvent alors s'abaisser. On s'expose alors au coup de chaleur, dû à la déshydratation. Il se manifeste par une fatigue prononcée, des céphalées, des nausées, de la fièvre, des vertiges, des troubles de la vision, une plus grande irritabilité, et aussi par l'insomnie.
Des accidents sérieux peuvent survenir en cas de coup de chaleur : malaise avec ou sans perte de connaissance, pâleur, déshydratation (soif, tachycardie, pincement tensoriel). Il n’est donc pas à prendre à la légère.
Quels risques encourt-on lorsque l'on boit l'eau du robinet ou celle d'un puits ou d'un lac ?
Dans les pays en développement, la qualité de l'eau du robinet est souvent variable. Il est difficile pour le voyageur de la connaître, et d'en être sûr... Elle peut en effet être contaminée par des germes d'origine fécale, des bactéries, des virus ou des parasites. Le voyageur risque alors une diarrhée, une hépatite virale A ou E, une fièvre typhoïde ou une amibiase.
L'eau de surface ou une eau de puits non traitée est généralement beaucoup plus polluée que celle du robinet.
Si par hasard vous souhaitez boire cette eau (au cours d'une randonnée, etc.), il est important de savoir que les particules qui lui donnent un aspect trouble fixent de très nombreux micro-organismes. Avant de désinfecter l'eau, il faudra toujours filtrer ces particules, par exemple, avec des filtres à café. Mais il est préférable d'épurer l'eau avec des filtres spéciaux (lien interne : Quels sont les différents moyens dont un voyageur dispose pour traiter son eau ?).
Quelles maladies risque-t-on de contracter en buvant une eau souillée ?
Les bactéries et les parasites :
Gastro-entérites :
La diarrhée virale chez le voyageur représente une part non négligeable des diarrhées aiguës du voyageur, de l'ordre de 10 à 30 %. Il faut savoir qu'une gastro-entérite peut être très grave, en particulier chez les jeunes enfants, les personnes âgées ou sensibles.
Amibes :
Ces petits protozoaires sont très agressifs pour la muqueuse intestinale. Ils l'infestent, la font saigner, ce qui provoque la dysenterie. S'ils traversent la paroi intestinale pour atteindre le foie, on risque un très grave abcès amibien hépatique.
Il n'existe ni vaccin ni médicament préventif contre les amibes. En revanche, la désinfection de l'eau élimine normalement ces parasites.
Giardase :
Proche de l'amibe, cette bactérie provoque des diarrhées moins sévères, mais qui peuvent durer plus longtemps.
Fièvre typhoïde et salmonelloses :
La fièvre typhoïde provoque 16 millions de morts dans le monde. Les autres bactéries parentes sont tout aussi fréquentes, bien qu'elles soient assez mal recensées. Il est donc nécessaire de se vacciner contre la typhoïde.
Choléra :
Le risque de choléra est très faible chez le voyageur.
La contamination par le vibrion cholérique (bactérie), agent du choléra, ne se produit que dans des conditions d'hygiène alimentaire extrêmement défectueuses ou chez des sujets à haut risque (personnes atteintes de gastrite atrophique par exemple). Le choléra se transmet de manière fécale-orale. Il est donc important de veiller au lavage des mains, au choix et à la préparation des aliments, et au choix des boissons. La protection apportée par les vaccins n'est que partielle.
Vaccins disponibles et modalités vaccinales
Dukoral® (vaccin oral tué) (SBL vaccin AB Stockholm) : 1 dose orale à répéter au moins 1 mois et au plus 6 semaines après. Enfants de 2 à 6 ans : troisième dose 6 mois après la première. Ne pas prendre d'aliment ou de boisson dans les 2 heures qui précèdent l'ingestion du vaccin et dans l'heure qui suit. Début d'efficacité : 7 jours après la deuxième dose. Durée de validité : 6 à 12 mois au total.
Orokol® Berna (vaccin oral vivant) : une dose unique. Début d'efficacité : 8 jours après la prise. Durée de validité : 6 à 12 mois.
Les virus :
La poliomyélite
C’est e virus hydrique le plus dangereux. Sa transmission se fait par voie fécale-orale. Le virus pénètre dans l'organisme par la paroi intestinale où il se multiplie. Il circule ensuite dans le corps et s'attaque aux neurones moteurs de la moelle épinière, provoquant une paralysie des membres et des atteintes respiratoires pouvant entraîner la mort. Il faut donc impérativement être à jour de sa vaccination.
