Les hôtels mythiques

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Qui n’a jamais rêvé un jour de fouler le tapis rouge des hôtels mythiques ? Pas besoin d’être riche comme Crésus pour entrer dans ces endroits où le moelleux de la moquette n’a d’égal que l’éclat de l’argenterie ou la pureté du marbre. On peut y prendre un verre, y danser un soir, suivre un cours de cuisine, s’inviter au spa ou juste aller papoter avec le concierge dans le lobby.

Allez hop ! Enfilez vos vestons et votre joli jupon, à vous la vie de palace, l’espace d’un instant, histoire de se faire plaisir et de rencontrer l’Histoire, la grande. Car souvent, ces grands hôtels ont accueilli tout ce que le gotha politique, économique et culturel compte de personnalités influentes sur notre planète. On aurait tort de se priver.

Aujourd’hui, c’est Routard.com qui invite ! C’est parti pour la visite.

Paris - Le Ritz

Paris - Le Ritz
© Ritz Paris

Le 1er juin 1898, César Ritz, originaire de Niederwald, en Suisse, autrefois jeune apprenti sommelier, aguerri aux pratiques des palaces, inaugure « Le Ritz, si tranquille, si resplendissant, si bien conçu pour le repos des grands de la terre » (L.-P. Fargue) au 15, place Vendôme, dans l’ancien hôtel particulier du duc de Lauzun. Ce fut le premier palace du monde avec électricité à chaque étage. Et même des crochets sous les accoudoirs des sièges pour y pendre les sacs à mains des jolies dames !

Le palace compte aujourd’hui 3 employés par chambre : il y en a 159 au total, dont 56 appartements et 6 suites de prestige, une nommée en souvenir de Coco Chanel qui y vécut de 1934 à sa mort en 1971. Le bar Hemingway (ouvert tous les jours 18 h 30 - 2 h), très littéraire, sert de poste : tout plumitif peut s’y faire livrer son courrier. Colin, le chef barman, laissera vos lettres dans la vitrine ! Le fameux cocktail Bloody Mary y est créé un jour où Hemingway dit au barman : « Ma femme ne veut plus que je boive. Quand je rentre, elle respire mon haleine et elle m’engueule ». Le barman prépara alors un cocktail « sans odeur » composé de vodka et de jus de tomate. Le lendemain, Hemingway déclara alors : « Bravo, Bloody Mary (cette garce de Mary) n’a rien senti ! ».

Le Ritz, c’est également sa cuisine, et Auguste Escoffier qui inventa la poire Belle-Hélène, pour le mariage de la fille du patron de l’époque ! Aujourd’hui, L’École Ritz-Escoffier propose différents cours (démo lundi après-midi de 15 h à 17 h 30) et le resto L’Espadon offre ses banquettes rouges… Tous les plus grands, le futur Édouard VII, les grands ducs de Russie, le shah d'Iran ou encore Charlie Chaplin ont dormi ou mangé au Ritz. Même Marcel Proust, qui, sur son lit de mort, un jour de novembre 1822 réclama à son chauffeur d’aller lui chercher… de la bière frappée au Ritz !

A consulter

Le site de l'hôtel www.ritzparis.com.
Notre guide de voyage en ligne Paris.

Saint-Paul-de-Vence - La Colombe d’or

Saint-Paul-de-Vence - La Colombe d’or
© La Colombe d'or

Il demeure de l’ancienne guinguette un certain esprit. Paul Roux, le propriétaire des années 1920 s’exerce alors l’œil auprès des peintres venus poser là leur chevalet : Dufy, Signac, Dunoyer de Segonzac… On trouve pire modèle ! Bientôt il annonce la couleur : « Ici on loge à cheval, à pied ou en peinture ».

Matisse vient en limousine et, fatigué, y prend le thé sans se lever. D’autres visiteurs signent le livre d’or : Braque, Léger, Miró, Chagall. Entre autres. Les poulets au thym embaument l’auberge. Ducs, comtesses, milliardaires, tous se croisent à la Colombe d’or. Jacques Prévert et sa bande s’invitent en salle, Carné y tourne Les visiteurs d’un soir, la voix d’Arletty résonne. Soutine, Léger, Picasso passent de temps à autre.

