Made in France

Anne-Marie Minvielle
par Anne-Marie Minvielle

18 mars 2016

Armor Lux
© Archives Armor-lux

Le meilleur du savoir-faire français

Des produits que le monde entier nous envie…

Moins connu que la gastronomie, le savoir-faire manufacturé chante aussi le cocorico dans nos régions.

Produits de luxe ou bérets, parapluies ou espadrilles, slips, cocottes, gants ou porcelaine… On nous les envie, on les copie, vous ne les trouverez nulle part ailleurs.

Encore faut-il qu’ils soient fabriqués en France…

À lire : Made in France de Jean-Sébastien Petitdemange (Larousse)

Made in France… Késako ?

Pas facile à dénicher, le produit 100 % français ! Surtout quand l’économie et la politique s’en mêlent.

D’après le code des Douanes, l’étiquettage made in France n’est pas un marquage obligatoire, sauf pour certains produits alimentaires. Il suffit de la dernière transformation faite en France ou encore de « l’ouvraison substantielle » du produit à raison de plus de 45 % réalisée en France.

Question de label

Logo Origine France Garantie
© PROFRANCE

Le label Origine France Garantie (OFG) le qualifie. Pour l’obtenir, le produit doit être produit et fabriqué dans l’Hexagone et 50 % de son prix de revient doit être « acquis en France ». Le label Indication Géographique Protégée (IGP) le récompense.

Enfin, le label d'État Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) distingue les entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d'excellence. Il y en a quelque 1 300 de nos jours en France.

 Ces labels encouragent les entreprises qui se battent pour survivre et développer l’économie régionale. Un pari difficile pour rester compétitif et performant.      

Dans ce dossier, nous vous en donnons quelques exemples, derniers maillons d’une tradition exercée sous l’exigence de la qualité.

Produits de luxe

Les marques de luxe sous-traitent souvent leur fabrication entre divers pays. Le « Made in France » 100 %, de la conception aux finitions et au conditionnement, ne résiste pas à une main-d’œuvre moins chère à quelques heures des frontières.

La plupart des marques de la haute couture  détruisent leurs stocks plutôt que de les solder, préservant ainsi leur exclusivité.

Mais que reste-t-il alors comme réalisations 100 % françaises ? Les escarpins sur mesure d’Alix de la Forest, la bague Liens Chaumet par exemple…

Si Louis Vuitton et Hermès restent les gros employeurs de l’Hexagone, les sacs Pliage de Longchamp ou les bottes Aigle sont à souligner.

Parfums et flacons

Parfum Molinard
© Parfum Molinard

Tournons-nous plutôt vers quelques parfumeurs : les parfums Nicolaï sont fabriqués en France, ainsi que les parfums Molinard (EPV) et Fragonard, tous élaborés à Grasse (Alpes-Maritimes) depuis le début du 20e siècle. Tous leurs ateliers sont d’ailleurs ouverts à la visite, pour découvrir les secrets du parfum !

Quant aux parfums Caron (EPV) créés en 1904, leurs « jus » embaument Bezons (Val-d’Oise), dont le mystérieux Narcisse Noir à base de fleur d’oranger. Les Américaines l’ont adopté depuis 1911 !

Le flaconnage de luxe est produit dans la Glass Vallée de la Bresle, en Seine-Maritime, où les six dernières verreries séculaires s’adressent aux plus grands noms de la parfumerie, des cosmétiques et des spiritueux.

Les magasins du luxe français s’ouvrent au Brésil, en Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud… devenant l’image du so chic français.

Politique économique ou marketing ? Difficile de garantir le 100 % français dans tout cela, car les grandes marques de luxe sont désormais des multinationales…

Voir également le musée du parfum à Grasse et à Paris.

 

Bérets, marinières et maille

Du Béarn, de Bretagne et de Troyes, des produits emblématiques de la France, souvent revisités et remis au goût du jour. Pour le plus grand plaisir des amateurs...

Le béret béarnais

Béret Laulhère
© Laulhère

Quel farceur a prétendu que le béret était basque ? Lou Bounet est fabriqué… en Béarn !