L'hépatite A :
Le virus de l'hépatite A est présent partout dans l'environnement alimentaire sous les tropiques. Il est, directement ou indirectement, lié à l'eau. La contamination se fait essentiellement par voie fécale-orale. Les cas dus aux aliments contaminés ou à de l'eau souillée sont fréquents. L'hépatite A entraîne des lésions inflammatoires du foie et plus rarement, elle peut provoquer une insuffisance hépatique ou la mort.
Nous disposons de vaccins efficaces contre l'hépatite A. Vaccinez-vous avant de partir !
L'hépatite E :
L'épidémiologie de l'hépatite E ressemble beaucoup à celle de l'hépatite A : la transmission s'effectue aussi par voie fécale-orale.
Le risque de contamination du voyageur semble faible. La grande majorité des cas se rapportent à un séjour dans le sous-continent indien. Mais l'hépatite E peut surtout avoir de graves conséquences chez la femme enceinte, pendant le troisième trimestre de la grossesse. Elle peut être mortelle, et il n'existe pas de vaccin pour s'en prémunir.
Nos conseils

L'eau qu'on boit
L'eau est, en voyage, la première cause de maladies contractées : 80 % des maladies contractées en voyage sont dues à une eau contaminée. On ne le dira jamais assez : ne prenez pas de risques, les troubles provoqués par l'eau peuvent être graves (dysenteries, malaria, etc.). Certains d'entre eux, dont vous pensez vous débarrasser rapidement à votre retour au pays, peuvent se montrer très tenaces. Alors, sans devenir parano, il faut quand même rester très prudent.
Un conseil : même si vous avez extrêmement soif, ou si vous êtes gêné de refuser un verre amicalement offert, REFUSEZ quand même ! Sur le moment, on se dit toujours : « bon, ce n'est qu'un verre », etc. Mais ensuite, on déchante. Si l'eau qu'on vous propose n'a aucun effet sur les organismes de vos hôtes (quoique…), elle aura sur vous des effets désastreux. Non seulement désagréables (douleurs abdominales et intestinales, spasmes, vertiges, vomissements, diarrhées, perte de sang, perte de poids, etc.), les conséquences sont souvent durables. Ainsi, une amibiase même soignée, revient et revient sans cesse, provoquant des crises et des troubles intestinaux importants. Il est extrêmement difficile de se débarrasser de ce parasite.
Quelle eau faut-il boire ?
Si l'eau du robinet n'est pas sûre, la solution la plus simple (mais peut-être pas la moins chère) est de boire de l'eau en bouteille. Les bouteilles doivent être décapsulées devant vous ou par vous-même. Choisissez de préférence une marque connue. À défaut, pour les marques locales, préférez les eaux gazeuses, plus difficiles à falsifier et qui bénéficient de l'acidité bactériostatique induite par le gaz carbonique.
Dans les grandes villes, ne consommer l'eau du robinet qu'après s'être informé sur place de sa salubrité.
Tout ce qu'il faut faire (et ne pas faire) pour ne pas tomber malade.
- Évitez les glaçons ;
- Évitez les jus de fruits artisanaux, car ils sont en général « coupés » à l'eau ;
- Consommez des fruits lavés et pelés (de préférence par vous-même) ;
- Évitez les crudités ;
- Évitez crèmes, pâtisseries, charcuteries, viandes hachées (crues ou cuites) ; vous pouvez en revanche consommer lait bouilli et yaourts ;
- N'oubliez pas de vous laver les mains avant de manger, et essayez de les essuyer avec un linge propre.
L'eau avec laquelle on est en contact
À la piscine :
- Attention à l'hygiène de l'eau. De nombreuses piscines ne possèdent pas de système d'épuration moderne. Si la salubrité est douteuse, des risques de contamination bactérienne, virale, parasitaire et mycosique sont possibles. Évitez de mettre la tête dans l'eau et d'avaler de l'eau.
Enfin, si vraiment l'eau vous paraît trop sale : abstenez-vous ! - En climat chaud et humide, le contact avec les matelas ou les carrelages expose aux mycoses et aux affections verruqueuses. Douchez-vous soigneusement en quittant la piscine et essuyez-vous de manière méticuleuse !
