Les villes musicales dans le monde

06 mars 2020

Espaces où se concentrent et se brassent des populations venues de divers horizons, les villes sont des lieux propices à l’émergence de formes musicales originales.
Issues de cultures locales, nourries d’influences extérieures, modernisées ou respectueuses de la tradition, elles sont devenues des emblèmes de ces cités, voire d’un pays tout entier. Les découvrir au cours d’un séjour fait partie des bonheurs que l’on peut s’offrir lors de ses voyages.
Nous vous invitons dans ce dossier à suivre de belles partitions à travers le monde.
Villes musicales des États-Unis
Du blues de Chicago au jazz de New York, en passant par la country à Nashville, voici les principales villes musicales des États-Unis
Memphis (Tennessee)

Située sur le cours du Mississippi, Memphis est l’un des principaux berceaux du blues et du rock’n’roll, ainsi qu’un site majeur en ce qui concerne le rhythm’n’blues et la soul, ou encore le gospel et la country. Quelle ville !
C’est entre autres sur Beale Street que les fans de blues vont écouter des artistes dans des clubs et bars spécialisés. Vous y avez le Memphis Music Hall of Fame et son musée.
Et bien sûr, on visite les lieux du culte. Par exemple le Stax Museum of American Soul Music établi là où se trouvait le studio dans lequel étaient produits les disques du label Stax, notamment ceux d’Otis Redding. On se rend également aux studios de Sun Records, qui compta dans ses rangs un certain Elvis Presley.
Graceland, la demeure de ce dernier est un site de pèlerinage dont le succès ne s’affaiblit pas depuis 1982. Le King y est décédé le 16 août 1977 puis y a été enterré. Chaque année des cérémonies en hommage à saint Elvis se tiennent ici autour de cette date anniversaire !
Nashville (Tennessee)

Capitale de l'État du Tennessee, c’est aussi celle de la musique country. Même si cette dernière est appréciée et jouée à travers le monde, c’est un pur produit made in USA, basé sur des styles traditionnels européens, principalement britanniques ou irlandais, et dans lequel on retrouve des éléments étonnants tels que le yodel des chants alpins ou la guitare métallique hawaïenne !
Évoquant en général des thèmes de la vie quotidienne, ou des histoires d’amour, c’est un mode d’expression très populaire qui a pris différentes formes au cours de sa jeune histoire.
Peu d’artistes country n’ont pas enregistré à Nashville, ou ne s’y sont pas produits sur scène. Les salles de concert les plus célèbres sont Grand Ole Opry et le Ryman Auditorium, mais des lieux de dimensions plus modestes, tels que des bars ou des clubs inscrivent de la country à leur programme. De plus, des festivals sont organisés toute l’année en ville.
Des musées comme le Country Music Hall of Fame font aussi partie des sites incontournables, de même que le quartier Music Row où se trouve le mythique RCA Studio B.
Chicago (Illinois)

Immense ville située au bord du lac Michigan, Chicago est fameuse pour son patrimoine architectural enrichi depuis la fin du 19e siècle par des créateurs modernistes. Elle est aussi célèbre pour ses musées, ses spécialités gastronomiques issues de diverses cultures, ainsi que pour ses foyers musicaux.
La musique classique et l’opéra y possèdent des temples prestigieux, de même que les comédies musicales. Mais sans doute Chicago est-elle particulièrement renommée pour avoir forgé des styles particuliers en raison d’une forte présence d’Afro-américains installés ici, pour une bonne part afin de fuir la ségrégation en vigueur dans le sud des États-Unis.
Le Chicago blues, qui a pour particularité d’être électrique et cuivré, est certainement le plus connu. Mais la soul et le jazz ne sont pas en reste, de même que le gospel ou le hip-hop, et il est à noter que cette ville est, avec Detroit, un des lieux de naissance de la house music.
C’est par dizaines que vous trouvez des lieux où écouter de la musique en ville. On aime bien le Blue Chicago qui programme des joueurs locaux. L’une des dernières adresses authentiques de la ville. Et le Kingston Mines, l’un des meilleurs bars de blues de la ville.
Côté événements, qui sont nombreux, vous avez le Chicago Blues Festival, les festivals rock Lollapalooza, Pitchfork, ou Riot Fest, le World Music Festival Chicago…
Voir notre reportage Sur la route du blues, de Chicago à La Nouvelle-Orléans
La Nouvelle-Orléans (Louisiane)