Chaque pièce a une histoire, de la terrasse construite avec les pierres d’un vieux château racheté en ruines à la cheminée, marquée des empreintes des architectes de l’endroit. Francis Roux, le fils, prend la suite, devient ami avec Montand, Ventura, Reggiani… quand son père discute à l’ombre avec Aimé Maeght, qui créera la célèbre fondation d’art contemporain. La légende est en marche. Le peintre-sculpteur Calder s’invite à son tour, dessinant après chaque séjour une gouache qu’il envoie… par la poste !

C’est ici qu’Yves Montand succombera aux charmes de Simone Signoret lors d’une visite à son ami Prévert, plus tard BHL et Arielle Dombasle s’y marieront. La piscine en mosaïques bleu-vert est protégée par les cyprès et un mobile de Calder. Autrefois Bardot venait y plonger une tête ; on s’y amuse, encore et toujours, on y mange carré d’agneau, rougets, daurades, tomates provençales. La fête continue !

A consulter

Le site de l'hôtel www.la-colombe-dor.com.
Notre guide de voyage en ligne Côte d'Azur.

Londres - Savoy

Londres - Savoy
© Willy Barton - Shutterstock

Alors qu’il renoue avec son passé (réouverture en 2009), rénové par le designer français Pierre-Yves Rochon, voici sur le Strand, dans un quartier chic, un hôtel mythique et historique, garant des traditions britanniques, construit à l’endroit d’un ancien manoir du comte de Savoy.

Toutes les extravagances semblent s’y être déroulées. Auguste Escoffier inventa ici la pêche Melba, pour la cantatrice australienne Nellie Melba qui hésitait à mélanger pêche et glace, ce que le cuisinier fit sur le champ ! Claude Monet y peignit des vues de la Tamise depuis sa chambre. Onassis y retrouvait la Callas en secret ; Twiggy en mini-jupe et Bob Dylan sans cravate ne furent pas admis au restaurant... George Kessler voulut un jour organiser une soirée vénitienne. Toute la cour fut inondée, une gondole mise à l’eau, 400 lampes de Venise allumées et 2 000 roses offertes aux invités.

Les désirs et les ordres de la clientèle fortunée sont ici exécutés au doigt et à l’œil. Une cantatrice veut se promener avec son crocodile apprivoisé ? Pas de problème. Un maharadjah veut réserver un étage entier ? Pas de problème. Boire l’afternoon tea au Thames Foyer, pour les scones maison ? Pas de problème. Dormir dans la future suite royale, très édouardienne comme le reste du palace, dont la rénovation a coûté la bagatelle de 2,5 millions de livres ? Pas de problème, encore moins !

L’autre particularité du Savoy réside en la personne de Kasper le chat, une sculpture Art Déco, réalisée par Basil Ionides, toujours utilisée pour les repas où les convives risquent d’être 13 à table. Kasper a même été kidnappé trois fois, on l’a un jour retrouvé dans le désert africain !

A consulter

Le site de l'hôtel www.fairmont.com/savoy-london/.
Notre guide de voyage en ligne Londres.

Venise - Hotel Cipriani

Venise - Hotel Cipriani
© Orient-Express Hotels (UK) Ltd

À bord d’un vaporetto (les nos 41, 42 ou 82 !), nous voici en route pour l'un des hôtels les plus luxueux de Venise, ouvert de mars à novembre (mais toute l’année pour ses annexes), sur l’île de la Giudecca.

Il y a cinquante ans, à l’inauguration du Cipriani le 26 mai 1958, la nuit ne coûtait que… 3,20 € ! Le palace est né d’une rencontre entre Giuseppe Cipriani, qui mit le carpaccio au goût du jour lorsqu’il présidait aux destinées du Harry’s Bar, et les sœurs Guinness, qui n’étaient pas sans argent. Elles financèrent le rêve de Cipriani, et l’architecture de l’hôtel fut confiée à Gérard Gallet. Tout est luxe et beauté, des boiseries magnifiques aux grandes baies vitrées donnant au sud sur la lagune. L’hôtel peut s’enorgueillir d’être le seul à Venise à disposer d’une piscine olympique.