Rivières, lacs et trous d'eau
Sous les tropiques, évitez les baignades en eau douce. Les rivières, les marigots, les lacs, les trous d'eau, les canaux d'irrigation, les étangs et surtout les eaux stagnantes peuvent vous transmettre des maladies aussi sympathiques que la bilharziose, mais aussi d'autres parasites. Le risque de bilharziose existe en effet dans la quasi-totalité des cours d'eau ou collection d'eau des régions tropicales, surtout à proximité des villages ou sur les lieux fréquentés par la population.
Attention ! L'infection par les formes larvaires contaminantes des bilharzies s'effectue à travers la peau saine. Par conséquent, tout contact cutané avec une eau suspecte est à éviter. Il n'existe pas de vaccin anti-bilharzien.
En Afrique tropicale, essentiellement
Risque d'inoculation de l'onchocercose (cécité des rivières) par les simulies (des moustiques piqueurs dont les larves vivent dans les eaux courantes), le long des cours d'eau à débit rapide.
Toujours se renseigner auprès de services spécialisés ou correspondants locaux avant de s'aventurer dans un cours d'eau inconnu.
Comment rendre l'eau potable ?

Quels sont les différents moyens dont un voyageur dispose pour traiter son eau ?
Ébullition :
Selon les différents avis, il faut faire bouillir l'eau de une à dix minutes. L'ébullition permet de désinfecter l'eau avant de la boire mais pas de la stériliser. Attention, vérifiez que le récipient dans lequel vous allez verser l'eau est propre !
En altitude, n'oubliez pas que l'eau bout à une température plus basse, et que les germes ont donc plus de chance de résister. Il est vivement conseillé de traiter votre eau ou de la filtrer.
Désinfection chimique :
Les désinfectants chimiques du voyageur sont efficaces sur les bactéries. Parmi eux, cer tains éliminent également les virus et les parasites. Ils doivent toujours être utilisés avec une eau bien claire. Il est essentiel d'attendre un délai suffisant avant de la boire, de 15 minutes à 2 heures selon le produit utilisé.
Certains désinfectants peuvent donner un mauvais goût à l'eau ; d'autres sont plus neutres. À vous de les tester !
Les différents désinfectants :
Le plus efficace est l'iode, disponible en France en pharmacie sous forme d'alcool iodé à 2 %. On l'utilise à dose de 5 à 10 gouttes par litre d'eau selon la turbidité et avec un temps de contact de 30 minutes. Son utilisation doit pourtant rester ponctuelle, l'utilisation prolongée présentant un risque pour la thyroïde. Il existe aussi des résines iodées qui équipent certains systèmes pour le voyageur. Tous ces produits iodés sont à éviter chez la femme enceinte et chez les personnes qui ont un problème thyroïdien.
Les autres désinfectants de l'eau disponibles sont des agents dérivés du chlore :
- le DCCNa : Aquatabs® (disponible en pharmacie).
- le DCCNa avec ions d'argent : Micropur® Forte Dccna (en association avec des ions d'argent) est le seul produit sur le marché qui non seulement purifie l'eau mais la conserve également (l'eau reste potable jusqu'à 6 mois ; idéal pour le réservoir d'un camping-car ou d'un bateau). Ce produit élimine à la fois bactéries et virus en 30 minutes, mais aussi les parasites (amibes, giardia, cryptosporidium) en 2 heures.
- le chlorine dioxide : Micropur® Express, pour les aventuriers qui ont besoin d'un temps d'action très court : élimine bactéries et virus en 15 minutes et parasites en 30 minutes.
- la chloramine T: Hydroclonazone®, moins efficace que les précédents et avec un fort goût de chlore.
Le problème avec les agents chlorés, c'est que leur efficacité dépend beaucoup du pH de l'eau, ce que le voyageur ne peut contrôler.
Par ailleurs, tous ces désinfectants chimiques, alcool iodé et agents chlorés, ont une efficacité qui diminue lorsque l'eau est froide.
Filtrage :
Une micro-filtration de porosité absolue entre 0,2 et 0,4 µ arrêtera efficacement les bactéries et les parasites, mais pas les virus, qui sont trop petits. Un avantage de ce procédé, c'est que l'eau peut être consommée immédiatement.
