|
Carthagène des Indes, ainsi nommée pour la distinguer de son homonyme espagnol,
est fondée en 1533 par Pedro de Heredia, un noble madrilène. Bien protégé
dans sa baie, le port de Carthagène devient bientôt le lieu de passage obligé
de toutes les richesses pillées sur le continent et envoyées à la couronne d’Espagne.
Puis au XVIIe siècle, la colonie détient le triste monopole
du commerce d’esclaves africains et devient ainsi le plus riche territoire outre-atlantique.
Pour le protéger des convoitises des autres empires et des attaques de pirates,
des fortifications sont érigées, fait unique en Amérique latine.
Lorsque souffle le vent de l’indépendance, Carthagène est la première à se libérer
des Espagnols en 1811. Reprise en 1815, au terme de combats qui déciment
un tiers de la population, la ville obtient sa liberté définitive en 1821
sous l’impulsion de Simon Bolivar. Une douloureuse parenthèse. Mais dans le
cœur du Libertador et de tous les Colombiens, 1811 reste l’année qui a
offert à Carthagène ses galons de cité héroïque et la date qu’il convient de
célébrer.
:: L’effervescence de la rue
Durant la semaine, des défilés, - les bandas,
seront organisés dans différents quartiers de la ville. Local et confidentiel
pour commencer, dans le quartier populaire de Getsemani, à l’orée des remparts
côté sud. Pas de costumes flamboyants au programme, mais l’authentique joie
de se retrouver ensemble, casseroles et bidons d’huile en guise de tambours.
Puis ce seront les pavés de San Diego et El Centro, le cœur historique et touristique,
qui s’animeront pendant deux jours. Avec cette fois l’artillerie lourde du carnaval
latino-américain. Syndicalistes et confédérations de producteurs - essentiellement
d’eau-de-vie et de fleurs - arriveront de tout le pays pour promouvoir
les produits de leur région tandis que les écoles de danse - salsa, cumbia
ou vallenato - assureront l’ambiance caliente commune à tous les
carnavals du continent. Pour magnifier le tout, les reines de beauté de chaque
région trôneront sur des chars fleuris. Côté musique, hormis les fanfares, les
derniers tubes de la pulpeuse Shakira, grande fierté nationale, devraient faire
vibrer les 7 à 77 ans. Pour le routard de passage, ce sera l’occasion
de mesurer l’extrême richesse ethnique de la population et de constater que
loin des troubles que nous donne à connaître l’actualité, la Colombie demeure
un pays festif et convivial.
:: Les miss, une cause nationale !
Même scénario de frénésie à prévoir le lendemain
sur l’avenida Santander, puis le long des plages de Bocagrande. Pour leur ultime
défilé devant le peuple, les miss - ou plutôt las reinas -
vogueront sur de petites barques au nom du département qu’elles représentent :
Cauca, Santander, Bogota, Antioquia... Bien sûr, comme tous les ans, miss Bolivar,
région de Carthagène, sera la plus acclamée. Mais sera-t-elle l’heureuse sélectionnée
pour représenter la beauté colombienne aux concours internationaux ? Pas
d’ironie sur la question. L’affaire est sérieuse et passionne tous les Colombiens.
La soirée d’élections, point d’orgue des festivités, aura lieu le samedi soir
au Centre des conventions où se déroulent les événements majeurs du pays, ainsi
que des congrès d’importance mondiale. Elle sera retransmise en direct à la
télévision nationale en présence d’artistes renommés. L’an dernier, c’est Julio
Iglesias, inamovible latin lover, qui était l’invité d’honneur. Celui
de cette année est encore secret, mais gageons que pour la 70e édition
de l’élection, Carhagène saura entourer la reine des plus talentueux chevaliers.
Où dormir ?
Attention ! Carthagène reçoit beaucoup de touristes durant la semaine.
Mieux vaut réserver. Liste complète des hôtels de la ville sur Internet :
www.partres.com.
- Hotel El Viajejo : centro carrera 6 n° 35-68.
Tél. : (00-57-5) 664-32-89. La meilleure option du centre historique pour
budget serré. Compter 10 € la chambre double avec salle de bains. Possibilité
de cuisiner.
- Hostal Tres Banderas : calle Cochera del Hobo 38-66.
Tél. (00-57-5) 660-01-60. Internet : www.hotel3banderas.com.
Un hôtel de charme idéalement situé dans le quartier de San Diego. Chambres
climatisées disposées autour d’un patio fleuri à partir de 35 € la nuit.
Où manger ?
De nombreux snacks servent une cuisine colombienne simple et bon marché.
Parmi les restaurants, citons :
- Juan del Mar : sur l’adorable placette San Diego, à côté
de l’hôtel Santa Clara. Déco sympa et originale. Spécialités de poissons et
fruits de mer. Concerts le soir. Plats autour de 8 €.
- Restaurante San Pedro : agréable terrasse sur la
place San Pedro Claver, face à l’église. Bonne cuisine aux saveurs internationales
(italiennes, mexicaines, indonésiennes...). Plats entre 5 et 8 €.
|