Le palais Vendramin, demeure du XVe siècle, sorte d’annexe reliée au Cipriani par les jardins de Casanova, bénéficie d'une vue merveilleuse sur Saint-Marc, juste en face, et le canal, bien sûr. Françoise Sagan, Margaret Thatcher, Andy Warhol, Jimmy Carter, Isabelle Adjani ont été, sont et seront des fidèles habitués des lieux.

Y boire un verre ou profiter du spa ? Dilemme ! On propose dans ce dernier un soin du visage à base d’or 24 carats. On n’a pas testé ! Paraît que l’or aiderait à lutter contre le vieillissement de la peau. Pour 350 € et 80 minutes de soins, c’est un minimum. Rayon chiffres, l’hôtel compte 104 chambres, 44 doubles, 2 singles, 34 junior suites et 24 suites, le choix est vaste. L’une des dernières nouveautés, la suite Palladio, offre même une vue à 180° sur toute la lagune et des salles de bains en marbre de Carrare et de Vérone… à partager entre amants, naturellement !

A consulter

Le site de l'hôtel www.hotelcipriani.com.
Notre guide de voyage en ligne Venise.

Berlin – Hôtel Adlon

Berlin – Hôtel Adlon
© Hôtel Adlon Kempinski Berlin

Sur le fameux boulevard Unter den Linden (« Sous les tilleuls »), face à la porte de Brandebourg, se trouve l’hôtel Adlon, palace mythique construit entre 1905 et 1907, qui a inspiré Vicky Baum pour son roman Grand Hôtel (éd. Phébus). Charlie Chaplin aimait dormir dans les suites 101-114 et faillit même perdre son pantalon, pour la première du film City Lights, tant ses fans s’agrippèrent à lui ! Greta Garbo y fut découverte, Enrico Caruso y prenait ses quartiers.

Lorenz Adlon, restaurateur réputé, fondateur de l’hôtel, né à Mainz, dépensa plus de 20 millions de marks à l’époque pour l’édifier. L’empereur Guillaume II exigea d’en fouler le sol en premier et s’acquitta de la somme de 75 000 € par an pour disposer de chambres pour ses hôtes. C’était un peu sa garçonnière, quoi ! Pour la petite histoire, on raconte que le concierge de l’époque n’était pas payé. Au contraire, c’est lui qui versait 3 000 DM pour travailler dans ce palace… Mais il possédait la flotte de limousines qu’il louait grassement. Ce qui lui permettait de gagner 10 fois plus que son investissement initial !

Y prendre un café permet d’admirer la grande salle où le seul élément d'origine (l’Adlon fut ravagé par les flammes en 1945) est la fontaine de marbre noir garnie d'éléphants qui fit la renommée de l’établissement. Réouvert en 1997, l’hôtel compte aujourd’hui 382 chambres et suites, toutes rénovées en 2007 avec des bois précieux, du granit noir ou du marbre pâle dans les salles de bains. Ce fut longtemps le terrain neutre de la vieille Europe où l’on croisa encore Marlène Dietrich, Rockefeller, Henry Ford et Franklin D. Roosevelt, Aristide Briand ou encore Paul von Hindenburg.

Si vous ne pouvez vous offrir une nuit dans ce palace mythique, le brunch du dimanche accueille les non-résidents de l'hôtel dans un très beau salon face à la Pariser Platz et la Porte de Brandebourg. Champagne, langouste et buffet à volonté pour 79 €.

A consulter

Le site de l'hôtel www.hotel-adlon.de.
Notre guide de voyage en ligne Berlin.


Los Angeles - Château Marmont

Los Angeles - Château Marmont
© Nikolas Koenig/Château Marmont

Amusant ! Ce château perché, qui se veut d’inspiration Renaissance (l’architecte aurait flashé sur Amboise, no comment), surplombe Sunset Boulevard, à deux pas du Kodak Theatre, où se tient chaque année la cérémonie des Oscars. Inauguré en 1929, ce vrai palace vit avec ses mystères, ses audaces et ses petites histoires. Au départ, on y loue des appartements. Mais la crise aidant, les locataires partant, il fut transformé en hôtel.

