Abitibi-Témiscamingue, le Far West du Québec

06 août 2013

Des forêts à perte de vue, une foultitude de lacs, des rivières, quelques petites villes et… des mines : bienvenue en Abitibi-Témiscamingue !
Située à l’extrême ouest du Québec, la région est une terre de pionniers. Habitée par les Algonquins depuis au moins 8 000 ans, elle n’a été colonisée que tardivement, à la faveur du développement de l’exploitation forestière au XIXe siècle et de la découverte d’importants gisements d’or et de cuivre dans les années 1920. Une histoire fascinante pour les visiteurs du Vieux Continent.
L’atout de l’Abitibi-Témiscamingue ? Ses grands espaces et d’abondantes ressources naturelles : 85 % de son territoire est couvert de forêts, et l’on compte quelque 22 000 lacs et rivières.
De quoi satisfaire les amoureux de plein air, qui peuvent s’adonner à la randonnée, au kayak, au canot ou encore à la pêche dans l’une des nombreuses pourvoiries que compte la région.



En train, c'est le fun !

Si vous avez le temps, le train est une excellente manière de faire connaissance avec le territoire abitibien. Départ de Montréal à 8 h 15. Dans l’unique wagon, il n’y a jamais grand monde.
Officiellement, le trajet jusqu’à Senneterre dure 11 h 30, mais en réalité, le train affiche toujours au moins 1 h 15 de retard. Vous avez donc largement le temps de regarder défiler les paysages, qui sont fort beaux. Sans oublier de discuter avec les autres passagers. L’ambiance est d’autant plus conviviale que les portables ne captent plus rien après seulement 4 h de voyage.
De temps à autre, Claude Huot, le responsable du train, prend la parole pour signaler un point d’intérêt à ne pas rater. Le Réservoir Blanc, par exemple : sur 3 km, la voie de chemin de fer est comme posée sur l’eau du lac de barrage de La Tuque.
À noter que, gare ou pas gare, le train s’arrête dès qu’une personne lui fait signe, et il n’est pas rare de voir monter des gens équipés de cannes à pêche ou d’un kayak. Comme on dit au Québec, « c’est vraiment le fun ! »
Au pays des chercheurs d'or

C’est en suivant la faille de Cadillac, qui s’étire sur environ 320 km au sud du 49e parallèle, que les prospecteurs ont mis la main sur d’énormes gisements de cuivre et d’or, au début des années 1920. La ruée minière pouvait commencer, donnant naissance aux villes que l’on connaît aujourd’hui.
Entre 1927 et 1950, 46 mines marchaient à plein régime. À Val-d’Or, bourgade de 32 000 habitants fondée en 1934, vous pouvez vous replonger dans ce passé pas si lointain que cela en visitant la Cité de l’Or (photo).
Après avoir revêtu une combinaison et un casque équipé d’une lampe frontale, vous êtes prêts à suivre Raymond, un guide passionné, jusqu’à 91 m de profondeur dans l’ancienne mine Lamaque, exploitée de 1935 à 1985.
Cette industrie est encore prédominante dans l’économie de la région, qui compte une douzaine de mines en exploitation. Le paysage est ponctué par les chevalements, que l’on surnomme ici « les cathédrales du Nord ».
À Malartic, Osisko, la plus grande mine d’or à ciel ouvert du Canada, organise des visites guidées à partir du musée minéralogique d’Abitibi-Témiscamingue.
Michel Pageau, l’homme qui parle avec les loups

À 1 h de route de Val-d’Or, le refuge Pageau (photo) est un lieu hors du commun. L’histoire a commencé il y a plus de 25 ans, lorsque Michel, ancien trappeur, et son épouse Louise décident de venir en aide aux animaux sauvages blessés, perdus ou abandonnés.
Au fil des années, les gens de la région et les agents de protection de la faune ont pris l’habitude de leur amener de nouveaux patients, qui sont ici soignés et choyés, jusqu’à leur remise en liberté, lorsque cela est possible.
Parmi les pensionnaires, on compte notamment des loups gris, des ours, des orignaux, un porc-épic, des lynx, des coyotes, une loutre, un renard, des cerfs de Virginie et de nombreux rapaces (chouettes rayées, grands ducs, pygargues à tête blanche, buses, hiboux…).
La visite permet de faire connaissance avec la faune locale, d’ordinaire inaccessible, tout en participant un peu à cette belle entreprise (le refuge est financé à 60 % par les entrées payées). Et peut-être aurez-vous l’occasion de discuter avec Michel Pageau, l’homme qui parle avec les loups…
Avec les Algonquins de Pikogan

