Le compte à rebours a commencé : dans moins de six mois, Athènes accueillera
les Jeux Olympiques d’été, puis les Jeux Paralympiques, pour la première fois
organisés par un seul et même comité. Du 13 au 29 août, puis du 17 au
28 septembre 2004, la ville grouillera de monde : athlètes, équipes
techniques, accompagnateurs, journalistes et spectateurs investiront chaque
mètre carré de la tentaculaire métropole pour participer à cette grande fête
du sport.
Plus encore qu’un événement de grande envergure, générateur de business et promotion
idéale pour le pays, ces Jeux Olympiques de 2004 sont une véritable fierté
nationale pour les Grecs, qui y voient là un retour aux sources en même temps
qu’un formidable saut dans l’avenir. Retour aux sources car les Grecs, qui se
considèrent comme les dignes descendants des anciens, s’enorgueillissent d’avoir
« inventé » les Jeux Olympiques qui se seraient déroulés pour la première
fois en 776 av. J.-C. à Olympie (au nord-ouest du Péloponnèse). C’est là que,
grâce aux rayons du soleil, sera allumée la flamme olympique, qui parcourra
ensuite les cinq continents (ce qui est une première) en faisant étape dans
chaque ville et site où les Jeux ont déjà eu lieu. À cette occasion, une torche
spéciale a été dessinée par le designer industriel Andreas Varotos qui a remporté
le concours lancé par le comité olympique. Le résultat : un très bel objet
à la silhouette effilée en métal et bois d’olivier symbolisant la Grèce et la
paix. En réalité, 2004 constitue un double retour aux ressources pour les Grecs,
puisque c’est à Athènes que les Jeux Olympiques de l’ère moderne furent « réinventés »
en 1896 par le baron Pierre de Coubertin. Leur fierté est telle que, depuis
la rentrée 2001, les Jeux sont devenus une matière scolaire officiellement
enseignée dans les écoles. C’est donc peu dire que les symboles et les hommages
seront multipliés : ainsi, l’épreuve du marathon (42,195 km d’une
traite sur route) reproduira le parcours du premier coureur parti de la ville
de Marathon (au nord-est de la capitale) pour annoncer la nouvelle de la victoire
contre les Perses à Athènes. La course arrivera au cœur de la ville, dans le
stade Panathinaikos, construit pour les J.O. de 1896.