La vision de Sheikh Zayed Road, l’artère centrale de Dubaï, a tous les attributs du mirage. De chaque
côté de l’autoroute à huit voies s’alignent des gratte-ciel plus hauts les uns
que les autres. Derrière les tours, le sable, comme dans un décor de western
en carton-pâte. La « Zayed » comme on l’appelle ici, mène jusqu’à
Abu Dhabi, mais n’en finit plus de s’étendre au fil de projets toujours plus
démesurés, symboles du développement effréné de l’émirat. Le plus connu d’entre
eux est bien sûr « Palm Island », une île artificielle en forme de
palmier géant, déjà visible à l’atterrissage et qui abritera selon les prévisions
pas moins de 2 500 appartements, 2 000 villas, 25 hôtels
et 200 boutiques de luxe, créant ainsi près de 125 km de côte supplémentaire.
L’ensemble des propriétés ayant déjà trouvé acquéreur, un projet jumeau a rapidement
été annoncé, plus grand, évidemment... Suivront « The World », ensemble
de 300 îles résidentielles en forme de carte du monde, et Hydropolis, complexe
hôtelier sous-marin entièrement assemblé en Allemagne, qui doit être immergé
au large de Dubaï fin 2006. Le « Mall of the Emirates », à proximité,
sera un des plus grands centres commerciaux du monde et incorporera « Ski
Dubaï », véritable station de ski miniature avec cinq pistes en neige artificielle
et un snow-park. Pour couronner cet inventaire et s’assurer encore un peu plus
de notoriété, la construction de la « Burj Dubaï » a commencé récemment :
la hauteur de cette tour est gardée secrète, pour s’assurer qu’aucun autre promoteur
n’aura l’idée, lui aussi, de construire la tour la plus haute du monde... ailleurs.