Autrefois tricoté par les bergers en estives, il est de nos jours remaillé, foulonné, feutré, martelé avant de passer à la teinture, puis gratté et fini en atelier.

Marron pour les Ossalois, rouge pour les fêtes basques, noir en tous lieux, porté encore par certains religieux et les scouts, il se différencie du béret militaire par le cabillou, petite pointe de terminaison sommitale qui n’apparaît pas sur le béret vert des parachutistes ou sur la grande tartebleue des chasseurs alpins.

Symbole de la France porté entre autres par Bourvil, Simone Signoret, Romy Schneider, Vanessa Paradis et Madonna, le béret est une icône populaire de l’Hexagone.

L’entreprise Laulhère (EPV) est implantée à Oloron-Sainte-Marie en Béarn. Une histoire de famille qui dure depuis près de trois siècles. Des centaines de milliers de bérets sortent de ses usines pour recouvrir les caboches du monde entier…

Le musée du Béret à Nay, anciennement Blanc-Olibet, illustre toutes ces créations, depuis le béret classique noir en laine mérinos feutrée et imperméable jusqu’au béret-faluche ou au béret-casquette.

Un groupe de jeunes, constitué à Laàs-en-Béarn,  relooke le Béret français en modèles actuels et faciles à porter.

Brésiliens, Russes et Japonais adorent…  

Les vêtements marins bretons

Armor Lux
© Archives Armor-lux

Marinière, t-shirt, pull rayé blanc et bleu, caban ou ciré ?  À l’autre bout du monde, on reconnaît le Français, sinon le Breton bretonnant…

Le confort est certain dans les marinières en coton biologique Armor Lux (EPV) qui se conjuguent à manches courtes ou longues, pour hommes ou pour femmes.

Les cabans, les parkas, les cardigans et les pulls protègent du froid. Les cirés sont imbattables contre le vent. Des confections qui vivent à l’heure celtique depuis la création de la société en 1938 et leur reprise par deux Bretons en 1993 à Quimper. En 2007, la SNCF confie la fabrication des nouvelles tenues de ses contrôleurs à Armor Lux ! Une  « entreprise du patrimoine vivant » emblème de la Bretagne, notamment lors des nombreuses fest-noz de Cornouaille.

En Morbihan, Le Minor produit 50 000 pièces annuelles de ce pull marin toujours rayé, apprécié des Japonais et vendu en magasin d’usine au Guidel.

Les sacs de marin et les cirés, étanches bien entendu, se trouvent chez Guy Cotten, en France et à Concarneau.

Enfin, près du Mont-Saint-Michel dans la Manche (OK, c’est en Normandie !), Saint James (EPV), fabrique des vêtements marins depuis 1889. Le pull se tricote avec une maille si serrée qu’on ne craint pas les embruns. Une réputation d’élégance efficace qui a traversé les frontières.

La maille de Troyes

Troyes Musée Vauluisant
Musée Vauluisant © Ville de Troyes - Carole Bell

« Qui sont ces trois p’tits bateaux ? Une culotte est leur drapeau… », chante l’adorable poupée Marinette créée en 1924 pour les sous-vêtements Petit Bateau.

Une pub inoubliable dans la grande tradition de la bonneterie de Troyes.

Troyes, capitale du textile

La capitale champenoise dans l’Aube doit sa réputation à ses foires médiévales. Les métiers à tisser la font haut-lieu du textile au 18e siècle. Une situation qui se confirme entre 1870 et 1910, grâce au chemin de fer : ballots de coton et de laine débarquent alors du chemin de fer. Les usines se multiplient, voisinant les maisons de maîtres.

Puis Troyes devient la reine de la maille tricotée, grâce aux créations innovées par Sonia Rykiel en 1960.

En ville, une balade insolite depuis la gare invite à la découverte de l’architecture aux poutrelles d’acier et aux cheminées d’usine protégées du quartier Sainte-Savine.

Dans la vieille ville, ne manquez pas les dalles en céramique devant la Bourse du Travail sur le thème du tricot, ainsi que le musée de l’Outil et celui de la Bonneterie au musée Vauluisant.

