À plus de 3 000 m d’altitude,
les forêts de pins enrobant les pitons de la Sierra Madre ont finalement livré
leur secret. Le spectacle est hallucinant. Par millions, par dizaines de millions,
les papillons recouvrent tout : le sol, les branches, le tronc des arbres.
Tôt le matin, encore engourdis par la fraîcheur de l’air, ils s’agglutinent
en grappes, tels des paquets de feuilles mortes prêtes à tomber. Sur plusieurs
centimètres d’épaisseur, ailes et corps s’enchevêtrent pour mieux lutter contre
le vent, le froid et, parfois, la pluie. Vers dix heures, alors que l’atmosphère
se réchauffe, les ailes se déplient. Petit à petit, les monarques prennent leur
envol, à la recherche de fleurs à butiner. Vers midi, on se croirait dans une
ruche : le ciel est criblé de taches orangées.