Bangalore et le Karnakata : retour vers le futur

par Marine Dumeurger
12 mars 2010
Capitale du Karnataka, Bangalore est une ville où le touriste ne s’arrête pas ou bien par nécessité, en transit, vers le Kerala ou Goa. Pourtant, l’Inde d’aujourd’hui est bien là, avec son étonnant mélange entre tradition et modernité.
À Bangalore, la Silicon Valley indienne, le pays se construit. Soyez curieux, venez donc percevoir son dynamisme. D’autant plus que les alentours ne vous décevront pas avec le palais de Mysore, les parcs naturels du Karnakata et l’enclave tibétaine de Bylakuppe.
À Bangalore, la Silicon Valley indienne, le pays se construit. Soyez curieux, venez donc percevoir son dynamisme. D’autant plus que les alentours ne vous décevront pas avec le palais de Mysore, les parcs naturels du Karnakata et l’enclave tibétaine de Bylakuppe.
Bangalore, la Silicon Valley indienne
Bangalore, Garden City
Mysore ou les fastes du maharajah
Bylakuppe, le Tibet en Inde
Fiche pratique
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Bangalore, la Silicon Valley indienne

Marine Dumeurger
Bangalore la moderne n’est pas à proprement parler une « ville nouvelle ». Le cœur battant de l’Inde high tech fut fondé en effet dès 1537. La ville demeure longtemps une cité de second plan. C’est sous les Britanniques en 1831 qu’elle est nommée capitale d’État et accueille l’administration coloniale. Centrale, sa place est stratégique pour contrôler le Sud de l’Inde. En 1905, c’est la première ville indienne à obtenir l’électricité. Les Anglais y installent des ateliers de réparation pour leur aviation militaire.
Dans les années 1990, Bangalore profite pleinement de l’ouverture des frontières commerciales du pays. Très vite, elle se positionne comme ville pionnière dans les services et l’industrie aéronautique, biochimique et informatique grâce à ses faibles coûts de revient, son marché intérieur au potentiel énorme et ses ressources en matière grise.
Surnommée la Silicon Valley indienne, elle attire toujours plus de jeunes diplômés et connaît depuis dix ans une explosion démographique sans précédent. Cinquième ville du pays avec plus de 7 millions d’habitants, Bangalore incarne l’Inde moderne, dans un subtil équilibre entre tradition et modernité.
Ici, les bidonvilles côtoient les résidences grand standing cloisonnées et les buildings des multinationales. Pour percevoir ces contrastes, arpentez MG Road et ses gigantesques centres commerciaux, aptes à terrasser n’importe quel accro du shopping. Certaines parties de la ville sont entièrement dédiées aux nouvelles technologies comme les quartiers d’Electronic City ou de Whitefield.
Pourtant vous n’oublierez pas que vous êtes en Inde. Les femmes n’ont jamais quitté leurs saris colorés et les venelles du City Market sont foisonnantes de victuailles. Profitez de cette ambiance incomparable : étals de légumes à l’infini, profusion de fruits, de fleurs multicolores et d’épices.
Dans les années 1990, Bangalore profite pleinement de l’ouverture des frontières commerciales du pays. Très vite, elle se positionne comme ville pionnière dans les services et l’industrie aéronautique, biochimique et informatique grâce à ses faibles coûts de revient, son marché intérieur au potentiel énorme et ses ressources en matière grise.
Surnommée la Silicon Valley indienne, elle attire toujours plus de jeunes diplômés et connaît depuis dix ans une explosion démographique sans précédent. Cinquième ville du pays avec plus de 7 millions d’habitants, Bangalore incarne l’Inde moderne, dans un subtil équilibre entre tradition et modernité.
Ici, les bidonvilles côtoient les résidences grand standing cloisonnées et les buildings des multinationales. Pour percevoir ces contrastes, arpentez MG Road et ses gigantesques centres commerciaux, aptes à terrasser n’importe quel accro du shopping. Certaines parties de la ville sont entièrement dédiées aux nouvelles technologies comme les quartiers d’Electronic City ou de Whitefield.
Pourtant vous n’oublierez pas que vous êtes en Inde. Les femmes n’ont jamais quitté leurs saris colorés et les venelles du City Market sont foisonnantes de victuailles. Profitez de cette ambiance incomparable : étals de légumes à l’infini, profusion de fruits, de fleurs multicolores et d’épices.