New Orleans la créole cultive un art de vivre spécifique sur les bords du Mississippi et du lac Pontchartrain. De création française, elle a conservé une architecture remarquable dans ses quartiers anciens tels que le Vieux carré.
Lorsqu’on ne va pas goûter à sa gastronomie surprenante, on se rend dans de nombreux lieux, y compris dans la rue, où jouent des musiciens d’une grande diversité – la série Treme le montre admirablement.
Réputée être le berceau du jazz, lequel a grandi dans des maisons closes, La Nouvelle-Orléans a compté et compte toujours d’innombrables artistes de blues, de soul, de funk, de rock, de hip-hop, ou de zydeco, musique des Cajuns des bayous voisins.
Côté sorties, on recommande chaudement les clubs animés de Frenchmen Street, dans le Faubourg Marigny, plus authentiques que ceux de Bourbon Street, où se trouve tout de même le mythique bar de jazz Preservation Hall.
Des festivals tels que le New Orleans Jazz & Heritage attirent beaucoup de monde, de même que le très célèbre carnaval de Mardi gras durant lequel de majestueuses fanfares égayent les rues de la ville. Au fil de l’année, on peut aussi en voir accompagner des processions funéraires.
New York

La plus grande ville des États-Unis est aussi l’une des capitales du monde, de par l’intensité de sa vie économique et culturelle.
Les quartiers de New York sont célèbres, notamment pour les musiques qui y sont nées et qui y règnent encore : Manhattan, Harlem, Broadway, Greenwich Village, Bronx, Queens, Brooklyn...
Le jazz s’y illustre dans des clubs et salles (Birdland, Village Vanguard, Blue Note, Jazz at Lincoln Center...), les comédies musicales dans des théâtres de Broadway...
On peut aussi retrouver l’esprit du folk song, du rap, ou du punk rock dans divers lieux où ces genres tout ou partie inventés à New York ont encore droit de cité. Et n’oublions pas les boîtes de nuit qui prennent différentes formes...
Sans surprise, les festivals, notamment consacrés aux musiques actuelles, sont également nombreux : Central Park SummerStage, Northside, Governors Ball, Panorama, Electric Zoo... Et vous avez aussi des parades telle que celle des Irlandais à l’occasion de la Saint-Patrick.
Villes musicales d’Amérique latine
De La Havane à Buenos Aires, en passant par Cali, les villes où l’on vibre au rythme du son latino.
La Havane (Cuba)

Le patrimoine architectural colonial est l’un des grands attraits de la capitale de Cuba, tout comme ces mythiques automobiles vintage qui circulent dans les rues, notamment sur le front de mer de la ville.
La musique est reine partout à La Havane, dans des bars, restaurants, cabarets ou clubs, par exemple la Floridita, le Café Cantante Mi Habana, la Casa de la Musica, ou la Bodeguita del Medio… sans oublier les peñas, ces fêtes improvisées typiques de La Havane.
Très nombreux, les genres nés dans l’île, leurs descendants ou encore ceux qu’ils ont influencés, sont représentés : son, bolero, rumba, salsa, jazz, cubaton...
Tous sont issus de croisements entre traditions européennes, africaines et autochtones, ce qu’indique notamment l’usage abondant de percussions (claves, congas, guïros...), de cuivres ou d’instruments à cordes (guitare tres, violon...).
La danse est indissociable de ces musiques jouées in vivo ou par des enregistrements dans des discothèques.
Cali (Colombie)