Il existe différents systèmes, de débits variés, à membrane ou en céramique, à pompe manuelle, qui se fixent au robinet, etc. En pratique, un bon filtre est celui qui affiche une porosité absolue entre 0,2 et 0,4 µ, et qui présente une bonne qualité générale de fabrication. Les règles d'utilisation et d'entretien des filtres sont importantes. Il faut respecter les recommandations du fabricant.
Filtre en céramique, de type Katadyn® : grâce à sa finesse et à la présence de sels d'argent, ce type de filtre (0,2 microns) élimine les germes de contamination fécale, les matières inorganiques (sédiments, argile) ou organiques. Il en existe plusieurs modèles selon l'usage (individuel ou familial), le lieu d'utilisation (camping, cuisine), le volume d'eau à traiter, etc. Pour les vrais routards, il existe même un filtre très résistant et garantie à vie (Pocket de chez Katadyn).
Un filtre révolutionnaire : la bouteille filtre de Katadyn® : sous forme de gourde, sont insérés trois niveaux de filtration qui permettent une grande facilité d’utilisation. On remplit d’eau, on presse, on boit immédiatement ! Les bactéries, parasites et même les virus sont éliminés instantanément. En plus, le goût est neutre grâce à la présence de charbon actif (magasins spécialisés voyage/sport et pharmacies).
En résumé, quelle est la meilleure manière de désinfecter son eau ?
Il faut choisir un moyen de désinfection adapté à la durée du voyage, au pays dans lequel on va, au type d'activités auxquelles on s'adonnera durant le périple.
- Le moyen le plus sûr reste l'ébullition, efficace contre bactéries, virus et parasites. Mais ce n'est pas toujours le moyen le plus simple.
- Le meilleur compromis entre efficacité et facilité d'utilisation, c'est un bon micro-filtre. Si on veut augmenter la protection contre les virus ou stocker l'eau, on peut ensuite désinfecter l'eau filtrée avec un agent chloré ou de l'alcool iodé, mais il faudra alors, selon le produit désinfectant, entre 15 minutes et 2 heures avant de la boire.
- Les agents chimiques sont de faible coût et restent utiles pour la désinfection bactérienne de l'eau du robinet pendant un court séjour.
Que faire en cas de problème : diarrhée et choléra ?

Diarrhée
La moindre toxine, la moindre bactérie, déclenchera chez le voyageur une diarrhée (turista) aussi banale qu'inévitable. C'est le risque majeur - et très mineur en même temps - pour le touriste.
Mais le péril alimentaire ne se limite pas à ce simple inconfort : de nombreuses et parfois sévères maladies sont véhiculées par l’eau et les aliments. Ceci vient le plus souvent du fait que se croisent deux chaînes qui ne devraient jamais se rencontrer : la chaîne alimentaire et la chaîne des excréments humains. Ce croisement, c'est l'eau souillée (que l'on boit ou qui sert à arroser les légumes) et les mains sales (qui manipulent les aliments).
Une diarrhée lors (ou au décours immédiat) d’un séjour en zone tropicale est extrêmement banale : plus de la moitié des voyageurs tropicaux en font l’expérience.
Mais une diarrhée peut être aussi le symptôme d’une maladie grave et urgente. Le tout est de porter rapidement le diagnostic et de procéder au traitement adéquat. Toutes les maladies en cause se soignent aujourd’hui de manière rapide et efficace. On peut facilement faire la différence entre ces deux types de diarrhée en tenant compte de :
– l’existence ou l’absence d’une fièvre (température > 38°5 pendant plus de 24 heures),
– l’aspect des selles ou émissions.
Les diarrhées peuvent être graves :
– S’il existe une fièvre : en effet, il peut s’agir d’un paludisme (toujours penser au paludisme en cas de fièvre), d’une salmonellose (typhoïde), d’une shigellose ou autre infection bactérienne au nom bizarre, mais souvent sévère.
– Si la diarrhée s’accompagne d’émissions de glaires et/ou pus et/ou sang : la diarrhée est alors toujours synonyme d’une infection à traiter rapidement. Il peut s’agir d’une dysenterie amibienne (pas de fièvre) ou d’une salmonellose ou shigellose (avec fièvre).
– Eau abondante : les émissions ne contiennent plus de matières fécales mais sont constituées d’une " eau de riz ", d’un liquide incolore.
Attention, il peut s’agir du choléra surtout si cette diarrhée dure depuis plus de 48 heures.
Dans tous ces cas, consulter rapidement un médecin.
Une diarrhée n‘est donc pas grave si :
– Elle ne s’accompagne pas de fièvre.
