:: Une authentique aventure humaine
Dans L’Histoire du chameau qui pleure, une famille de nomades aide les
chamelles du troupeau à mettre bas. Dès la naissance, une chamelle se désintéresse
de son bébé et lui refuse son lait. La tradition mongole veut qu’on fasse venir
un violoniste pour émouvoir l’animal et la réconcilier avec son bébé chameau...
Bref, une petite histoire émouvante et sensible. Traditions et cultures en sont
les maîtres mots.
Cette fois-ci, dans le même registre, Byambasuren Davaa nous offre Le Chien
jaune de Mongolie, un film à mi-chemin entre le documentaire et la fiction.
Le film est inspiré d’un conte mongol La Cave du chien jaune de Gantuya
Lhagva. En Mongolie, les contes et les chants occupent une place importante
dans la culture nomade. La cave du chien jaune existe réellement. Elle se trouve
au milieu d’un grand parc naturel au pied du volcan Chorgo, dont l’activité
volcanique a cessé depuis plus de 8 000 ans et où des cavités sont
apparues. L’histoire est belle, simple et touchante. Nansa, l’aînée des trois
enfants, ramène un jour chez elle un chien qu’elle trouve dans une cave. Mais
sa famille va bientôt déménager. Garder ce chien est donc pour son père une
très mauvaise idée et voit en lui un danger. Et s’il attaquait le troupeau de
moutons... En Mongolie, les chiens abandonnés pactisent avec les loups et mettent
en péril les familles de nomades. Le père refuse catégoriquement de le garder.
Nansa tente de cacher plusieurs fois le chien. Mais la fin de l’été arrive et
elle devra l’abandonner.
Nansa, l’héroïne du film, nous ouvre les portes de son univers d’enfant nomade,
un univers pas comme tous les autres, loin de la modernité, en harmonie avec
la nature.
Fiction oui, mais documentaire aussi, car pour cette nouvelle aventure, Byambasuren
Davaa s’est totalement immergée dans le quotidien de la famille Batchuluun,
véritable famille nomade, qui a accepté d’être filmée pour l’occasion. Un retour
aux sources puisqu’elle passait ses vacances d’été avec sa grand-mère et sa
mère dans ces mêmes plaines du nord-ouest de Mongolie. Une rencontre étonnante,
de la complicité, et huit semaines de tournage ont suffi pour faire de ce film
documentaire, une véritable aventure humaine.
:: Au cœur des traditions mongoles
Conte étonnant, Le Chien jaune est aussi un portrait saisissant de la
vie en Mongolie, dans laquelle la nature et la religion y sont prédominantes.
Byambasuren Davaa met en avant les contrastes entre le monde moderne et le monde
traditionnel, un univers qui apparaît dans Le Chien jaune comme étant
spirituel, paisible, tranquille. Pendant une heure et demie, on découvre, on
observe, on vit intimement avec cette famille mongole, qui élève ses trois enfants
avec peu de moyens. Mais ça ne fait rien, tout le monde participe aux tâches
quotidiennes, tout le monde est heureux. Et ça se voit. La petite Nansa grandit
dans un décor naturel authentique avec son chien, qu’elle prénomme Tatoué. L’amitié
qui les lie est plus forte que tout. Elle monte à cheval comme personne, elle
fait paître le troupeau. Et elle n’a que six ans ! Elle respire le bonheur.
Et le spectateur, lui, prend un bon bol d’air frais. Tout comme Nansa, il assiste
à la fabrication du fromage, des yoghourts, du lait, de la graisse et de la
viande. En Mongolie, tous les nomades se déplacent à la recherche de pâturages
pour nourrir leur élevage et leur famille. Les chevaux, les moutons, les chèvres,
les chameaux et les yaks sont essentiels à leur survie, puisqu’ils leur servent
à se nourrir, à s’habiller et à se chauffer.
La nature fait partie intégrante de la vie des nomades, mais la religion aussi.
Les Mongols, qui pour 90 % d’entre eux sont bouddhistes, croient notamment
au cycle éternel de la réincarnation. L’âme passe d’un corps à un autre, d’une
plante à un animal, puis du chien à l’homme, d’où la première phrase du film :
« Tout le monde décède, personne ne meurt ».
Le Chien jaune de Mongolie, idéal en famille, est donc à ne pas rater.
Et comme le dit si bien Byambasuren Davaa, il nous incite « à voir
la vie au-delà de ses valeurs linéaires et matérielles ».
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