Près de 600 Algonquins vivent dans la communauté de Pikogan, à côté d’Amos. Ils se nomment eux-mêmes Abitibiwinnik, en référence au lac Abitibi, qui était jadis un grand lieu de rassemblement estival, avant la sédentarisation et la création des réserves, dans les années 1950.
André Mowatt, responsable du développement touristique, est l’un des gardiens de l’histoire, des coutumes et de la culture millénaire de son peuple. Une nation marquée par les cicatrices d’un passé douloureux, notamment celles laissées par le pensionnat oblat de Saint-Marc-de-Figuery (les enfants autochtones y furent placés de force de 1955 à 1973).
L’été, des sorties en canot sont organisées sur la rivière Harricana (photo), en compagnie d’André ou d’un autre guide amérindien. Ce cours d’eau, qui reliait les territoires de chasse des différents clans, était autrefois considéré comme l’autoroute des Algonquins.
À Pikogan, vous pourrez aussi déguster des mets amérindiens (orignal, castor, perdrix…) et passer la nuit dans un tipi. Enfin, n’oubliez pas de visiter l’exposition permanente sur l’histoire des Abitibiwinnik, et la surprenante église Sainte-Catherine, qui mêle symboles chrétiens et artisanat autochtone traditionnel.
Les grands espaces d'Aiguebelle

Pour une plongée au cœur des grands espaces naturels de l’Abitibi, rendez-vous à Aiguebelle (photo), l’un des 23 parcs nationaux du Québec. Les activités de plein air n’y manquent pas : canot, kayak, embarcations à pédales ou rabaska sur les lacs, et bien entendu randonnée sur les 50 km de sentiers.
Sur celui des Paysages, vous marcherez au cœur de la forêt boréale, descendrez un vertigineux escalier hélicoïdal et admirerez de superbes panoramas. Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à participer aux sorties organisées avec un garde-parc.
Celui-ci pourra notamment vous parler des curiosités géologiques et géomorphologiques d’Aiguebelle : marmites de géants, eskers, coussins volcaniques. Sans oublier la ligne de partage des eaux, qui passe ici et a donné son nom à la région (en algonquin, Abitibi signifie « là où les eaux se séparent »).
Enfin, pour compléter l’immersion en pleine nature et se sentir réellement hors du monde, il convient de dormir sur place, dans un camp rustique, une tente Huttopia ou encore dans l’un des chalets installés au bord d’un lac. Paix assurée.
Rouyn-Noranda, la capitale de l’Abitibi

La fondation de Rouyn-Noranda, la capitale régionale, ne manque pas de piquant. Au début du XXe siècle, il n’y avait ici qu’une vaste forêt... jusqu’à la découverte en 1922 d’un fabuleux gisement de cuivre et d’or près du lac Osisko. Le point de départ de la ruée minière.
En 1924, Jos Dumulon ouvre un magasin général, puis un bureau de poste (des visites guidées sont organisées à la Maison Dumulon, photo). Les villes jumelles de Noranda et de Rouyn se développent conjointement, mais de manière bien différente.
D’un côté, la sage Noranda est administrée par la compagnie minière. De l’autre, Rouyn, où s’installent les aventuriers de tout poil (prospecteurs, mineurs, forestiers…) est la cité de tous les excès : alcool, jeux, filles… La mine fait venir de nombreux immigrants, si bien qu’en 1941, plus de 20 % des habitants sont européens d’origine (ukrainiens, polonais, finlandais, italiens).
Pour aller plus loin et découvrir l’étonnante histoire de Rouyn-Noranda, vous pouvez vous amuser à suivre l’audio-circuit « L’indice du bonheur ». Après quoi, vous pourrez aller vous désaltérer au Trèfle Noir, une brasserie artisanale qui fabrique des bières aussi variées que délicieuses.
Sur les routes du Témiscamingue

