De la ruée vers l’étain qui marqua la fondation de la ville, au milieu du XIXe siècle,
il reste d’immenses bateaux gris et des visages aux traits si différents. La
Kuala Lumpur du troisième millénaire continue à extraire le minerai, comme elle
persiste à entretenir le melting-pot.
Voilà pourtant près de dix ans que KL, comme on la surnomme désormais, entend
changer d’image pour se donner un style résolument moderne. Pas facile, en effet,
de maintenir son rang. Le passé l’a déjà mise à l’épreuve bien des fois, toujours
avec succès. Choisie en 1895 comme capitale des États malais fédérés sous
protectorat britannique, puis en 1948 comme capitale de la fédération malaise
après l’occupation japonaise de la Deuxième Guerre mondiale, elle a ainsi su
s’imposer en tant que capitale fédérale de la nation lors de la déclaration
d’indépendance de la Malaisie le 31 août 1957 et devint capitale constitutionnelle
du gouvernement fédéral en 1974 au moment où elle perdait le contrôle de
l’État de Selangor. Mais il lui faut désormais compter avec Putrajaya et Cyberjaya,
deux « super cités » high-tech en pleine construction dans le « super
corridor multimedia » (MSC). La première est en passe de devenir le nouveau
centre administratif électronique du gouvernement, la deuxième aura pour vocation
de s’ériger comme le site de référence en matière de nouvelles technologies
de l'information, en Asie, avec le règne des « cyber-lois ».
Même si Kuala Lumpur est de loin la plus grande
ville de la péninsule, à 35 km de la côte ouest, elle ne saurait miser
sur sa démographie plutôt faible pour une métropole (1,3 million d’habitants)
afin de résister. Elle parie donc sur son économie en plein essor de centre
d’affaires dont les Petronas Twin Towers sont devenues le symbole.