Bangalore, Garden City

Karnatakatourism.org
Située sur le plateau du Deccan, à 1 000 mètres d’altitude, Bangalore jouit d’un climat relativement frais par rapport au reste du pays. À l’origine, un vaste réseau de lacs lui permettait de stocker les eaux de pluie, d’irriguer et de renouveler sa nappe phréatique. Grâce à ces conditions favorables, Bangalore séduit dès la gouvernance britannique. Elle est surnommée « Garden City » en référence à ses nombreux espaces verts.
Aujourd’hui, c’est une ville encore relativement boisée. Véritables poumons de la cité, d’immenses terrains militaires clôturés ont échappé à la frénésie immobilière. Car, en dix ans, avec la croissance exponentielle de la ville, l’environnement de Bangalore s’est beaucoup dégradé. De nombreux arbres et la moitié des lacs ont disparu. Les canaux se sont transformés en larges égouts à ciel ouvert. Circulation infernale, pollution sonore et atmosphérique… La ville doit aujourd’hui faire face à un sérieux problème environnemental qui pourrait bien affecter définitivement son climat privilégié.
Dans plusieurs parcs, vous trouverez néanmoins un peu de fraîcheur et échapperez à la frénésie parfois fatigante de la ville. Ne manquez pas le jardin botanique Lal Bagh, dessiné par Haidar Ali dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Cette oasis de verdure réunit une variété de plantes et d’arbres ainsi qu’une grande roseraie. Il possède aussi une très belle serre et une pépinière.
Pour une sortie nature plus consistante, le parc naturel de Bandipur ou celui de Nagarhole (environ 5 heures de route depuis Bangalore) abritent cinq mille éléphants d’Asie, des gaurs, des chitals. Les paysages varient entre broussailles et forêts luxuriantes.
Aujourd’hui, c’est une ville encore relativement boisée. Véritables poumons de la cité, d’immenses terrains militaires clôturés ont échappé à la frénésie immobilière. Car, en dix ans, avec la croissance exponentielle de la ville, l’environnement de Bangalore s’est beaucoup dégradé. De nombreux arbres et la moitié des lacs ont disparu. Les canaux se sont transformés en larges égouts à ciel ouvert. Circulation infernale, pollution sonore et atmosphérique… La ville doit aujourd’hui faire face à un sérieux problème environnemental qui pourrait bien affecter définitivement son climat privilégié.
Dans plusieurs parcs, vous trouverez néanmoins un peu de fraîcheur et échapperez à la frénésie parfois fatigante de la ville. Ne manquez pas le jardin botanique Lal Bagh, dessiné par Haidar Ali dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Cette oasis de verdure réunit une variété de plantes et d’arbres ainsi qu’une grande roseraie. Il possède aussi une très belle serre et une pépinière.
Pour une sortie nature plus consistante, le parc naturel de Bandipur ou celui de Nagarhole (environ 5 heures de route depuis Bangalore) abritent cinq mille éléphants d’Asie, des gaurs, des chitals. Les paysages varient entre broussailles et forêts luxuriantes.
Mysore ou les fastes du maharajah

Marine Dumeurger
Si vous êtes à la recherche d’un palais, ne ratez pas Mysore, à 140 kilomètres de Bangalore. Ici, vous pourrez imaginer la vie fastueuse du temps des maharajahs Wodeyar. Cette famille de souverains fondèrent la ville de Mysore en 1399 et continuèrent à régner jusqu’à l’indépendance en 1947.
Impossible de manquer l’imposant palais qui trône au centre de la ville. À l’origine tout en bois, le premier édifice date du XIVe siècle. Un terrible incendie le dévasta en 1897. Il fut alors reconstruit sous les directives d’un architecte anglais, Henry Wilson. Exemple d’architecture coloniale, il mélange les motifs hindous, moghols et les éléments européens : architecture victorienne et néo-gothique. Escaliers en fonte, plafonds en teck de Birmanie, marbre incrusté de pierres précieuses, vitraux victoriens, colonnes hindoues, dômes musulmans : le palais est délirant, baroque, kitsch à la fois…
Sur les murs, de nombreux tableaux racontent la cérémonie du Dussehra en l’honneur de Durga, la divinité de la ville qui se déroule à l’automne (à ne pas manquer si vous êtes là). À l’étage, la salle du Durbar public, où avaient lieu les cérémonies, marque l’apothéose de la visite. On y accède par un escalier en marbre. Le bleu des peintures est entrelacé d’or. Il illustre des histoires divines et l’épopée hindoue. Le sol en marbre accueille une succession de colonnes avant d’aboutir au trône royal. Il surplombe une large esplanade et des gradins qui pouvaient accueillir des centaines d’invités.