Et aujourd’hui…

Le Bus 1 mène au nord vers les magasins d’usine classiques de Marque Avenue, et, au sud, au site outlet attrayant de Mac Arthur Glen. Les avis sont partagés….

Les démarques permanentes de 10 à 30 %, accentuées en périodes de soldes, attirent quelque 5 millions de visiteurs annuels sur ces 90 000 m2 consacrés à la mode.

Parmi les dernières marques françaises réalisées dans l’Aube, relevons Lacoste, Olympia et Petit Bateau, mais aussi le Slip français et Coq sportif, fier de ses maillots portés par les Verts de Saint-Étienne….

Lire notre idée week-end sur Troyes

Tissus, dentelles et dessous

Des nappes à carreaux alsaciennes au branché Slip français, en passant par les fantaisies des dentelles de Calais, le textile français n'a pas encore dit son dernier mot !

Tissus

Manufacture d’impression sur Étoffes de Beauvillé
© Beauvillé

C’est dans le Bas-Rhin, que le fameux Kelsch, tissu rustique en lin à carreaux de l’Alsace, a été relancé vers 1970 par l’un de ses derniers tisserands. Bleu ou rouge, il se pare dorénavant de toutes les couleurs pour les nappes et les tissus d’ameublement des ateliers Gander (EPV) à Muttersholtz. Inusable !

 La tradition se poursuit dans le Haut-Rhin avec les tissus de la Manufacture d’impression sur Étoffes de Beauvillé (EPV) à Ribeauvillé. L’atelier reproduit depuis deux siècles les plus beaux motifs sur coton et satin, ajoutant des créations toujours nouvelles dans ses magasins d’usine au pied des Vosges.

Raffinées, les soieries Le Manach (EPV) à Tours, sont les dernières à reproduire les motifs du 17e siècle. Grâce à Pierre Frey, l’or, l’argent et le velours de soie s’entrecroisent pour décorer les plus beaux monuments historiques français.

Dentelles

Si la dentelle au fuseau du Puy-en-Velay et la dentelle à l’aiguille d’Alençon survivent grâce à des institutions d’enseignement, les métiers à tisser Leavers, importés d’Angleterre par Calais au début du 19e siècle, prennent aussi de l’âge...

Depuis 1900, plusieurs entreprises calaisiennes, dont Noyon Dentelle (EPV) avec boutique, Codentel (EPV) et Desseilles Laces (EPV), se partagent la fabrication des dentelles mécaniques. Jean Bracq (EPV) à Caudry a habillé Miss France 2015.

La Cité internationale de la Dentelle et de la Mode de Calais et le Musée de la Dentelle de Caudry (boutique) sont  à visiter.

Dessous

Slip français
© Le slip français

Quant à la lingerie française, elle est mise à mal par un quart de siècle de délocalisation.

En témoigne l’héroïque (et très médiatisée) lutte des ouvrières de la maison Lejaby (Rhône) au début des années 2010.

Le salut viendra-t-il de ces messieurs ? Fabriqué à 100 % en France, le tout nouveau Slip français a réussi à se faire un nom… tout comme le Garçon français fabriquà à Troyes.

Enfin, galbant les jambes des mannequins sur les podiums, les bas et collants Gerbe (EPV) sont connus en Saône-et-Loire depuis plus d’un siècle. Ils se sont renouvelés en jouant body, panty et autres leggings.

Parapluies et gants

Il fait froid, il pleut, il mouille... C'est la fête à la grenouille, ravie de s'équiper de deux produits de qualité fabriqués en France : le parapluie et le gant.

Le parapluie français

parapluie piganiol
© Piganiol

Importé de Chine au 18e siècle, le parapluie est aussitôt pris en main par l’élégante européenne. En 1705, il se replie déjà en trois, grâce à l’invention du français Jean Marius. Cent mille parapluitiers travaillent alors sur le parapluie fait main en France.

De nos jours, l’aluminium, la fibre de verre et le polyester ont remplacé le bois, les fanons de baleine et la toile d’alpaga. Les derniers ateliers de confection traditionnelle se font rares.