Les chasseurs de scoops commencent alors à y traîner leurs guêtres pour connaître les derniers potins d’Hollywood. Howard Hugues, maniaque s’il en est, y a élu domicile en traumatisant (déjà !) les femmes de chambre, l’un des Blues Brothers s’y est… suicidé et Robert de Niro s’est plus d’une fois illustré en faisant le mur pour rentrer le soir !

Quant à Greta Garbo, cigarillos aux lèvres… elle fit du gringue à Maurice Chevalier. La belle Vivien Leigh, éperdue de Laurence Olivier, tapissa sa chambre des photos de son amant. Elizabeth Taylor loua tout simplement une grande suite pour que Montgomery Clift se remette de ses émotions après un accident. Enfin, Britney Spears fut pour sa part tout simplement mise à la porte ! Côté français, Sophie Marceau ou Marion Cotillard y ont été vues également.

Si y dormir coûte la bagatelle de 370 $ (premier prix !), le nec plus ultra reste ces petits cottages et bungalows, avec tout le nécessaire pour se faire sa popote. Les stars sont si simples finalement… Elles y viennent aussi bien pour y être vues que pour s’y cacher. Paradoxal, non ?

A consulter

Le site de l'hôtel www.chateaumarmont.com.
Notre guide de voyage en ligne Los Angeles.

San Francisco - Westin St Francis

San Francisco - Westin St Francis
© The Westin St. Francis

Face à Union Square entre la boutique Levi’s et Macy’s, dans le quartier des théâtres, le St Francis a fière allure. Avec son hall un poil clinquant, il voulait être, à son ouverture en 1904, le petit joyau de ce « Paris de l’Ouest ». Succès immédiat.

Le tremblement de terre de 1906 remit toutefois les compteurs à zéro. Le chanteur Enrico Caruso, qui résidait alors à l’hôtel, se cacha sous son lit. Une grande partie de l’hôtel fut détruite ou partie en fumée. Mais il réouvrit avec plus de 400 chambres en 1907, et en compte aujourd’hui presque 1 200 ! Une troisième aile est adjointe en 1908 : le St Francis devient le plus large hôtel de la côte ouest américaine. Côté record, c’est aussi en 1910 le premier hôtel de la côte ouest à autoriser aux femmes de fumer… dans le lobby et au restaurant seulement !

L’un des symboles de l’hôtel demeure son horloge mécanique, à partir de laquelle sont programmées toutes les horloges de l’hôtel. En ville, l’une des phrases typiques demeure « Tu me retrouves sous l’horloge ? », point de rendez-vous historique !

Aujourd’hui, on peut boire un verre au Clock Bar, le bien nommé. C’est ici qu’Hemingway persuada Ingrid Bergman de jouer dans Pour qui sonne le glas, Truman Capote y imbiba de champagne le manuscrit de son roman De sang froid. Quant à Jim Morrison, au temps du flower power très en vogue à S.F. dans les années 1970, il s’amusa à lancer toute une basse-cour après un concert des Doors dans le lobby !

A consulter

Le site de l'hôtel www.marriott.com/hotels/travel/sfouw-the-westin-st-francis-san-francisco-on-union-square/.
Notre guide de voyage en ligne San-Francisco.


New York City - The Pierre

New York City - The Pierre
© Inspired By Maps - Shutterstock

Un article du New York Times titrait le 2 février 1929 « L’hôtel The Pierre s’élèvera à l’emplacement de Gerry Home. L’immeuble de 41 étages coûtera 15 millions de dollars, et remplacera un hôtel particulier au coin de la 5e avenue et de la 61e rue. On y trouvera l’atmosphère intime d’un club ». Si les architectes se sont inspirés d’un château français, ils ont aussi construit un immeuble facilement reconnaissable alors, en granit et briques couleur crème, couronné d'une haute tour de cuivre étincelant, dans un style anglais très classique.