Pays très musical, la Colombie s’illustre dans plusieurs genres qui, tous synthétisent à leur façon des influences européennes, africaines et autochtones. Aussi est-il difficile d’indiquer la ville la plus dynamique sur ce plan !
La salsa locale étant la forme la plus renommée, optons pour Cali qui est considérée comme la capitale de cette musique. La ville comprend de nombreux lieux où l’on peut en écouter, ainsi que des écoles et académies où l’on apprend à en jouer ou à danser. Un festival mondial célèbre chaque année ce phénomène.
D’autres villes sont des foyers de création et de conservation importants comme Medellin où ont été enregistrés de grands classiques de la cumbia, genre proche de la salsa. À El Banco se déroule tous les ans un festival qui lui est dédié.
Au nord du pays règne le vallenato dont l’instrument roi est l’accordéon. Un Festival de la Leyenda Vallenata se tient à Valledupar.
Sur les côtes Atlantique et Pacifique existent également des styles empreints d’influences africaines, comme la champeta, tandis que dans les Andes perdurent des genres traditionnels...
À Bogotá, vous avez aussi de grandes manifestations qui mélangent musiques locales et pop internationale, telles que Estéro Picnic et Rock al parque.
Enfin, n’oublions pas les carnavals qui sont organisés partout dans le pays, notamment à Barranquilla, ville natale de la star mondiale Shakira.
Buenos Aires (Argentine)

Buenos Aires, capitale de l'Argentine, est un chaudron où se sont mélangés des générations durant des émigrants venus d’Espagne, d’Italie et d’autres pays européens. Il y eut aussi des Africains, lesquels ont joué un rôle important dans l’émergence d’une musique à jamais associée à une danse se pratiquant en duo : le tango.
Inventée à la fin du 19e siècle lors de fêtes improvisées, au cours desquelles les tambours venus d’Afrique prenaient une place qui allait peu à peu s’effacer, on pratiqua cette forme d’art populaire en particulier dans le monde des voyous. Surprise : au début du 20e siècle, elle devint très à la mode à Paris, notamment dans les milieux chics, ce qui lui donna ses lettres de noblesse dans son pays natal !
Bandonéon et instruments à cordes dominent en général cette musique, accompagnée volontiers du chant d’un soliste. On peut en écouter dans diverses salles de concert ou de bal (milongas) au cœur de cette grande cité qu’est Buenos Aires, à travers les quartiers de Boedo, La Boca, San Telmo...
À voir : le Musée Carlos Gardel, dans le quartier d’Abasto. C’est là que vécut ce chanteur toulousain de naissance, héros absolu du tango.
Lire notre article Où danser le tango à Buenos Aires ?
Rio de Janeiro (Brésil)

Rio de Janeiro ! Ses plages de Copacabana, Leblon ou Ipanema, sa baie dominée par le fameux Pain de Sucre et la statue du Christ Rédempteur nichée sur le pic du Corcovado, ainsi que par des étendues de favelas...
Et puis son célébrissime carnaval au cours duquel se manifeste la vigueur créative des musiciens brésiliens. Genre carioca, la samba y reste dominante. Autre forme inventée ici : la bossa nova, mélange cool de jazz et de samba.
Des lieux de toutes dimensions, allant du bar au stade, vous permettent d’écouter des artistes œuvrant dans ces genres et d’autres encore comme le choro, la MPB (pop brésilienne), le reggae, le rock, ou encore le forró de Salvador da Bahia, l’électro ou le rap de São Paulo...
Bien évidemment, partout dans Rio, des clubs vous invitent aussi à danser aux sons prodigués par des DJ.
Outre le carnaval, le grand événement musical d’ampleur internationale est le festival Rock in Rio qui se déroule alternativement ici (années impaires) et à Lisbonne.
Villes musicales d’Europe
Techno à Berlin, fado à Lisbonne, flamenco à Séville… Un tour d’Europe des villes musicales.
Dublin (Irlande)