Aurillac, Cherbourg, Autun…

En Auvergne à Aurillac, l’entreprise familiale Piganiol (EPV), fondée en 1884, produit du parapluie français avec une quinzaine d’ouvriers. 65 € le premier prix ? Oui, mais justifié, avec une qualité et le pépin tendance à découpe laser qui s’exporte jusqu’au Japon…

En Normandie, le véritable Cherbourg remonte à 1986, en hommage au film de Jacques Demy (1964) : solide et testé en soufflerie, chic avec une finition à l’or fin. L’entreprise inaugure le ParaPactum, parapluie  de protection résistant aux attaques… concept d’actualité!  

En Bessin, l’Atelier Crepon fabrique également de lumineux parapluies H2O.   

La fabrique des parapluies François Frères, fondée en 1882 à Poitiers, flirte dorénavant avec les Pyrénées.

Les parapluies Neyrat à Autun poursuivent leurs activités depuis 1852.

À Pau, la famille Pando assume le grand parapluie en toile bleue du berger des Pyrénées, avec un manche de hêtre. Il ne se retourne pas au vent grâce à ses neuf baleines.

Des mains bien gantées

Depuis l’Antiquité, le gant tient un rôle de protection et de prestige. La corporation des gantiers s’épanouit en France dans les lieux d’élevage dont le tannage est assumé par les mégisseries.

De nos jours, les peaux de crocodile, autruche, pécari, renne ou cerf s’ajoutent à la panoplie du tannage. La formation de la couture-main fait partie du savoir-faire local.

 N’oublions pas qu’il faut près dix manutentions pour produire un beau gant doublé digne de ce nom, ce qui en explique le prix parfois élevé.

Parmi d’autres lieux de la ganterie française, la petite ville limousine de Saint-Junien (Haute-Vienne) vit au rythme de ses manufactures sur les bords de la Vienne. Plus d’un quart de ses 1 500 000 paires de gants sont exportées. À voir dans les magasins d’usine.

La ganterie de Saint-Junien (EPV) remonte à 1919 et fournit surtout Hermès. La ganterie Agnelle (EPV) fondée en 1937, s’adresse aux grandes maisons, de Dior à Vuitton. Madonna y cache ses menottes… La ganterie Morand (EPV) mérite sa collaboration avec Gucci et Dior.

De l’Aveyron à Hollywood

Il n’y a pas si longtemps, les gants blancs en chevreau étaient d’un bon usage. La Maison Fabre (EPV) à Millau dans l’Aveyron après avoir tanné et cousu ses propres peaux en 1924, voit ses ventes de luxe s’effondrer à la fin du 20e s.

La quatrième génération Fabre relève le défi avec la mitaine, succès du film Sex and the City. Elle invente également les gants parfumés de Marie- Antoinette et de Joséphine pour Versailles et La Malmaison, les gants de Nicole Kidman jouant Grace Kelly ou ceux de La Belle et la Bête pour le comité Cocteau.

Quel pied !

Espadrille, basket, botte, ballerine ou pantoufle… En France, il y a 1001 façons de prendre son pied. Qu'on se le dise !

Les espadrilles des Pyrénées

Espadrilles Prodiso
© Prodiso

En toile de lin, avec une semelle en corde tressée de chanvre ou de jute, cousues main, les espadrilles sont des sandales propres aux Pyrénées.

 Issues du catalan espardenya, ces chaussures légères sont utilisées sur les deux versants de la chaîne et dans le monde entier. On raconte que les fantassins du roi d’Aragon les portaient déjà au 12e s.

Dès le 18e s, les fabricants d’espadrilles se concentrent autour de Mauléon, en Pays basque souletin.

Vers 1960, provoquant une véritable révolution de l’élégance, Yves Saint-Laurent commande des espadrilles à talon tressé. L’espadrille liftée trouve un nouvel emploi, passant de la mine au podium de la haute-couture. À talon, à lacets, rayées, brodées, elles sont devenues super-tendance !

L’espadrille jamais has-been

Mais attention, sur 4 millions d’espadrilles vendues chaque année en France, seul un quart est fabriqué dans l’Hexagone.