Le propriétaire, Charles-Pierre Casalaco, Corse, né en 1879, n’est pas novice. Son père possède l'Hôtel Anglais de Monte-Carlo, il connaît les exigences des grands de ce monde. Tout d’abord cuisinier, il découvre Londres avec Louis Sherry, qui l’entraîne à New York au Sherry’s. Charles-Pierre côtoie les argentiers new-yorkais et ouvre son resto, au 230 Park Avenue, souvent cité dans les pages « Mondanités » des grands journaux. Puis il ouvre son palace, refuge du bon goût européen. « Splendide, fastueux, et de grande classe » lit-on partout. Côté resto, Auguste Escoffier à 85 ans reprend du service… La crise de 1929 passe par là, hélas.

Revendu, sauvegardé, The Pierre, en rénovation actuellement, reste l’un des grands hôtels détenus pas la chaîne Taj. L’une des originalités de cet hôtel de luxe demeure dans ses appartements privés avec majordome et ascenseur réservé. Les ombres d’Audrey Hepburn ou Yves Saint-Laurent, qui y logeaient, laissent la trace d’une certaine élégance à la française sur la Cinquième Avenue.

A consulter

Le site de l'hôtel www.thepierreny.com.
Notre guide de voyage en ligne New-York.

Rio de Janeiro - Copacabana Palace

Rio de Janeiro - Copacabana Palace

Sur la plage de Copacabana, longue de près de 5 km, les Cariocas venaient rendre hommage autrefois à Notre-Dame de Copa Caguana. En 1924, le Copacabana Palace, dont les plans furent dessinés par l’architecte français Joseph Gire, donna définitivement son nom à cette plage mythique.

À l’époque, le « Copa » comme on le surnomme, avec sa façade en stuc et ses faux airs de Negrescoou de Carlton, est seul face à la mer, au milieu des palmiers. Les lieux ont été fréquentés par les grands de ce monde, Eisenhower, de Gaulle, Vaclav Havel et Bill Clinton, mais aussi des écrivains et des artistes : Blaise Cendrars, Errol Flynn, Stefan Zweig (il se suicida en 1942 au Brésil achevant Le Joueur d’échecs), Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Robert De Niro ou encore Edith Piaf, invitée par Oscar Ornstein, l’ancien maître des lieux, à venir profiter du climat.

Plus de 12 000 m2, 222 chambres, dont 7 suites situées au 6e étage, avec pour seuls horizons la mer et la ville, et… un bar privé ! En période de carnaval, l’hôtel donne l’un des plus beaux bals de la ville. Maurice Chevalier côtoyait Marlène Dietrich dans la programmation autrefois, quand ce n’était pas Charles Aznavour ou Orson Welles en repérages… On peut aussi tester les deux restos, notamment le Pergula, pour son high tea au bord de la piscine et sa feijoada du samedi, plat typique s’il en est, une caïpirinha à la main. Avec modération, bien sûr !

A consulter

Le site de l'hôtel www.copacabanapalace.com.br.
Notre guide de voyage en ligne Brésil.

Bangkok – Oriental Hotel

Bangkok – Oriental Hotel
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Séjourner à l’Oriental, à Bangkok, c’est embrasser l’histoire du Siam d’un peu (plus ? trop ?) près. Sis au bord de la Chao Phraya depuis 1876, cet ancien lodge de marin, qui s’étire des deux côtés du fleuve, est devenu avec le temps l’un des hôtels les plus prestigieux d’Asie.

Des hôtes de marque en ont fait la renommée, de Somerset Maugham à Graham Greene, en passant par Lauren Bacall et Neil Armstrong. Il règne une atmosphère de marin au long cours dans l’Author’s Lounge, où le pianiste égrène les notes d’un classique d’autrefois. Joseph Conrad y a logé, avant de partir en mer, laissant à jamais son empreinte dans la suite qui lui est dédiée. Une bibliothèque renferme aussi dans l’hôtel tous les livres des auteurs qui ont fréquenté les lieux. Même Barbara Cartland !