En continuant vers le sud, vous arrivez au Témiscamingue, plus agricole que l’Abitibi. Le long de la route,défile un paysage vallonné où se succèdent champs, fermes et forêts mixtes.
Le chef-lieu, Ville-Marie, est une jolie petite ville bordée par le grand lac Témiscamingue, dont le nom signifie « eaux profondes » en algonquin. C’est aussi la plus ancienne municipalité de la région (1886). Témoin de cette époque, la maison en bois du frère Moffet est ouverte au public. Des visites guidées de la ville en vélo-taxi sont aussi organisées en été.
Pour remonter plus loin dans le temps, rendez-vous au Fort-Témiscamingue (photo), qui fut un important poste de traite aux XVIIIe et XIXe siècles. Le commerce des fourrures avec les Algonquins était alors florissant. Du fort, il ne reste presque rien, mais une scénographie retrace l’histoire de ce site stratégique. La vue sur le lac est magnifique.
Pour terminer, faites un bond gigantesque dans le passé en allant au Fossilarium. Parcourez l’exposition, puis partez sur le terrain avec un guide, à la recherche de fossiles.
Enfin, question nature, le Témiscamingue n’est pas en reste, et les balades ne manquent pas. Ainsi, le sentier de la Grande Chute (7 km), qui longe la rivière Kipawa, se termine en apothéose dans un vrombissement d’eau. Spectaculaire.
Fiche pratique

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Office du tourisme d’Abitibi-Témiscamingue
Comment y aller ? Comment se déplacer ?
Pour aller en Abitibi-Témiscamingue, il faut d’abord vous rendre à Montréal. Vols directs avec Air Canada, Air France ou Air Transat.
Une fois à Montréal, plusieurs choix s’offrent à vous, en fonction du temps dont vous disposez et de vos moyens.
- Le train, avec la compagnie VIA Rail Canada. Comptez environ 13 h pour vous rendre à Senneterre (à 767 km de Montréal)
- L’avion, avec Air Canada. Le vol Montréal-Rouyn-Noranda est rapide (1 h 30), mais également très cher. Légèrement moins cher en achetant un Paris-Rouyn.
- La voiture : il faut environ 6 h pour rallier Val-d’Or, par la route 117, qui traverse la magnifique réserve faunique La Vérendrye. Si vous préférez commencer votre visite par le Témiscamingue, il vous faudra un peu plus de 7 h 30 pour arriver à Ville-Marie, par la route 17.
- L’autobus, avec la compagnie Maheux, qui dessert Val-d’Or, Rouyn-Noranda, Amos et Ville-Marie.
Sur place, le plus facile est de louer une voiture. Mais vous pouvez également vous déplacer en car.
Où dormir ?
- Dans le parc national d’Aiguebelle. Pour profiter au mieux des forêts et des lacs du parc, le mieux est de dormir sur place. Vous avez le choix entre le camping, les tentes Huttopia, les camps rustiques ou encore les chalets.
- La Bannik, 862, chemin du Vieux-Fort, Duhamel-Ouest, près de Ville-Marie. De confortables chalets, tout près du lac Témiscamingue.
Où manger ? Où boire un verre ?
- L’Entracte, 139, avenue Perreault, à Val-d’Or. Un bistrot branché qui propose une cuisine fine et originale, des cocktails et une bonne carte des vins.
- Le Trèfle noir, 145, Principale, à Rouyn-Noranda. La brasserie artisanale sert une belle gamme de bières : blondes, rousses ou brunes, il y en a pour tous les goûts.
- Le Cachottier, 143, Principale, à Rouyn-Noranda. Bar à tapas bien animé, tendance cuisine du monde.
- Bistro Jezz, 117, 8e Rue, à Rouyn-Noranda. La chef, Jézabel, met un point d’honneur à utiliser des produits régionaux. Une cuisine originale, qui vaut le détour.
- Le St-Honoré, 92, rue Perreault Est, à Rouyn-Noranda. La boulangerie-pâtisserie, tenue par un Alsacien, sert d’excellents petits déjeuners.
- Chez Eugène, 8, rue Notre-Dame Nord, à Ville-Marie. Joli petit resto, en face du lac Témiscamingue. Belle terrasse et très bon accueil (à noter que le lieu s’appellera très bientôt Les Terres d’Au).
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