Sainte-Lucie, joyau des Antilles

05 décembre 2008



Reggae, bière et poulet grillé à Gros-Ilet

Deux heures de bateau ou une trentaine de minutes d’avion séparent Sainte-Lucie de la Martinique. La proximité permet à nos compatriotes des Antilles d’arriver dès le vendredi soir pour aller danser outre Caraïbe sur des airs de reggae. Le « Friday night », institution locale s’il en est, se tient au village de Gros-Ilet, dans une baie au nord de l’île. Au programme : promenade dans une ruelle animée, bière, grillades, bière mais surtout dance floor à ciel ouvert. Allergiques au reggae, s’abstenir ! Par contre, si vous aimez vous déhancher sur des rythmes ragga et hip hop, vous serez comblés.
Installés tous les mètres sur des socles de fortune, voire dans des voitures aux vitres ouvertes, d’énormes caissons de basse vous feront vibrer. L’âme du Jah n’est pas bien loin. Difficile de se frayer un chemin au milieu des bonnets rastas. Le fameux vendredi soir à Sainte-Lucie a parfois des allures de cours des miracles : diseur de bonne aventure en dread locks — qui s’avère originaire du pays basque —, montreur de serpent — en bois articulé mais du meilleur effet — vendeurs de masques africains…
L’ambiance est festive, cosmopolite, à la fois locale et touristique, jeune et familiale. On rend visite aux amis, voisins, on aide la cousine à tenir sa guinguette, on fait griller un poulet, on boit un ti punch en se balançant sur de « good vibes »… Rastas mamie, rastas babys, le reggae est un mode de vie à Sainte-Lucie !
Couleurs, odeurs et palabres au marché de Castries

Littéralement saoulés par ces couleurs, odeurs et palabres, vous pourrez ensuite vous restaurer dans une ruelle du marché entièrement dédiée à cet effet. Là, vous aurez le choix entre une dizaine de guinguettes proposant la spécialité locale, les rôtis, sorte de crêpe épaisse fourrée d’un délicieux colombo de poulet bien épicé, assorti d’haricots rouges, de riz et de crudités. Vous êtes rassasiés ? Si la sieste vous guette, vous pourrez ensuite gagner une taverne dans la rue des débits de boissons, juste devant l’entrée du marché. Bien installé devant une désaltérante bouteille de Piton — la bière locale —, vous vous reposerez en regardant le spectacle animé des rues de Castries.
Luxe, calme et volupté à Marigot Bay

Vert sombre de la mangrove, bleu opale de la mer, blanc d’une petite plage bordée de cocotiers alignés pile dans l’axe du soleil couchant. Silence. Le temps semble s’être arrêté dans la petite marina. La rencontre d’un couple de plaisanciers vient rompre cette quiétude apparente. « En quelques années, la baie a considérablement changé » relèvent-ils, visiblement nostalgiques du temps pas si lointain où la mangrove régnait en maître absolu sur la ravissante baie. Mais aujourd’hui, la donne a changé face à une situation économique délicate.
Conscients du fort potentiel de tourisme haut de gamme de Marigot Bay, promoteurs et gouvernement ont décidé de doter le site d’infrastructures séduisantes. Peu à peu, la marina s’est équipée de commerces (boulangerie, supermarchés, restaurants sur pilotis) et même de services de douane et de police pour les bateaux qui arrivent directement de l’étranger. De nombreux hôtels et résidences de luxe sont construits ou en projet, si bien que désormais, pour une certaine clientèle, Sainte-Lucie ne rime plus qu’avec Marigot Bay. Ce qui n’est pas pour déplaire aux pêcheurs du coin qui s’improvisent vendeurs ambulants. Parmi eux, Mickael, au français impeccable, pêcheur ou guide à ses heures, vous proposera de jolies petites tortues en jade et pierre volcanique. Nelson apportera des bananes en échange d’une rasade de rhum…
Beauté, puissance et authenticité des paysages

