:: Weimar, capitale des Lumières
C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais la petite ville de Weimar (65 000 habitants), située à 280 km au sud-est de Berlin, s’est trouvée à plusieurs reprises au centre de la vie politique et culturelle allemande. Cette paisible cité provinciale a d’ailleurs été, en 1999, capitale européenne de la Culture : les monuments historiques y sont légion et son vieux centre, ravissant, a peu souffert des bombardements de 1945.
Weimar est indissociablement liée à la première (et éphémère) république allemande : c’est ici que fut signée la constitution qui donna naissance, en 1919, à la « république de Weimar ». Malheureusement, ce régime démocratique, né sur les ruines de l’Allemagne bismarckienne, connaît un véritable chemin de croix, entre les assauts des extrémistes de tout poil et le désastre économique de la crise de 1929. En 1933, la république de Weimar est balayée par les nazis.
Mais Weimar n’a pas attendu cette tentative avortée de démocratie pour représenter, dans l’histoire allemande, l’humanisme et la liberté. Au XVIIIe siècle déjà, la ville, alors capitale du duché de Saxe-Weimar, fut rien moins que la capitale des Lumières. Un homme a fait beaucoup pour Weimar : c’est Johann Wolfgang von Goethe qui s’y installe à l’âge de 26 ans, tout auréolé du succès des Souffrances du jeune Werther. Très rapidement, Goethe devient l’un des notables les plus influents de la ville. Conseiller du duc, il est à plusieurs reprises ministre, des Finances, des Mines et de l’Éducation. Goethe, qui considère Weimar comme un petit paradis, y réside jusqu’à la fin de sa vie.
Autour du 28 août (cette année, du 28 au 31 août 2008), Weimar célèbre l’anniversaire de son grand homme, en trinquant à sa santé lors d’une fête du vin. Les réjouissances ont lieu sur la place Frauenplan, où se trouve la maison de Goethe. Il y vécut près d’un demi-siècle, de 1782 à 1832, et y rédigea la plupart de ses chefs-d’œuvre.
Après avoir goûté à l’un des bons petits blancs du pays, traversez la place pour visiter la demeure de Goethe (Goethes Wohnhaus & nationalmuseum), installée dans un long bâtiment au mur jaune et aux fenêtres à croisillons, transformée en musée. Au fil des salles, c’est tout une époque qui ressurgit, le « Weimar classique » qui vit, de 1750 à 1832, l’apogée de la cité de Thuringe. Sous l’impulsion de la duchesse Anna Amalia, Weimar était alors le centre de la vie intellectuelle allemande, puisque, outre Goethe, les plus grands écrivains de l’époque, comme Wieland, Herder et Schiller, y avaient élu domicile. L’ensemble des édifices, musées et archives de l’époque du « Weimar classique » fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel de l’Unesco.
À l’intérieur de la maison de Goethe on peut découvrir des aquarelles, des objets personnels et des lettres de l’auteur de Faust, mais aussi des exemples de son travail de naturaliste, son importante collection de minéraux, sa bibliothèque, des souvenirs de ses voyages en Italie ainsi qu’une importante collection de sculptures antiques et de vaisselle en céramique. Ne manquez pas de faire un tour dans le jardin et faites une halte dans la chambre mortuaire de Goethe, où il prononça ses derniers mots demeurés célèbres : « Mehr Licht » (de la lumière).
:: Sur les traces de l’écrivain
L’ombre bienveillante de Goethe se retrouve partout dans Weimar. Faites une balade dans le bucolique Park an der Illm. Dans ce jardin à l'anglaise aménagé sur les conseils du poète se trouve également son petit pavillon. Il y habita après son arrivée à Weimar en 1774. Plus tard, il aimait s'y retirer pour écrire. On peut également aujourd'hui visiter la maisonnette, mais aussi profiter du cadre agréable du « parc Goethe » pour prendre le soleil et visiter la maison romaine, ancienne résidence d'été du duc Charles-Auguste, où Goethe aimait prendre le thé avec son ami. Toujours dans le parc, vous trouverez Parkhöhle, un ensemble de galeries souterraines à douze mètres de profondeur aménagées par le duc sur les conseils de Goethe pour y installer une cave à bière. Goethe, ancien ministre des mines, y collectait des minéraux.
Le château du centre-ville (Residenz Schloss), où sont exposés des tableaux de maîtres italiens, de Friedrich et des impressionnistes, est également marqué de l’empreinte de Goethe. L’écrivain participa à sa construction à partir de 1789 et s'y rendit régulièrement plus tard comme ministre du duc Charles-Auguste. Autre souvenir du passage de l’auteur des Affinités électives : le Hoftheater, aujourd'hui Deutsches Nationaltheater. De nombreuses pièces de Friedrich Schiller y furent représentées pour la première fois sous l'égide de Goethe. Aujourd’hui, les œuvres de Goethe sont jouées régulièrement à l’affiche du théâtre. Face à l’édifice, les statues de bronze de Schiller et Goethe dominent la place.
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