Si la concurrence asiatique est présente, les six fabricants basques autour de Mauléon, dont la Maison Prodiso, détiennent 65 % de la production française annuelle. Les Fêtes de l’Espadrille se tiennent à Mauléon le 15 août, avec démonstration de fabrication de l’espadrille.

Le sandalier Pare Gabia, « sans égal » en basque, propose des modèles en cuir glossy et en satin. Les espadrilles, du vert à l’indigo, se font écologiques à partir de produits biodégradables.

À tel point que les créations de l’espadrille tropézienne Rondini se font remarquer depuis 2012…  Et les grands couturiers en redemandent.

Baskets, ballerines, bottes, mocassins….

« Des chaussettes qui ne tombent pas et s’usent lentement », telle est la devise des chaussettes Labonal, dont le siège se trouve dans le Bas-Rhin. Sa panthère confirme la réputation du textile alsacien en fil d’Écosse, laine, soie ou bambou.

Toujours dans le chic, l’histoire de la ballerine Repetto (EPV) frise le conte de fées. En 1947, le chorégraphe Roland Petit demande à sa maman Rose Repetto de fabriquer des ballerines pour danser. Zizi Jeanmaire, Noureev et Carolyn Carlson se précipitent bientôt dans la boutique de la rue de la Paix. Brevetées avec une semelle cousue puis retournée, fabriquée en Dordogne, la ballerine, en peau d’agneau de toutes les couleurs, se vend dans le monde entier.

Cocooning, la légère basket Noël, vedette des années 80, prend un deuxième souffle à Vitré, en Ille-et-Vilaine. La pantoufle du Berry, charentaise feutrée, renaît avec élégance à Vatan, dans l’Indre, ou sur le net.  

Super mode, la botte Gardiane (EPV), aux portes de la Camargue, fabrique depuis 1958 des santiags, cavalières, bottines et sandales avec des cuirs cloués, cousus et collés sur place, à toute épreuve.

Limousins malgré leur nom, les mocassins Weston (EPV) s’adressent aux raffinés. Cent mille paires par an fabriquées à Limoges, dont le mocassin Janson-de-Sailly et aussi des bottes militaires. Tout un programme.

L’art de la table

Porcelaine et faïence, mais aussi couteau, verre Duralex, cocotte et vannerie… La gastronomie française se décline en ustensiles pour un art de la table à son apogée !

Porcelaine, faïence, cristal et verre Duralex

Verrerie Biot
© Verrerie Biot

Oui, les faïenceries françaises sont toujours présentes à Nevers, Gien, Sèvres, Longwy, Lunéville et Saint-Clément et autres entreprises du patrimoine vivant, près de leurs musées…

Porcelaine de Limoges

La porcelaine de Limoges tient toujours le coup. Ce gisement de kaolin, découvert à la fin du 18e siècle, reçut le privilège royal de Louis XV. La famille Haviland développe « l’or blanc » du Limousin, assurant la prospérité du pays.

Relookée, la porcelaine de Limoges relève le défi industriel avec des créations originales, comme celles des lampes en lithophanie de la maison Bernardaud (EPV). Le musée national Adrien Dubouché à Limoges et la route de la Porcelaine en Haute-Vienne révèlent tous les secrets de cette porcelaine à la renommée internationale.

Faïences de Quimper

Autre exemple d’évolution, qui ne connaît pas les faïences Henriot-Quimper (EPV). Créés en 1690, bols-prénom, pièces uniques et souvenirs bretons, sont toujours réalisés à la main.

De Baccarat à Duralex

Sur la nappe des grands jours, les beaux verres se succèdent, brillants de tous les éclats des cristalleries de Baccarat, Saint-Louis, Daum ou Lalique, tous EPV.

Fantaisiste, la bulle d’air coincée dans les verres de Biot (EPV) n’était qu’une erreur. Le succès de ce verre bullé relancera le processus de fabrication dans ces ateliers à visiter sur la Côte d’Azur.

Rustique, le verre Duralex, star des cantines depuis 1946, trône sur les tables branchées. Facile à empiler, incassable ou presque, bon marché, il subit la dure loi, dura lex, de cette maison du Loiret.