Capitale de la République d’Irlande, Dublin se visite pour ses monuments et sites prestigieux, tels que Trinity College, mais aussi pour son ambiance, laquelle est particulièrement animée dans le quartier de Temple Bar. Y abondent des pubs et autres bars où l’on joue divers genres de musique : rock, blues, jazz ou folklore irlandais.
Ce dernier se compose de diverses formes, aussi bien des ballades empreintes de nostalgie que des airs invitant à danser avec énergie sortant d’instruments tels que guitare, mandoline, fiddle (violon), tin whistle (flûte), bodhrán (tambour), uilleann pipe (cornemuse), ou encore de la voix, en solo ou en chœur, parfois sans accompagnement. Il s’agira d’artistes professionnels mais aussi de simples amateurs réunis pour le plaisir, souvent devant une pinte de bière !
Bien entendu, ailleurs en ville, vous avez également des pubs ou des salles de concerts où se produisent des musiciens locaux ou internationaux, ainsi que des clubs avec DJ. Wexford Street et Camden Street sont également des hauts lieux de la nuit.
De plus, des festivals animent Dublin au fil des mois : New Year Festival, TradFest, Saint-Patrick, Longitude...
Londres (Angleterre)

Depuis les années 1960, Londres est un puits sans fond d’où sortent régulièrement des styles de musique pop à l’ombre de Big Ben, Tower Bridge, etc.
Tous les genres de rock, de folk, de reggae, de soul, de hip-hop ou d’électro y ont eu de fiers héros et cela continue ! On peut s’en rendre compte en fréquentant divers lieux où l’on en joue, d’un pub à l’O2 Arena.
Le légendaire Marquee Club, le passage piéton d’Abbey Road où furent photographiés les Beatles... On n’en finirait plus de citer tous ces lieux du culte de la pop qui attirent des voyageurs du monde entier. D’ailleurs, des visites guidées sont proposées sur ce thème.
Londres est également, avec Berlin, la capitale européenne de la vie nocturne avec d’innombrables clubs, notamment à Soho et dans l’East End.
Mais Londres est aussi une ville où le jazz, la musique classique, l’opéra et la comédie musicale (dans le West End) sont très présents...
À l’image de la diversité musicale qui s’exprime dans cette ville, des festivals en tous genres sont organisés au cours de l’année : BBC Proms, Wireless, South West Four, Lovebox, British Summer Time Hyde Park, Apple Music Festival...
Autre événement très fréquenté : le carnaval de Notting Hill, plus importante manifestation de ce type en Europe. On y entend quantité de musiques originaires des Caraïbes.
Berlin (Allemagne)

Berlin est souvent citée comme étant la capitale de la nuit festive en Europe, en plus d’être celle de l’Allemagne ! On y trouve des clubs mondialement connus comme le Berghain, temple sulfureux de l’électro.
Ses lieux de spectacle et ses clubs ont l’autorisation de ne jamais fermer leurs portes. Ce sont évidemment les boîtes de nuit qui profitent à plein de cette mesure tant souhaitée ailleurs... De plus, les bus et trains de la ville fonctionnent aussi toute la nuit.
Concerts rock, électro, jazz, hip-hop... Il y en a pour tous les goûts, sachant que chaque obédience a droit de cité dans des lieux variés, de grandes salles comme l'Astra Kulturhaus, jusqu’à des bars ne payant pas de mine.
Aussi trouve-t-on facilement son bonheur d’est en ouest, dans divers quartiers, tels que celui de l'Oranienstraße à Kreuzberg, à Friedrichshain, du côté de l'Oranienburger Straße ou de Schönhauser Allee, ou encore sur les bords de la Spree.
Notez aussi que les spectacles de cabaret et les comédies musicales sont des valeurs sûres à Berlin, où plusieurs salles en proposent.
Lisbonne (Portugal)

En grande partie détruite par un séisme et reconstruite de la plus belle des façons au 18e siècle, la capitale du Portugal est une destination très appréciée aussi pour écouter in vivo des musiciens et chanteurs de fado, le genre typique du pays.
C’est à Alfama que se trouvent les adresses les plus prisées. Dans ce quartier très ancien de Lisbonne, qui a survécu à la catastrophe, de petites rues abritent des cafés et restaurants où l’on est saisi par la saudade qui émane des airs de fado.
Empreint de nostalgie, il a été codifié durant le 19e siècle à partir pense-t-on de chants de marins. La partie vocale est généralement assurée par une femme, laquelle est accompagnée de joueurs de guitares locales (guitarra, violão). Le Clube de Fado (rua São João de Praça, 92-94) est une des maisons de fado les plus réputées de Lisbonne.
Un musée du Fado est à visiter si vous voulez approfondir votre connaissance de cette musique classée au Patrimoine culturel immatériel de l'Humanité de l’Unesco.
Notez que d’autres types de musiques sont offerts en ville, notamment par le grand festival Rock in Rio qui se déroule ici tous les deux ans (années paires).
Séville (Espagne)