Pas de luxe superflu, que du fonctionnel confortable et surtout une vue assez magique sur les khlongs de Tonburi, la cité antique de Bangkok. Sur l’autre rive justement, le Sala Rim Naam, resto accessible à quiconque, dans une petite barque de l’hôtel (chic la barque !), notamment pour ses buffets.

Des cours de cuisine sont également dispensés. Vous enfilez votre tablier et à vous de concocter sous les ordres d’un chef expérimenté pendant plus de 4 heures les classiques tom yam et autres mangues au riz gluant chaud. Un délice qu’on déguste entre apprentis mirlitons. Pas donné, mais encore abordable.

A consulter

Le site de l'hôtel www.mandarinoriental.com.
Notre guide de voyage en ligne Bangkok.

Singapour – Raffles Hotel

Singapour – Raffles Hotel
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Le Raffles, ou une certaine idée de l’Asie aux temps des colonies, ouvre ses portes en 1878. Dirigé par les Frères Sarkies, il compte alors seulement 10 chambres. Le succès est au rendez-vous. En souvenir, le palace porte le nom du fondateur de Singapour, Sir Stamford Raffles (1781-1826).

Joseph Conrad, Rudyard Kipling, Somerset Maugham, André Malraux sont quelques-uns des auteurs à avoir donné sa saveur littéraire à l’endroit. Conrad compare joliment le Raffles à un bâtiment de briques aussi aéré qu’une cage à oiseaux. L’hôtel est le premier de la péninsule à disposer de lumières électriques en 1899.

Vers 1910, le barman Ngiam Tong Boon crée le fameux « Singapore Sling », cocktail qu’on peut encore aller déguster au bar (souvent entouré de touristes en goguette, pour le recueillement à la Conrad, on repassera !). La recette mélange 30 ml de gin, 15 ml de Cherry Brandy, 120 ml de jus d’ananas, 15 ml de jus de citron vert, 7,5 ml de Cointreau, 7,5 ml de Bénédictine, 10 ml de grenadine, un trait d’angostura, le tout servi avec une tranche d’ananas et une cerise confite.

En 1920, une salle de bal est ajoutée à l’établissement, pour qu’on puisse pour la première fois en Asie goûter aux joies de danses chaloupées balayées par les courants d’air chaud… mais pas en couple mixte ! Durant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel est réquisitionné par l’armée japonaise. Après la guerre, les affaires reprennent, Ava Gardner descend dans le célèbre palace (suite 222 pour les fans), un musée ouvre, une galerie marchande (oui !), etc. Un peu plus de 20 ans après l’Indépendance, le Raffles est déclaré Monument national par le gouvernement en 1987.

A consulter

Le site de l'hôtel www.raffles.com.
Notre guide de voyage en ligne Singapour.

Taj Mahal Palace, Bombay (Mumbai)

Taj Mahal Palace, Bombay (Mumbai)
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Un beau jour de 1888, Jamesetji Nusserwanji Tata, industriel indien, décida qu’il était temps d’offrir un hôtel digne de ce nom à son pays. En 1903 ouvrait le Taj Mahal de Mumbai (Bombay), soit 20 ans avant la Porte de l’Inde, face à laquelle il se situe. La légende veut que l’architecte, français, dût repartir après avoir établi les plans de l’établissement, incapable de résister aux fortes chaleurs locales. À son retour, les travaux étaient quasi terminés. Sauf que l’entrée avait été placée… à l’arrière du bâtiment !

Les maharadjas firent de cet hôtel l’annexe de leurs palais. Le Harbour Bar reçut la première licence d’alcool. Des orchestres de jazz, des opéras, des ballets et même un astrologue étaient proposés aux clients. L’autre fierté de Tata était d’ouvrir son palace non aux seuls Européens, mais à tous les Indiens. C’est ici que Lord Mountbatten vint déclarer l’Indépendance de l’Inde.