Et bien sûr, l’argenterie et les couverts Christofle (EPV), orfèvrerie fondée en 1830 et « made in France » depuis ses ateliers normands, seront le fini de votre table en beauté.

Des couteaux qui coupent

Couteaux Laguiole
© Laguiole

Sur les pentes sud du Puy-de-Dôme, les toits de Thiers dégringolent jusqu’aux rives de la Durolle et ses usines. Les couteaux français proviennent à 70 % de cette capitale auvergnate de la coutellerie française.

Thiers

Le véritable couteau de Thiers, pliant, a été conçu par la Confrérie du Couté de Tié en 1944. On trouvera le légendaire Douk-Douk, créé en 1929 à la coutellerie Cognet (EPV).

Laguiole

Faute d’avoir déposé sa marque, le couteau laguiole est devenu un terme générique, envahi de copies à bas prix provenant d’Asie. Préservant la production française, l’entreprise artisanale Laguiole-en-Aubrac (EPV) exporte 72 % de sa production de laguioles en Europe, USA et Japon, idenfiée par l’abeille sur son ressort.

Opinel

Lorsque le savoyard Joseph Opinel, fils de forgeron, fabrique son couteau en 1890, il dépose avec bonheur la marque qui porte son nom. Il ne se doutait pas du succès de ce couteau Opinel vendu à des millions d’exemplaires dans le monde entier.

Peu coûteux, sur un manche de hêtre, sa lame d’acier ultra-coupante est bloquée par une virole de sécurité depuis 1955.

Les trois doigts de Saint-Jean-Baptiste gravés sur sa lame évoquent les reliques de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne où se trouvent les usines et le musée Opinel.

Nontron

La coutellerie Nontronnaise (EPV), en Dordogne, vit au rythme de ses lames depuis le Moyen-Âge. Son couteau à manche de buis blond, bloqué par une virole conçue avant l’Opinel, se conjugue également avec de l’ébène, du genévrier ou de l’amourette dans les ateliers à visiter de Nontron.

Nogent

Ouvrez les tiroirs de cuisine pour y trouver à coup sûr les ustensiles et couteaux aux manches en bois de charme marqués de trois étoiles. Ils signent le savoir-faire des coutelleries de Nogent, en Haute-Marne. Musée et Route des Vallées coutellières à visiter.

 

Ustensiles de cuisine

Terrine Pillivuyt
Terrine Pillivuyt © Anne-Marie Minvielle

Cocottes et casseroles

En pays gastronome, la batterie de cuisine française s’enrichit nécessairement de cocottes, idéales pour une cuisson mijotée.

La cocotte Émile Henry émaillée est fabriquée depuis six générations à Marcigny en Saône-et-Loire. La cocotte Revol (EPV) en porcelaine, de cette entreprise fondée en 1769, résiste aux plus hautes températures. Les professionnels et les Américains sont les meilleurs clients de la casserole Mauviel en inox ou en cuivre.

Terrines et cuisinières

Les meilleurs pâtés sont toujours bien cuits et présentés dans les terrines Pillivuyt (EPV). Cette entreprise travaille depuis bientôt deux siècles dans le Cher, après avoir créé la fameuse table Bistrot vers 1900 et ces ravissantes terrines en céramique brune, ornées de têtes d’animaux qui ont fait rêver nos grands-mères. 

Mais toutes ces vedettes culinaires ne sauraient chauffer que sur une cuisinière à gaz La Cornue (EPV) en fonte, acier et laiton, émaillée du noir aux coloris les plus vifs. Une super vedette depuis plus d’un siècle pour cuisines très haut de gamme.

Vannerie

Pour présenter ou ranger tous ces mets, on ne saurait trouver plus solide que la vannerie de Villaines. Ce village troglodyte de Touraine cultive l’osier et le tresse sur place depuis 1937.

Dans la même gamme, les vanneurs de Fayl-Billot en Haute-Marne tressent leur osier depuis trois siècles et enseignent cet art sur place.

Musique, fêtes et loisirs

Accordéon, luth, boule de pétanque et jouet… De la Corrèze à Marseille, le savoir-faire français vous accompagne dans vos loisirs.