Aérienne, cette partie de la salle forme un balcon, ouvert sur l’extérieur. Le regard se perd à l’horizon. On admire au loin la porte principale du palais puis le décor de la ville. Levez la tête : le plafond en dôme est finement dessiné de milliers d’étoiles. Pour ajouter à la féerie du lieu, le palais est illuminé tous les soirs de week-end à partir de 19 h.
Impossible de manquer l’imposant palais qui trône au centre de la ville. À l’origine tout en bois, le premier édifice date du XIVe siècle. Un terrible incendie le dévasta en 1897. Il fut alors reconstruit sous les directives d’un architecte anglais, Henry Wilson. Exemple d’architecture coloniale, il mélange les motifs hindous, moghols et les éléments européens : architecture victorienne et néo-gothique. Escaliers en fonte, plafonds en teck de Birmanie, marbre incrusté de pierres précieuses, vitraux victoriens, colonnes hindoues, dômes musulmans : le palais est délirant, baroque, kitsch à la fois…
Sur les murs, de nombreux tableaux racontent la cérémonie du Dussehra en l’honneur de Durga, la divinité de la ville qui se déroule à l’automne (à ne pas manquer si vous êtes là). À l’étage, la salle du Durbar public, où avaient lieu les cérémonies, marque l’apothéose de la visite. On y accède par un escalier en marbre. Le bleu des peintures est entrelacé d’or. Il illustre des histoires divines et l’épopée hindoue. Le sol en marbre accueille une succession de colonnes avant d’aboutir au trône royal. Il surplombe une large esplanade et des gradins qui pouvaient accueillir des centaines d’invités.
Aérienne, cette partie de la salle forme un balcon, ouvert sur l’extérieur. Le regard se perd à l’horizon. On admire au loin la porte principale du palais puis le décor de la ville. Levez la tête : le plafond en dôme est finement dessiné de milliers d’étoiles. Pour ajouter à la féerie du lieu, le palais est illuminé tous les soirs de week-end à partir de 19 h.
Bylakuppe, le Tibet en Inde

Marine Dumeurger
À Bylakuppe, vous viendrez trouver la quiétude après le stress urbain. Malgré son apparence paisible, cette communauté tibétaine porte en elle un lourd passé. En 1959, après l’invasion du Tibet par les Chinois, le Dalai Lama trouve refuge en Inde. De nombreux Tibétains suivent son exil. Le périple est long. Beaucoup meurent de faim, de froid ou de fatigue sur la route. Ils sont finalement 85 000 à arriver en Inde.
Surpopulation, chaleur, épidémies, les réfugiés vivent des conditions de vie difficiles dans des camps de transit. Le gouvernement indien accepte de leur laisser des territoires. Devant la situation au Tibet, le Dalai Lama y instaure des camps permanents. Il espère ainsi fonder des communautés, où les enfants bénéficient d’une bonne éducation et héritent de valeurs traditionnelles afin de perpétuer la lutte pour l’indépendance.
Créée en 1970, Bylakuppe est la plus grande enclave tibétaine en Inde. Le village s’est considérablement étendu et compte plusieurs milliers de moines. Aujourd’hui, il n’a plus rien à voir avec un camp de réfugiés. Les installations sont nombreuses : hôpitaux, logements, universités. On y vient pour étudier. Allez visiter le superbe golden temple du monastère de Namdrolling. Vous assisterez sûrement à la récitation des mantras, rythmée par des chants et de la musique.
Si vous avez le temps, passer la nuit au monastère de Sera, un endroit calme et idyllique. Vous pourrez vous promener dans le village et rencontrer ses habitants. N’hésitez pas à partir à la découverte des alentours. La région de Coorg, avec ses collines boisées, ses plantations d’épices et de café, offre un endroit idéal pour la randonnée, notamment d’octobre à mars.
Surpopulation, chaleur, épidémies, les réfugiés vivent des conditions de vie difficiles dans des camps de transit. Le gouvernement indien accepte de leur laisser des territoires. Devant la situation au Tibet, le Dalai Lama y instaure des camps permanents. Il espère ainsi fonder des communautés, où les enfants bénéficient d’une bonne éducation et héritent de valeurs traditionnelles afin de perpétuer la lutte pour l’indépendance.