C’est dans la superbe vieille ville de Séville que se trouvent des tablaos, lieux dédiés à l’art du flamenco, lequel comporte chant, musique et danse. C’est dans les bars du quartier de Triana, de l’autre côté du fleuve, que l’expérience se révèlera plus authentique. Car le flamenco, resté populaire, ne se cantonne pas aux théâtres quelque peu touristiques. Veillez jusqu’à minuit, les spectacles débutant rarement plus tôt, et joignez-vous à la joyeuse foule sévillane.
En bonne partie d’origine gitane, c’est d’abord à Séville qu’il est devenu à la mode au cours du 19e siècle, avant de connaître une renommée internationale. Inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’Unesco, il fait ici l’objet de plusieurs festivals dont l’importante Bienal de Flamenco (les années paires). Il existe aussi un Museo del Baile Flamenco (danse).
Mais Séville vit également au rythme des musiques modernes, électroniques, jazz ou rock, notamment, que l’on peut écouter entre autres dans des bars, ou même en plein air, par exemple du côté de l’Alameda.
Vienne (Autriche)

Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Liszt, Brahms, Mahler, Schönberg... Lorsque vous vous promenez dans les rues du beau centre de Vienne, en sortant d’un de ses célèbres musées ou d’un de ses fameux cafés, vous croisez automatiquement les fantômes de ces grands compositeurs de musique classique, romantique et moderne. Tous y ont fait carrière pendant un bon moment. Et n’oublions Franz Lehár ou Johann Strauss I et II, rois de la valse et de l’opérette viennoises.
Ces genres sont toujours vivaces dans des salles de bal ou de concert et bien sûr à l’opéra. Au sein de ces lieux, ainsi qu’au cœur d’églises ou de cafés-concerts, on donne également d’innombrables œuvres instrumentales et lyriques.
D’autres formes de musiques sont également à l’affiche dans des lieux divers : traditionnelles, jazz, rock, ou encore musiques électroniques. Vienne s’est d’ailleurs rendue célèbre pour ses artistes usant de machines et ses clubs de haut niveau, tels que le Flex qui est installé dans une bouche de métro !
Villes musicales d’Afrique
Abidjan, Mindelo, Dakar, le sega, le kwaito, la morna… L’Afrique en musique, c’est par ici !
Dakar (Sénégal)

Dakar, la vibrante capitale du Sénégal ne s’endort pas dès la nuit venue ! Pour vos sorties, vous avez le Théâtre national Daniel-Sorano, un lieu où se produisent des artistes sénégalais œuvrant dans les domaines de la musique, de la danse et du théâtre.
Mais aussi un beau nombre de clubs permettant de goûter aux saveurs de genres populaires comme le mbalax, dont le grand héros est Youssou N'Dour, lequel possède une adresse nommée, Thiossane, où des groupes jouent notamment cette musique mettant particulièrement en valeur la voix et diverses percussions.
Les épopées chantées des griots ou les instrumentistes experts de la kora font également partie du paysage et d’autres styles encore sont en vigueur, tels que le folk ou le hip-hop, très bien acclimatés ici comme l’ont prouvé respectivement des artistes tels que Ismaël Lô et Didier Awadi.
Côté événements, il y a notamment le Dakar Music Festival qui propose un programme mélangeant concerts et prestations de DJ faisant se croiser musiques traditionnelles et électroniques.
Abidjan (Côte d'Ivoire)