– Et si elle est simplement constituée de selles normalement colorées mais anormalement molles.
Ceci est heureusement le cas de loin le plus fréquent. Dans ces conditions, aucun médicament n’est vraiment nécessaire, si ce n’est pour le confort ; on peut prendre par exemple (adulte seulement) :
– IMODIUM® : 2 gélules d’emblée, puis 1 gélule à chaque selle diarrhéique (maximum 6 gélules par jour), avec ERCEFURYL® 200 : 4 gélules (maximum) réparties dans la journée.
– En cas de vomissements : PRIMPERAN® : au maximum 3 comprimés par jour.
– On peut associer aussi des pansements gastriques (type PHOSPHALUGEL® , SMECTA® 1 sachet 3 fois par jour) en cas de " crampes abdominales ", d’aigreurs d’estomac : ne pas prendre en même temps que les autres médicaments.
Ce traitement doit être arrêté dès que les symptômes sont terminés. Si la diarrhée n’est pas arrêtée au bout d’une semaine, il faut consulter un médecin.
Dans tous les cas, bien noter les recommandations suivantes :
– Cesser de consommer les aliments qui contiennent des fibres alimentaires (légumes, fruits), au profit de ceux qui n’en contiennent pas (riz en particulier) pendant la période diarrhéique. Ou bien, si vous êtes un adulte antérieurement en bonne santé, mettez-vous carrément à la diète en vous contentant de vous réhydrater.
– Chez l’enfant, toute diarrhée même " banale " doit être considérée comme grave à cause des pertes liquidiennes qu’elle entraîne, et ce, d’autant plus que l’enfant est plus jeune : consulter sans délai et, dans l’attente, faire boire à l’enfant une quantité au moins équivalente à celle de ses pertes.
– Assurer une bonne hydratation : coca cola, bouillon de légumes, eau de riz…, et chez l’enfant selon l’âge : biberon, bouillie, sachets de réhydratation orale.
En cas d’épidémie de choléra
Le choléra existe dans une grande partie des pays tropicaux, mais généralement à un faible niveau épidémique. Il convient donc d’appliquer les mesures d’hygiène universelles et d’être vigilant à propos de toute diarrhée qui serait constituée d’émissions liquides abondantes (incolore comme de l’eau), sans fièvre.
Parfois, dans un pays, survient une flambée épidémique. Il peut être alors conseillé :
– De prendre un comprimé par jour (éventuellement deux selon le poids) de doxycycline (type VIBRAMYCINE®) ou un autre antibiotique de la classe des cyclines. Ceci pendant toute la durée du séjour en zone épidémique et pendant les huit jours qui suivent. Attention, les cyclines et le soleil ne font pas bon ménage ; il y a risque de brûlures graves en cas d’exposition solaire.
– À défaut de cycline, on peut prendre sur place de la sulfadoxine (FANASIL® : rythme et doses différents).
– Ne pas oublier de faire très attention à tout ce que l’on consomme ou que l’on porte à sa bouche, et bien se laver les mains avant de manger.
Le choléra est une maladie très grave lorsque l’on est loin de tout centre médical de bonne qualité. À l’opposé, il se soigne très bien dans une structure hospitalière adéquate.
En cas de symptômes évocateurs (" diarrhée " aqueuse incolore abondante, qui dure depuis plus de 48 heures, sans fièvre) : se faire rapatrier d’urgence en évitant de prononcer le mot " choléra ", avant d’avoir quitté le pays en question, puis en le criant bien haut et fort une fois revenu de façon à être dirigé sur un service hospitalier spécialisé.
Dans l’attente, se réhydrater au maximum (voir ci-dessus), autant que le supportera votre estomac : le choléra n’est grave que par les pertes qu’il entraîne en eau, sodium, potassium… : dès que ces pertes sont compensées, on peut être considéré comme guéri.
Liens utiles

Retrouvez sur le site de Katadyn des filtres à eau pour tous les usages ainsi que les produits Micropur https://www.katadyn.com/fr/fr
Des informations sur le choléra par l'Organisation Mondiale de la Santé.
www.who.int/mediacentre/factsheets/fs107/fr/index.html
La bilharziose
www.caducee.net/DossierSpecialises/infection/bilharziose.asp
L'onchocercose
www.caducee.net/Dossierspecialises/infection/onchocercose.asp
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