Créée en 1970, Bylakuppe est la plus grande enclave tibétaine en Inde. Le village s’est considérablement étendu et compte plusieurs milliers de moines. Aujourd’hui, il n’a plus rien à voir avec un camp de réfugiés. Les installations sont nombreuses : hôpitaux, logements, universités. On y vient pour étudier. Allez visiter le superbe golden temple du monastère de Namdrolling. Vous assisterez sûrement à la récitation des mantras, rythmée par des chants et de la musique.
Si vous avez le temps, passer la nuit au monastère de Sera, un endroit calme et idyllique. Vous pourrez vous promener dans le village et rencontrer ses habitants. N’hésitez pas à partir à la découverte des alentours. La région de Coorg, avec ses collines boisées, ses plantations d’épices et de café, offre un endroit idéal pour la randonnée, notamment d’octobre à mars.
Fiche pratique
Pour préparer votre voyage, consultez notre fiche Inde.
Karnakata Tourism
Comment y aller ?
Vol direct avec Air France à partir de 830 € l’aller-retour.
Bangalore
Où se loger ?
Au Casa Piccola Cottage et Appartments, une quinzaine de cottages ont été restaurés dans un jardin agréable et reposant. Une adresse de charme. À partir de 2 200 Rs la double soit environ 35 €. 2, Clapham Street, Richmond Town, 41-14-53-54.
Où se restaurer ?
Non loin du Casa Cottage, le restaurant Kornak propose une cuisine indienne savoureuse dans un cadre confortable. Un lieu bien connu des Indiens. Environ 100 Rs le repas (soit 1,50 €). 50, Residency Road.
Mysore
Mysore est située à trois heures en train de Bangalore. Entre 50 et 280 RS le trajet (soit entre 0,80 et 4 € environ).
Où se loger ?
L’hôtel Maurya propose des chambres entre 250 Rs et 1 000 Rs selon le confort. Un endroit calme et plutôt propre. Hanumantha Rao St. 242-66-77.
Parc national de Bandipur ou de Nagarhole
Plus d’informations auprès du Forest Department à Mysore : 0821-2480901 ou fdptrm@sancharnet.in.
L’enclave tibétaine de Bylakuppe
Compter 2 h 30 de bus depuis Mysore. Environ 50 Rs. Vous avez en principe besoin d’une autorisation pour passer la nuit dans cette enclave tibétaine.
Où se loger ?
Au monastère de Sera Jey à quelques kilomètres de Bylakuppe. Compter 400 Rs la double soit 6 €. L’argent est reversé à la communauté.
Les Tibétains sont particulièrement accueillants mais n’oubliez pas de respecter les lieux : ne pas déranger pendant les temps de prière (c’est-à-dire assez souvent) et adopter une tenue vestimentaire adéquate.
Karnakata Tourism
Comment y aller ?
Vol direct avec Air France à partir de 830 € l’aller-retour.
Bangalore
Où se loger ?
Au Casa Piccola Cottage et Appartments, une quinzaine de cottages ont été restaurés dans un jardin agréable et reposant. Une adresse de charme. À partir de 2 200 Rs la double soit environ 35 €. 2, Clapham Street, Richmond Town, 41-14-53-54.
Où se restaurer ?
Non loin du Casa Cottage, le restaurant Kornak propose une cuisine indienne savoureuse dans un cadre confortable. Un lieu bien connu des Indiens. Environ 100 Rs le repas (soit 1,50 €). 50, Residency Road.
Mysore
Mysore est située à trois heures en train de Bangalore. Entre 50 et 280 RS le trajet (soit entre 0,80 et 4 € environ).
Où se loger ?
L’hôtel Maurya propose des chambres entre 250 Rs et 1 000 Rs selon le confort. Un endroit calme et plutôt propre. Hanumantha Rao St. 242-66-77.
Parc national de Bandipur ou de Nagarhole
Plus d’informations auprès du Forest Department à Mysore : 0821-2480901 ou fdptrm@sancharnet.in.
L’enclave tibétaine de Bylakuppe
Compter 2 h 30 de bus depuis Mysore. Environ 50 Rs. Vous avez en principe besoin d’une autorisation pour passer la nuit dans cette enclave tibétaine.
Où se loger ?
Au monastère de Sera Jey à quelques kilomètres de Bylakuppe. Compter 400 Rs la double soit 6 €. L’argent est reversé à la communauté.
Les Tibétains sont particulièrement accueillants mais n’oubliez pas de respecter les lieux : ne pas déranger pendant les temps de prière (c’est-à-dire assez souvent) et adopter une tenue vestimentaire adéquate.
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