Ville tentaculaire implantée entre lagune et continent, Abidjan est la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Aimant attirant de nombreux Africains de l’ouest, c’est entre autres une plaque tournante pour quantité de musiciens. On ne compte plus les stars des pays environnants qui y ont commencé leur carrière, souvent avant de s’envoler pour Paris.
Des genres locaux tiennent le haut des pistes de danse dans quantité de clubs, bars, maquis (petits restaurants plus ou moins informels), voire dans des lieux en plein air. Le coupé-décalé, ultra dynamique, domine mais n’a pas fait disparaître le zouglou, l’autre style moderne ivoirien.
Le reggae est également très apprécié – Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly viennent de Côte d’Ivoire.
Des festivals sont organisés au cours de l’année, ainsi que des concerts au Palais de la Culture, institution qui propose aussi des spectacles de danse, de théâtre, etc.
Le Caire (Égypte)

La capitale de l’Égypte est aussi celle de la culture de ce grand pays riche en traditions, situé entre l’Afrique profonde au sud et le monde arabe au nord.
D’importants compositeurs et interprètes ont émergé au cours du 20e siècle, parmi lesquels figure la diva Oum Kalthoum dont la renommée est toujours vivante, y compris au-delà de sa terre natale. Le musée Kawkab al-Sharq lui est consacré.
Le chaabi de Nubie ou le jeel, cousin du pop raï, ont connu de beaux succès en Égypte où les trouvailles électro ou hip-hop, notamment, ont eu aussi de l’influence parmi les artistes modernistes.
Ça foisonne donc dans cette ville mouvementée qui comprend un opéra où sont données des œuvres occidentales et orientales, ou dans des cabarets, certains proposant des spectacles de « danse du ventre », ou encore des boîtes de nuit.
Le Cap (Afrique du Sud)

Riche en musiques traditionnelles issues de ses diverses ethnies, l’Afrique du Sud est également créatrice de styles offrant des perspectives nouvelles à des genres internationaux comme le jazz, le gospel, le rap, le rock ou la house, tandis qu’elle en créée d’inédits tels que le kwaito.
Le Cap, mais aussi Johannesburg, proposent aux mélomanes des salles de concert ou des clubs, ou bien des bars où aller écouter in vivo toutes ces tendances et en découvrir d’inattendues. Quelle que soit l’une ou l’autre, une extrême vitalité est au rendez-vous, l’invitation à la danse étant quasi générale. Et bien entendu, des festivals sont organisés chaque année.
Mindelo (Cap-Vert)

Cesária Évora ! La fameuse interprète de chansons de type morna a rendu célèbre l’archipel du Cap-Vert, lequel s’étend au large du Sénégal.
Ancienne colonie portugaise, ce pays a conservé la langue du pays qui l’occupa, de même qu’une forte influence du fado dans cette morna qui distille ce sentiment si particulier qu’est la saudade.
La morna n’est pas le seul style en vigueur à Mindelo (île de São Vicente), ville où vécut la regrettée Cesária et qui propose une belle série de bars, discothèques, ou restaurants dans lesquels règnent les musiques capverdiennes – un carnaval y est organisé chaque année.
Funaná, coladeira ou batuque sont d’autres formes que prennent musiques et danses des îles du Cap-Vert, territoire plutôt aride, comprenant de belles plages, salines et montagnes où l’on randonne volontiers. L’un des sites immanquables du pays est le Pico do Fogo, volcan actif qui en est le point culminant (2 829 m).
Saint-Denis de La Réunion (La Réunion, France)

La capitale de l’île de La Réunion est l’une des villes où se déclinent toutes les variétés de musique que recèle ce pays incroyablement riche en la matière.
Des concerts et autres événements tels que des festivals se déroulent également à Saint-Pierre, Saint-Gilles, etc. Bref, partout dans ce département et région français.
Si l’ensemble des genres internationaux trouvent des déclinaisons ici, tels que le reggae, c’est le maloya qui a l’honneur d’être reconnu comme étant celui qui représente le mieux ce territoire. Il figure sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.
Percussif, chanté et dansé, il synthétise différentes influences venues d’Afrique, de Madagascar, d’Europe et d’ailleurs encore ! Dans ses formes modernes, il est une source d’inspiration pour des musiciens en tous genres.
L’autre grande musique de l’île est le séga, généralement festif et dansant, qui est répandu dans l’ensemble des îles Mascareignes.
Enfin, des fêtes de tradition européenne, indienne, ou chinoise rythment toute l’année la vie de La Réunion. C’est une occasion de plus d’écouter de la bonne musique !
Zanzibar (Tanzanie)