Si le nord de l’île est le plus touristique, le sud, sans conteste moins urbain et balnéaire, possède des trésors naturels inestimables. Amateurs de randonnée, de canyoning ou simplement de verdure et de campagne, vous apprécierez ces paysages reculés, moins accessibles, entre montagne, agriculture, forêt tropicale et petits villages de pêcheurs.
De Marigot bay, deux options s’offrent à vous. Découverte par la terre ou la mer. Cette dernière option, proposée par de nombreux pêcheurs dans leurs confortables barques, permet de naviguer le long de la côte découpée de petites criques. C’est sauvage, parfois austère. Falaises escarpées peuplées de chauves souris, blocs rocheux qui tombent dans une mer bleu foncé, pêcheurs en ciré jaune chevauchant des embarcations aux couleurs vives, petits villages bucoliques…
Clou de la promenade : l’arrivée à Soufrière. Les fameux deux pitons, pics rocheux emblèmes de l’île (et de la bière locale) qui culminent fièrement à près de 800 mètres d’altitude, veillent sur la jolie baie. Deux pitons, Soufrière, Gros ilet, Pigeon point, Castries, Marigot, Vieux Fort et même Sainte-Lucie… Des noms de villes ou de lieux donnés par les Français lors de leur « règne » sur l’île. Le créole de Sainte-Lucie est d’ailleurs plus proche du français que de l’anglais et, à l’image de notre guide, Jean-Jacques, vous rencontrerez de nombreux habitants de l’île auxquels on donne encore aujourd’hui des prénoms bien de chez nous !
Histoire, volcan et bains bouillonnants à Soufrière

Autrefois capitale de l’île, elle a été délaissée pour Castries à cause de sa proximité dangereuse avec le volcan du même nom, toujours en activité. C’est de la ville de Soufrière que partent les excursions pour le visiter. Le trajet qui mène jusqu’à « Sulphur Springs », endroit le plus exposé accessible au public, réserve un superbe point de vue sur la baie. Une entêtante odeur de souffre annonce l’arrivée sur le site volcanique. Impossible de voir le cratère, effondré.
L’activité volcanique visible se situe sur un flanc de la colline. Rivières jaunes, laiteuses, boues gris pâles, le paysage est lunaire. Des fumerolles sortent de la terre un peu partout. La terre bouillonne littéralement. La visite, guidée, est très encadrée car il y a des risques de projectiles de lave en fusion. Un guide en aurait d’ailleurs autrefois fait les frais. La dernière éruption remonte à 1780. Aujourd’hui, le volcan est très surveillé.
À quelques kilomètres, de luxuriants jardins botaniques sont ouverts à la visite. Fleurs tropicales, papayers, cacaoyers, manguiers, cascades naturelles et bassins d’eau sulfureuse naturellement chaude ont été aménagés pour que l’on puisse s’y baigner en écoutant les oiseaux chanter. Ces eaux, très fréquentées par les voisins martiniquais, auraient des propriétés médicinales…En tout cas, le site est relaxant, apaisant, idéal pour décompresser et quitter en pleine forme la belle Sainte-Lucie !
Infos pratiques

De France :
- Pas de vols directs. Vols avec escale : American Airlines, British Airways et Delta Airlines à partir de 900 € TTC.
De Martinique :
- Ferry : compter 1 h 20. Plus de renseignements sur : www.express-des-iles.com
- Avion : compter 20 min de vol. Air Caraïbes (www.aircaraibes.com), Air France (www.airfrance.fr).
- Formule croisière tout inclus : 4 jours en voilier à Sainte-Lucie à bord du Leila. Formule croisière/table d’hôtes. Départ le vendredi de Martinique et retour le lundi. Au programme Friday night, marché de Castries, Marigot Bay, Soufrière, volcan et jardin botanique. Site internet : www.croisiereauxantilles.fr Tél. : 06-96-84-22-98.
- Le passion 2, grand catamaran qui propose des excursions à la journée. Tél. : 06-96-25-29-61.
- Le maxi catamaran émotion, même système que le précédent. Tél. : 06-96-27-27-76.
Sur place :
- Guide : au départ de Marigot Bay, vous pouvez contacter Mickael, guide et « water taxi » parlant un français impeccable. Il vous proposera des excursions maritimes (snorkeling, découverte de la baie, pêche) et terrestres pour découvrir la Soufrière, notamment. Tél. : (001 758) 488-85-26. 460-18-89.
- Soufrière : après avoir visité les sulphurs springs, le site le plus proche de la caldera du volcan, vous pouvez aller vous promener et vous baigner dans les « gardens ».
- Le festival de « jazz à Sainte-Lucie » : Si vous passez par Sainte-Lucie au mois de mai, vous aurez la chance d’assister au festival de jazz local qui se tient tous les ans à Pigeon Point. D’envergure internationale, il a accueilli des musiciens du monde entier de Herbie Hancock à Al Jarreau en passant par Kenny Garrett, Seal, UB40, Richard Bona ou encore l’année dernière Wyclef Jean. Les concerts ont lieu en plein air, dans un grand parc aménagé. Autre possibilité, suivre les concerts de la mer, sur le pont des bateaux qui viennent de Martinique l’île voisine si proche et si dépaysante !
Liens
Site officiel de l’office de tourisme de Sainte-Lucie
www.stlucia.org
Site du journal local
stluciastar.com/content/
Site du festival de jazz de Sainte-Lucie
stluciajazz.org
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