C’est une île qui ne ressemble pas au reste de la
Floride. Elle en a les palmiers, le ciel azuré et la mer turquoise, mais ni
les néons, ni les parcs d’attractions. Elle se distingue aussi par son passé,
peuplé de grands noms de la littérature américaine. Ernest Hemingway y a écrit
plusieurs de ses œuvres dans les années 1930, entre parties de pêche, beuveries
et matches de boxe. Vient ensuite Tennessee Williams, auteur d’Un tramway
nommé désir et farouche ennemi de l’Amérique puritaine. Il y vivra par intermittence
pendant une trentaine d’années. Ensuite, ce sera au tour, entre autres, de l’écrivain
Thomas McGuane dans les années 1970 et puis d’Alison Lurie, dix ans plus
tard, de se laisser séduire par le climat et l’ambiance de Key West. Tous deux
en feront le décor de plusieurs romans. " L’île de la dernière
chance ", dira l’un des personnages d’Alison Lurie, " la
dernière des îles à l’ouest de la Floride... là où on va quand on a échoué partout
ailleurs ". Là où on va quand on ne se sent chez soi nulle part ailleurs :
hippies, gays et originaux de tous bords se sont longtemps réfugiés à Key West.
Rien d’étonnant donc à ce qu’il y flotte un doux parfum d’excentricité.