Bari, capitale de la région, s’est également bâtie
sur toutes sortes d’influences. D’ailleurs, le brassage permanent des populations
lui a donné plutôt mauvaise réputation. Pourtant, Bari est une ville formidablement
vivante et formidable tout court. La vieille ville, d’origine byzantine, entourée
de murailles, est l’une des plus belles de l’Italie du Sud. Dans ses ruelles
tortueuses et étranglées, encadrées de maisons cubes qui rappellent les casbahs,
on cultive le voisinage. Sur les chaises et les bancs disposés dans la rue,
on bavarde. Certains jours, les femmes confectionnent les orrechiette
et les cavatelli (pâtes typiques de la région) dans leurs cuisines, ouvertes
sur la rue. Dans la Città Vecchia, il faut absolument visiter la basilique
de Saint-Nicolas, qui est, elle aussi, représentative du mélange des influences :
la crypte de cette église romane abrite les reliques du premier saint byzantin
(et patron des enfants !) et derrière l’autel, une frise en mosaïque, comme
un tapis persan, chante en monogrammes d’arabe ancien : « Allah est
grand ! ». En haut, on célèbre le culte catholique et dans la crypte
une messe orthodoxe ! C’est à y perdre son latin ! Enfin, ici, tout
le monde semble s’entendre et c’est tant mieux.