Zanzibar est à la fois un archipel de l'Océan indien, situé près des côtes continentales de la Tanzanie, et une ville, laquelle est la plus importante de l'île d'Unguja.
Cette cité comprend un centre historique nommé Mji Mkongwe (Stone Town) qui est inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco. Il s’agit d’une médina dont l’architecture séduit quiconque y pénètre.
La singularité de Zanzibar est sa culture, qui mélange des influences arabes, indiennes et africaines. Nommée taarab, sa musique incarne cette fusion. Elle est jouée par des grands orchestres durant des fêtes et des festivals, ainsi que dans divers lieux.
Les pièces interprétées sont en général splendides, portées par des instruments comme le violon, le kanoun, l’oud ou l’harmonium et des voix qui chantent en swahili des paroles souvent caustiques.
L'un des meilleurs endroits de l'île pour écouter ce genre de musique est l'amphithéâtre en plein air à l'intérieur du fort arabe de Stonetown. Des concerts s'y déroulent de temps en temps. Dans une atmosphère plus intimiste, concerts parfois le samedi au Monsoon Restaurant (infos sur place).
Villes musicales d’Asie et d’Océanie
Gangnam Style ou didgeridoo, gamelan ou J-PoP, tout ce qui vibre en musique en Asie-Pacifique.
Séoul (Corée du Sud)

Le monde entier connaît désormais le quartier de Séoul dénommé Gangnam devenu célèbre grâce à la chanson de Psy, « Gangnam Style ».
Ce hit illustre le genre K-pop qui fait fureur largement au-delà des frontières coréennes. Il mélange divers styles internationaux et locaux, souvent très dansants, et a pour interprètes particulièrement remarqués des girl groups et des boys bands.
Il est très présent dans un quartier tel que Hongdae où abondent des bars et clubs dans lesquels se jouent diverses musiques modernes, notamment de type underground.
Les différentes formes de musique traditionnelle coréenne, populaires et savantes, sont également à affiche de salles de spectacle.
Tokyo (Japon)

On n’a que l’embarras du choix en ce qui concerne la musique à Tokyo, l’immense capitale du Japon.
Les formes traditionnelles de théâtre accompagnées de musique que sont le kabuki et le nô, de même que les répertoires gagaku, jōruri ou sōkyoku sont à découvrir.
On en retrouve fréquemment la trace dans les acclimations locales de genres occidentaux comme le rock, l’électro, ou le hip-hop, lesquelles sont souvent réunies sous le terme J-pop.
Diverses musiques du monde font l’objet de mini cultes, ce qui donne l’occasion d’écouter par exemple des interprètes japonais chantant des standards made in France dans des cabarets spécialisés !
Salles de concert, où l’on peut notamment écouter des œuvres classiques occidentales, bars musicaux et clubs sont innombrables, par exemple dans des quartiers comme Kabukichô, Shimokitazawa ou Shibuya.
Bon nombre d’adresses sont bien entendu dédiées au karaoké. Cette pratique consistant pour les amateurs à chanter sur un instrumental est d’ailleurs née au Japon.
Notez encore que des festivals en tous genres sont organisés au cours de l’année à Tokyo.
Lire notre article Où sortir à Tokyo ?
New Delhi (Inde)