Il faut errer dans les couloirs de l’Heritage Wing, où chaque chambre est unique, pour croiser les fantômes des grands membres du mouvement d’Indépendance indien. Mohamed Ali Jinnah, l’initiateur de la partition, plus tard à la tête de l’État pakistanais et Sarojini Naidu Président de l’Indian National Congress, y ont tenu de nombreux rassemblements.

Le livre d’or rappelle aussi le passage de Gandhi, Nehru, Aldous Huxley, Somerset Maugham, Duke Ellington, et Amy Denton, chanteuse à la beauté éblouissante, qui était en fait une espionne du IIIe Reich ! Dormir dans cette véritable galerie d’art (certains diront même qu’il s’agit là d’un authentique musée) n’est pas impossible, soit dans l’aile ancienne, soit dans les bâtiments plus récents, comme la Tower Wing.

Le 15 août 2010, dans le cadre du 64e anniversaire de l'indépendance de l'Inde, l’hôtel a rouvert les portes d'une aile historique entièrement rénovée. L'actualité de l'hôtel est disponible à l'adresse suivante : www.tajhotels.com/tmpt.htm.

A consulter

Le site de l'hôtel https://taj.tajhotels.com/en-in/taj-mahal-palace-mumbai/?utm_medium=Local&utm_source=Google&utm_campaign=The-Taj-Mahal-Palace-Mumbai.
Notre guide de voyage en ligne Inde.


Égypte – Steamship Sudan

Égypte – Steamship Sudan
© Véronique Mati/Voyageurs du Monde

L’histoire des bateaux à vapeur sur le Nil commence avec l’Expédition d’Egypte de Napoléon en 1798. Nombreux seront les Polytechniciens à l’origine de la marine égyptienne. Mais ce sont les Anglais qui révolutionnent l’usage qui en sera fait, notamment avec Thomas Cook et son fils, John Mason Cook. À la suite de son père, il organise les croisières sur le Nil, facilitées par l’ouverture du canal de Suez. Il ouvre le Winter Palace de Louxor en 1877, puis l’Hôtel Cataract à Assouan en 1881, une étape primordiale pour gagner les sites de Haute Nubie et Abu Simbel, deux vrais symboles de l’Égypte Belle Époque.

Malgré la mainmise et le protectorat anglais, des attaques soudanaises, notamment à Khartoum, entravent le projet maritime de Cook. Il doit construire des bateaux, élaborés en Angleterre et assemblés à Bulaq, conçus spécialement pour la croisière. Le Steamship Sudan en fait partie. Il accueille environ 60 à 80 personnes, sur 3 ponts, avec infirmerie, salon de jeux et fumoir pour y boire son porto. Faire la croisière du Caire à Assouan prend 20 jours à l’époque, vers 1920 et coûte… 70 € !

En 1926, les registres notent la présence à bord de l’archéologue Henry Mallowan en compagnie de son épouse, Agatha Christie Mallowan… Elle aurait imaginé Mort sur le Nil lors de cette expédition. Avec la Seconde Guerre mondiale, le tourisme égyptien bat de l’aile, les bateaux restent à quai plusieurs années. Il faut attendre l’an 2000, et l’agence Voyageurs du Monde, pour rénover ce bateau aux allures de yacht, offrant 23 cabines, dont 5 suites, tout confort (et même la clim’ !), décorées de boiseries et de tapis orientaux. Sans oublier le panorama des suites… Un vrai petit palace flottant avec une roue à aubes !

A consulter

Le site de l'hôtel www.steam-ship-sudan.com.
Notre guide de voyage en ligne Egypte .

Petite bibliographie

Petite bibliographie
© Kadmy - Adobe Stock

- André Bercoff, Mémoires de palaces, éd. Michel Lafon, 1999 (récit).

- Francisca Matteoli, Hôtels, Petites histoires de grands hôtels, éd. Assouline, 2002 (beau livre).

- Vicky Baum, Grand Hôtel, éd. Phébus, 2007 (roman).

Un grand merci pour leur aide à Nathalie Nicolas, Aurélie Morin, Sabine Kalkman, Prakit Saiporn, Lim Shui Lyn, Eric Tirelli et Angélique Meguerditchian.

Texte : Gavin's Clemente-Ruiz

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