Accordéon et luth

Les première notes des Bruyères corréziennes du chansonnier Jean Segurel s’égrennent toujours à l’horloge de la gare de Limoges… Vers 1930, sa rencontre avec les frères Maugein concacre le succès de l’accordéon. Le « piano du pauvre » entraîne gaiement les fêtes et les foires.

Les accordéons Maugein (EPV) ne cessent de se développer, même auprès des groupes musicaux les plus connus, tel Indochine. Surmontant la concurrence chinoise, la manufacture continue à produire quelques centaines d’accordéons par an tournés vers la production haut de gamme. Ne pas manquer le Festival des Nuits de Nacre à Tulle, mi-septembre.

Il ne reste plus qu’à compléter l’orchestre avec les derniers artisans de la lutherie de Mirecourt dans les Vosges, dont, parmi d’autres, les ateliers Cognier-Terrier et Voinson. Musée de la lutherie à visiter.

Jeux de boules

Boules Obut
© Obut

Le jeu va de pair avec la musique. Une partie de billard Toulet (EPV) détend. Là aussi, même scénario économique. L’entreprise familliale fondée en 1857 dans le Nord, s’essoufle sur ses billards classiques au drap vert. Acier, inox, élecronique et lumière à led relookent les billards qui cartonnent jusqu’aux invraisemblables baby-foot en cuir blanc orné de saphirs….

Plus populaire, une partie de pétanque se joue avec les boules en acier Obut (EPV), créées en 1955. Hermès, Lacoste ou Veuve Cliquot, mais aussi l’Asie sont les clients de ces quelque deux millions de boules produites chaque année. Plus artisanale, la Boule bleue est la dernière fabrique de boules de Marseille.

Au pays des jouets

Jeu Jura
© Jeu Jura

Enfin, n’oubliez pas de faire ranger par les enfants leurs jouets en bois du Jura avant de dormir… La PME JeuJura (EPV) qui produit depuis trois générations 300 000 jouets en bois par an, en est toujours aussi fière, et il y a de quoi !

Tout le bureau

Papier, stylo, lampe, chaise et même pipe : la bureaucratie à la française a parfois du bon ! La preuve avec ces produits de qualité.

Papier et stylo

Rhodia
© Rhodia

Les blocs Rhodia ? Ce sont ces bloc-notes confortables au papier quadrillé et à la couverture orangée, nés en 1934 à Lyon sous l’appellation Papeteries Vérilhac Frères. Le logo de sapins évoque ainsi les deux frères fondateurs, Henri et Robert Vérilhac. Chaque année, 10 millions de bloc-notes sont fabriqués et exportés… jusqu’en Mongolie !

Un stylo haut de gamme était nécessaire quand on sait que les client s’appellaient Coco Chanel ou Kennedy… Cent mille stylos S.T.Dupont (EPV) sont fabriqués en Haute-Savoie chaque année, et très appréciés dans l’administration…

Chaise, lampe et montre

Chaise Tolix
© Tolix

Asseyons-nous alors sur l’une des nombreuses chaises fabriqués en France, comme la chaise Tolix (EPV) en métal embouti, fabriquée à Autun dans le Morvan depuis 1930.

La lampe de bureau Jieldé, pliable, à rotules et sans fil apparent, est une invention en fonte d’aluminium et acier de Jean-Louis Domecq en 1950. Plein succès pour cette lampe toujours fabriquée à Lyon et marquée de sa plaque de fabricant.

Il est temps alors de regarder l’heure sur une magnifique montre Pequignet (EPV), l’un des derniers horlogers de France, et fabriquée dans ses ateliers de Morteau depuis 1973.

On allume sa pipe

Pipes CHAPUIS-COMOY & Cie
© CHAPUIS-COMOY & Cie

La ville de Saint-Claude, dans le Jura, fait sa renommée au 19e siècle avec la pipe taillée en racine de bruyère, plus douce que le buis. Rescapée, l’entreprise Chapuis-Comoy et Cie (EPV) fabrique des pipes, à la demande surtout des Russes et des Chinois.

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