Démesurée comme l’ensemble du pays dont elle est la capitale, New Delhi offre une multitude de lieux où s’expriment toutes les musiques qui y sont nées, des répertoires classiques aux formes les plus modernes, par exemple du côté de l’expérimentation électronique, en passant des shows à la manière de Bollywood, des cérémonies qawali, sans oublier l’existence de scènes dédiées aux musiques venues d’Occident comme le rock ou le jazz.
À New Delhi et dans le vieux Delhi, des salles de spectacles, des lieux branchés tels que des bars ou des clubs, de même que des festivals déclinent donc des programmes d’une grande richesse.
On cite Delhi, mais en Inde, la musique est partout Dans les petites villes ou les villages, de petits groupes de musiciens, souvent amateurs, perpétuent un répertoire de chansons folkloriques et se produisent volontiers à la demande ; ils sont souvent accompagnés de danseurs ou de spectacles divers (marionnettes, par exemple). Également de la musique dans les temples, lors des cérémonies folkloriques, les mariages…
Au nord prédomine la musique « hindoustanie » où se mêlent expression dévotionnelle et danse de cour ; au sud la musique « carnatique » restée plus proches des formes originelles.
Ubud (Bali, Indonésie)

Situé à l’écart des plages de rêve de Bali, Ubud est considéré comme le principal centre culturel de cette île superbe.
Des spectacles de danse et de chants sont donnés, accompagnés d’un orchestre gamelan. Celui-ci se compose de gongs, de métallophones et de xylophones, ou encore de divers tambours.
La musique que ce type de formation produit est fascinante. Les œuvres sont plutôt longues, dotées de couleurs changeantes... Notez qu’elles ont inspiré un certain nombre de compositeurs occidentaux comme Claude Debussy, les minimalistes américains Philip Glass et Steve Reich...
Les danses balinaises sont l’expression la plus raffinée et la plus connue de cette vitalité culturelle. On compte quelque 2 000 troupes sur l’île, qui se produisent dans des temples, car la danse, à Bali, est liée au divin et au sacré : de nombreux spectacles s’inspirent, par exemple, de l’épopée hindoue du Ramayana. Ne manquez sous aucun prétexte une représentation de legong ou de kecak (très spectaculaire)
Cela dit, Ubud n’est pas le seul endroit où vous pouvez entendre des gamelans. Partout dans l’île résonnent leurs sons envoûtants, entre autres lors de fêtes ou de crémations.
Alice Springs (Territoire du Nord, Australie)

Les musiques des peuples autochtones d’Australie se constituent de chants accompagnés de rythmes joués avec des bâtons ou des boomerangs, ou encore des sons du didgeridoo, instrument à vent en bois répandu initialement au nord du pays.
Aujourd’hui, d’autres instruments d’origines européenne ou américaine sont utilisés pour créer des chansons d’esprit pop tout en conservant les grandes caractéristiques des répertoires traditionnels.
À priori interprétées lors de cérémonies et associées à des danses, ces musiques sont également audibles lors de concerts et de nombreux festivals. Ainsi Parrtjima, organisé dans les montagnes de la chaîne des MacDonnell, près de Alice Springs.
Vous avez aussi le Laura Dance Festival, qui se tient à Cape York au nord de Cairns, ou bien Yabun à Sydney, ou encore Tjungu près de la montagne magique Uluru !
Pour les autres musiques, l’offre est également très riche à Sydney où s’élève une salle d’opéra mondialement célèbre, Adélaïde, Brisbane, Canberra, Darwin, Melbourne, ou Perth, et même à Hobart, en Tasmanie !
Honolulu (Hawaï, États-Unis)

Archipel situé dans l’océan Pacifique à près de 3 800 km de la Californie, devenu État en 1959, Hawaï est un ensemble de terres où abondent volcans... et plages de rêve, appréciées notamment par les adeptes du surf !
Honolulu, sa capitale, se trouve sur Oahu, où l’on entretient le souvenir de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor en 1941.
Les musiques traditionnelles que l’on y joue se rattachent aux cultures polynésienne et maori.
Accompagnées de danse hula, elles sont omniprésentes dans tout l’archipel, au sein de divers lieux et lors de festivals, aux côtés d’autres telles que le rock.
Parmi les instruments employés figurent le ukulélé, sorte de mini guitare héritée de voyageurs portugais de Madère, et la steel guitar, appelée aussi guitare hawaïenne inventée ici au 19e siècle. Elle a été adoptée par les musiciens de country et de blues aux États-Unis.
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